‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 25 sur 176 · XV. Cinchona succirubra {fig. G · texte numérisé non relu

XV. Cinchona succirubra {fig. G

(Pav., QuinoL, in Howard, loc. cit. — Klotzscb, in Abhand. der Academie derWissensch., zu Berlin, pag. 60. — C. ovata erylhroderma, Wedd., j Hist. nat. Quinq. CI.)

Arbres à feuilles largement ovales, brièvement acuminées, pubescentes en dessous, surtout sur les nervures; écorce sèche, rouge foncé, à tunique cellulaire persistanle (1).

Habite Huaranda, clans la province de Quito.

Quinquina succirubra. — Le quinquina rouge, estimé à juste titre pour sa valeur en principes actifs, a été tout d’abord rapporté au C. oblongifolia de Mutis, qui n’est qu’un Cascarilla dépourvu de tout principe fébrifuge. M. Guibourt le premier montra, par l’examen d’un échantillon authentique du C. oblongifolia apporté par M. de Humboldt, qu’il fallait chercher ailleurs l’origine des quinquinas rouges officinaux. La solution fut presque donnée par M. AVeddell (1) qui fut tenté de rapporter l’écorce en question au C. ovata erythroderma . Enfin, M. Howard, d’après des échantillons authentiques du C. succirubra de Pavon, admit que cette écorce devait, en effet, être attribuée à ce C. succirubra. Ses vues ont été confirmées par la découverte faite par Spruce de l’espèce elle-même. Les observations microscopiques concordent du reste avec toutes les autres preuves pour corroborer cette opinion.

Nous empruntons à MM. Delondre et Boucliardat la description de ces écorces, renvoyant pour les détails aux divers auteurs que nous avons cités.

« Quinquina rouge vif. — On trouve ce quinquina dans les forêts

(1) Quinquina rouge vrai non verrruqueux et verruqueux (Guib., loc. cit ., pag. 121-124). — Quinquina rouge vif et rouge pâle (Del. et Boucli., 29, pl. VII, et 30, pl. VIII). — Cascarilla roxa verdadera (Laub., Bull, ph., II). — China rubra; rothe China , Bergen. — China rubra ; cortex Chinœ ruber (Gobel et Kunze, G9, pl. XI, fig. 1-5). — Red Cinchona (Pereira Mat. méd., pag. 1641).— Vulgo Cascarilla colorada de Huaranda.

(2) Weddell, Histoire naturelle des Quinquinas .

RUBIACÉES. — CINCHONA SUCCIRUBRA.

de la province de Quilo ; il arrive au port de Guayaquil en surons ou en caisses de 50 h 60 kilogrammes. Les écorces plates sont épaisses de 5 à 12 millimètres; l’épiderme est quelquefois très-épais, fendillé en tous sens, tantôt d’un blanc argenté se détachant faci-

Fig. 606. — Cinchona succirubra.

lement, et tantôt d’une nature fongueuse. D’autres écorces ont un épiderme si adhérent, qu’il forme pour ainsi dire corps avec le derme; il est sans fissures, couvert de points rugueux proéminents, d’un rouge brun foncé. La surface interne est d’un rouge brun, qui devient un peu rose la cassure. La texture est unie,

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

à fibres courtes et fines, se détachant facilement et pénétrant dans la peau en y causant de la démangeaison, comme celles du Galysaya de Bolivie. Il existe au-dessous de l’épiderme un cercle résineux très-épais. L’amertume se développe facilement et est légèrement styptique. Ce quinquina contient de 20 à 25 grammes de sulfate de quinine et 10 à 12 grammes de sulfate de cinchonine. On peut retirer du sulfate de quinine une notable proportion de la cristallisation appelée quinidine.

Les écorces roulées, qui rappellent dans leurs principaux traits les écorces plates, sont décrites sous le nom de quinquina rouge ■pâle.

J’ai sous les yeux de jeunes écorces provenant de C. succirubra de trois ans, cultivés à Hakgall (Ceylan). Elles sont extérieurement d’un gris foncé, avec de toutes petites verrues assez régulièrement distribuées ; la surface interne est jaune-brun, à peine fibreuse.

Examen microscopique. — L’étude microscopique de celte écorce a été faite par MM. Klotzsch (1), Howard (2), Phœbus (3), etc. Les fibres corticales rappellent dans leur disposition celles du C. Calisaya; il y a beaucoup de cellules et quelques vaisseaux laticifères à cristaux dans l’écorce moyenne. M. Howard a parfaitement vu au microscope des cristaux de kinovate de quinine (4) qui se sont précipités des sucs de l’écorce en dehors des cellules. ^

G XVI. Cinchona glandulifera (fig. 607).

(Ruiz et Pavon, Flor. Péruv ., III, 51, tab. ccxxiv; — DC., Prod., IV, 354. — Wedd., Hist. nat. Quinq., 65, tab. XXI. — Cinchona undulata, Kinol., olim glandulifera , Pav., ex herb. Boissier.)

Arbrisseau à feuilles presque sessiles, ovales-lancéolées, poils glanduleux à la face inférieure; capsule petite, oblongue, pubescente.

Habite les montagnes élevées du Pérou à Panalahuas, Cicoplaya, Monzon et Cuchero (5).

Quinquina glandulifera. — D’après M. Weddell, le docteur Pôppig attribue au C. glandulifera l’origine d’un des meilleurs quinquinas de Huanuco ; mais ce naturaliste paraît avoir apporté des écorces qui ne répondent point à sa description. 11 est donc probable qu’il a fait quelque confusion ; il a pris peut-être pour écorce du C. glandulifera celle des jeunes branches du C. nitida, qui portent le même nom vulgaire.

(1) Klotzsch, loc. cit.

(2) Howard, loc. cit., tab. II , fig. 11, 12, 13.

(3) Phœbus, loc. cit., pag. 38.

• (4) Howard, loc. cit., tab. H, fig. 12h

(5) Vulgo Cascarilla negrilla de Huayaquil y Cicoplaya.

RUBIACÉES. — CINCIIONA HUMBOLDTIANA.

M. Priteliett assure que le Quinquina glandulifera n’est plus depuis longtemps dans le commerce (1).

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