ORDRE DES TÉTRABRANCHIAUX
Le nautile, Nautilus pompilius , L. (1) a le corps enfermé dans la dernière chambre d’une grande coquille tournée en spirale et divisée par des cloisons transversales en plusieurs cavités. Chacune de ces cloisons est percée d’un trou, et le conduit qui en résulte, qui est nommé siphon, s’étend jusqu’à l’extrémité postérieure delà coquille et est rempli par un tube membraneux qui part de l’extrémité postérieure du corps de l’animal. Celui-ci diffère beaucoup des poulpes et de la sèche : sa tête supporte un grand disque charnu qui a quelque analogie avec le pied des gastéropodes ; ses tentacules sont petits, très-nombreux, rétractiles, non garnis de suçoirs ; ses yeux sont pédonculés ; il n’a ni poche à encre ni nageoires ; enfin, ses branchies sont au nombre de quatre.
(i) Ce n’est pas le nautile de Pline, comme nous l’avons vu page 351.
(") D'après Férussac et Ale. d’Orbigny, Hist. nat. des Céphalopodes acétabul'fêres. Paris 1836-1818.
(* ) a(l > Macboii es cornées ; b, coquille ou os de sèche, côté externe ; b, le même, côte interne.
Guiboiuit, Drogues, 6« édition.
On trouve à l’état fossile un grand nombre de coquilles qui présentent unestructuretrès-analogueà celle des nautiles. Ce sont les ammonites, appelées communément cornes d'ammon, à cause delà ressemblance de leurs volutes avec celles de la corne d’un bélier. Ces animaux vivaient anciennement dans les mers, et leurs dépouilles se rencontrent par toute la terre, dans les terrains secondaires ; mais ils ont disparu depuis très-longtemps de la surface du globe, et les terrains supérieurs à la craie n’en offrent aucune trace. Ils varient beaucoup pour la forme et encore plus pour la grandeur; car les uns ne sont guère plus gros qu’une lentille, et d’autres ont plus de 1 mètre 30 de diamètre. On rapporte également aux céphalopodes un grand nombre d’autres coquilles fossiles connues sous les noms de bélemnites, baculites , turrilites, nummidites , etc. Des nummulites sont de très-petits corps fossiles de forme lenticulaire, qui forment presque à eux seuls des bancs immenses de pierre à bâtir. Mais on les trouve aussi dans nos mers actuelles, et, en les observant à l’état vivant, on a reconnu que ce sont des animaux d’une structure très-singulière, qui ont plus de rapports avec les polypes qu’avec les céphalopodes.
DEUXIÈME CLASSE
Les gastéropodes conslituenl une classe très-nombreuse de mollusques dont on peut se faire une idée par la limace et le colimaçon. Ils rampent généralement sur un disque charnu placé sous le ventre, mais qui prend quelquefois la forme d’une lame verticale propre à la natation, lorsque l’animal vit dans l'eau. Le dos est garni d’un manteau plus ou moins étendu et de formes diverses, qui produit une coquille dans le plus grand nombre des genres. La tête, placée en avant, se montre plus ou moins, et n’a que de petits tentacules placés au-dessus de la bouche; leur nombre varie de 2 à 6, et ils manquent quelquefois. Les yeux sont très-petits, tantôt adhérents à la tête, tantôt portés à la base, au côté ou à la pointe des tentacules : ils manquent aussi quelquefois. La position, la structure et la nature de leurs organes respiratoires varient et donnent lieu à les diviser en plusieurs familles ; mais ils n’ont jamais qu’un cœur aortique, c’est à-dire placé entre la veine pulmonaire et l’aorte.
Plusieurs sont absolument nus, d’autres n’ont qu’une coquille cachée ; mais le plus grand nombre en porte une qui peut les recevoir et les abriter. Celte coquille peut être symétrique de plusieurs pièces, sy-
.d’u"e seu'e pléce’ ou non symétrique. Dans les espèces où
ri™ î ^ ■" 6 eSl lr4s-concave el où elle croît très-longtemps, elle forme nécessairement une spirale oblique 1
Que l’on se représente, en effet, un cône ‘oblique dans lequel se placent successivement d’autres cônes toujours plus larges dans un certain sens que dans les autres, il faudra que l’ensemble se roule sur e côté qui grandit le moins. Cette partie, avortée ou oblitérée sur laquelle se roule le cône, se nomme la collumelle (on peut la comparer a la vis d un escalier tournant), et elle est tantôt pleine, tantôt creuse. Lorsqu’elle est creuse, son ouverture, placée près de celle de la coquille, se nomme l 'ombilic.
Les tours de la coquille peuvent rester à peu près dans le môme plan ou tendre toujours vers la base de la columelle : dans le premier cas, la spire est plate, el les coquilles s’appellent discoïdes; dans le second, la spire est d’autant plus aiguë que les tours descendent plus
rapidement et qu’ils s’élargissent moins. Ces coquilles sont dites tur-
binées.
Quand les tours restent à peu près dans le môme plan, et lorsque 1 animal rampe, il a sa coquille posée verticalement, la columelle en travers sur Je derrière de son dos, et sa tôte passe sous le bord de l’ouverture opposée à la columelle. Quand la spire est saillante, c’est obliquement, de gauche à droite, qu’elle se dirige dans presque toutes les espèces. Un petit nombre seulement ont leur spire saillante à gauche, lorsqu’elles marchent, et se nomment perverses. (Il eût suffi de dire inverses.)
Il y a des gastéropodes à sexes séparés, et d’autres qui sont hermaphrodites, et dont les uns peuvent se suffire à eux-mêmes, tandis que les autres ont besoin d’un accouplement réciproque.
On divise les gastéropodes en huit ordres, dont les principaux caracti tes sont tirés de la disposition des branchies, comme on peut le voir dans le tableau suivant :