BATRACIENS
la grenouille verte (Ranci esculenta , L.) qui est d’un beau vert tacheté de noir, avec trois raies jaunes sur le dos et le ventre jaunâtre. Elle est très-incommode en été par la continuité de ses clameurs nocturnes. Elle fournit un aliment sain et agréable. Les Allemands la mangent tout entière, la peau et les intestins exceptés; mais en France on ne fait usage que du train de derrière. On en forme aussi des bouillons médicinaux. En 1789, Galvani, professeur d’anatomie à Bologne, en faisant des recherches sur l’irritabilité des cadavres de grenouilles par l’électricité, a reconnu les premiers faits d’électricité animale, qui ont conduit Yolta à la découverte de la pile qui porte son nom, et qui ont été le point de départ de toutes les brillantes découvertes dues à l’électricité dynamique (1).
Les rainettes ne diffèrent des grenouilles que parce que l’extrémité de chacun de leurs doigts est arrondie en une pelotle visqueuse, qui leur permet de se fixer aux corps et de grimper aux arbres. Elles s’y tiennent en effet tout l’été et y poursuivent les insectes ; mais elles pondent dans l'eau et s’enfoncent dans la vase en hiver, comme les grenouilles. Le mâle a sous la gorge une poche qui se gonfle quand il crie.
Les crapauds ont le corps ventru, couvert de verrues ou papilles qui laissent suinter un enduit visqueux, et, derrière l’oreille, ungros bourrelet percé de pores qui sécrètentune humeur laiteuse et fétide. Ils manquent complètement de dents, ont les patles de derrière peu allongées, sautent mal et se tiennent cependant plus généralement éloignés de l’eau. Ce sont des animaux hideux et dégoûtants, mais qui ne sont pas venimeux. Le crapaud commun ( Rana bufo , L.) est gris roussâtre ou noirâtre, couvert de tubercules arrondis; ses pieds de derrière sont demi-palmés. Il se tient dans les lieux obscurs et étouffés et passe l’hiver dans des trous qu’il se creuse. Son accouplement se fait dans l’eau, au printemps; la femelle produit des œufs innombrables, réunis par une gelée transparente en deux cordons très-longs, que le mâle traîne avec les pieds de derrière.
Le crapaud jouissait autrefois d’une grande réputation en médecine; on l’appliquait tout vivant contre la céphalalgie, la gastralgie, les scrofules, le cancer, etc., ou bien desséché et réduit en poudre contre la fièvre quarte, l’épilepsie, etc. Il faisait partie du baume de Leiclour et du baume tranquille, de même que les grenouilles figuraient encore dans le dernier
(I) Yoy. de la Rive, Traité d’électricité théorique et pratique. Paris, 1854-58.
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siècle au nombre des ingrédients de l’emplâtre de Vigo, simple ou mercuriel.
CINQUIÈME CLASSE
LES POISSONS
La classe des poissons, qui est la dernière des animaux vertébrés, se compose des vertébrés ovipares organisés pour vivre toujours dans l’eau. Leur circulation est complète, c’est-à-dire qu’aucune portion de sang veineux ne retourne au corps sans avoir été changé en sang artéliel; mais leur respiration s’opère uniquement par l’intermède de l’eau. A cet effet, ils ont aux deux côtés du cou un appareil nommé branchies, lequel consiste en feuillets suspendus à des arceaux tenant à l’os hyoïde, et composés chacun d’un grand nombre de lames recouvertes par d'innombrables vaisseaux sanguins. L’eau que le poisson avale s’échappe entre ces lames par des ouvertures nommées ouïes, et agit, au moyen de l’air qu’elle contient, sur le sang continuellement envoyé aux branchies par le cœur, qui ne représente que l'oreillette et le ventricule droits des animaux à sang chaud (t).
Ce sang, après avoir respiré, ne repasse donc pas par le cœur, et se rend directement dans un tronc artériel situé sous l’épine du dos, et qui, faisant fonction de ventricule gauche, l’envoie par tout le corps, d'où il revient au cœur par les veines.
La structure entière des poissons est aussi évidemment disposée pour la natation que celle des oiseaux pour le vol. Suspendus dans un liquide presque aussi pesant qu’eux mêmes, les premiers n’ont pas besoin de grandes ailes pour se soutenir, et la plupart sont pourvus d’une vessie pleine d’air, dite vessie natatoire, placée immédiatement sous l’épine, et qui, en se comprimant ou en se dilatant, fait varier la pesanteur spécifique de l'animal, et l’aide à monter ou à descendre. I.a progression s’exécute en partie par les mouvements de la queue qui choque l’air alternativement à droite et à gauche; les branchies peuvent y contribuer aussi, en poussant l’eau en arrière ; le reste de l’action progressive est produit par les membres qui, se trouvant ainsi aidés, n’ont pas besoin d’être bien puissants et sont en général fort réduits. Les pièces analogues aux os des bras et des jambes sont très-raccourcies, ou même
(I) Voy. J Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des poissons. Paris, 1829-1819, 22 vol. in-8 avec atlas. — E. Blanchard, Les poissons des eaux douces de lu France. Paris, 186G, in-S.
