ANE
vail ou les maladies, pour la transformer en engrais, leurs os pour la fabrication du noir animal, et leur peau pour faire des cuirs tenaces propres aux tiges de bottes et aux empeignes de souliers. Le crin de cheval est aussi d’une grande utilité pour la fabrication des sommiers, des meubles, des tamis et de divers tissus employés dans les arts. Il n’y a pas jusqu’au fumier de cheval qui ne soit un engrais précieux, dont on fait principalement usage pour la culture des jardins et la composition des couches.
L'nne ( Equus asinus, L.) se distingue du cheval par ses longues oreilles, par la houppe de poils dont l’extrémité de sa queue est garnie, par sa crinière plus courte et non tombante, et par la croix noire qu’il présente sur les épaules. De môme que le cheval, il est originaire des grands déserts de l’intérieur de l’Asie, où il vit encore à l’état sauvage et en troupes innombrables. Il rend en France des services importants à la petite culture par sa sobriété et sa patience.
L’âne et le cheval produisent facilement des métis, nommés mulets , qui participent des formes et des qualités des deux espèces, mais qui sont toujours stériles, de sorte que leur race ne peut se perpétuer. Ceux qui proviennent d’un âne et d’une jument sont mieux faits et plus grands que ceux portés par une ânesse. Ceux-ci, qui sont plus rares, portent le nom particulier de bardeaux.
La viande d’âne a été utilisée ; en France, on abat un nombre considérable d ânes pour en faire du saucisson.
Le lait d’ânesse est souvent ordonné comme aliment aux personnes maladives et particulièrement aux phthisiques : il contient plus de sucre de lait et moins de matière grasse que celui de vache.
L usage du lait d ânesse, dit Brehm (I), si général maintenant en Europe, fut introduit en France par un Juif. Voici comment : François Ier était très-faible; ses fatigues guerrières et ses excès l’avaient réduit â un état de langueur qui s’aggravait tous les jours : les remèdes n’y changeaient rien. On parla alors au roi d’un Juif de Constantinople qui avait la réputation de guérir ces sortes de maladies. François Ier ordonna à son ambassadeur en Turquie de faire venir à Paris ce docteur israélite, quoi qu’il en dût coûter. Le médecin juif arriva et n’erdonna que du lait d’ânesse: ce remède doux réussit très-bien au monarque, et tous les courtisans s’empressèrent de suivre le môme régime.
On apporte de Chine une sorte de gélatine préparée avec la peau d’âne, et qui est connue sous le nom de colle «le peau
(1) Rreltm, La vie des animaux. Mammifères. Paris, 1870, tome If, p. 421.
LES MAMMIFERES.
«l’âne ou de hockiak. Telle que je l’ai vue anciennement, elle était sous forme de petites tablettes carrées, très-épaisses, d’un gris terne et demi-opaques. Elle était recommandée comme analeptique.
On trouve dans les déserts de l’Asie centrale une troisième espèce de cheval nommée hémione ou dzigguetai, qui tient le milieu, pour les proportions, entre le cheval et l'âne, mais de formes très élégantes et d’une vitesse à la course supérieure à celle du cheval. 11 est de couleur isabelle (jaune fauve clair) avec la crinière et la ligne dorsale noires, ainsi que la houppe de crins qui termine sa queue. En hiver, son pelage devient épais et. frisé. 11 vit en troupes composées d’une vingtaine de juments, de poulains et d’un mâle qui en est le chef.
L’Afrique possède trois autres espèces du genre cheval. Le plus anciennement connu est le zèbre, qui a la forme d’un âne, mais qui a tout le corps et les membres couverts de bandes transversales d’un brun noirâtre sur un fond jaune. On le rencontre depuis l’Abyssinie jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Le eouagga ressemble davantage au cheval et ne présente de bandes transversales que sur les épaules et le dos. Le daim ou ona^a n’est connu que depuis peu de temps; il est plus petit que l’âne, et porte sur la tête, le cou et le tronc, des raies noires alternativement plus larges et plus étroites sur un fond isabelle.