II. Cinchona officinalis. L
(Lin., Syst. Edit.X, pag. 929.)
C. à feuilles lancéolées, ovales ou arrondies, glabres et luisantes à la face supérieure, le plus souvent scrobiculées ; capsule oblongue ou lancéolée, beaucoup plus longue que large.
(1) Weddel, loc. cit., 35.
(2) Voir Bulletin de la Société botanique de France , t'om. II, pag. 5C9.
(3) Quinquina boliviana , Wedd., Hist. nat. Quinq., pag. 51, pl. XXX, fig. 24- 57. — Calisaya morada des Boliviens, Verde morada des Péruviens, l’un des Cal isayas légers du commerce (Guib., pag. 13S). —Baikofthe Mulberry coloured Calisaya , Pereira, Mat. méd., 16.
(4) Sous le nom de C. Condaminea, De Humboldtet Bonpland ont décrit deux plantes différentes, l’une [Plant, équin., 1, 37, tab. X, fig. en fleur) se rapportant au vrai quinquina de la condamine (C. Academica de Guib.), l’autre (môme pl. échant. en fruit) appartenant au C. pitayensis. Nous avons cru bien faire de ne pas conserver à l’espèce de la Condamine son nom de Condaminea et, à l’exemple de MM. Hooker, Triana, etc., lui restituer son nom primitif C. ofpcinialis , en en établissant la synonymie de la manière suivante: C. condaminea, H. et B.,
RUBIACÉES. — CINCHONA OFFICINAL1S. 147
Quinquina officinalis. — Les produits du Cinchona officinalis sont nombreux et la plupart très-importants. Pour les étudier en
Fig. 601. — Cinchona officinalis Urilusinga. Fig. 602. — Cinchona officinalis
Chahuarguera.
détail, nous passerons successivement en revue les écorces fournies par les diverses formes végétales énumérées ci-dessus.
A. Quinquina Uritusinga ( fig . 601) (1). — On rapporte généralement à l’Uritusinga de Pavon, l’écorce primitive de Loxa, celle qui a eu longtemps le plus de réputation, mais qui ne se trouve dans le commerce qu’exceptionncllement.
Elle se distingue, d’après Gobel et Kunze, des quinquinas gris de Loxa du commerce, par la couleur plus brune de sa surface extérieure, ses verrues subéreuses, ses fissures transversales peu
{Plant, équin., I, 37, tab. X, excl. fig. spec. fruct.) ; — Weddel., Hist. des quinquinas (excl. fig. spec. fruct.); Cinchona academica (Guib., Hist. des Drogues). C. Uritusinga, violacea , obtusifolia, Palton, Chahuarguera, macroca/yx [ad. Quinol. et herb. Boissier) ; C. crispa, Tafalla ; — An coccinea et erythrantha ? (Pav., Quinol.) Les plants que M. Boissier, de Genève a bien voulu me communiquer et qui contiennent les types principaux de l’herbier de Pavon, ont servi de base principale à cette synonymie. D’après M. Triana (travail inédit), il faudrait augmenter encore cette longue liste de synonymie et joindre à ces formes diverses, comme simples variétés de F officinalis , le C. lancifio/ia, Mut. et le C. nilida de Pavon. C’est, une question que nous réservons, ne voulant la résoudre qu’après un examen sérieux des échantillons d’herbier et des écorces.
(1) Original or old Loxa bark ; Pereira, Mat. méd ., 1858; — Cortex Chinœ fusons, s. de Loxa vera, s. China officinalis, s . Cascarilla fina de Urilusinga ; China coronalis, Cortex peruvianus (Gobel et Kunze, pag. 41, tab. VI). — Quinquina de Loxa rouge fibreux du roi d'Espagne (Guib., pag. 105). — Vulgo Cascarilla fina de Uritusinga.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
profondes et qui ne décrivent pas un cercle complet, enfin par sa saveur beaucoup plus astringente.
J’ai retrouvé tous ces caractères dans des échantillons donnés par M. Howard comme appartenant au C. Uritusinga. Ils présentent aussi les particularités du quinquina rouge fibreux de M. Gui- . bourt : ils sont « très légers, très-fibreux, d’une couleur de rouille vive et foncée ou même presque rouge ».
Les Cinchona d’Uritusinga, exploités pendant le dix-septième siècle, avaient déjà considérablement diminué de nombre, à l’époque où La Condamine les décrivit. Les écorces étaient réservées pour la pharmacie du roi d’Espagne.
