‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 72 sur 162 · ACANTHOPTÉRYGIENS · texte numérisé non relu

ACANTHOPTÉRYGIENS

sorte de cuirasse osseuse; de là vient leur nom générique Gastcros(eus. Leurs ventrales, placées en arrière des pectorales, se réduisent presque à une seule épine. L’espèce la plus commune de nos ruisseaux est celle nommée épinanie ou cachante (Gasterosteas aculeatus, L.); elle est longue de 8 à 9 centimètres • elle a la bouche grande, les yeux saillants, la ligne latérale du corps recouverte de plaques osseuses, formant de chaque côté une espèce de cuirasse; deux torts aiguillons allongés et un troisième plus petit en avant de la nageoire du dos, une forte épine double remplaçant les nageoires ventrales et une autre petite en avant de 1 anale. Elle a le dos d’un brun verdâtre parsemé de point noirs • le ventre argenté, la gorge souvent rouge de rubis et les nageoires dorees. Sa chair est fade et sans saveur; aussi ne l’aurais-je pas cilce, sans l’instinct particulier qui porte le mâle à construire un nid au fond de l’eau, dans lequel il appelle successivement plusieurs femelles dont il féconde les œufs, dont il se constitue le gardien, et qu’il défend avec courage contre l’attaque des autres poissons. Ces faits, déjà signalés en partie par Valmont de Bomare, ont été étudiés et complétés par M. Coste (1).

La famille des scombéroïdes se compose d’une multitude de poissons à petites écailles, à corps lisse, à cæcums nombreux, souvent réunis en grappes, dont la queue et la nageoire caudale sont trcs-\igoureuses. Le genre des scomhres, qui la commence présente une première nageoire dorsale entière, tandis que les derniers rayons de la seconde, ainsi que ceux qui leur correspondent à l’anale, sontau contraire divisés en plusieurs petits groupes formant ce qu’on nomme des fausses nageoires. Ce genre se subdivise en plusieurs sous-genres comprenant les maquereaux , les taons , les germons, les sardes , etc.

Le maquereau commun ( Scomber scombrus , L.) a le corps en forme de fuseau, long de 40 à 80 centimètres, couvert d’écailles uniformément petites et lisses. Il a le dos bleu, marqué de raies ondées noires, et le ventre argenté, nuancé de jaune, de vert et de violet. La deuxième dorsale est séparée de la première par un espace vide, et 1! porte cinq fausses nageoires en haut et en bassa chair est ferme et Irôs-estimée. Ce poisson arrive en abondance en été sur nos côtes de l’Océan, et y donne lieu à des pêches et a c es salaisons presque aussi importantes que celles du hareng. Il est remarquable qu’il n’ait pas de vessie natatoire, et que cet organe se trouve cependant dans plusieurs espèces très-voisines.

Les thons ont autour du thorax une sorte de corselet formé par des écailles plus grandes et moins lisses que celles du reste du corps, et leur première dorsale se prolonge presque jusqu’à

(l) Coste, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXlf. p. 811.

Güibourt, Drogues, éditiea, T. IV. 12

LES POISSONS

la seconde. Le tiion commun ( Scomber T/nnnus, L.) .1 ncu' nageoires au-dessus et au-dessous de la queue. PGU ' 1 '

des dimensions considérables telles que 2", 25 à 3-, 2» de longueur 1 ”,8 de circonférence, et un poids de 1 50 1 200 kilogrammes. On le pèche depuis la plus haute antiquité dans la ’

et il forme une des richesses de la Provence et de la jardai ,

par son abondance extraordinaire. Sa cba.r cse (rcs-e chento^. beaucoup de rapports avec celle du veau. On la mange baiche, coipp marinée ou conservée dans 1 huile.

’ La n. mite .les Tropiques est une espèce de thon a quatre bandes longitudinales noirâtres, surchaquecôté du ventre

L e»,, ...le.. (Xiphias Gladius, L.) appartient encore l ia famille des sombéroïdes et se rapproche particulièrement des thons par ses écailles infiniment petites, par les carénés des cotes de sa queue, par la force de sa caudale, et par toute son organisation intérieure. Il manque de nageoires ventrales et n a qu une longue dorsale très-élevée de l’avant ; ses branchies, au lieu d cüe divisées en dents de peigne, sont formées chacune de deux grandes, lames parallèles réticulées; son caractère distinctif le plus app< reut consiste dans le bec ou la longue pointe en forme d epee qui termine sa mâchoire supérieure et lui fait une arme ollensive très-puissante, avec laquelle il attaque les plus grands animaux marins, il a souvent lui-même plus de fi métrés de long, et nage avec une vitesse qui ne le cède à celle d’aucun autre habitant des mers. Il est très-commun dans la Méditerranée et se rencontre aussi dans l’océan Atlantique et dans la mer des Indes. Sa chair est excellente à manger.

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