‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 92 sur 162 · ORDRE DES LÉPIDOPTÈRES · texte numérisé non relu

ORDRE DES LÉPIDOPTÈRES

Les insectes de cet ordre présentent, à l’état parfait, quatre ailes recouvertes, sur les deux faces, de petites écailles colorées (1), semblables à une poussière farineuse, et qui s’enlèvent au toucher. Ils ont, pour pomper le miel des fleurs, qui est leur seule nourriture, une trompe roulée en spirale, entre deux palpes (les inférieurs) hérissés d 'écailles ou de poils. Celte trompe est composée de deux filets tubulaires, représentant les mâchoires, et portant chacun, près de leur hase extérieure, un très-petit palpe (supérieur) ayant la forme d’un tubercule. Deux petites pièces, à peine distinctes, semblent être des vestiges de mandibules. Les antennes sont toujours composées d’un grand nombre d’articles, mais sont de forme variable ; les trois segments du thorax se réunissent en un seul corps ; l’écusson est triangulaire, avec la pointe dirigée vers la tète. Les ailes ne présentent que des veines longitudinales. A la base de chacune des deux supérieures, est une pièce en forme d’épaulette. L’abdomen, composé de 6 ou 7 anneaux, est attaché au thorax par une très-petite portion deson diamètre et n’offre ni aiguillon ni tarière. Ils n’ont pas d’individus neutres.

Les larves des lépidoptères sont connues sous le nom de chenilles ( fig . 889). Elles ont six pieds écailleux ou à crochets, qui répondent à ceux de l’insecte parfait, et, en outre, de quatre à dix pieds membra-

Fig. 889. — Chenille du bombyx du mûrier, dite ver à soie, dans son plus grand développement, parvenue à son cinquième âge.

neux, dont les deux derniers sont situés près de l’anus, â l’extrémité du corps. Le corps de ces larves est en général allongé, presque cylin-

(1) De là le nom de lépidoptères : de Izitii, écaille, et de Ttxepôv, aile.

LES INSECTES

drique, mou, diversement coloré, tantôt nu ou ras, tantôt hérissé de poils, de tubercules, d’épines, etcomposé, la tête non comprise, de 12 anneaux, avec neuf stigmates de chaque côté. Leur tâte est revêtue d’un derme corné ou écailleux, et présente, de chaque côté, six petits grains luisants qui paraissent être des yeux lisses. Elle a, de plus, deux antennes très-courtes, et une bouche composée de deux fortes mandibules, de deux mâchoires, d’une lèvre et de quatre petits palpes. Cette bouche, ainsi armée, leur sert à dévorer les feuilles des végétaux, et d’autres fois les fleurs, racines, bourgeons ou graines ; d’autres, encore, rongent les draps et les autres étoffes de laine, les pelleteries, et sont pour nous des hôtes très-pernicieux. Quelques-unes, enfin, se nourrissent de cuir, de graisse, de lard ou de cire.

Les chenilles changent ordinairement quatre fois de peau, avant de passer à l’état de nymphe ou de chrysalide. La plupart se renferment alors dans une coque formée d'un fil très-fin, qui conslitue la soie. Cette matière est élaborée dans deux vaisseaux intérieurs, longs et tortueux, qui viennent aboutir à la lèvre inférieure, sous forme d’un petit mamelon qui donne issue au fil de soie. D’autres chenilles se contentent de lier, avec de la soie, des feuilles, des molécules de terre, ou les parcelles des substances où elles ont vécu, et se forment ainsi une coque grossière; d’autres, enfin, restent à découvert, et se suspendent, au moyen d’un cordon de soie, à un corps solide. Beaucoup de ces nymphes, appartenant aux lépidoptères diurnes, sont ornées de taches durées qui ont donné lieu à la dénomination générale de chrysalides. Toutes ces nymphes sont emmaillottées ou en forme de momie ; c’est-à-dire qu’elles sont enfermées sous une membrane assez dure, sous laquelle on distingue les parties extérieures de l’insecte parfait. La durée de cet état d’insensibilité, ou de mort apparente, est trèsvariable; tantôt elle n’est que de quelques jours, et d’autres fois la chrysalide passe l’hiver, et l’insecte ne subit sa dernière métamorphose qu’au printemps ou dans l’été de l’année suivante. En général, les œufs pondus dans l’arrière-saison n’éclosent qu’au printemps.

L’ordre des lépidoptères se divise en trois familles également distinctes par les mœurs et la conformation, savoir ; les diurnes, reconnaissables à leurs ailes élevées perpendiculairement dans l’état de repos ; les crépusculaires, dont les ailes sont horizontales pendant le repos, et les antennes en forme de massue allongée; et les nocturnes dont les ailes sont également horizontales ou inclinées en forme de toit, et dont les antennes diminuent de grosseur de la base à la pointe. Les premiers, qui comprennent le genre de papillons proprement dits ( fig . 890), sont les plus remarquables par la vivacité de leurs couleurs; mais ils ne nous offrent aucune espèce que nous devions citer particulièrement. Les seconds renferment le genre des sphinx, dont une grande espèce de notre pays est remarquable par l’image d’une tête de mort figurée sur son thorax. La troisième famille, formée

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