‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 15 sur 176 · I. Cinchona Calisaya, Wedd · texte numérisé non relu

I. Cinchona Calisaya, Wedd

(Weddell, Ann. sc. nat., X, 0, et Ilist. nat. quinquin., pag. 30, tab. III et IV. )

C. à feuilles oblongues ou obovales lancéolées, obtuses ou aiguës, luisantes, quelquefois pubescenles à la face inférieure, scrobiculées ; capsule ovale, arrondie à la base (fig. 600).

Var. a, Cai.isaya vera, arbres à feuilles ovales ou obovales lancéolées, obtuses.

Var. P, Josephiana, arbrisseaux à feuilles oblongues, aiguës.

Var. -y, Morada ; feuilles oblongues, elliptiques ou obovales, obtuses, en coin à la base, glabres ou pubescentes à la face inférieure et de couleur rougeâtre ; capsules ovales; arrondies à la base.

Hab. Provinces septentrionales de la Bolivie ; province péruvienne de Carabaya, à 1, 500-1,800 mètres d’altitude, entre les 13e et 16e degrés de lat. austr.

Quinquinas Calisaya. — La variété a produit le quinquina Calisaya du commerce; la variété (S donne le quinquina nommé par les indigènes lchu-Cascarilla ; on utilise aussi l’écorce de sa racine.

A. Quinquina Calisaya (1). — Ce quinquina se présente sous deux formes : quinquina plat, quinquina roulé.

(t) Quinquina Calisaya, dit aussi jaune royal (Guib., loc. cit., 131). — Quinquina Calisaya plat sans épiderme et roulé avec épiderme (Del. et Bouchard., loc. cd., pag. 23-25, pl. 1). — Calisaya de Plancha (Laub., Bull, pharm., 302).

144 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

1° Calisaya plat (fig. 601). — Écorces plates de 10 à 15 millimètres d’épaisseur, très-denses, le plus souvent sans périderme. Surface extérieure présentant de nombreux sillons longitudinaux à fond

Fig. 600. — Cinchona Calisaya.

fibreux, séparés par des crêtes saillantes. Couleur jaune fauve brunâtre. Surface interne fibreuse, à grain souvent ondulé, jaune fauve ou orangée. Fracture transversale constamment fibreuse et produisant une poussière fine de fibres microscopiques , prurientes. Saveur franchement amère.

La forme de Calisaya que nous venons de décrire porte dans le pays les noms de Calisaya dorada, anaranjada, amarilla. Une seconde variété, d’un noir vineux, est le Calisaya zamba, Calisaya negra des indigènes. Une troisième, très-pâle, a reçu le nom de Calisaya blanca. Depuis la publication de son Histoire naturelle des quinquinas , et à la suite d’un second voyage en Bolivie, M. Weddell a signalé l’existence de nombreuses variétés autres que les précédentes. M. Markham a particulièrement mentionné un Calisaya appelé verde par les habitants de la province de Carabaya, et qui présente des caractères assez particuliers.

— China-regia (Bergen). — China-regia, Cortex Chiuœ regius , s. /lavas , s. lutens, China Calisaya (Gobel et Kunze, loc. cit., pag. 49, tab. VIII). — Royal or Genuine Yellow Bark (Pereira, Mat. med., pag. 1021).

RUB1ACÉES. — C1NCH0NA CAL1SAYA.

Examen microscopique. — Nous avons déjà indiqué les principaux traits de la structure anatomique du Cinchona Calisaya , nous les résumons en deux mots : trame homogène sur toute la coupe transversale, fibres corticales uniformément réparties, courtes et lâchement unies entre elles (I).

Richesse en alcaloïdes. — D'après Delondre et Bouchardat, la moyenne serait de 30 à 32 grammes de sulfate de quinine et 6 à 8 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme. Quelques variétés, et particulièrement le Calisaya zamba, ont jusqu’à deux fois plus de principes actifs.

