‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 57 sur 162 · ORDRE DES SAURIENS · texte numérisé non relu

ORDRE DES SAURIENS

Cet oi die comprend les lacertiens , les iguaniens , les caméléonicns , les scincoidiens, et les orvets.

Les lacertiens ont une langue mince, extensible et terminée en deux filets comme celle des couleuvres; leur corps est allongé, leur marche rapide ; tous leurs pieds ont cinq doigts armés d’ongles, séparés, inégaux, surtout ceux de derrière ; leurs écailles sont disposées sous le ventre et autour de la queue par bandes transversales et parallèles. On compte parmi eux les lézards de nob pavs et d assez grands sauriens des pays chauds, qui ont reçu les noms de montions et de sauvegardes , sur l’opinion que l’on avait anciennement, qu’ils avertissaient de l’approche des crocodiles : ils sont en réalité très-utiles à l’homme, en détruisant beaucoup d autres reptiles et en dévorant les œufs des crocodiles.

Les caméléoniens ne comprennent qu’un seul genre, les caméléons, animaux disgracieux, bien distincts des autres sauriens par

(1) La disposition du cœur est telle, que toute la partie postérieure du corp s reçoit un mélange de sang artériel et de sang veineux, tandis que la tète reçoit du sang artériel pur.

REPTILES

plusieurs de leurs caractères. Ils ont toute la peau chagrinée par de petits grains écailleux; le corps comprimé et le dos comme tranchant; la queue ronde et prenante; cinq doigts à tous les pieds, mais divisés en deux paquets opposables l’un à l’autre, l’un de deux, l’autre de trois, chaque paquet réuni par la peau jusqu’aux ongles : cette disposition des doigts, jointe à leur queue prenante, en fait des animaux grimpants destinés à vivre sur les branches d’arbres. Leur langue est charnue, cylindrique et extrêmement allongeable; les dents sont trilobées ; les yeux trèsgrands, mais presque couverts par la peau, excepté un petit trou vis-à-vis de la prunelle, et mobiles indépendamment l’un de l’autre; l’occiput est relevé en pyramide; les premières côtes se joignent au sternum, les suivantes se continuent chacune à sa correspondante pour envelopper l’abdomen par un cercle entier. Leur poumon est si vaste que, lorsqu’il est gonflé, leur corps paraît comme transparent. Ils vivent d’insectes qu’ils prennent avec l’extrémité gluante de leur langue, qu’ils meuvent avec une grande vitesse. Ces animaux, déjà si singuliers, le sont encore plus par la faculté qu’ils ont de changer de couleur presque subitement, et, si l’on en croyait d’anciens écrivains, ils pourraient prendre successivement la teinte de tous les objets dont ils se trouvent environnés, afin de mieux se dérober à la vue de leurs ennemis. Aussi ont-ils été pris de tout temps pour l’emblème des courtisans, des flatteurs et des revireurs politiques. Les observations des modernes, tout en dépouillant l’histoire des caméléons des fables dont on l’avait chargée, ont en effet constaté qu’ils peuvent, sous l’impress’ion des variations de température, de la crainte ou de la colère, éprouver des changements très-remarquables, et être tantôt blancs, tantôt jaunâtres, d’autres fois verts, rougeâtres ou presque noirs. Pendant longtemps on a attribué ces changements à la distension plus ou moins grande des poumons et à des modifications correspondantes dans la quantité de sang envoyé à la peau ; mais il faut en chercher la cause dans la structure particulière de cette membrane qui renferme plusieurs matières colorantes, dont les unes peuvent lantôtse montrer à la surface etmasquer les autres, et d’autres fois se retirer en dessous et laisser à découvert le pigment superficiel. Le caméléon le plus connu est celui d’Égypte, que l’on trouve bien représenté dans le Règne animal de Cuvier (1). Celui qui est ici gravé (fi g. 835) est le caméléon è nez bifide des îles Moluques.

La cinquième famille des sauriens cstcclledes scincoïdiens, qui sont reconnaissables à leurs pieds très-courts, à leur langue non

(I) Cuvier, Reptiles, pl. XXI.

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