C’est, paraît-il, une écorce analogue qui fut prise en 1803 par les Anglais sur un galion espagnol. Elle était contenue dans des caisses qui portaient cette désignation particulière : « pour la famille royale. » Ce n’est que par exception qu’il entre de temps à autre dans le commerce quelques échantillons de ce quinquina.
L’analyse faite par M. Howard de l’ancien quinquina de Loxa a donné une proportion considérable d’alcaloïdes qui explique la réputation de cette écorce.
On ne connaît pas encore d’échantillon authentique du Quinquina violacea.
B. Quinquina obtusifolia.— Sous le nom de C. obtusi folia, j’ai trouvé, dans une collection envoyée par M. Howard, deux échantillons roulés de 7,9 centimètres de longueur sur 2 de diamètre : l’épaisseur est de 3mm environ ; la surface extérieure d’un brun noirâtre, nuancée de lichens blancs. Elle est marquée de fissures transversales rapprochées, qui ne font pas le tour du cylindre; la surface interne est jaune sale, la fracture transversale fibreuse à l’intérieur, avec un cercle résineux bien marqué extérieurement. Amertume désagréable, nauséeuse.
Le nom vulgaire de cette espèce, qui vient quelquefois comme écorce de Loxa, est Cascarilla negrilla, mala de Loxa ou mala de Macos.
G. Quinquina Chahuarguera [ fig . 602). — Ce sont la plupart des quinquinas de Loxa du commerce :
1° h cotre du Chahuarguera type (1). — M. Howard, après M. Pereira, rapporte au Ç hahuarguera de Pavon l’écorce connue sous le nom de rusty crown bark du commerce anglais, que Pereira donne comme synonyme du Quinquina Huamalies mince et rougeâtre de M. Guibourt. Nous verrons plus tard que cette synonymie est encore douteuse.
Voici les caractères du rusty crown bark , tels que les a donnés Pereira : Écorces roulées à épiderme blanchâtre ou grisâtre, lon-
(1) Rusty crown bark , Pereira, Mat. méd., 1635. — Quinquina Huamalies, mince et rougeâtre, Guib., 145?
RUBIACÉES. — CINCHONA OFFICINALIS.
gitudinalement strié, sans sillons transverses et pouvant être rayé par l’ongle. Sur quelques points, on observe des verrues couleur de rouille qui, lorsqu’elles sont nombreuses, se groupent en séries régulières. Des échantillons donnés par M. Howard comme produits du Chahuarguera rappellent le Huamalies brunâtre figuré par Gobel et Kunze (I), à la couleur près, qui est beaucoup plus noire. Comme le fait observer M. Howard, les grands morceaux d’écorce prennent l’apparence du quinquina noueux de Joseph de Jussieu.
Cette espèce est remarquable par sa richesse en cinchonidine ; le total des alcaloïdes est de 2 à 3 p. 100. C’est, d’après la tradition, l’écorce qui guérit la comtesse d’El Chinchon.
2° Ecorce du Chahuarguera , var. Amarilla del Rey (2). — Laubert donne à cette espèce les caractères suivants : « Cette écorce est mince, de la grosseur d’une plume d’oie ou à peu près, assez bien roulée et recouverte d’un léger épiderme fin et d’un gris fauve; sa surface interne a la finesse et l’aspect de la cannelle de Ceylan ; sa cassure est bien nette, excepté à sa partie interne, qui présente de petits filaments fibreux, extrêmement fins; son odeur, assez aromatique, devient plus sensible par la pulvérisation et par la coction, son amertume se développe successivement par une mastication prolongée, mais elle est toujours très-inférieure à celle du Calisaya ; elle est aussi styptique, mais sans être acerbe. On trouve rarement cette écorce sans mélange ; on remarque à sa surface externe quelques légères fissures transversales et presque parallèles. »
3 °Ecorce du Chahuarguera , var. Colorada del Rey (3). — Voici ses caractères d’après Laubert : a Épiderme fin, mais un peu plus épais que celui de Y Amarilla, ridé, d’un brun marron, et recouvert de plaques argentines et de lichens très-fins; fissures transversales plus nombreuses et mieux prononcées, épaisseur au-dessous d’une ligne, roulage complet, cassure nette avec quelques petits filaments dans la partie interne ; grosseur la même que la précédente; surface interne moins fine et d’un jaune grisâtre, tirant dans quelques écorces un peu plus sur le rouge, ce qui lui a fait donner sans doute le nom de colorada ; sa poudre d’un jaune grisâtre; aucune différence sensible avec la précédente pour ses autres qualités. On la trouve souvent dans le com-
(1) PI. X, fig. 1 et 2.
