Cachou brun-rouge polymorphe. Voirie Mémoire ci té
8. Cachou brunâtre en gros pains parallèlipipèdes. Ce CacllOll
est sous forme de pains carrés ayant environ 10 centimètres de côté, 6 centimètres d’épaisseur et unpoids de 6 à700 grammes ; il est d’un brun grisâtre à la surface, ou blanchi par un léger enduit terreux; mais à l’intérieur il est d’un brun un peu hépatique, médiocrement luisant, offrant çà et là de petites cavités, à peine translucide dans ses lames minces; il a une saveur un peu moins astringente que celle du n° 7, un peu amère, suivie d’un goût sucré très-agréable.
100 parties de ce cachou fournissent 60 parties d’extrait alcoolique et 38 parties de résidu. Ce résidu calciné produit 10 parties d’une cendre qui fait effervescence avec l’acide nitrique. 11 reste 3,5 de résidu siliceux.
100 parties du même cachou, traitées par l’eau froide, fournissent 66 parties d’extrait et 25,5 de résidu. Ce résidu se dissout en grande partie par l’ébullition dans de nouvelle eau. La liqueur est d’un rouge foncé et bleuit faiblement par l’iode ; elle précipite le sulfate de fer en vert noirâtre, passant au bleu-noir par l’addition de l’eau commune. Ce cachou, malgré les 10 parties de matière terreuse qu’il contient, peut être considéré comme une bonne sorte; il a paru un instant dans le commerce à Paris
LÉGUMINEUSES. — CACHOUS.
vers 1836 ou 1837. Je ne mets pas en doute qu’il ne soit produit par Y acacia catechu : mais, tandis que le cachou terne et terreux du n° 5 est le produit de la dessiccation du dépôt pâteux des décoctions, et que le cachou brun-rouge polymorphe provient sans doute de la concentration des liqueurs surnageantes, le cachou en gros pains, qui est d’une opacité beaucoup plus marquée que le précédent, doit provenir de l’évaporation directe des liqueurs et sans ' séparation de parties; à moins qu’on n’aime mieux supposer qu’il provient aussi des liqueurs décantées, et que son opacité est due au mélange de la matière terreuse que l’analyse y fait découvrir,
9. Cachou brun siliceux. Ce cachou est le résultat de la falsification que l’on a fait subir au précédent, en le mélangeant avec une quantité plus ou moins grande de sable siliceux. Il est en pains carrés de 7 centimètres de côté sur 4 centimètres de hauteur et du poids de 500 grammes environ, ou en masses plus ou moins irrégulières, globuleuses ou aplaties, d’un poids moins considérable. 11 est d’un brun terne à l’extérieur, d’un brun foncé à l’intérieur, à cassure compacte, inégale, terne ou un peu luisante, et laissant briller à la lumière des particules siliceuses: il est dur, tenace et très-dense ; il m’a fourni, après calcination, 26 pour 100 de parties terreuses.
10. Extrait «le cachou brun siliceux. Lorsque les fabricants eurent commencé, vers l’année 1830, à employer le cachou dans la teinture des tissus, ils eurent bientôt épuisé la petite quantité qui en arrivait annuellement pour l’usage médical, et, avant que les arrivages répondissent aux besoins, pendant plusieurs années le cachou devint tellement rare que l’on fut presque réduit au cachou brun siliceux; mais, sa grande impureté s’opposant à son emploi direct, on pensa bientôt à le convertir en un extrait qui pouvait être bon pour la teinture, mais qui ne pouvait guère remplacer pour l’usage de la médecine les bonnes sortes qui manquaient. J’ai vu cet extrait mis en pains du poids de 300 à 750 grammes qui, ayant été coulés chauds sur un plan horizontal, avaient pris la forme d’un segment de sphère de 10 à 13 centimètres de diamètre à la base; cet extrait était noir, fragile, à cassure brillante comme celle de l’asphalte, d’une saveur très-astringente et amère avec un goût de fumée. Il m’a paru pur, mais, en 1840, MM. Girardin et Preisscr(t) en ont examiné un dans lequel ils ont trouvé une forte proportion de sang desséché. La fabrication de cet extrait a cessé lors de l’arrivage en masse du gambir cubique et du cachou de Pégu.
(1) Girardin et Preisser, Journ. de pharm ., t. XXVI, p. 50.
OU- Cachou noir mucilagineux. Voir le Mémoire cité.
12. Cachou de l»ég-u en masses. On peut admettre, sans crainte de se tromper, que presque toutes les espèces de cachou sont préparées depuis fort longtemps et toujours avec les mêmes caractères particuliers, dans les différentes contrées qui les fournissent; mais on n’en trouve ordinairement qu’un certain nombre à la fois dans le commerce, et ils se succèdent les uns aux autres après un certain laps de temps. Le cachou de Pégu est certainement fort ancien, puisque Herbert de Jager le cite comme un des plus employés dans l’Inde; mais je l’ai vu pour la première fois vers l’année 1816, dans une fourniture faite à la pharmacie centrale des hôpitaux, et je ne l’ai plus revu qu’en 1835, époque à laquelle il devint très-abondant dans le commerce. A partir de ce moment, on n’a pas cessé de l’y trouver; c’est une des sortes les plus usitées aujourd’hui.
Ce cachou est brun rougeâtre ou brun noirâtre, à cassure brillante et d’une saveur très-astringente et manifestement amère ; il a l’apparence d’un extrait solide, pur et bien préparé, dont on aurait formé des masses rectangulaires longues de 16 à 22 centimètres, épaisses de 5 ou 6, et qui ont été enveloppées dans une feuille d’arbres. Cela n'a pas empêché ces masses de se réunir et d’en former d’autres plus considérables du poids de 50 à 60 kilogrammes, qui ont été enveloppées de feuilles très-grandes et quelquefois d'une natte de jonc. J’avais pris d’abord ces feuilles pour celles du Butca frondosa, arbre de l’Inde qui, ainsi qu’on l’a vu précédemment, laisse découler un suc rouge et très-astringent qui se solidifie à l’air, et ces deux circonstances m’avaient fait penser que cette espèce de cachou dont j’ignorais alors le lieu d’origine, était extraite du Butea frondosa. M. Pereira trouva ensuite que ces feuilles appartenaient plutôt au Nauclea cordifolia; et, de mon côté, je leur trouvai une assez grande ressemblance avec celles du Nauclea Brunonis de YVallich; mais je suis obligé de convenir aujourd’hui que ces feuilles appartiennent à plusieurs végétaux que je ne puis déterminer.
Synonymie et origine du cachou de Pégu. Ce cachou a été rapporté de l’Inde parM. Gonfreville, sous le nom decascati , et comme l une des substances les plus employées dans ce pays pour la teinture. L’accord de nom et de propriétés qui existe entre lui et le kaskati de Kœnig ou le cashcutlie d’Ainslie, assure tout à fait cette synonymie. Quant au lieu d’origine, c’est le commerce anglais qui l’a nommé cachou de Pégu ; alors, pour nous éclairer sur le végétal qui le produit, nous n’avons qu’un seul passage d’Herbert de Jager nous disant que, suivant ce qui lui a été rapporté , c'est de l’acacia catechu, soit seul, soit mêlé à d'autres, que l’on confectionne au Péguu le kaath que l’on distribue dans toutes les Indes. Cette asser-
LEGUMINEUSES.