‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 24 sur 176 · XIII. Cinchoiia pubescens ( fig . 604). p · texte numérisé non relu

XIII. Cinchoiia pubescens ( fig . 604). p

(Weddell, Hist. nat. Quinq., pag. 54, pl. XVI.)

Arbre de 6 à 12 mètres de haut, à feuilles largement ovales, subaiguës, atténuées à la base, pubescentes à la face inférieure ; panicule fructifère très-divariquée ; capsules linéaires-lancéolées, pubescentes.

Var. a Pelleteriana, feuilles vertes sur les deux faces.

[C. pubescens, Vahl., Act. Soc. hist. nat. Hafn., I, pag. 19, tom. II. — C. officinalis, L., Syst. nat., éd. 12, pag. 69.)

Habite les bois des montagnes du Pérou et delà Bolivie.

Var. p Purpurea, feuilles adultes pourprées à la face inférieure.

[C. purpurea , Fl. Per., pag. 52, lab. CXCXI1I ; — DC., Prod., IV, 353. — Cascarilla morada, Ruiz, Quinol ., art. 5, pag. 67.)

Habite les vallées autour de Huanuco.

Quinquinas pubescens. — Les deux variétés du C. pubescens fournissent des écorces différentes que nous allons décrire séparément.

A. Quinquina pubescens Pelleteriana (1). — Ces écorces, dont l’origine n’est point douteuse, ont été quelquefois données comme

(1) Quinquina de Cuzco e t Quinquina dA rica (Guib., toc. cit., 154). — Quinquina jaune de Cuzco (Del. et Bouch., loc. cit., 39, pl XIX); Quinquina brun de Cuzco (ibid) ? — China rubiginosa , Bergen. — Cuzco barh et Arica bark (Pereira, Mat. méd.y IG30). — Vulgo Cargua-Cargua et Cascarilla amartlla.

168 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

Calisaya. J'en ai sous les yeux un échantillon étiqueté par M. Howard : C. pubescens? Cascarilla morada de Ambolo , spurious mixed with Calisaya, dont la surface externe présente des sillons longitudinaux parallèles, mais beaucoup plus étroits et moins profonds que ceux du Calisaya : çà et là se montrent des protubérances d’un brun noirâtre ; la surface interne est jaunâtre, à fibres droites, régulières; la cassure résineuse sur une épaisseur de 3mm, fibreuse sur le reste de l’épaisseur (7“m environ) : elle produit de nombreuses esquilles prurientes comme celle du Q. jaune de Cuzco.

"Voici du reste les caractères du Quinquina pubescens , tels que les donne M. Weddell : « Très-dense, constitué environ à parties égales par la tunique celluleuse et le liber. Surface extérieure assez lisse, quelquefois un peu ridée longitudinalement par suite de la dessiccation, d’un jaune ocracé plus ou moins brunâtre et parsemée fréquemment de marbrures grises ou argentées qui sont des restes du périderme, parcourue aussi quelquefois par des fissures à bords nets résultant de la dessiccation. Surface interne brunâtre ou rougeâtre, épaisse, fibreuse. Fracture transversale largement subéreuse et à bords tranchants en dehors, à fibres courtes ligneuses en dedans. La coupe faite avec l’instrument tranchant dans le même sens présente en dedans des séries de gros points indépendants les uns des autres, correspondant à la section des fibres corticales soudées en faisceaux... Fracture longitudinale presque sans esquilles. Saveur assez fortement amère, styptique et un peu piquante, sensible à première mastication et surtout à la pointe de la langue. Le périderme, lorsqu’il persiste dans son intégrité sur les grosses écorces, se montre sous la forme d’une couche mince inégale, quelquefois verruqueuse, d’un gris obscur et plus ou moins brunâtre ou même verdâtre dans quelques points. Lorsque l’inégalité de l’écorce est considérable, elle présente, quand elle a été râclée, des taches d’un brun foncé, semées sur la surface de son derme ; ce sont les points où les saillies de sa tunique cellulaire soulèvent le périderme pour former les petites verrues dont j’ai parlé. Ces mêmes saillies sont quelquefois écorcées, et leur chute laisse des fossettes arrondies à la place qu’elles occupaient (t). »

Richesse en alcaloïdes. — C’est de ce quinquina que Pelletier et Corriol avaient extrait Yaricine. M. Guibourt (2) n’y a trouvé que de la cinchonine, et en très-petite quantité, de telle sorte que ce quinquina doit être réellement considéré comme tout à fait inefficace»

(t) Weddell, loc. cit ., 56.

