Cachou de Siam en masses coniques. Voirie Mémoire cité
Cambirs.
16. Gambir cubique clair. Cachou cubiquercsineux (1). Ce gambir vient principalement de Singapore et des îles oueonlrées voisines. On l’obtient en faisant sécher à l’air le dépôt d’acide cachutique qui se forme au fond de décodés des feuilles de YUncaria gambir, et d'autres espèces congénères (U. ovalifolia,acida,sclerophy lia, etc.). Il est sous forme de pains cubiques, ou à peu- près cubiques, de 23 à 30 milimètres de côté, et du poids de 12 à 20 grammes. Il est toujours terminé à l’extérieur par une couche très-mince d’une substance extractiforme, assez dure, brune jaunâtre ou brune noirâtre; mais l’intérieur est léger, poreux, tantôt blanchâtre, tantôt d’un jaune fauve ou d’un jaune rougeâtre assez uni-
(1) Guibourt, Hist. desdrog. simpl., 3e édit., n° 995.
LÉGUMINEUSES. — GAMBIRS.
forme. Cette substance interne, délayée dans l’eau et examinée au microscope, paraît entièrement formée de cristaux aiguillés, et n’offre aucune partie colorable par l’iode. Elle se délaye facilement dans la bouche, après avoir fait un instant pâte avec la salive, et offre une saveur modérément astringente et amère, suivie d’un goût sucré bien moins marqué que celui du cachou de l’arec. Elle se dissout en grande partie dans l’eau froide, employée en quantité suffisante , et laisse une matière insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et fusible à la température de l’eau bouillante. C’est à cause de cette matière résinoïde que j’ai donné anciennement à ce gambir le nom de cachou cubique résineux , il estévidenl que le nom de gambir cubique est le seul qui lui convienne désormais.
Analyse chimique. 33 grammes de ce gambir pulvérisé ont été chauffés dans une éluve à [eau bouillante, et se sont réduits à 30gr,90, ou à 88,30 pour 100.
Ce gambir desséché a été traité par 150 grammes d’éther sulfurique sec, et on a répété trois autres fois le même traitement. L’éther distillé a laissé 15gr, 30 d’un produit jaune rougeâtre qui, traité par 90 grammes d'eau bouillante, s’est dissous, à l’exception d’un décigramme environ d’une matière verdâtre. Celle-ci est infusible dans l’eau bouillante, mais fusible à une température plus élevée, en exhalant une fumée blanche très-abondante, susceptible de se condenser sur un corps froid en un enduit blanc et pulvérulent.
La liqueur précédente étant filtrée dans un flacon, qu’elle remplit entièrement, présente une couleur jaune un peu rougeâtre. Après vingt-quatre heures, elle se trouve entièrement prise en une masse solide, blanche et opaque, d’acide cachutique hydraté.
Le gambir, épuisé par l’éther, a été traité par de l’alcool à 90 degrés, trois fois à froid et une fois à chaud. L’alcool évaporé a fourni t5gr,30 d’extrait sec, et le résidu desséché pesait 5gr,7. De sorte que les 33 grammes de gambir cubique, qui s’étaiftnt réduits à 30gr,90 par le dessèchement à 100 degrés, ont produit:
Acide cacliutique, par l’éther 15,3
Extrait rouge alcoolique 15,3
Résidu insoluble 5,7
Cette augmentation est due à une certaine quantité d’éther retenue opiniâtrément par l’acide cachutique, et à l’eau retenue par l’extrait alcoolique. Si donc de 30gr,90 de gambir desséché nous retranchons 5,7 de résidu, il nous restera 23,2 seulement pour l’acide cachutique anhydre et pourl’extrait alcoolique sec. J’admets que ces deuxproduits s’y trouvent en quantité égale, comme l’analyse les a donnés.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
L’extrait alcoolique est d’un rouge foncé et transparent. Il blanchit et devient opaque par le contact de l’eau froide. A l’aide de la chaleur, il se dissout en partie et forme une liqueur rouge orangé qui, renfermée dans un flacon, forme un précipité rouge d’acide rubinique, et conserve une couleur très-foncée. Quanta la partie de l’extrait alcoolique qui ne se dissout pas dans l’eau, elle forme une masse molle et coulante tant que le liquide est bouillant; mais elle se solidifie trèspromptement parle refroidissement. Pulvérisée et traitée de nouveau par l’eau, elle s’y divise toujours facilement à froid, mais sans s’y dissoudre ; et lorsqu’on chauffe et que le liquide approche de l’ébullition, la matière rouge se fond et se sépare de l’eau, qui acquiert toujours cependant une couleur rouge orangé ; de sorte qu’il faut admetlre que la matière rouge est par elle-même un peu soluble dans l’eau bouillante. Elle se dissout dans l’acide acétique concentré, et en est précipitée par l’eau ; elle est très-soluble dans l’ammoniaque. Cette substance est V acide rubinique.
M. Nees d’Esenbeck, dans une analyse que je ne connais que par la citation qu’en a faite Pereira (1), a très-heureusement remarqué que ce produit, auquel il donne le nom de dépôt tannique , est semblable au rouge cinchonique, et l’on peut voir, en effet, que ces deux corps jouissent des mêmes propriétés; et comme l’acide rubinique résulte de l’oxygénalion de l’acide cachutique, il faut bien aussi que, dans le quinquina, le rouge cinchonique soit produit par l’oxygénation du même corps. On a admis, en effet, de tout temps, l’identité du tannin du quinquina et du cachou. Cette opinion se trouve confirmée par l’identité du produit de leur oxygénation.
Je reviens à l’analyse du gambir cubique. Le résidu épuisé par l’alcool et séché pesait 5gr,70. Traité par l’eau froide, il a produit une liqueur dont la teinte brun noirâtre tranchait fortement avec la couleur rouge des liqueurs alcooliques; mais celte dernière couleur s’est développée pendant l’évaporation au bain-marie, et j’ai obtenu en définitive 2,75 d’un extrait rouge, tenace, demi-transparent, remarquable par une saveur manifestement acide et peu astringente.
Le résidu de gambir, insoluble dans l’eau froide, pesait sec 2gr,95. Il a formé avec l’eau bouillante u*ne liqueur rouge orangé, devenant d’un bleu foncé par l’iode. Il existe donc un peu d'amidon dans le gambir le plus pur; mais, dans le cas présent, la quantité n’en dépasse pas 2 décigrammes, qui forment la perle éprouvée par le résidu après son ébullition dans l’eau. Ce résidu paraît alors formé, à la vue simple* de fibre végétale, de petits fragments de pierre blanche et de sable quartzeux. Ayant été calciné, il s’est réduit à 1 ,85 d’une cendre blanche assez légère, insoluble dans l’eau, composée de 0,G3 de carbonate de chaux décomposable par l’acide acétique ; 0,07 d’alumine et d’oxyde de fer solubles dans l’acide chlorhydrique, et 1,15 d’un résidu formé de silicate d’alumine blanc et opaque, mélangé d’une petite quantité de quartz. Voici les résultats de cette analyse, ramenés à 100 parties :
(1) Pereira, Materia medica, t. II, p. 143G.
LÉGUMINEUSES
GAMBIRS.