DEUXIÈME EMBRANCHEMENT
AXniAl V AA'i\BLÉS
Les annelés se subdivisent en cinq classes : les insectes, les arachnides, les myriapodes, les crustacés et les cirrliipèdes.
PREMIÈRE CLASSE
LES INSECTES
Les insectes ont constamment six pieds; leur corps, dont le nombre des segments ne dépasse jamais douze, est partagé en trois portions principales : la tète, le thorax et Y abdomen ; quelques-uns n’ont pas d’ailes, conservent toute leur vie la forme qu’ils avaient en naissant, et ne font que croître et changer de peau. Les autres ont des ailes, mais ces organes et souvent même les pieds ne paraissent pas d'abord, et ne se développent qu’à la suite de changements plus ou moins remarquables, nommés métamorphoses. La tête porte les antennes, organes du tact et peut-être de l’ouïe, les yeux et la bouche. La bouche est en général composée de six pièces principales, dont quatre latérales, disposées par paires, se meuvent transversalement ; les deux autres, opposées l’une à l’autre, dans un sens contraire à celui des précédentes, remplissent les vides compris entre elles ; l’une est située au-dessus de la paiie supérieure, et l’autre au-dessous de l’inférieure. Dans les insectes broyeurs ou qui se nourrissent de matières solides, les quatre pièces latérales font l’ofiice de mâchoires, et les deux autres sont considérées comme des lèvres. Les deux mâchoires supérieures ont reçu le nom de mandibules, et les deux inférieures, qui ont conservé celui de mâchoires , portent chacun un ou deux filets articulés, appelés ■palpes. La lèvre supérieure se nomme labre et l’inférieure lèvre ; celleii est formée de deux parties : l’une, plus solide et inférieure, est le menton ; la supérieure, qui porte le plus souvent deux palpes, est la languette.
Dans les insectes suceurs, ou qui ne prennent que des aliments fluides, les divers organes d-e la manducation présentent deux sortes de modi-
INSECTES
fications générales : dans la première, les mandibules et les mâchoires sont remplacées par de petites lames en forme de scies ou de lancettes, composant, par leur réunion, une sorte de suçoir reçu dans une gaine, soit cylindrique ou conique, et articulée en forme de rostre ; soit membraneuse ou charnue, inarticulée et terminée par deux lèvres, et formant une trompe. Le labre est triangulaire, voûté, et recouvre la base du suçoir. Dans le second mode d’organisation, le labre et les mandibules sont presque oblitérés ; la lèvre n’est plus un corps libre, et ne se distingue que par la présence de deux palpes dont elle est le support; les mâchoires ont acquis une longueur extraordinaire, et sont transformées en deux filets tubuleux, réunis par leurs bords et formant une trompe roulée en spirale. A la base de chacun des filets est un palpe très-petit et peu apparent.
Le thorax ou corselet , qui fait suite à la tète, se compose de trois anneaux appelés prothorax , mésothorax et métathorax, presque toujours soudés entre eux et portant chacun une paire de pattes. Lorsqu’il existe des ailes, c’est sur l’arceau dorsal des deux derniers îinneaux thoraciques qu’elles sont insérées.
Les ailes sont des pièces membraneuses, sèches, transparentes, attachées sur les côtés du dos du thorax. Les premières, lorsqu’il y en a quatre, ou lorsqu’elles sont uniques, sont fixées sur le mésothorax, et les secondes sur le métathorax. Elles sont composées de deux membranes appliquées l’une sur l'autre, et parcourues par des nervures qui sont des tubes trachéens. Dans les papillons, les ailes sont couvertes de très-petites écailles, semblables à de la poussière, qui leur donnent les couleurs dont elles sont ornées. Cette poussière s’enlève facilement avec le doigt. ; examinée au microscope, elle présente les formes les plus variées.
Beaucoup d’insectes, tels que les hannetons, les cantharides, etc., ont, au lieu des ailes antérieures ou supérieures, deux écailles plus ou moins solides et opaques, qui s’ouvrent et se ferment, et sous lesquelles les ailes sont repliées transversalement, dans l’état de repos. Ces écailles, formant étui, ont reçu le nom d ’èlytres ; les insectes qui les portent ont reçu le nom de coléoptères (1). Dans d’autres insectes, l’extrémité de ces étuis est membraneuse comme les ailes ; on les nomme demi-étuis ou hémélylres , et les insectes qui les portent hémiptères.
