‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 40 sur 176 · FAMILLE DES CAPRIFOLIACÉES, DC · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CAPRIFOLIACÉES, DC

Lonicérées, Endl. Petite famille voisine des Rubiacées, offrant encore un calice gamosépale, soudé avec l’ovaire, à 4 ou 5 dents; une corolle

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gamopétale, à 4 ou 5 divisions, portant 4 ou 5 étamines libres, à anthères introrses. L’ovaire est infère et présente de 2 à 5 loges; les ovules sont solitaires ou pendants à l’angle interne de chaque loge, et anatropes. Le fruit est bacciforme, à 2 ou plusieurs loges monospermes ou polyspermes, quelquefois uniloculaire et monosperme par avortement. Les graines sont pendantes et contiennent un embryon très-court, à radicule supère, au milieu d’un endosperme charnu.

Chèvrefeuille des jardins.

Lon icera Ca pri folium , L . Arbrisseau sarmenteux, dont les feuilles sont ovales, sessiles, opposées, les supérieures réunies par leur base en uneseule feuille perfoliée. Les fleurs sont sessiles et disposées à l’extrémité des tiges en un ou deux verticilles. Elles sont formées d’un long tube rouge ou blanchâtre au dehors, suivant la variété, blanc en dedans, à 5 divisions irrégulières, et à 5 étamines saillantes. Le fruit est une baie à 3 loges polyspermes.

Les fleurs de chèvrefeuille possèdent une odeur très-agréable. On les emploie en infusion théiforme, comme béchiques et légèrement sudorifiques, et l’on en forme un sirop de la môme manière que le sirop de violette, o

Sureau commun.

Sambucus nigra , L. — Car. gén. : calice sous-globuleux, à 5 divisions peu marquées ; corolle supère, rotacée, à 5 divisions;

5 étamines égales. Ovaire infère à 3 loges; ovules solitaires pendant du sommet de l’axe central de chaque loge: 3 stigmates ses- : siles et obtus ; baie globuleuse, couronnée par les vestiges du limbe \ du calice, pulpeuse, contenant 3 semences attachées par un funicule à l’axe du fruit.

Car. spéc. : tige arborescente; feuilles pinnatisectées, à segments dentés; cymeà 5 branches.

Le sureau noir est un arbuste dont le bois est très-léger et renferme un large canal médullaire, surtout dans les jeunes branches. Son feuillage est d’un vert foncé et répand une odeur désagréable. Les fleurs sont blanches, très-petites, mais très-nombreuses, et sont disposées en cyrnes touffues d’un très-bel effet. Elles sont douées d’une odeur suave lorsqu’elle est affaiblie, mais trop forte et désagréable de près. Séchées, elles sont d’un volume encore moindre, jaunes et conservent une odeur toujours forte, mais agréable. On en prépare alors un hydrolat, un oxéolé et différentes préparations magistrales. Elles sont sudorifiques et ré- i solutives.

Les baies de sureau sont grosses comme de petits pois, d’un

LORAiNTIIACEES. — GUI.

brun noir, luisantes, et sont remplies d’un suc rouge-brun, qui passe au violet par les alcalis et au rouge vif par les acides. On les nommait autrefois grana actes, ce qui ne veut rien dire autre chose que grain de sureau , dbtr/) étant le nom grec de l’arbre. On en prépare un extrait nommé rob de sureau , qui est purgatif à la dose de 12 à 15 grammes.

L’écorce de sureau est aussi usitée en médecine et peut être très-utile comme purgative, dans l’hy dropisie : c’est l’écorce des jeunes branches qui est employée à cet usage; on la récolte à l’automne, après la chute des feuilles, lorsque son épiderme, qui était vert d’abord, est devenu gris et tuberculeux. On racle légèrement cet épiderme gris avec un couteau; on enlève par lambeaux l’écorce verte qui est au-dessous, et on la fait sécher. Elle est alors sous la forme de lanières étroites, d’un blanc verdâtre, d’une saveur douceâtre astringente et d’une odeur faible. On l’empoie à la dose de 30 grammes par litre, en décoction.

Hièbie, Sambucus Ebulus , L. Cette espèce de sureau croît abondamment en Europe, sur le bord des chemins, dans les lieux humides. Sa racine, qui est blanchâtre, charnue et vivace, pousse des tiges herbacées et annuelles, hautes de 100 à 130 centimètres. Ses feuilles sont pinnées avec impaire, comme celles du sureau noir, mais à folioles plus longues et plus aiguës et accompagnées à la base de stipules foliacées. La cime des fleurs n’a que trois branches ; les baies sont semblables et sont employées concurremment avec celles de sureau. .Elles teignent cependant les doigts en un rouge plus vif. r

FAMILLE DES LORANTUACÉES.

Petit groupe de végétaux parasites et ligneux, composé principalement des deuxgenres Viscum et Loranthus. Je n’en citerai qu’une espèce très-répandue en Europe et qui était un objet de grande vénération chez les Gaulois nos ancêtres : c’est le gui, que les druides cueillaient au commencement de chaque année, avec accompagnement de cérémonies religieuses, et dont ils se servaient pour bénir de l’eau qu’ils distribuaient au peuple, en lui persuadant qu’elle purifiait, donnait la fécondité, détruisait l’effet des sortilèges et guérissait de plusieurs maladies.

j Le gui, Viscum album , L. (fig. 610), croît fréquemment sur les pommiers, les poiriers, les tilleuls, les frênes, l’érable, l’orme, les peupliers, les saules, le hêtre, et très-rarement sur le chêne, sur lequel les druides le recherchaient principalement. Sa tige est ligneuse, cylindrique, divisée dès sa base en rameaux dichotomes, d un vert jaunâtre, ainsi que les feuilles, et formant une touffe

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arrondie large de 35 à 45 centimètres. Les feuilles sont sessiles, rares, oblongues, entières, épaisses, glabres et persistantes. Les fleurs sont petites, verdâtres, ramassées 3 à 6 ensemble, dans les bifurcations supérieures, et dioïques. Leur calice est entier, à

bord très-peu saillant; les pétales sont au nombre de 4, caliciformes, réunis par la base, fl Dans les fleurs mâles, chaque pétale porte, sur le milieu de i sa face interne, une anthère ses- • !

sile, oblongue. Dans les femelles, l’ovaire est infère, couronné par le calice, et terminé par un style court, à stigmate arrondi. !

Le fruit est une baie globuleuse, > blanche, remplie d’une pulpe visqueuse et contenant une seule graine charnue, qui renferme i plusieurs embryons. C’est de cette baie d’abord, et ensuite ; de la plante entière du gui, et • du Loranthus europœus, que l’on a retiré la çiu, en les pilant, les faisant bouillir dans l’eau et les a mettant ensuite pourrir à la cave jusqu’à ce qu’elles fussent converties en une masse visqueuse, qu’il ne s’agit plus que de I débarrasser par le lavage des débris étrangers, pour la livrer au i commerce. Aujourd’hui, c’est surtout de la seconde écorce du houx qu’on retire la glu par le procédé qui vient d’être décrit,

La glu est une bien singulière substance, sur la nature de laquelle on n’est pas encore complètement éclairé. Elle est demiliquide, très-visqueuse, collante et ne se dessèche pas à l’air. Elle a une couleur verdâtre et ne possède ni odeur ni saveur caractérisées. Elle est insoluble dans l’eau, soluble à chaud dans l’alcool, soluble dans l’éther, insoluble dans les alcalis, décomposable par les alcalis minéraux concentrés. Elle paraît contenir de l’azote, à en juger par l’odeur qu’elle dégage en brûlant, -y-

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