(2) La Cnscarilla amarilla jaune (Laubert, (Bull, pharmac., 292). — Quinquina de Loxa jaune fibreux ; Quinquina jaune de la Condamine (Guib., loc . cit., pag. 1 00) . — H. O. crown bark (Pereira, Mot. méd., 1G39).
(3) La Cascarilla colorada , (Laub., Bull, phurm., 294). — Quinquina gris compacte ; Quinquina rouge delà Condamine (Guibourt, loc. cit., 101). — Vulgo Cascarilla colorada del Rey.
1 oO
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
merce avec la peruviana, la delgadiUa, la carrasquena et autres; mais elle forme avec la première l’assortiment le plus estimé (I). » ï(y
0 D. Quinquina crispa (2). — La Cascarilla crespilla negra est la même écorce que le Quina fina de la collection de Pavon; elle porte encore ce nom dans son pays d’origine; du moins M. Seeman a reçu du gouverneur de Loxa des échantillons de Cinchona crispa étiquetés Quina fina. Sa surface extérieure est recouverte de lichens blancs et jaunes sur un fond argenté ou noirâtre; elle aune odeur prononcée de tabac, elle est beaucoup moins riche en alcaloïdes que son prix ne le ferait supposer. C’est surtout son apparence extérieure et son arôme qui l’ont fait apprécier et lui ont quelquefois donné une valeur vénale supérieure à celle des Calisayas.
E. Quinquina Palton{ 3). — Cette écorce, qui est quelquefois importée comme quinquina Carthagène, ressemble au quinquina rouge; elle en diffère par sa moindre densité et son amertume moins agréable. Les échantillons de la collection Pavon sont, d’après Howard, des morceaux enroulés d’un brun orange; leur structure est fibreuse intérieurement; les couches subéreuses sont grises, ridées longitudinalement et marquées de fentes transversales dans les jeunes rameaux; çà et là recouvertes de plaques d’un blanc micacé.
Une écorce plate, envoyée par M. Howard, offre une surface extérieure rouge-brun, sillonnée dans le sens de la longueur, marquée de quelques plaques micacées. La fracture est fibreuse à l’intérieur, résineuse à l’extérieur; la surface interne est jaunecannelle, uniformément fibreuse, à fibres longues se courbant sous l’ongle.
L’écorce du C . Poitou a donné à M. Howard : Cinchonidinc (Pasteur) et Cinchonidine (4) Wittslein 1,34 p. 100, quinidine 0,71 ; total de 2,05 p. 100.
F. Quinquina macrocalyx (5). — D’après l’herbier Boissier, la Cascarilla de hojas crespas é concavas est la même espèce que le C. macrocalyx.
(1) Laubert, Bull, pharm., II, ?9't.
(2) Quinquina jaune du roi d'Espagne , Guib., loc. cit., 130. — Silver crown bark , Pereira, 1G3. — Vulgo Cascarilla parecida ü la buena, ou Cascarilla crespilla negra parecida d la Amarilla fina 6 buena, ou Quina carasquena .
(3) West-coast Carihagena du commerce anglais (ex Howard, loc. cit.). China pseudo-regia , Wittstein.
(4) La cinchonidine.de Wittstein paraît différer de celle de M. Pasteur par un équivalent d’eau en moins. Elle est beaucoup moins soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther (fide Howard, article C. Palton).
(6) Quinquina de Loja cendré B. (Guib., loc. cit., 152). — Asy crown bark du commerce anglais (Pereira, loc. cit., 1639). — China pseudo-Loxa ou Dunkele-
RUBIACÉES. — CINCHONA OFFICINALIS. loi
Cette écorce, attribuée d’abord par MM. Howard et Pereira au C. cordifolia var. rotundifolia, à cause du nom vulgaire con hojas redondas , appartient en réalité au C. macrocalyx , ainsi que M. Howard l’a démontré plus tard au moyen d’échantillons authentiques de la collection de Pavon.
D’après Pereira, cette écorce est en cylindres de la grosseur du doigt et recouverte d un nombre considérable de lichens foliacés ou filiformes; la couleur de la surface extérieure varie du blanc au noir, cette surface est quelquefois parsemée de protubérances subéreuses couleur de rouille. Le périderme est marqué de sillons longitudinaux et transversaux, qui distinguent cette écorce du quinquina jaune pâle de Jaen. La surface interne est de couleur jaune ou orange; la saveur est amère.
Cette écorce vient d’ordinaire en surons par le port de Lima.
