MUSC
tudinal plus apparent répondant au fourreau de la verge. Le poil extérieur est propre, sec, blanchâtre et comme argenté; la peau nue, qui touchait au ventre, ressemble à un parchemin jaune brunâtre, recouvert par une légère fleur blanchâtre. La substance môme du musc est plus scche, d’un brun chocolat clair, non ammoniacale, d'une odeur musquée moins forte, moins ten ice et comme se rapprochant d’une odeur aromatique végétale. Il est aussi beaucoup moins estimé.
Enfin on distingue dans le commerce, indépendamment de toute origine, le musc eu poche ou eu vessie de celui qui est hors vessie. Le mieux est d’acheter le musc en vessie et de vider soi-môme, en pratiquant une incision circulaire à la peau qui louchait au ventre. Car, s’il est déjà assez difficile d’avoir du musc en vessie qui n’ait pas été falsilié, on conçoit qu’il n’y a plus guère moyen d’ôtre assuré de l’espèce et de la pureté de celui qui a été retiré des poches; et qui peut être mélangé soit de musc kabardin, soit de toute autre matière étrangère. Quant à la quantité du musc hors vessie que 1 on peut retirer des poches, elle est extrêmement variable. Pereira, dans sa matière médicale, donne, d’après un droguiste de Londres, les poids de six poches de musc de Chine qui pesaient ensemble 37 drachmes et 13 grains (poids-lroy), ou 144 grammes 71 centigrammes, et qui ont fourni 64 grammes 13 centigrammes de musc hors vessie (1), ou 43,61 pour 100 ; tandis que six poches de musc de Chine, que j’ai vidées à différentes époques, m ont donné les résultats suivants :
Entières.
2 poches ensemble.. G?gr,0G
Total J 9 1 Br,l0
Moyenne 3Ur,9ü
Rapports: 100 : 71,27 ou 7 : S.
Musc hors vessie.
43gr595
1 3(j6r,40 22bt,7 3
(1) Moyenne pour une poche : entière, approché, 7 : 3.
24*r,l2; — hors vessie, 10«r,52. Rapport
LES MAMMIFÈRES
Ces poches étaient plus fortes que celles mentionnées par Pereira et m’ont otfert un produit beaucoup plus avantageux. Il est vrai que tout en ayant soin de ne prendre que des poches de très-bonne qualité, je choisissais celles qui devaient m’être le plus profitables.
Musc falsifié. Le musc, en raison de son prix élevé, est trèssujet à être falsifié, même en Chine : on y introduit des grains de plomb ou de petits morceaux de fer, ou bien on y mêle du sang desséché, du sel ammoniac et un peu de potasse, quelquefois même du tabac à priser. Tantôt ce musc falsifié est introduit dans des poches vides, dont on recoud tout autour la peau ventrale avec un lil fin ; et je pose pour première règle qu’il ne faut acheter que des poches qui n’aient pas été recousues sur le bord ; tantôt le musc falsifié est renfermé dans une fausse poche, fabriquée avec un morceau de la peau du chevrotain [fiy. 811). Alors -ces poches n’offrent pas la disposition centripète des poils des poches véritables, ni le pinceau roux cachant l’ouverture naturelle du musc. On trouve enfin quelquefois des poches de musc ovoïdes ou presque globuleuses, formées par un morceau de peau noirâtre, n’offrant que des vestiges de poils de portemusc, replié sur lui-même et cousu suivant une ligne sinueuse qui parcourt sa surface, enfin ne présentant aucune distinction de face supérieure ni inférieure. Ce musc est toujours de trèsmauvaise qualité et doit être rejeté.
Le musc de Chine sorti de sa poche est mou, grumeleux, d’un brun noirâtre, mélangé de quelques poils courts, qu’il faut en retirer avec une petite pince avant de l’employer comme médicament. Il possède une odeur très-forte, toujours un peu ammoniacale (1); il ne doit pas être trop humide et ne doit présenter aucun corps dur sous le doigt, ou lorsqu’on l’écrase sur une feuille de papier, qu’il colore en brun rougeâtre; il est aux trois quarts soluble dans l’eau et lui donne une couleur brune rougeâ-
(1) C’est un fait assez remarquable, que l’odeur du musc disparaît par l’addition de quelques substances, telles que le soufre doré d’antimoine et les amandes ambres. Elle disparaît aussi complètement lorsqu’il est entièrement desséché au moyen du chlorure de calcium fondu. Je regarde plutôt comme nuisible qu’utile cette disparition d’odeur, dans l’application médicale.
RUMINANTS