‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 133 sur 162 · CÉPHALOPODES · texte numérisé non relu

CÉPHALOPODES

Ayant une tête distincte.

Corps nonouvert en avant ; tète non entourée de tentacules ; ayant pour organes principaux v du mouvement... .

Des nageoires mem- j braneuses en forme n .

d'ailes, sur les côtés j Ctkropodbs.

I du cou J

Un pied charnu oc- X j cupant la face ventrale I du corps, et en forme ^Gastéropodes.

de disque ou quel- |

\quefois de nageoires.

N'ayant pas de tête apparente.

Ayant quatre branchies distinctes du \ charma*1' ** preSque ,ouj°urs un pied Acéphales.

N’ayant pas de branchies distinctes du ]

( bras' ciliés1 aJant’ 3U de pieJs’ deLU j b"achiopodes.

(I) Cuvier admettait, sous le nom de cirrhipodes, une dernière classe de moljusques qui ont été depuis reunis aux crustacés.

PREMIÈRE CLASSE

Ces animaux sont tous aquatiques et marins. Leur manteau forme un sac musculeux qui enveloppe tous les viscères. Dans plusieurs, les côtés du manteau s’étendent en nageoires charnues. La tête sort de l’ouverture du sac; elle est ronde, pourvue de deux grands yeux et couronnée par des appendices charnus, coniques, plus ou moins longs, susceptibles de se fléchir en tous sens, très-vigoureux, et dont la surface est le plus souvent armée de suçoirs par lesquels ces animaux se fixent avec beaucoup de force aux corps qu’ils embrassent. Un entonnoir charnu, placé à l’ouverture du sac, donne passage aux excrétions.

Les céphalopodes ont deux ou quelquefois quatre branchies, placées dans leursac, uneou deuxde chaque côté, en forme de feuille de fougère ; la respiration se fait au moyen de l’eau qui entre par l’ouverture du sac, et sort par l’entonnoir charnu dont il vient d’étre question. Entre les bases des pieds, est percée la bouche dans laquelle, sont deux fortes mâchoires de corne, semblables à un bec de perroquet. Entre les deux mâchoires est une langue hérissée de pointes cornées; l’œsophage se renfle en jabot et conduit à un gésier charnu auquel succède un troisième ventricule membraneux et en spirale, dans lequel le foie, qui est très-grand, verse la bile par deux conduits. L’intestin est simple et peu prolongé; le rectum s’ouvre dans l’entonnoir.

Les céphalopodes à deux branchies ont une excrétion particulière, d’un noir très-foncé, qu’ils emploient à teindre l’eau de la mer pour se cacher. Celte excrétion est produite par une glande et réservée dans un sac particulier, diversement situé, selon les espèces.

La peau de ces animaux, surtout celle des poulpes, change de couleur par place, avec une rapidité bien supérieure à celle du caméléon. Les sexes sont séparés. L’ovaire de la femelle est dans le fond du sac ; deux oviductes conduisent les œufs au dehors, au travers de deux grosses glandes qui les enduisent d’une matière visqueuse et les rassemblent en espèces de grappes. Le testicule du mâle, placé comme l’ovaire, donne dans un canal déférent qui se termine à une verge située à gauche de l'anus. Une vessie et une prostate y aboutissent également. Swammerdam et Needham avaient trouvé dans l’appareil génital mâle des corps singuliers dont, jusqu’à présent, on n’avait connu ni la véritable structure ni la distinction. On les avait tour à tour considérés comme des zoospermes d’une taille gigantesque et comme des vers parasites. MM. Milne Edwards et Peters ont étudié ces corps anormaux chez un grand nombre de céphalopodes et en ont fait connaître la conformation. On y distingue toujours un étui en forme de silique, composé de deux tuniques et contenant dans son

350 LES mollusques céphalopodes.

intérieur un long tube contourné comme un intestin, rempli d’une matière blanche opaque, et en connexion avec un appareil membra-

vnir^nP US<r m°‘nS ll'ansIucide- Ce tube intestiniforme est un réserpeima ique contenant des milliers de zoospermes, et l’appareil

es attacI\é serl à taire éclater l’étui et à déterminer la sortie u îéservon lui-même. La structure de cet instrument d’éjaculation wie suivant les espèces. M. H. Milne Edwards propose d’appeler ce* coipsdes spermatophores, et les compare à des grains de pollen qui

méme'Tnn >SS1 CorPuscules fondateurs et qui éclatent de

mâle si- rlr!en e charger, lorsqu’ils sont parvenus de l’appareil

maie sui 1 organe femelle.

