Gambir cubique noirâtre. Voir le Mémoire cité
23. Gambir cubique amylacé. Ce gambir est en petits pains cubiques ou presque cubiques, de 15 millimètres de côté environ, et du volume de2sr,3 à 4 grammes. J’en ai deux échantillons qui
LÉGUMINEUSES. — GAMBIRS.
diffèrent un peu par leur couleur extérieure, l’un étant d’un brun terne et un peu jaunâtre, et l’autre d’un brun rougeâtre foncé et un peu luisant ; mais tous les deux sont à l’intérieur d’un fauve rougeâtre, terne et terreux, et, lorsqu’on les délaye dans l’eau pour les examiner au microscope, ils paraissent également composés d’aiguilles d’acide cachutique et d’une grande quantité de granules de fécule de sagou, très-reconnaissables à leur forme ovoïde, elliptique ou elliptique-allongée, souvent coupée par un plan perpendiculaire à l’axe, et â leur substance dense et compacte. Le hile, qui est très-apparent sur un des côtés de l’ellipse et près d’une extrémité, est toujours très-dilaté et déchiré par la cuisson. Il n’est pas douteux que ce gambir ne soit celui que Hunter dit être falsifié, dans l’île du prince de Galles, avec la fécule de sagou. Planche, quia le premier signalé la présence de ce gambir dans le commerce, a constaté qu’il laisse, lorsqu’on le traite par l’eau froide, un résidu insoluble, en grande partie amylacé, formant les 55 centièmes de son poids (I).
24. Troehisques «le gambir amylacé. Pereira décrit, SOUS le nom de Amylaceous lozcnge gambir, un gambir mélangé de fécule de sagou et mis sous forme de petites tablettes rondes ou de troehisques, ayant environ 8 millim. de diamètre, 5 millim. d’épaisseur, plats en dessous, un peu convexes en dessus. Ces troehisques sont d’un blanc un peu jaune verdâtre ; ils ont une apparence terreuse et se réduisent facilement en poudre. Examinés au miscrocope, ils paraissent formés d’une multitude de granules de fécule de sagou môlés à des cristaux d’acide cachutique. Ils sont donc en réalité de môme nature que le gambir précédent, et peuvent être considérés comme le produit d’une falsification ou d’une imitation d’une sorte de gambir naturel. Il n’en est pas de même des sortes suivantes, qui sont des compositions pharmaceutiques dont, à la vérité, le gambir forme toujours la base, mais qui contiennent des substances terreuses et aromatiques, et qui sont destinées soit à fortifier l’estomac, soit â parfumer 1 haleine.
Clusius a décrit, sous le nom de Siri gata gamber, une composition de ce genre, qui avait la forme de pastilles plates de la grandeur d’une noix vomique, d’un rouge pâle en dessus, blanchâtres â l’intérieur, etd’un goût un peu amer, joint à une certaine àcreté. En voici trois autres sortes (2) :
2o. Gambir aromatique cylimlrlque, Gambir cyllïldriguc, Pc-
(1) Planche, Journ. de pharm., t. I, p. 212.
(2) Clusius, Exotic., lib. Il, cap. xv.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
reira. Ce gambir est en pains circulaires ou un peu elliptiques, de 28 à 31 millimètres de diamètre, sur 7 à 9 millimètres de hauteur. Il est plat sur une des faces et un peu bombé sur l’autre. J’en possède un seul pain que je dois à l’obligeance de M. Pereira. La face bombée présente l'empreinte d’un réseau carré formé par une toile sur laquelle le pain a dû être posé. La surface plane offre une impression semblable, mais moins apparente, et qui consiste principalement en lignes serrées et parallèles sans réseau transversal bien distinct. Quant à la tranche circulaire formant l’épaisseur du pain, elle offre des stries linéaires perpendiculaires et très-serrées. Ce pain est de couleur nankin un peu rougeâtre et un peu foncé à l’extérieur, et d’un jaune blanchâtre et un peu verdâtre à l’intérieur, avec des taches tout à fait blanches. Il a une apparence terreuse et se pulvérise très-facilement. 11 est graveleux sous la dent et possède une faible saveur astringente, accompagnée d’un goût ambré-musqué. Enfin, examiné au microscope, il n’offre aucun cristal entier d’acide cachutique ni aucun granule d’amidon; il paraît formé principalement de particules transparentes et anguleuses mélangées de parties plus grosses et à arêtes tranchantes qui doivent être du quartz. L’acide nitrique ajouté à la matière la dissout en grande partie en faisant effervescence çà et là et laisse le quartz. Ces caractères me confirment dans l’opinion que ce gambir est une préparation analogue aux confections des anciennes pharmacopées, principalement composées de substances astringentes et aromatiques, jointes à des matières bolaires et siliceuses finement pulvérisées.
26. Cata ^ambra «lu «lapon. J’ai vu sous ce nom, dans les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris, une composition analogue à la précédente, mais beaucoup plus aromatique. Elle est sous forme de trochisques ronds tout à fait plats, ayant de 30 à 50 millimètres de diamètre sur 5 millimètres d’épaisseur à la circonférence, et 3 millimètres seulement au centre, la surface des pains étant un peu concave. Ces trochisques sont comme couverts d’une croûte peu épaisse d’un jaune brun; mais l’intérieur est d’un blanc rosé, d’une apparence terreuse et un peu schisteuse. Lasaveuren est amère ettrès-aromatique (ambréemusquée). Les poudres employées à celte confection étaient d’ailleurs assez grossières, car la loupe y fait découvrir des parties qu’on dirait appartenir à du safran, du girofle, des semences de Panicum ou d ' Eleusine, etc. Je n’ai pu soumettre ce gambir à aucun autre essai.
27. Gambir circulaire estampé, Small circulai' moulteld gambir , Pereira. Je ne connais ce gambir que par la courte description
LÉGUMINEUSES. — KINOS.
qu’en a donnée Pereira. II est sous forme de petites pastilles piano-convexes, ayant environ 13 millimètres de diamètre à la base. La face inférieure est plane et unie ; mais la surface supérieure est convexe, un peu déprimée au sommet, avec une empreinte rayonnée tout autour. Ce gambir est friable et terreux; Pereira ne fait pas mention de sa qualité aromatique, mais je doute à peine qu’il en soit pourvu comme les précédents.