LES ANIMAUX RAYONNES OU 200PHYTES
transparence et son élasticité, paraît être de la même nature que celles du Levant. Mais elle est très-caverneuse à l’intérieur, retient peu l’eau, se déchire et s’use avec une grande facilité. Elle est de très-mauvaise qualité.
Composition chimique. La composition élémentaire des éponges et la manière dont elles se comportent avec les agents chimiques, fournissent de bonnes raisons corroboratives en faveur de leur admission dans le règne animal. En effet, leur fibre élastique se ramollit au feu comme les poils et la corne, et fournit à la dislillaLion une quantité considérable de carbonate d’ammoniaque; elle se dissout très-facilement dans les lessives alcalines et dans les acides minéraux concentrés, et leur dissoluté dans les acides précipite par la noix de galle. Mais, indépendamment du carbone, de l’hydrogène, de l’azote et de l’oxygène que les éponges contiennent, comme toutes les matières animales, elles renferment une quantité notable d’iode, dont une portion existe à l’état d’iodure soluble dans l’eau, mais dont la plus grande partie paraît combinée directement à leur propre substance, et ne s’en sépare que lorsque le tissu fibreux se trouve décomposé par le calorique. C’est à cet iode, sans aucun doute, que l’éponge doit la propriété qui lui a été reconnue il y a longtemps d’être un remède très-utile contre le goitre. On l’employait, à cet effet, soit en décoction aqueuse, soit plus ou moins torréfiée, soit complètement calcinée. J’ai montré que la forme sous laquelle l’éponge est le plus active est celle d’éponge torréfiée jusqu’au brun noir, et jusqu’à réduction aux 75 centièmes de son poids. Les éponges que l’on doit préférer pour cette opération sont les éponges fines du Levant, non lavées, et privées autant que possible du gravier, des coquillages et des autres débris qui peuvent s’y trouver (I). Les éponges fines et douces servent aussi à préparer les éponges à la cire et à la ficelle v employées par les chirurgiens pour dilater l’ouverture des plaies que l’on veut empêcher de se fermer.
(I) Voy. Guibourt, Pharmacopée raisonnée, p. "07.