Un échantillon de M. Howard, marqué par Pavon C. macrocalyx, paraît répondre au quinquina jaune fibreux du commerce actuel (1).
L’écorce du C. macrocalyx donne une petite quantité de cinchonine avec très-peu de cinchonidine et de quinine. O v {—Examen microscopique des écorces de C. Condaminea. — Les écorces de C. Uritusinga et Chahuarguera présentent les plus grands rapports dans leur structure anatomique, qui rappelle celle du C. Calisaya. Les rayons médullaires sont nombreux dans les couches du liber, et les fibres corticales rares et minces; l’enveloppe cellulaire est large, les couches subéreuses plus ou moins développées, remplies dans le Cascarilla colorada d’une matière rouge brunâtre; on voit quelques vaisseaux laticifères dans le Cascarilla amarilla (2). |
($Le Cascarilla con hojas redondas ( C . macrocalyx) diffère des écorces précédentes par ses fibres corticales rangées en groupes allongés dans le sens du rayon, et par ses cellules à résine répandues çà et là dans les couches herbacées.
Enfin, le Cascarilla con hojas de Palton ( C . Palton) se distingue par de nombreuses couches subéreuses de couleur pâle, et surtout par une abondance considérable de cellules à résine, donnant au derme l’aspect rouge orangé qui le caractérise. L’enveloppe cellulaire est séparée du liber par des vaisseaux laticifères;
Ten-China, Bergen. — Dunk/e Jaen China (Gôbel et Kunze, pag. 6-8, tab. XIII, 1-4). — Quinquina de Loxa jaune, fibreux, du commerce actuel (Guibourt, 106). — Vulgo Cascarilla con hojas redondas y de quiebro ou Cascarilla con hojas un poco villosas.
(1) Voir Guibourt, loc. cit ., pag. 106.
(2) Voir Howard, loc. cit., Microscop. observ., pag. 8, tab. I, fig. \, 2, et tab. III, fig. 20.
132 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
les rayons médullaires sont peu distincts et les fibres du liber très-rares (1).
Ecorces des Cinchona coccinea et Cinchona erythrantha (2). — L’échantillon de C. erythrantha de l’herbier Boissier, dont il a été question plus haut, portait la dénomination vulgaire : Cascarilla serrana y pata de Gallinazo de Ju'cn, qui est aussi le nom usuel de l’écorce du C . coccinea. Les deux espèces doivent donc produire des écorces très-semblables ; elles n’ont point été distinguées l’une de l’autre. C’est, d’après M. Howard, le quinquina décrit par MM. Delondre et Bouchardat (3) sous le titre indiqué cidessus. « Les écorces de ce quinquina sont roulées sur ellesmêmes et très-longues ; leur couleur a quelque rapport avec celle de la cannelle de Chine. La surface externe est à sillons longitudinaux et peu profonds, avec des traces d’un épiderme blanc très-mince ; la surface interne est plus brune, à texture unie et très-serrée. La cassure est résineuse à l’extérieur et à fibres courtes à l’intérieur ; l’épaisseur est de 3 à 4 millimètres ; l’amertume est piquante et sans astriction. On en retire 30 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme, et 3 à 4 grammes de sulfate de quinine. On sera peut-être trop heureux de le retrouver un jour à venir, lorsque les autres espèces seront épuisées et que l’on sera venu à l’emploi de la cinchonine ; mais aujourd’hui on n’en fait aucun cas, et il n’en est arrivé, à notre connaissance, qu’une très-petite quantité en Europe. »
Schleiden avait rapporté cette écorce à V Uritusinga, mais les caractères microscopiques ne confirment point cette opinion. L’écorce du C. coccinea n’a pas encore été étudiée au point de vue anatomique. Voici, d’après M. Phœbus (4), les caractères du quinquina jaune de Guayaquil : fibres corticales rares, isolées, ou exceptionnellement groupées dans le sens du rayon ou en couches concentriques; pas de lacunes; suber manquant par places; cellules à cristaux dans le liber et l’enveloppe cellulaire.
£>III. Cinchona lucumæfolia.
(C. lucumæfolia , Pav., in How., loc. cit., et C. stupea, Pav., ibid., et herbier Boissier. — C. Condaminea 7 lucumæfolia, Wedd., Hist. nat. Quinquinas pag. 38, pl. IV bis. — C. macrocalyx 7 lucumæfolia, DC., Prod., IV, 353).
C. à feuilles elliptiques, lancéolées, très-obtuses au sommet, bril-
(1 ) Voir Howard, loc. cit, tab. III, fig. 20.
