‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 58 sur 162 · SAURIENS. — IGUANE · texte numérisé non relu

SAURIENS. — IGUANE

extensible, et aux écailles égales et imbriquées qui leur couvrent tout le corps. Les uns ont la forme d’un fuseau ; d’autres, cylindriques et très-allongés, ressemblent à des serpents ; chez plusieurs, les pieds sont trop courts pour servir la locomotion, et

Fig. SSo. — Caméléon à nez bifide.

il en est même chez lesquels l’une des deux paires de membres, soit l’antérieure, soit la postérieure, manque complètement. Aussi les scincoïdiens établissent-ils un passage évident entre les sauriens et les ophidiens.

Le scinque officinal ( Scincus officinalis, Schn. ; Lacerta seings, L.) a été autrefois usité en médecine. Il habite l’Égypte, l’Abyssinie et l’Arabie. 11 est long de 19 à 22 centimètres, a les

Fig. 836. ~ Sc:nque officinal.

pieds courts (/ 1g . 836), la queue presque d’une venue avec le corps et plus courte que lui; le corps jaunâtre, argenté, traversé de bandes noirâtres, couvert d’écailles uniformes, luisantes, disposées comme les tuiles d’un toit. Pour le conserver, on en retire les intestins que l’on remplace par des plantes aromatiques ; on le fait sécher et on 1 enveloppe de feuilles d’absinthe sèches. C est ainsi qu on nous l’envoie encore quelquefois ; on le croit aphrodisiaque; il entre dans l’électuaire de milhridate.

On a vanté comme sudorifiques et antivénériens quelques autres reptiles sauriens mangés crus. Cesont le petit nnoüs de* Antilles,

ou roquet ( Anolis bul/ans), l'iguane ( Iguana delicatissimci , La-

loi

REPTILES

treille) (1), le lézard commun [Lacerta agilis, L.), etd’autres. Ils ne sont plus employés, du moins en France.

Les orvets, ou anguis , se rapprochent des sauriens, et particulièrement des scincoïdiens, par leur tête osseuse, leur langue charnue et peu extensible, leur œil muni de trois paupières, et leur corps tout recouvert d ’c cai lies imbriquées. Enfin, on trouve chez plusieurs d’entre eux les vestiges d’un bassin et des os de l’épaule. D’un autre côté, ils ressemblent aux vrais serpents par leur forme très-allongée et par la petitesse de l’un de leurs poumons. Ce sont des animaux très-doux et qui ne cherchent pas même à mordre quand on les saisit. Ils vivent de mollusques terrestres cl d’insectes. Nous en avons une espèce fort commune en Europe, nommée proprement orvet ( Anguis fragilis , L.), qui est jaune argenté en dessus, noirâtre en dessous, long de 33 à 40 centimètres. Sa queue est très-fragile, comme celle des lézards, et l’on dit même que son corps peut se rompre quand il se roidit; il fait ses petits vivants.^

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