(2) Guibourt, loc. cit., 160.

RUBIACÉES. — CINCHONA PUBESCENS.

Examen microscopique. — Voir précédemment, page 123.

M. Phœbus (J), qui a étudié la structure anatomique du quinquina brun de Cuzco, serait peu disposé à le rapporter au Quinquina pubescens. La disposition des fibres corticales rappelle celle du Calisaya et l’éloigne par conséquent beaucoup de l’espèce en question. Aussi, dans notre synonymie, n’avons-nous indiqué cette écorce qu’avec un point de doute.

B. Quinquina pubescens purpurea (2). — En traitant du quinquina Chahuarguera, nous n’avons rapporté qu’avec doute et d’après Pereira à cette espèce des environs de Loxa divers quinquinas Huamalies de M. Guibourt. Reichel avait déjà rattaché ces écorces au Cinchona purpurea , se basant sur l’examen d’échantillons apportés par Pôppig : mais Pereira, guidé par des considérations assez puissantes et de divers ordres, avait nié la possibilité d’une pareille origine.

M. Howard a repris l’examen de cette question litigieuse et, pièces authentiques en main, il croit devoir rapporter au C. purpurea les quinquinas que nous avons cités en synonymes.

Nous renvoyons pour les détails descriptifs aux excellents articles de M. Guibourt; nous nous bornons à indiquer ici comme caractère assez général de ces écorces les sillons longitudinaux de leur surface extérieure et les verrues ou protubérances rougeâtres qui se rangent souvent en lignes régulières : la couleur varie du reste du gris-brun au brun rougeâtre ou même noirâtre .

Richesse en alcaloïdes. — Ces écorces diffèrent passablement entre elles par leur richesse en principes actifs : elles contiennent en général peu de quinine, ou même pas du tout, et de 0gr, 85 à G grammes de cinchonine par kilogramme.

Un échanlillon de l’École de pharmacie de Montpellier, envoyé par M. Howard avec celte étiquelle : « C. purpurea? bark from Marcapata , correspond à une écorce qu’il appelle Carabaya bark (3) ; elle rappelle beaucoup plus que le C. Chahuarguera les figures de Gobel et Kunze que nous avons déjà citées (4). Elle est roulée en cylindres de la grosseur du pouce ; la surface extérieure est d’un brun terreux et marquée de fentes transversales peu profondes et d’excroissances couleur de rouille. La surface interne est d’un jaune sombre; la cassure presque

(I) Phœbus, loc. cit. [J

(2; Quinquina Huamalies ferrugineux, gris terne, blanc A et B, rouge , rougeâtre, mince et rougeâtre (Guib., loc. cit., pag. 145-147, /îrfe Howard). — China Huamalies , China Guamalies , seu Abomalies (Gobel et Kunze, pag. 62, pl. X, 1-5). — Quinquinas Havane du commerce français. — Vulgo Cascurilld'boba de hojas moradas.

(3) Illustrations of nueva Quinolooia.

(4) Pl. X, fig. 1-2.

complètement fibreuse, à fibres longues ; l’amertume est faible, lente â se développer, légèrement aromatique.

Cette écorce serait assez productive en principes actifs; une grande quantité en a môme été exportée de 1847 à 1853, mais le transport de la forêt à la côte en augmente beaucoup trop le prix.

0 XIV. Cinchona ovata {fig. 605).

(Weddell, Hist. nat. Quinq., 60, tab. XI et XII exclus, variet 7.)

Arbres peu élevés à feuilles ovales, subaiguës, atténuées à la base ; presque coriaces, pubescenles en dessous; panicule fructifère diffuse, capsules lancéolées ou oblongues-lancéolées.

Var. a Vulgaris, feuilles vertes des deux côtés ; écorce sèche jaune, à tunique cellulaire persistante ou caduque.

(C. ovata , Fl. Per., pag. 52, tab.CXCV. — C. cordifolia P, Rhode, Monog., 52. — C.pubescens , Lamb., III. — C. pubescensfi ovata , DC., Prod., IV, 353. — Cascarillo pallido, Ruiz, Quinol., art. VII, pag. 74.)