Les pieds sont composés d’une hanche de deux articles, d’une cuisse, d’une jambe d’un seul article, et d’un doigt nommé habituellement tarse, divisé en 3 à 5 articulations, dont la dernière est ordinairement terminée par deux crochets.
L’abdomen, qui forme la troisième et dernière partie du corps, renferme les viscères, les organe^ sexuels, et présente 9 à 10 segments plus ou moins mobiles les uns sur les autres. Les parties de la génération sont situées à son extrémité postérieure et sortent par l’anus. Les derniers anneaux de l’abdomen forment, dans plusieurs femelles, un ovi-
(1) Coléoptères, de xo).eô;, étui, et 7mpèv, aile; élylres , de D.uxpov, gaine ou enveloppe.
LES INSECTES
d uc te plus ou moins compliqué et leur servant de tarière. 11 est remplacé par un aiguillon dans les femelles de beaucoup d’hyménoptères. Iles crochets ou des pinces accompagnent presque toujours l’organe fécondateur du mâle. Les deux sexes ne se réunissent ordinairement qu’une seule fois, et cet accouplement suffit, dans quelques genres, pour plusieurs générations successives. La femelle fait sa ponte et dépose ses œufs de la manière la plus favorable à leur conservation, et de telle sorte que les petits, venant à éclore, trouvent, à leur portée les aliments convenables. 11 arrive très-souvent, par exemple dans les papillons, que le petit animal sorti de l’œuf ne ressemble en rien à un papillon, et présente seulement un corps très-allongé, partagé en anneaux, à tète pourvue de mâchoires et de plusieurs petits yeux, ayant des pieds très-courts, dont six écailleux et pointus, placés en avant, et d’autres, en nombre variable, membraneux, attachés aux derniers anneaux. Ces animaux, nommés chenilles, vivent un certain temps dans cet état, et changent plusieurs fois de peau. Enfin il arrive une époque où, de cette peau de chenille,' sort un être tout différent, de forme oblongue, sans membres distincts, et qui cesse bientôt de se mouvoir, pour rester longtemps, avec une apparence de mort et de dessèchement, sous le nom de chrysalide. Après un temps plus ou moins long, la peau de la chrysalide se fend, et le papillon en sort humide cl mou, avec des ailes fiasques et courtes ; mais en peu d’instants ses ailes croissent et se raffermissent, et il est en état de voler. Il a six pieds, des antennes, une trompe en spirale, des yeux composés ; en un mot, il ne ressemble en rien à la chenille d’où il est sorti.
Voilà ce qu’on appelle les métamorphoses des insectes. Leur premier état se nomme, d’un nom plus général, larve ; le second, nymphe', le dernier, état parfait. Ce n’est que dans celui-ci qu’ils peuvent se reproduire.
Tous les insectes ne passent pas par ces trois étals : ceux qui n’ont pas d’ailes sortent généralement de l’œuf avec la forme qu’ils doivent toujours garder; et, parmi ceux qui ont des ailes, un grand nombre ne subissent d’autre changement que de les recevoir : on les nomme insecte i à demi-métamorphoses.
Les yeux des insectes sont de deux espèces : à facettes ou composés, simples ou lisses. Les premiers, situés d’ordinaire sur les côtés de la tète, sont très-volumineux et présentent une cornée convexe, divisée en une multitude de petites facettes, dont chacune représente un œil complet, pourvu d’uu enduit de matière colorée ordinairement noire, d’une choroïde fixée par son contour à la cornée, et d’un filament nerveux particulier. Le nombre de ces yeux est quelquefois prodigieux, car on en compte près de 9,000 dans le hanneton, plus de 17,000 chez les papillons, et l'on connaît des insectes (les mordelles , par exemple) qui en ont plus de 23,000.
Plusieurs insectes ont, outre ces yeux composés, des yeux simples ou lisses, nommés aussi ocelles, dont la cornée est tout unie. Ces yeux sont ordinairement au nombre de trois, et disposés en triangle sur le sommet de la tète. Dans la plupart des insectes aptères et des larves de
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ceux qui sont ailes, ils remplacent les précédents et sont souvent réunis en groupe.
Le système nerveux des insectes est généralement composé d'un cerveau formé de deux ganglions opposés, réunis par leurs hases, donnant huit paires de nerfs et deux nerfs solitaires, et de douze ganglions inférieurs réunis entre eux par des cordons longitudinaux. Les deux premiers de ces ganglions sont situés près delà jonction de la tête au thorax, et sont contigus longitudinalement. L’antérieur donne des nerfs à la lèvre inférieure et aux parties adjacentes; le second et les deux suivants sont propres à chacun des trois segments du thorax; les autres ganglions appartiennent à l’abdomen, de manière que le dernier ou douzième correspond au septième anneau de l’abdomen, suivi immédiatement de ceux qui composent les organes sexuels.