Ees céphalopodes sont très-voraces. Comme ils ont de l’agilité et de nombreux moyens de saisir leur proie, ils détruisent beaucoup de pois-

LCU'' Chair$e mange; lour -, usUée en

pharmacie.8 q ® " nlcrne d'une esPèce (la »ûct»e) es, emplojée en

Les céphalopodes ne forment que deux ordres et qui sont neu nombreux en genres. Les uns n’ont que deux branchies, sont pounus d une poche à encre et ont leurs bras ou tentacules couverts de suçoirs. On les nomme céphalopodes djbranchïaux ou a cetab ulifé res , et on y trouve les poulpes, les argonautes, les calmars et les seches. Les autres, nommés tétrabranchiaux ont quatre branchies, sont privés de sécrétion atramentaire et ne portent pas de suçoirs sur leurs tentacules. Tel est le nautile

ORDRE DES DIBRANCH1AUX OU ACÉTABULIFÈRES.

Les poulpes (1) n’ont que deux petits grains coniques de substance cornée, aux deux côtés de l’épaisseur du dos ; leur sac de forme ovale, est dépourvu de nageoires, et leurs pieds sont au nombre de huit, tous à peu près égaux, très-grands à proportion du coips, réunis à la base par une membrane qui les rend palmés. L’espèce vulgaire (Sepia octopodia, L., Octopusvulgaris Lam habite la Méditerranée et l’Océan. Elle a le corps ovale et’ entièi ement lisse, les pieds quatre ou cinq fois plus longs que le corps, lous grêles et effilés dans leur moitié terminale, garnis, sur toute leur longueur et du côté interne, de deux rangs de ventouses al-

(1) Aristote avait donne a ces animaux le nom de Polypes (uoXvttouç, plusieurs p.eds) qui leur convient parfaitement ; mais, dans les temps modernes, ce n é e nom ayant e.e appliqué aux hydres d'eau douce, et ensuite à une classe tou en t, ère d animaux rayonnés, Lamarck a fait adopter pour les polypes d'Aristote le nom de Poulpes qui n’est qu’une contraction du mot grec. Il a formé pour non générique latin le mot octopus, qui signifie huit pieds. (Voyez Lamarck, HistoTe naturelle des ammaux sans vertèbres. Paris, 1845, t. XI p 3fi() )

D1BRANCI1IAUX OU ACÉTABUL1FÈRES.

ternes. Elle est longue, en tout, de 60 à 65 centimètres; mais il existe dans l’océan Pacifique des poulpes qui ont 2 mètres de long et qui sont un objet de terreur pour les pêcheurs de la Polynésie. Pline parle aussi d’un poulpe dont les brasavaient 10 mètres de long, ce qui est probablement très-exagéré.

Le poulpe musiiué ou été don d’Aristote ( Octopus moschatus , Lam.) diffère du précédent par des bras encore plus longs à proportion, plus grêles et réunis à leur base par une membrane plus haute; mais son caractère principal réside dans un seul rang de ventouses très-rapprochées, sur chaque bras. 11 est commundans la Méditerranée; il exhale une forte odeur de musc, même après avoir été desséché.

Les argonautes (/ 1g . 100-i) sont des poulpes à huit pieds non palmés à la base, et à deux rangs de suçoirs, dont la paire de ] > i e d s la plus voisine du dos se dilate à son extrémité en une large membrane. Ils n’ont pas dans le dos les deux petits grains cartilagineux des poulpes ordinaires : mais on les trouve toujours dans une coquille très-mince, cannelée symétriquement et roulée en spirale, dont le dernier tour est si grand proportionnellement qu’elle a l’air d’une chaloupe dont la spire serait la poupe.