Habite les Andes tempérées du Pérou et de la Bolivie, entre le 9e et le 17e degré de la latitude australe.

Var. P Rufinervis, feuilles rougeâtres sur les nervures de la face inférieure; écorce sèche jaunâtre ; tunique cellulaire se détachant du liber. ( C . rufinervis , Weddell, Ann. sc. nat., X, 8.)

Habite le Pérou méridional et la Bolivie.

Quinquina ovata (1). — Peu de Cinchona varient autant que le C. ovata , et c’est surtout dans les écorces que se font remarquer

(1) Quinquina ovata (Wedd., Hist. nat. Quinq., pag. 162, pl. XXIX, fig. 12-18).

RUBIACÉES. — GINCHONA OVATA.

ces variations. Un même individu, nous dit M. Weddell, « produit fréquemment, de chaque côté de son tronc, des variétés distinctes d’écorces » ; aussi me paraît-il difficile de distinguer très-nettement les produits commerciaux des deux variétés. Voici ce que nous pouvons dire de plus positif ;\ ce sujet :

D’après M. Howard (1), la Cascarilla Pata de Gallareta, écorce roulée de C. ovata de Pavon, paraît ne venir qu’accidentellement dans le commerce. Pereira avait rapporté à cette espèce son « Ash Cinchona ; » mais l’examen d’échantillons authentiques a prouvé à M. Howard qu’une pareille identification était impossible.

D’après M. Weddell (2), le Quinquina ovata devrait être identifié à beaucoup de quinquinas roulés de Loxa et de Iluanuco. « M. Guibourt, dit-il, a positivement reconnu, dans l’un des échantillons que je lui ai communiqués, l’écorce qu’il désigne sous le nom de Quinquina de Lima gris fibreux [ligneux?).

Le C. ovata vulgoris paraît produire aussi les écorces connues dans le commerce anglais sous le nom de Carabaya bark , et qui sont importées h Londres depuis 1846 (3); au moins M. Weddell les a-t-il rapportées ?i cette variété ordinaire plutôt qu’au C. rufinervis, que son nom Cascarilla Carabaya aurait pu faire considérer comme l’origine de ces quinquinas.

Ce sont, d’après Pereira, des écorces légères, d’un brun de rouille plus ou moins prononcé; les écorces roulées ont la grosseur du doigt et une longueur variable. Elles sont tantôt recouvertes, tantôt privées de péridermc. La surface est d’un gris rougeâtre, marquée de sillons longitudinaux plus rarement transversaux. Quelques écorces sans périderme ont une teinte d’un vert de thé ( tea green Carabaya quills). Les écorces plates (Fiat Carabaya) sont formées seulement de liber et d’une partie de la couche cellulaire. La surface externe du derme est parfois noirâtre, avec des verrues plates couleur de rouille, d’autres fois d’une couleur foncée et comme saupoudrée d’une poussière jaunâtre. La couleur du liber à l’intérieur est ordinairement d’un jaune plus ou moins orangé ; parfois aussi elle rappelle celle des quinquinas rouges (Red Carabaya bark).

— Carabaya bark (Pereira, 1 629). — Quinquina Carabaya p/at sans épiderme et roulé avec épiderme (Del. et Boucli., pag. 25 et 26, pl. 11). — Quinquina de Lima gris ligneux (Guib., loc. cit., pag. 111). — Vulgo Pata de Gallareta des Péruviens ; Cascarilla Carabaya ; Zamba morada.

D’après M. Bouchardat, les écorces de Carabaya ne devraient pas être rapportées au C. ovata , mais au C. peruviana ou C. micrantha. (Voir Répertoire de Pharmacie. Tom. XXXI, p. 379.)

(1) Howard, loc. cit.

(2) Weddel, loc. cit.

(3) Voir Pereira, Mat. méd.

172 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

L’écorce de Carabaya est surtout employée dans les fabriques de sulfate de quinine, où elle remplace le Calisaya. Elle donne 3 ou 4 p. 100 d’alcaloïdes : cinchonine, quinine et quinidine.

Les écorces de la variété rufinervis imitent bien le Calisaya, et se trouvent mêlées avec ce riche produit. Elles s'en distinguent en ce que « la fibre est beaucoup plus fine et plus serrée, et la surface extérieure présente des taches noires dues à des restes de croûtes cellulaires gorgées de suc brun. » (Guibourt). O

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