La circulation du sang dans les insectes paraît être très-incomplète et est peu connue. On voit bien, près de la surface du dos, un tube longitudinal qui exécute des mouvements alternatifs de contraction et de dilatation, analogues à ceux du cœur chez les animaux vertébrés; mais ce vaisseau dorsal ne fournit aucune*branche. Le fluide nourricier y pénètre par des ouvertures latérales garnies de valvules qui empêchent le sang de refluer au dehors. Le vaisseau dorsal lui-même paraît être partagé en plusieurs chambres par d’autres valvules qui s’opposent au retour du sang vers les parties postérieures, et le poussent, au contraire, dans une artère unique qui le transporte dans la tête. De là, on suppose qu’il repasse dans l’abdomen par une sorte d’imbibilion générale, et qu’il rentre dans le vaisseau dorsal par les ouvertures latérales dont il a été parlé. Ce fluide nourricier, quelle que soit d’ailleurs sa nature, a besoin d’être vivifié par le contact de l’oxygène atmosphérique, ou par la respiration. Celle-ci s’opère par des ouvertures nommées stigmates , situées de chaque côté de l’abdomen, et communiquant par un canal avec deux \ aisseaux aérifères principaux, nommés trachées, qui s’étendent parallèlement l’un à l’autre dans toute la longueur du corps. Ces deux trachées principales se subdivisent à l’infini en d’autres trachées de plus en plus petites, qui portent l’air dans toutes les parties du corps, et le mettent en contact avec le sang dont ces parties sont imbibées.
11 n’y a aucune classe d’animaux qui soit aussi nombreuse en espèces aue celle des insectes; on en connaît plus de soixante mille, et la vie l’un homme suffirait à peine pour en faire une étude approfondie. Leur division en ordres repose principalement sur des considérations tirées de leur appareil buccal, de leurs organes de locomotion et le leurs métamorphoses. Le iableau suivant, emprunté à M. H. Milnefdxvards(t), donnera une idée exacte des principaux caractères employés dans cette classification.
(t) Mitne-Edwards, Éléments de-zoologie. Paris, 1809. — Voyez aussi sur ce sujet Maurice Girard, les Insectes, Traité d' Entomologie pratique. Paris, 1870, ivec Atlas de 100 planches.
LES INSECTES
INSECTES
Subissant des métamorphoses et ayant presque toujours des ailes.
/ Métamorphoses complètes.
I Ailes de la deuxième paire ployées transversalement pendant le repos
Coléoptères.
Ailes
antérieures / constituant des ély très.
conformées pour la masticacation.
Métamorpho-
ses
incomplètes .
La
bouche armée de man-t dibules préhensiles et
Ailes de la deuxième paire ployées transversalement et en éventail, pendant le repos.
Ailes de la deuxième I paire ployées longitudinalement en éventail , et pas en travers, pendant le repos.
Les ailes de la première paire membra- ^ neuses et réticulées, comme celles de la \ deuxième paire
ERM APTERES.
Orthoptères.
impropres à la mastication.
Quatre ailes bien développées, membraneuses, transparentes et divisées en grandes cellules. Bouche conformée pour la succion; mandibules dentiformes. ....... .
NÉvnOPTÈRES.
Hyménoptères
j Ailes antérieures rudimentaires et ély- j I troïdes ; les postérieures membraneuses et ( ^ . plissées en éventail; mandibules stylifor- j \mes J
irlPTERES.
Bouche dépourvue de mandibules préhensiles et conformée pour la succion .
Quatre
ailes.
f Ailes membraneuses et couvertes d’écail- ' les qui simulent une poussière colorée. > Lépidoptères. Bouche garnie d’une trompe en spirale. ... J
Ailes antérieures ordinairement en forme \ de demi-élytres et toujours, ainsi que les f hémxptLrks ailes postérieures, nues. Bouche armée / E' =•
\d’un bec conique droit ou coudé ;
Deux ailes seulement ; bouche en forme de trompe I -,
, • r IJlPTKRES.
ou de suçoir j
Point d’ailes | Aphaniftères.
1 Abdomen dépourvu d’appendices... | Anoploures.
Abdomen garni de fausses pattes ou | Thysakoures d’appendices propres au saut j