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entièrement cachées; des rayons plus ou moins nombreux, soutenant une lame membraneuse, représentent grossièrement les doigts des mains et des pieds, et forment les nageoires. Celles qui répondent aux membres antérieurs se nomment pectorales ; celles qui répondent aux postérieurs, ventrales. D’autres rayons, attachés à des os placés sur ou entre les extrémités des apophyses épineuses, soutiennent des nageoires supplémentaires qui sont situées verticalement sur le dos, sous la queue ou à son extrémité. On appelle les nageoires supér ieures dorsales , les inférieures anales et celle du bout de la queue caudale.
On observe dans les poissons autant de variétés que parmi les reptiles pour le nombre des membres (nageoires pectorales et ventrales). Le plus souvent, il y en a quatre ; quelques-uns n’en ont que deux ; d'autres en manquent tout à fait. Dans la plupart, les vertèbres sont pourvues de longues apophyses épineuses qui soutiennent la forme verticale du corps; les côtes sont souvent soudées aux apophyses transverses. On désigne communément ces côtes et ces apophyses par le nom d 'arêtes.
La tête des poissons varie beaucoup quant à la forme, et cependant elle se laisse presque toujours diviser dans le même nombre d’os que celle des autres ovipares ; les narines sont de simples fossettes creusées au bout du museau, presque toujours percées de deux trous et tapissées d une pituitaire plissée très-régulièrement. Leur œil a la cornée très-
+'ig. 858. - Tèle osseuse de la perche dont ou a enlevé, d'un côté, les mâchoires, la cloison jugale et l’opercule, pour montrer l’intérieur de la bouche et l’appareil hyoïdien (*).
plate, peu d'humeur aqueuse, mais un cristallin sphérique et très-dur. •Leur oreille est presque toujours logée tout entière dans la cavité du crAne, sur les côtés du cerveau, et ne consiste guère qu’en un vestibule surmonté de trois canaux semi-circulaires, auxquels les ondes sonores
(’) c, crâne ; or orbite; v voilier (armé de dénis) ; im, mâchoire supérieure; d p dénis implantées sur l’arcade palatine; mi, mâchoire iuférieure; Z, os lingual; 6, branches latérales de I appareil hyoïdien ; s, stylet servant à suspendre ces branches à la. face interne des cloisons jugales ; r, rayons branchiostéges ; a, anneaux branchiaux; p h, os pharyngiens supérieurs; o à h, ceinture osseuse supportant la nageoire pectorale p ; o et o’ omoplate divisée eu deux pièces; h, humérus; a b, os de i’avaut-bras ; ac, os du carpe ; c o, os caracoïJien.
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ii ai ii\cnt qu après avoir mis 6n vibration les téguments communs cl les os du crâne.
I.es poissons sont très-voraces, mais ils ont le goût peu développé, et ils paraissent avaler sans choix tous les petits animaux qui sont à leur portée. Il y en a fort peu qui se nourrissent de matières végétales. Leui langue est en partie osseuse et souvent garnie de dents ou d’autres enveloppes dures ; il peut y avoir aussi des dents à l’intermaxillaire, au maxillaire, a la mâchoire inférieure, au vomer, aux palatins, aux arceaux def branchies et jusque sur des os situés en arrière de ces arceaux, tenant comme eux à l’os hvpïde et nommés os pharynoien s (fig. Ko8).
Outre l’appareil des arcs branchiaux, l’os hyoïde porte de chaque côté des rayons qui soutiennent la membrane branchiale. Une sorte de battant, composé de trois pièces osseuses, 1 ’ojnrcule, le subopercule et Vmler opercule, se joint à celte membrane pour fermer la grande ouverture des ouïes; il s’articule à l’os tympanique et joue sur une pièce
nommée le préopercule. Plusieurs poissons cartilagineux manquent de cet appareil.
I. estomac et les intestins varient beaucoup pour l’ampleur, la figure et les circonvolutions ; les rems sont fixés le long des côtés de l'épine ; mais la vessie est au-dessus du rectum et s’ouvre derrière l'anus et derrière l’orifice de la génération, ce qui est l’inverse des mammifères.
I.es testicules sont deux énormes glandes appelées communément lentes; et les ovaires, deux sacs à peu près conespondanls aux laites pour la forme et la grandeur, et dans les replis internes desquels sont logés une quantité souvent innombrable d’œufs. Quelques poissons seulement peuvent s’accoupler et sont vivipares ; tous les autres n’ont pas d accouplement et pondent des œnTs sur lesquels le mâle ne fait que passer pour y répandre sa laite et les féconder.
Ua peau des poissons est quelquefois nue, mais presque toujours elle est couverte d’écailles. Quelquefois ces écailles ont la forme de grains 1 u de.-», de tubercules très-gros, ou de plaques épaisses ; mais en général ce sont des lamelles Tort minces, se recouvrant comme des tuiles et enchâssées dans des replis du derme. Quant aux couleurs dont elles peuvent être ornées, elles étonnent par leur va: iété et leur éclat; tantôt elles ne peuvent être comparées qu à l’or ou à l’argent ; tantôt ce sont es teintes les plus riches du vert, du bleu, du rouge ou du noir. La matière argentée, qui leur donne souvent un éclat métallique si beau
est sécrétée par le derme et se compose d’une multitude de très-petites lames polies.
La classe des poissons est celle qui offre le plus de difficultés, quand on veut a diviser en ordres, d'après des caractères fixes et sensibles.
. pris lien ( es efforts, Cuvier s’est déterminé pour la classification dont voici le tableau :
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