CACHOU
tion n’est rien moins que certaine, comme on le voit; aussi me permettrai-je de dire, en me fondant sur le voisinage des lieux d’extraction, que le cashcuttie, de même que le gambir, est peutêtre tiré de Y Une aria gambir , ou d’autres espèces voisines. Hunter, d’ailleurs, nous dit bien que deux procédés sont employés pour obtenir le gambir : le premier par évaporation directe du décocté des feuilles, donnant un extrait brun; le second par in- | spissation du dépôt blanchâtre formé au fond des liqueurs, et constituant le gambir terne et jaunâtre. Le docteur Campbell dit même que le premier procédé est usité dans d'autres parties orientales du golfe de Bengale , ce qui désigne assez positivement le Pégu. Il serait donc possible, ainsi que je viens de le dire, que le cachou de Pégu fût un produit d ’ Uncaria, comme le gambir.
Examen chimique. 100 parties de cachou de Pégu donnent, par le moyen de l’eau, 84 parties d’extrait. Le résidu pèse 14 parties.
100 parties du même cachou, traitées par l’alcool, fournissent 72 parties d’extrait sec. Le résidu pèse 24 parties. Ce résidu calciné produit 2 parties d’une cendre blanche qui ne fait pas effervescence avec les acides, et qui ne paraît pas s’y dissoudre. Il se dégage cependant une forte odeur de sulfide hydrique, d’où l’on peut conclure que celte cendre est en grande partie formée de sulfate et de sulfure de calcium.
100 grammes de cachou de Pégu en poudre fine ont été traitées par 1 kilogramme d’éther pur, mais non desséché. La matière s’est humectée peu à peu et s’est convertie en une masse molle que le liquide traversait debout, de sorte qu’un plus long traitement devenait inutile. La liqueur était d’un jaune fauve; elle a produit 21 grammes d’une substance orangée, demi-transparente et d’apparence cireuse.
Celte matière, humectée d’eau, s’hydrate lentement et forme environ 100 grammes d’une masse solide presque transparente et comme demigélatineuse ; chauffée avec un peu plus d’eau, au bain-marie, elle se dissout, à l’exception d’une très-petite quantité d’une matière grasse onctueuse et d’un vert pomme. La liqueur refroidie présente, après vingt-quatre heures, des glèbes sphériques et gélatineuses, comme l’eau mère de l’acide cachutique. Après plusieurs jours, la masse gélatineuse augmente et occupe une grande partie du liquide; au fond se trouve un précipité jaunâtre, opaque et peu abondant, d’acide cachutique ordinaire.
Le cachou qui avait été traité par l’éther a été délayé dans un mortier avec de l'alcool, et j’ai essayé de le traiter alors par déplacement, mais sans succès. L’alcool n’a pu filtrer au travers, et j’ai été obligé de le décanter. Le marc est d’ailleurs très-difficile à épuiser par ce moyen, et les liqueurs sont toujours rouges. Elles ont produit 44,7 d’extrait sec. Le résidu pesait seulement 2G grammes, et offrait 8,3 de perte ; traité par l’eau froide, il a formé une liqueur rouge très-foncée, qui se fonçait encore à l’air, et qui a produit t'J,58 d’extrait sec. 11 est impossible
Gliboubt, Drogues, 6' édition. ^ -7
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d’épuiser le marc, qui se présente sous la forme d'un mucus rouge foncé; ce marc desséché pèse 5,30.
Voici les résultats de cette analyse.
Acide cachutique anhydre, obtenu par l’éther 21
Extrait rouge alcoolique 44,70
Extrait rouge aqueux, de nature gommeuse 19,58
Résidu insoluble 5,30
Perte ou eau 9,42
13. Cachou île péçu lenticulaire. J'ai vu une seule pièce de ce cachou, remise par E. Soubeiran au cabinet de l’École de pharmacie. Elle consiste en une masse du poids de 203 grammes qui, ayant été posée dans un grand état de mollesse, sur un plan recouvert d’une feuille d’arbre, s’y est étendue en un pain lenticulaire de 11,5 centimètres de diamètre, fort peu épais et aminci sur le bord. La face supérieure est d’un brun terne, privée de tout corps étranger et marquée de stries concentriques ondulées. La substance interne est brune noirâtre, brillante dans sa cassure, translucide dans ses lames minces, d’une saveur trèsastringente et amère. La face inférieure est couverte par un fragment d’une grande feuille, différente de celles précédemment décrites, épaisse, consistante, glabre sur ses deux faces, offrant une côte médiane à fibres ligneuses blanchâtres, et des nervures transversales très-nombreuses, distantes entre elles de 12 à 18 millimètres. \-