TRIBU DES ROSÉES
Cette tribu est presque exclusivement formée du seul genre Rosier ou Rosa, dont les caractères consistent dans un calice tu-
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
bulé, ventru, rétréci au sommet, à 5 lobes souvent divisés et pinnatifides. La corolle présente 5 pétales qui sont très-souvent doublés par la culture; les étamines sont indéfinies ; les ovaires sont nombreux, insérés sur le fond du calice, libres, uniloculaires, à un seul ovule pendant ; les styles naissent sur le côté des ovaires et sortent du calice. Le fruit est composé d'un grand nombre d’acbaines velus, renfermés dans le tube du calice accru et devenu charnu.
Les rosiers sont des arbrisseaux à rameaux déliés, quelquefois très-longs et pouvant s’élever à l’aide de supports à une grande hauteur. Ils sont presque toujours armés d’aiguillons nombreux et pourvus de feuilles éparses, imparipinnées, pourvues de stipules soudées au pétiole et à folioles dentées. Leurs fleurs sont terminales, solitaires ou disposées en corymbes, pourvues d’une grâce et d’une suavité qui leur assurent la prééminence sur toutes les fleurs. On en compte plus de 150 espèces assez rapprochées entre elles, et dont les variétés se multiplient tellement tous les jours, que l’on est tenté de croire qu’elles proviennent toutes d’une souche primitive diversifiée par les migrations et la culture. J’en citerai seulement quatre espèces dont les parties sont usitées en pharmacie.
Itosicr sauvage, églantier sauvage, rose «le eliien OU cjnor-
riioiion, Rosa caninci , L. (fig. 653). Cette espèce est commune, en
Europe, dans les haies et sur le bord des bois. Ses tiges sont grêles, longues de 3 à 5 mètres, armées d’aiguillons forts et recourbés, et pourvues de feuilles à 5 ou 7 folioles ovales-lancéolées , doublement dentées, inodores lorsqu’on les froisse (I). Les fleurs sont roses ou blanches, portées au nombre de 2 à 4, à l’extrémité des rameaux. Les divisions du calice sont pinnatifides , et la corolle, étant simple, n’offre que 5 pétales.
Les fruits sont assez gros, ovales, lisses, d’un rouge de corail, couronnés par les divisions du calice flétries. Ils sont formés à l’intérieur d’un parenchyme jaune, ferme, acidulé et astringent. On en prépare en pharmacie une
(I) Il ne faut pas confondre le Rosa canina, qui est le véritable églantier, avec le Rosa eglanteria , L., auquel on donne aussi, dans les jardins, le nom d'églantier. Celui-ci a des fleurs d’un jaune vif ou d’un rouge orangé; les divisions du