2° Calisaya roulé. — Périderme épais, marqué de scissures annulaires profondes, assez régulièrement espacées et de crevasses longitudinales et transversales. Derme lisse ou marqué de légères impressions annulaires ; couleur fauve ou violacée. Face interne finement fibreuse, jaune fauve. Fracture transversale largement résineuse au dehors, constamment fibreuse au dedans.

Richesse en alcaloïdes. — 15 à 20 gram. de sulfate de quinine, 8 a 40 de sulfate de cinchonine par kilogr.

Commerce. — Les quinquinas Calisaya de Bolivie sont monopolisés entre les mains d’une compagnie qui n'en exporte pas moins de 200,000 kilogrammes par an. Ils nous arrivent par le port d’Arica. Ils sont souvent mélangés de qualités inférieures, provenant d’autres espèces botaniques : C. ovata , var. rufinervis , et C . scrobiculata. Ils s’en distinguent par leur grande densité, la profondeur des sillons de la surface extérieure, ainsi que par la saillie de ses crêtes.

Propriétés. — Éminemment fébrifuge, le quinquina Calisaya n’a que très-peu de principes astringents.

B. Quinquina Calisaya, var. Josemiana (2). Cette écorce es rare dans le commerce, quoique employée dans la médecine indigène. Son périderme est, d’après M. Weddell, d’un brun ou d’un gris noirâtre ardoisé, sur lequel se détachent avec beaucoup d’élégance les lichens pâles qui le recouvrent; comme cette écorce est très-adhérente au bois, elle ne s’en sépare qu’imparfaitement et sa surface intérieure est souvent déchirée.

On se sert aussi au Pérou d’une écorce formée par les grosses racines ou la souche du Calisaya Josephiana, qui semble donner un produit assez riche. « Elle est en morceaux courts, aplatis, ondulés, ou plus ou moins contournés, dépourvus de périderme, â surface interne fibreuse ou presque lisse ; très-légèrement celluleux extérieurement, d’un jaune ocracé uniforme et d’une

(1) Voiries figures de M. Weddell, HUt. nat. des quinq., tab. Il, fig. 30, 33 et 36; et Berg et Schmidt, tab. XV. b, lig. A-C.

(2) Ichu-Cascarilla des indigènes (cascarilla des prés).

Guibourt, Drogues, 6« édition.

DICOTYLÉDONES CALTCIFLORES.

amertume franche, mais moins forte que dans le bon Calisaya, dont il présente d’ailleurs les caractères de structure intérieure (1). » Cette écorce a été importée en Europe, et a donné à l’analyse une petite quantité de quinine, 8 pour 1000 (2).

C. Quinquina Calisaya morada (3). — M. Weddell décrit de la manière suivante l’écorce du Quinquina boliviana.

1° Quinquina roulé. — « En tout semblable au Calisaya. »

2° Quinquina plat. — « Formé par le liber seul, moins épais en général que le Calisaya, mais d’une égale densité. Sillons digitaux de la face extérieure moins profonds que dans l’espèce que je viens de nommer; un peu plus confluents, et les crêtes qui les séparent plus arrondies ; d’un jaune fauve brunâtre, avec des nuances un peu verdâtres dans quelques points. Surface interne d’un grain assez droit, d’un fauve un peu orangé ou rougeâtre. » Sous le nom de Calisaya pallida ( Cinchona boliviana, Wedd.), M. Howard a envoyé à l’École de pharmacie de Montpellier une écorce qui répond bien à la description précédente, sauf la couleur plus pâle. C’est probablement de cette variété qu’il est question dans la note déjà citée du Bulletin de la Société botanique : elle contient, d’après M. Weddell, seulement J, 60 p. 100 de quinine pure.

L’écorce du C. boliviana est l’une des espèces données dans le commerce comme Calisaya, et ses propriétés paraissent justifier cette dénomination : elle la mérite en tout cas beaucoup plus que les autres écorces, qui sont mêlées comme elle au véritable Calisaya.

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