ROSÉES. — ROSE ROUGE
conserve sucrée, nommée conserve de cynorrhodons , agréable, usitée comme astringente.
Celte espèce de rosier doit son nom de Rose de chien, Rosa canina ou cynorrhodon, à ce que, dans l’antiquité, sa racine passait pour être un remède efficace contre la rage ; et cette opinion, qui n’a aucun fondement réel, a traversé des siècles pour arriver jusqu’à nous; car, encore aujourd’hui, la racine d’églantier forme la base de remèdes populaires contre la rage, dont h usage est répandu dans la plupart des départements montagneux de la France, tels que ceux de l’Isère, de la Haute-Loire, de la Loire, de l’Aveyron, du Puy-de-Dôme, etc. Il ne faut cesser de répéter au peuple qu’aucun spécifique jusqu’ici ne peut guérir la rage, et que le seul moyen possible de la prévenir est la cautérisation complète de la morsure.
Bédéguar ou «aile d’églantier. On nomme ainsi une excroissance chevelue qui se forme sur les branches de l’églantier, par suite de la piqûre d’un insecte hyménoptère nommé Cynips rosœ. Cette galle est divisée intérieurement en un grand nombre de cellules qui renferment autant de larves de l’insecte. Elles y passent l’hiver sous forme de nymphes , et en sortent au printemps à l’état d’insectes parfaits. On employait autrefois le bédéguar comme diurétique, lithontriptique, anthelmintique, anlistrumique, etc. 11 n’est plus usité.
Rose rouge OU Rose de Provins.
Rosa gallica, L. On dit que ce rosier a été apporté de Syrie à Provins, par un comte de Brie, au retour des croisades. Loiseleur-Deslongchamps pense que ce fait n’est rien moins que prouvé, parce que la rose rouge était connue dans l’antiquité et que c’est elle probablement dont Homère a vanté les vertus dans Ylliade ; mais en admettant ce fait, en admettant même, ce que je crois très-probable, que la rose de Provins soit la rose de Milet dont parle Pline, on peut très-bien croire que celle rose était peu connue en France, au temps des croisades, et qu’un comte de Brie l’ait apportée avec lui, à son retour. Ce qu’il va de certain, c’est que, pendant très-longtemps, la culture de cette espèce de rose a été comme un patrimoine de la ville de Provins; ensuite un petit village des environs de Paris s’en est emparé, et en a gardé le nom de Fontenay aux-Roses ; Lyon et Metz ont eu aussi leur célébrité pour cette culture et fournissent encore, à ce que je pense,
calice sont entières; les feuilles froissées ont une odeur forte et agréable, analogue à celle de la pomme de reinette; les fleurs, au contraire, exhalent une odeur de punaise.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
une certaine quantité de roses rouges au commerce; mais il parait que la plus grande partie de ces fleurs vient aujourd’hui de Hollande et d’Allemagne.
Le rosier de Provins s’élève à la hauteur de 60 à 1 00 centimètres au plus; ses rameaux sont nombreux et armés de faibles aiguillons; ses feuilles sont composées de 5 à 7 folioles ovales, rigides, d’un vert assez foncé en dessus, un peu pubescentes en dessous ; les boutons et les pédoncules sont couverts de poils rudes; les fleurs sont solitaires ou réunies au nombre de 2 ou 3 à l’extrémité des rameaux; les divisions du calice sont dentées; les pétales sont peu nombreux, étalés, d’un rouge foncé et presque inodores. Ils renferment cependant un principe aromatique qui se développe par la dessiccation. Pour faire sécher ces fleurs, on les prend en boutons, on en sépare le calice, on en coupe les onglets, et on les étend dans une étuve. Lorsqu’elles sont bien sèches, il convient de les cribler pour en séparer les étamines et les œufs d’insectes qui peuvent s’y trouver; on les renferme ensuite dans une boîte de bois que l’on place dans un lieu sec : il est bon de les cribler de temps en temps.
Les roses de Provins séchées doivent avoir une couleur pourpre foncée et veloutée, une odeur très-agréable, une saveur trèsastringente. Leur infusion rougit le tournesol et précipite abondamment par le sulfate de fer, la colle de poisson, l’alcool, le nitrate de mercure, l’eau de chaux et l’oxalate d’ammoniaque. On voit d’après cela qu’elles contiennent un acide libre, une grande quantité de tannin, du muqueux et un sel calcaire soluble.
On prépare avec les roses rouges un sirop, un mellite et une conserve. Nous préparons la conserve avec la poudre ; mais à Provins et à Lyon on la fait en pistant les pétales récents avec du sucre.
Le rosier de Provins est l’espèce dont on a cherché à obtenir le plus de variétés, pour l’ornement des jardins. On en compte plus de 400, dont une partie, si j’ose le dire, mérite peu les noms plus ou moins emphatiques dont on les a décorées, o
Rose à cent feuilles.
R osa centi folia, L. Ce rosier est originaire du Caucase oriental; il forme un buisson haut de 100 h 120 centimètres; ses feuilles ont 5 ou 7 folioles ovales, pubescentes en dessous, deux fois dentées ; les fleurs sont roses, ordinairement presque complètement doublées, larges d’environ 8 centimètres, longuement pédonculées, portées ordinairement trois ensemble au sommet de chaque rameau. On en connaît un assez grand nombre de variétés, parmi