Aussi l’animal s’en sert-il comme d’un bateau, et, quand la mer est calme, on en voit des troupes naviguer à la surface, en se servant de six de leurs tentacules comme de rames, et relevant les deux qui sont élargis, pour en faire des voiles. Si les vagues s’agitent ou qu’il paraisse quelque danger, l’argonaute retire tous ses bras dans sa coquille, s’y concentre, et redescend au fond de l’eau. Le corps de l’argonaute ne pénètre pas jusqu’au fond des spires de sa coquille et ne paraît y tenir par aucune attache musculaire, ce qui a fait penser ù plusieurs naturalistes qu'il ne l’habite qu’en qualité de parasite, comme le bernard-l' /termite habite la sienne. Cependant, comme l’on trouve toujours l’argonaute dans la même coquille et qu’on ne rencontre jamais dans celleci un autre animal, bien qu’elle soit très-commune, il est probable qu’elle lui appartient en propre. Les anciens connaissaient

'j,)~ LES mollusques céphalopodes.

co singulier céphalopode, et le nommaient nautile ou pompile{\).

Les calmars (Lohgo, Lam.) ont dans le dos, au lieu de coquille une lame de corne, en forme de lancette; leur sac s’élargit à l’ext rem île postérieure et forme deux nageoires latérales, figurant ensemble un rhombe ou une ellipse. Outre huit pieds égaux assez courts, chargés de deux rangées de suçoirs, leur tête porte encore ( eux bras beaucoup plus longs, armés de suçoirs seulement vers le bout, qui est élargi. Leur bourse à encre est enchâssée dans le foie.

Les sèches (Sepia, Lam.) ont les dix bras des calmars, dont deux, beaucoup plus longs que les autres, sont pourvus de suçoirs seulement a 1 extrémité. Leur sac est élargi tout autour par une nageoire charnue peu développée; leur coquille est interne, ovale, épaisse, bombée, composée d’une infinité de lames calcaires très-minces, parallèles, jointes ensemble par des milliers de petites colonnes creuses qui vont- perpendiculairement de l’une à 1 autre. La bourse à l’encre est détachée du foie et située plus profondément dans l’abdomen. Les glandes des oviducles sont énormes; les œuls sont déposés attachés les uns aux autres en

grappes rameuses, ce qui leur a fait donner le nom de raisins de mer.

L’espèce répandue dans toutes nos mers {S épia officinalis, L.) atteint plus de 35 centimètres de longueur. Elle a le corps ovale, large, déprimé, bariolé en dessus de lignes onduleuses blanches {fig. 1005), sur un fond grisâtre, et tacheté de petits points pourprés. La bouche renferme deux mâchoires cornées de couleur noire, en forme de becs de perroquet (/q/. 1006 a et d), que l’on trouve souvent disséminés dans les masses d’ambre gris (pag. 122 123). La coquille, qui porte vulgairement le nom d’os de sèche , est ovale, plate, mais bombée sur ses deux faces. Le côté interne {fig. 1006, b') est formé de couches calcaires très-friables, succès sh ement plus grandes et dont les plus nouvelles recouvrent toutes les autres. Les couches les plus externes, les plus grandes par conséquent, sont beaucoup plus dures et en partie cornées. Elles forment, au-dessus des autres {fig. 1006, b), une sorte de manteau demi- transparent, un peu élargi en forme d’ailes, vers 1 extrémité postérieure, et terminé par une pointe assez aiguë. On trouve dans la couche de calcaire grossier de Grignon (Seincet-Oise) un assez grand nombre de ces pointes calcaires, accompagnées d une portion de lame convexe qui les supporte. Cuvier avoue avoir cherché, pendant plus de dix années, ce que ces pointes pouvaient être, lorsqu’il les a reconnues pour appartenir a la partie inférieure de coquilles de sèches.

(1) Pline, IX, c. *29.

D1BRANCHIAUX OU ACÉTABUL1FÈRES.

Los de sèche est employé à l’intérieur eomme absorbant et comme dentifrice. On le donne aux oiseaux de volière dans le (ioul)le but d'user leur bec, qui, sans cela, pourrait acquérir une

Fig. 1003. - Sèche (*]. Fig. 1006. - Mâchoire cl coquille

de sèche (**).

longueur incommode, et de leur fournir l’élément calcaire de leurs os, de leurs plumes et de la coquille de leurs œufs.

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