MALVACÉES
Les botanistes divisent aujourd’hui le groupe des Malvacées, qui prend alors le nom de Columnifères ou de Malvoïdées, en trois ou quatre familles, mais ils ne le font pas de la môme manière. Ainsi De Candolle divise les malvacées de Jussieu en trois familles, sous les noms de Malvacées, de Bombacées et de Byltnériacées, et cette dernière famille comprend, comme tribus, les Sterculiées et les Hermanniacées, dont quelques botanistes font encoredeux familles particulières ; tandis queEndlicher, réunissant les sterculiées aux bombacées, donne à la seconde famille le nom de Sterculiacées.
Enfin Adrien de Jussieu divise le groupe des Malvacées en Malvacées, Bombacées, Sterculiacées et Byltnériacées, dont voici les caractères distinctifs.
I. Malvacées. — Calice quinquéfide, souvent doublé par des bractées verticillées ; étamines réunies en un tube qui entoure l’ovaire et le style, et qui paraît porter au sommet un grand nombre de petits filets munis chacun d’une anthère uniloculaire. Ovaire sessile, composé de 5 carpelles ou plus, disposés circulairement autour d’un axe central stylifère ; ovules solitaires ou en plus grand nombre, fixés à l’angle central des carpelles. Fruit composé de coques verticillées, presque libres ou plus ou moins soudées en une capsule poîycoque, ou entièrement soudées et formant une capsule à 5 loges ou plus, à déhiscence loculicide ou plus rarement indéhiscente. — Genres : Lavatera, Althœa, Malva, Hibiscus , Malvaviscus, Abelmoschus , Gossypium, Sida, Abutilon, etc.
II. Bombacées. — Fleurs complètes, à calice quinquéfide, irrégulièrement divisé; corolle régulière ; étamines indéfinies, soudées en un tube qui surpasse les ovaires. Anthères solitaires ou réunies par groupes, à loges distinctes ou confluentes ; ovaire sessile ou stipité; carpelles soudés en un fruit capsulaire ou distinct. — Genres : Adansonia, Pachira, Bombax, Eriodendron , Cheirostemon, Ilelicteres, etc.
III. Sterculiacées. — Fleurs diclines; calice régulier ; corolle nulle; filets des étamines réunis en un tube soudé au carpophore. Anthères biloculaires. Fruit composé de follicules verticillés, déhiscents ou indéhiscents. Arbres à feuilles simples ou palmées-composées, à pétiole renflé au sommet. — Genres : Eeritiera, Sterculia, etc.
IV. ButtiNériacées. — Fleurs complètes, régulières, à calice quadri-ou quinquéfide ; pétales souvent soudés parle bas avec le tube anthérifère, et souvent ligulés à la partie supérieure. Tube staminal fendu au sommet en plusieurs lanières, dont les unes alternent avec les pétales et sont stériles, et dont les autres, opposées aux pétales, portent de une à trois anthères biloculaires. Ovaire quinquéloculaire ; fruit capsulaire à déhiscence loculicide ou septicide. Embryon nu ou entouré d’un endosperme charnu. — Genres : Abroma, Byttneria, Theobroma, Guazuma, Hermannia, Pentapetes, Pterospermum, etc.
Aucun des végétaux compris dans le groupe entier des Malvacées n’est vénéneux, et presque tous sont impégnés d’un mucilage qui les rend adoucissants et souvent nutritifs. La guimauve, la mauve et leurs congénères, les Hibiscus, les cotonniers, les
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Bombax, le baobab et le cacao, fixeront plus particulièrement notre attention.
(■«uiiiiauve officinale.
Althœa officinalis , L. (fîg. 742). — Car. gén.: calice double, l’extérieur offrant de 6 à 9 divisions; un grand nombre de carpelles
capsulaires monospermes,disposés circulairement. — Car. spéc.: carpelles privés de marge membraneuse ; calice extérieur à 8 ou 9 divisions. Feuilles simples, couvertes d’un duvet doux sur les deux faces, cordées ou ovales, simplement dentées ou sous-trilobées ; pédoncules axillaires multillores, beaucoup plus courts que les feuilles.
Cette plante est vivace ; elle pousse des tiges hautes de 1 mètre, dures, cylindriques et velues. Ses feuilles sont pétiolées, à 3 ou 5 lobes peu marqués, blanchâtres, molles et douces au toucher. Sa racine est longue, cylindrique, branchue, charnue, très-mucilagineuse, amylacée, blanche en dedans, recouverte d’un épiderme jaunâtre. Dans le commerce, on la trouve mondée de son épiderme, d’une belle couleur blanche, d’une odeur faible et d’une saveur très-mucilagineuse et légèrement sucrée. 11 faut la choisir bien nourrie et peu fibreuse; on l’emploie en poudre, en infusion et en décoction ; elle entre dans le sirop de guimauve et d' Althœa de Fernel. Elle contient un principe cristallisable qui a d’abord été regardé comme lui étant particulier, et qui avait en conséquence été'nommé atthéine ; mais on a reconnu depuis qu’il était identique avec Y asparagine de l’asperge, de la réglisse et de quelques autres racines. Les feuilles de la plante sont aussi employées comme émollientes, et les Heurs comme pectorales. Celles-ci, outre leur double calice cotonneux, â neuf divisions extérieures, qui les distingue, ont 3 pétales d’un blanc rosé et