LÉGUMINEUSES. — RÉGLISSE OFFICINALE
pousse des tiges hautes de 50 à 65 centimètres, très-ramifiées, pliantes, rougeâtres et velues; les rameaux se terminent ordinairement en une longue épine. Ses feuilles inférieures sont ternées, et les supérieures simples ; elles sont ovées-lancéolées, dentées, d’un vert foncé, velues, gluantes et d’une odeur désagréable. Ses fleurs sont axillaires et souvent géminées, purpurines ou incarnates, rarement blanches, pourvues d’un étendard ample, relevé, agréablement rayé; les étamines sont monadelphes, mais la dixième est quelquefois à demi séparée. Les racines sont longues de 65 centimètres, grosses comme le doigt ou moins, ligneuses, flexibles et difficiles à rompre. Elles arrêtent souvent la charrue du laboureur, ce qui a valu à la plante son nom. Cette racine sèche est d’un gris foncé à l’extérieur, blanche en dedans, et offre une cassure rayonnée : elle a une saveur douce qui a quelque analogie avec celle de la réglisse, mais qui est bien moins marquée ; son odeur est faible et désagréable. On prétend qu’on a tenté quelquefois de la mêler à la salsepareille ; il faut avoir bien compté sur le peu d’attention de l’acheteur, car rien n’est si facile à distinguer que ces deux racines.
La racine d’arrête-bœuf est regardée comme apéritive. On emploie indifféremment avec elle les racines des Ononis antiquorum , altissirna et repens, espèces très-voisines, souvent confondues avec la première, q
Racine île réglisse officinale.
Glycyrrhiza glabra, L., tribu des Lotées (fig. 656). Cette plante croît naturellement dans le midi de l’Europe et est cultivée dans nos jardins; ses tiges sont hautes de 100 à 130 centimètres; ses feuilles sont privées de stipules, à 6 ou 7 paires de folioles avec impaire, glabres et un peu visqueuses; ses fleurs sont petites, rougeâtres, papillonacées, portées sur des épis axillaires, pédonculés, lâches et allongés; le calice est tubuleux, bilabié ; la carène est formée de 2 pétales distincts; le légume est ovale, comprimé, glabre, à 3 ou 4 graines ; sa racine, qui est plutôt une tige souterraine pourvue d’un canal médullaire, est longue de 1 à 2 mètres, traçante, cylindrique, lisse, de la grosseur du doigt. Elle est brune au dehors, jaune en dedans, d’une saveur sucrée, mêlée d’une certaine âcreté. La réglisse qu’on nous apporte sèche de la Sicile et de l’Espagne est plus sucrée que celle des environs de Paris. Il faut la choisir d’un beau jaune à l’intérieur, ce qui est un indice certain qu’elle n’a pas été avariée; car souvent elle est plus ou moins rousse, et d’un goût âcre fort désagréable.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Nous devons à Robiquet l’analyse de la racine de réglisse. Il y a trouvé : i° de l’amidon; 2° une matière azotée, coagulable par la chaleur (albumine?); 3° du ligneux ; 4° des phosphates etmalales de chaux et de magnésie; 5° une huile résineuse, brune et épaisse, à laquelle la réglisse doit son âcreté; 6° un principe particulier, non cristallisable, d’une saveur sucrée, nommée glycyrrhizine , soluble également dans l’eau et dans l’alcool, qui diffère du sucre parce qu’il n’est pas susceptible d’éprouver la fermentation alcoolique, qu’il ne donne pas d’acide oxalique par l’acide nitrique, enfin parce qu’il forme avec les acides des composés peu solubles dans l’eau. C’est même à l’état de combinaison avec l’acide acétique que Robiquet a connu la glycyrrhizine, et c’est Rerzélius qui a donné le procédé pour l’obtenir pure; 7° Robiquet a retiré de la racine de réglisse un principe cristallisable, azoté, soluble dans l’eau, qui a porté le nom à’Agédoïte jusqu’à ce que Plisson eût constaté son identité avec l’asparagine.
C’est avec la racine du Glycyrrhiza glabi'a que l’on prépare, en
Italie et en Espagne, le suc de réglisse du commerce. Nous employons la racine en nature pour sucrer les tisanes ; alors il faut observer de ne la traiter que par l’eau froide ou toutau plus tiède, car le principe âcre, qu’il convient d’éviter, est insoluble par luimême dans l’eau; il ne s’y dissout en partie qu’à la faveur des