(2) Quinquina jaune de Guayaquil , Del. et Boucli., loc. cit., pag. 32, pl. X.
(3) Delond. et Boucli., loc. cit., pag. 32.
.(4) Phœbus, loc. cit., pag. 41.
RUBIACÉES. — CINCIIONA LUCUMÆFOLIA.
lantes à la Face supérieure, sans scrobicules; dents du calice largement triangulaires, subacuminées. — Capsules ovales, arrondies à la base.
Habile la province de Loxa et de Cuença. @
Q QUINQUINAS LUCUMÆFOLIA.
A. Écorce du C. Lucumcefolia , Pav.(t). — Cette écorce vient accidentellement avec les quinquinas gris et quelquefois aussi avec les quinquinas Carlbagène (2). Elle diffère beaucoup des quinquinas de Loxa par l’absence de fissures transversales; elle est sillonnée extérieurement dans le sens de la longueur ; les couches subéreuses sont remarquablement blanches et lustrées. M. Howard a trouvé à l’analyse : quinine 0,68, cinchonidine 0,63, et cinchonine ? 0,3 1 ; total 1 ,62 p. 100.
Examen microscopique. — L’examen microscopique montre des couches de liber très-nombreuses, des fibres corticales bien développées, pâles à l’extérieur, rouge-brun à l’intérieur, et des cellules à résine mêlées en grand nombre à ces fibres ; la couche herbacée contient aussi beaucoup de ces cellules (3).
B .Écorce du C. stupea (4). — Cette écorce arrive d’ordinaire mêlée aux quinquinas gris de Loxa. Voici, d’après M. Howard, ses principaux caractères, que j’ai pu constater sur les écorces que ce savant quinologiste a lui-même employées à l’École de pharmacie de Montpellier.
Les écorces fines sont couvertes de cryptogames variés. Les écorces plus grosses sont plus argentées, recouvertes de couches subéreuses, qui s’exfolient par places et montrent la surface du derme d’un brun clair, marquée d’impressions transversales et longitudinales, comme dans l’écorce du C. rufinervis de Weddell. Elle se distingue du reste de cette écorce par sa fracture entièrement fibreuse, et par la surface argentée et chagrinée de son périderme. Ces caractères font croire à M. Howard que c’est bien là le Cascarilla lagartijada de Laubert. Les échantillons que j’ai sous les yeux me confirment pleinement dans cette idée. — Quant au synonyme de M. Guibourt, je ne le donne qu’avec la plus grande réserve.
Examen microscopique. — Le microscope montre dans cette écorce des couches subéreuses brun foncé passant au brun pâle à l’intérieur ; des couches herbacées avec de nombreuses cellules à résine et à cristaux, enfin des fibres corticales minces, groupées quatre ou cinq ensemble, entre des rayons médullaires bien marqués. 0
(1) Withe crown barlc (Pereira, loc. cit., 1638); vulgo Cascarilla con hojas de Lucuma.
(2) Ex Howard, loc, cit.
(3) Voir Howard, loc. cit., Micr. obs ., tab. I, n® 8.
(4) Cascarilla lagartijada (couleur de lézard), de Laubert, Bull, pharm., II, 298. — Quinquina de Lima très-rugueux , imitant le Calisaya (Guib., loc. cit., 113)? — Vulgo Cascarilla estoposa ^fibreux) de Ilualaseo.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
0 IV. Cinchona lanceolata
(C. lanceolata, Ruiz et Pav., Fl. Per., ot. — C. lancifolia P lanceolala, Rœm. et Schultes, Sgst., V, pag. 9 ; — DC., Prod., IV, 352.)
C. à feuilles lancéolées-oblongues, glabres; grandes panicules de fleurs presque corymbiformes ; corolles roses pourprées.
Habile Mu no, Pillao et Cuchero.
Nous empruntons à Ruiz et Pavon la diagnose de cette espèce, dont on n’a que des échantillons très-incomplets et insuffisants pour une caractéristique satisfaisante. Quelques exemplaires envoyés par M. Hasskarl à M. Howard, sous le litre de C. lancifolia, paraissent se rapporter au lanceolata de Ruiz et Pavon. En tout cas, les deux espèces semblent être extrêmement voisines.
Quinquina lanceolata (1). — Celte écorce, telle que je l’ai sous les yeux, provenant de la collection Howard, est en morceaux légèrement cintrés, larges de 4 centimètres. La surface extérieure est chagrinée, marquée de nombreuses fissures transversales irrégulières, et recouverte d’un grand nombre de lichens blancs et noirs sur un fond micacé grisâtre.