ORDRE DES AC AKTIIOPTÉRYGIENS
En tôte des acanthoptérygiens, et dans la famille des pereoïdes, nous trouvons d’abord les perçues qui ont le corps oblong et couvert d’écail les dures; les nageoires ventrales attachées sous les pectorales; le préopercule dentelé, l’opercule osseux et terminé en deux ou trois pointes aiguës ; la langue lisse. L’espèce principale qui est la perche commun (Perça fluviatilis , L.), vit dans les lacs, les rivières et les ruisseaux d’eau vive d’Europe et d'Asie; elle àtteint ordinairement 40 à 50 centimètres de longueur, avec un poids de 2 kilogrammes â 2kil, 500, et quelquefois plus de (33 centimètres avec un poids de 15 kilogrammes. Elle est d’un vert doré, avec trois bandes verticales noiiâtres, et les nageoires ventrales et l’anale rouges; elle se nourrit de vers, d’insectes et de petits poissons : c’est un des plus beaux et de nos meilleurs poissons d’eau douce.
Le imrs commun ( Labrax lupus, Cuv.), est un grand poisson des côtes de France, commun surtout dans la Méditerranée et très-estimé pour la table. Il est de couleur argentée, avec des reflets d’un bleu céleste sur le dos; ses deux nageoires dorsales sont d’un rose tendre, les pectorales et les ventrales jaunâtres. Une tache noire marque la pointe de ses opercules. Sa grande voracité lui a fait donner le nom de loup de mer: il peut arriver au poids de 30 kilogrammes.
Les vives diffèrent des percoïdes précédents par la position de leurs nageoires ventrales qui, au lieu d’ôtre attachées sous les pectorales, le sont sous la gorge, en avant des pectorales (1). Elles ont la tôte comprimée, les yeux rapprochés, la bouche oblique, la première dorsale très-courte, la deuxième très-longue, les pectorales très-amples et un fort aiguillon à l’opercule. Elles habitent près des côtes de l’Océan et de la Méditerranée, et se tiennent le plus souvent cachées dans le sable ; on redoute beaucoup la piqûre des aiguillons de leur première dorsale ; leur chair est agréable.
Les mulles ont deux dorsales très-séparées; tout leur corps et leurs opercules sont couverts d’écailles larges qui tombent facilement; leur préopercule n’a point de dentelures; leur bouche est
'1) On leur donne, à cause de cela, le nom de pcrcovles jugulaires ; les autres portent celui de percoïdes thoraciques.
POISSONS
peu ouverte, faiblement armée de dents, et ils se distinguent surtout par deux lougs barbillons qui leur pendent sous la mâchoire inférieure. On en connaît surtout deux espèces, dont une, nommée mulle barbu, OU rouget barbu ( i)lullus bcobatus, L.), était recherchée des Romains débauchés de l’Empire, qui faisaient cuire le rouget tout vivant sur leur table, dans des canaux de cristal remplis d’eau lentement échauffée, afin de jouir du barbare plaisir de voir le rouge éclatant du poisson se changer successivement en pourpre, en violet, en gris bleuâtre et en blanc, â mesure qu’il approchait du terme de son existence. Le goût de cel affreux spectacle devint même une telle fureur, qu’un ancien consul, nommé Celer, paya un rouget 8,000 sesterces (1,558 fr.), et que, sous Tibère, trois autres furent achetés 30,000 sesterces (5,8ii fr.); Tibère lui-môme en vendit un qui fut acheté par Octavius pour 5,000 sesterces. Il est vrai que ces mulles étaient d’un poids peu ordinaire, et que le dernier pesait à peu près 5 livres romaines (1,606 grammes).
Le rouget barbu est très -répandu sur les côtes de la Méditerranée et se trouve également sur celles d’Espagne, de Portugal et du golfe de Gascogne; on le vend quelquefois à Paris. Il est long de 22 à 27 centimèlres, a le corps et la queue rouges, même après avoir été dépouillé de ses écailles; il a la queue fourchue, la tête comme tronquée en avant, et la mâchoire inférieure accompagnée de deux barbillons aussi longs que les opercules. Il a la chair blanche, ferme et d’un goût exquis. On lui substitue souvent le surmulet [Mullus surmuletus 7 L.)qui est plus grand, â profil moins vertical, rayé en longueur de jaune, et qui, étant plus commun sur les côtes de l’Océan, arrive plus facilement à Paris. On vend encore à Paris, sous le nom de rougets, plusieurs autres poissons du genre Trigla , de la famille des joues cuirassées , qui sont le rouget commun ( Trigla piUl, B1 .), le rouget camard ( l VUjla lineata7 L.), le perlon [Trigla kirundo, L.), la lyre ( Trigla lyra , L.), le gurnard {Trigla gurnardus , L.) et surtout le grondin rouge {Trigla cuculus, 31.). Tous ces poissons ont la tôle très-grosse, comme cubique, dépourvue de barbillons en dessous; mais ils portent plusieurs rayons libres en avant de leurs nageoires ventrales, et leurs nageoires pectorales sont très-développées, quoiqu’elles ne le soient pas assez pour leur permettre de s’élever au-dessus de l’eau, comme peuvent le faire les dactyioptères si connus sous le nom de poissons volants.
Les épinoclies sont de très-petits poissons d'eau douce, appartenant aux joues cuirassées comme les précédents, dont les épines dorsales sont libres et non réunies en nageoires, et dont le bassin, réuni â des os huméraux très-larges, garnit leur ventre d’une