ORDRE DES DORSIBRANCHES
Les annélides du second ordre ont sur la partie moyenne du corps, ou tout le long de ses côtés, des branchies en forme d’arbres, de houppes, de lames ou de tubercules. On leur a donné le nom de dorpibranches. Ils habitent dans la vase ou nagent librement dans la mer. Tel est Taré-
LES ANNÉLIDES
nic°lc des pêcheurs, très-commun dans le sable des bords de la mer, où les pécheurs vont le chercher pour s’en servir comme d’appât; il est long de 30 centimètres, de couleur rougeâtre, avec treize paires de branchies.
ORDRE DES ABRANCHES.
Lesannélides du troisième ordre n’ont pas de branchies apparentes, et respirent, ou par la surface de la peau, ou par des cavités intérieures. On les nommes abranches, et on les divise en deux familles, suivant qu ils sont pourvus de soies ou que leur corps est entièrement nu. Les premiers, sous le nom cTabranches sétigères, comprennent les lombrics et les naïdes; les autres, nommés abranches ncs ou hirudinés, renferment les sangsues, dont nous nous occuperons plus particulièrement.
Ver de terre, OU Lombric.
Lumbricus terrestns , L., annélide abranche sétigère, dépourvu d yeux, de tentacules et de cirrhes. Il a le corps mou, rouge, cylindrique, quelquefois long de 30 centimètres, composé de plus de cent vingt anneaux contractiles, et muni en dessous de huit rangées de petites pointes, à l’aide desquelles il rampe sur la terre. Il est hermaphrodite avec rapprochement d’individus. Un bourrelet ou renflement placé vers le tiers antérieur du corps, sensible surtout au temps de l’amour, sert à deux individus à se fixer l’un à l’autre pendant la copulation. Les œufs descendent entre l’intestin et l’enveloppe extérieure, jusqu’autour du rectum où ils éclosent, les petits sortant vivants par l’anus (Montègre). Léon Dufour dit au contraire que les lombrics font des œufs analogues à ceux des sangsues.
Le ver de terre perce en tous sens l’humus humide dont il avale beaucoup. Il mange aussi des racines, des fibres ligneuses, des parties animales, etc. Au mois de juin, il sort de terre la nuit, pour s’accoupler.
Le ver de terre était employé autrefois en pharmacie pour préparer une huile médicinale par décoction. Cette composition est complètement tombée en désuétude.
Annélides hirudinés (1).
Les annélides qui composent la famille des birudinés ont le corps nu, très-rarement appendiculé, contractile, formé d’un
(l) De Itirudo, sangsue. Cette famille répond au genre hirudo de Linné. Jusqu’ici tous les auteurs ont écrit hirudinées ; mais le genre féminin ayant été af-
ABRANCÏIES. — HIRUDINÉS. 283
très-grand nombre d’anneaux, et terminé à chaque extrémité par une ventouse dilatable et préhensible. La ventouse buccale est étroitement unie avec le corps ou en est séparée par un étranglement. La bouche, située dans la ventouse antérieure, avec ou sans mâchoire, est quelquefois munie d’une petite trompe cylindrique et extensible. Les mâchoires sont au nombre de trois, rarement de deux, denliculées ou non; des points oculaires, au nombre de deux à dix, sont placés à la partie supérieure de la ventouse buccale. La ventouse anale est simple, nue, rarement armée de petits crochets, tantôt oblique, tantôt exactement terminale. Les branchies sont nulles.
A. Moquin-Tandon, auquel on doit une excellente monographie des hirudinés (1), les a partagés en quatre sections, de la manière suivante :
1. Corps à anneaux très-distincts, opaque, à sang rouge. Ventouse buccale unilabiée : Albioniens.
2. Corps à anneaux très-distincts, opaque, à sang rouge. Ventouse buccale bilabiée : Bdelliens.
3. Corps à anneaux peu distincts, transparent, à sang incolore : Siphoniens.
■4. Corps sans anneaux distincts, transparent, à sang incolore : Planériens.
£e section. Hirudinés bdelliens. Les annélides de cette section comprennent la sangsue officinale, et les genres qui s’en rapprochent le plus. Ils ont le corps généralement opaque, composé d’anneaux plus ou moins distincts ; la ventouse buccale n’est pas séparée du corps par un étranglement : elle est en forme de bec de flûte et bilabiée ; leur sang est rouge, et leurs œufs sont multiples. A. Moquin-Tandon les divise en sept genres, de la manière suivante :
Mâchoires.
nulles
deux.
rudimentaires.
obtus. . .
trois /
plus ou moins développées.
pointus
peu nombreux, très-nombreux.
Denticules
nuis.. . .