XVII. 0»iu<l>ii»i> rouge (le Cnrlliageiie
Écorce épaisse, entièrement couverted’une couche cellulaire veloutée cl douce au toucher. Le liber est tantôt dur, pesant et d’ue amertume très prononcée; d’autres fois il est peu sapide, fibreux, léger et môme spongieux. Les premières écorces lient, d’une part, ce quinquina au quinquina rouge vrai, et de l’autre elles ont une si grande ressemblance , sauf la couleur, avec le quinqidnade Colombie /ù/neta', dont il .sera question plus loin, qu’il est difficile de ne pas les croire produits par une même espèce de cinchona. l’areillenient les écorces spongieuses de ce
UUlUACliES. 127
(luiiiqiiiiia roiign sc l appi'oclieiu hcaucoup du cjulnquina do Coloiidiif spongieit.f, dont il iiaiaît na dilïérci- qiia |iar la couleur (1).
Examen chiniiquc des quinquinas ruuçjes. Vauqueliii, dans sou travail sur les quinquinas, n’a cxaniiné qu’un seul quinquina rouge; c’est celui du n" 5, dont une écorce, qui me reste, répond h mon quinquina rouge non verruqueux, lettre C. Les quinquinas n“ 2, 10 et 16 de Yauquelin étaient du quinquina nova. Voici le tableau des résultats obtenus parce chimiste, suivis de ceux présentés par quelques unes des sortes que j’ai décrites.
(t) La ressemblance évidente qui existe entre le quinquina rouge vrai non verruqueux et le quinquina rouge de Lima ;
Entre le quinquina rouge de Carthagènc ligneux, et le quinquina de Colombie ligneux;
Enlin, entre le quinquina rouge et spongieux de Carthagène et le quinquina de Colombie spongieux, m’a fait naître, il y a déjà longtemps, une idée que je n’ai cependant émise encore que verbalement : c’est que ces quinquinas rouges ne constituent pas des espèces distinctes et ne sont qu’un état particulier d’autres espèces, causé probablement par le grand âge des arbres.
lUBIAf.fil'S.
Pcilolicr cl M. CaveiUnii ont analyse le. (juinqnina rouge vrai et se sont assurés qu’il contenait :
Une grande quantité de kinale acide de kinine et de kinale acide de einchonine ;
Du kinale de cliaux ;
Beaucoup de rouge cinchonique;
De la matière colorante l'oiige soluble;
De la matière grasse ;
Delà matière colorante jaune;
Du ligneux et de raniitlon.
Il résulte de cette, analyse que le quinquina rouge est l’espèce la plus active , la propriété fébrifuge des quinquinas paraissant être en raison de la quantité de quinine et de einchonine qu’ils contiennent.
QUINQUINAS .lAUNES.
Win. Qiiiniiiiina jaune «lu roi «l’Espagne.
Ce quinquina, aussi différent du quinquina de Loxa rouge fibreux du Roi (espèce III) qu’il lui est supérieur en qualité, avait été envoyé à M. de Chatcaumont, ancien gardc-vvallone et colonel au service d’Espagne, par le duc de Frias. Il provenait de la pharmacie du roi Charles IV, et se trouvait accompagné d’une lettre du pharmacien du roi , qui recommandait de le tenir toujours hermétiquement renfermé.
Ce quinquina, suivant ce qui a été rapporté à M. de Chateaumont par le chevalier de Ci’oï , qui avait été pendant longtemps vice-roi du Pérou, était cultivé dans des parcs enclos et gardés. On avait grand soin surtout de priver les arbres des cryptogames qui s’y attachent , ce qui est tout à fait rationnel et opposé à une opinion qui a longtemps régné dans le commerce, que le quinquina est d’autant meilleur qu’il est plus chargé de lichens, transform.nit ainsi un accident, qui pourrait tout au plus servir à reconnaître l’espèce, en un caractère de qualité supérieure(l).
Le quinquina du Roi, récolté avec une sorte d’appareil et séché avec le plus grand soin, était alors renfermé dans des caisses d’étain parfaitement soudées, défendues des atteintes extérieures par une caisse de
(1) Un autre écart de nos commerçants, vendeurs ou acheteurs, est d’avoir transformé la finesse des écorces en leur extrême jeunesse, au point que j’en ai vu s’exlasierîdevant du quinquina si délié qu’on' y distinguait à peine des traces d’organisation fibreuse. Le quinquina du roi d’Espagne n’est récolté que sur des branches bien développées, el l’on peut juger par .sa grosseur, qui est un peu inférieure à celle du petit doigt, qu’il serait loin de contenter nos amateurs,
Itl. 9
130 i)i(;0Tyr,ÉD0NF.s r.ivr.iciFr.or.iis.
bois et par une peau de buffle, scellées et expédiées pour Cadix et de là à Madrid. Un pareil envoi avait lieu chaque année , et ce qui restait du quinquina de l’année précédente était donné en cadeau aux personnes de la cour. Telle est l’origine du quinquina envoyé par le duc de Trias, clans les dernières années du règne de Charles IV, avant que les diverses révolutions qui se sont succédé en Espagne et au Pérou aient influé sur la régularité de ce service et l’aient ensuite détruit. Ce quinquina, gardé religieusement par M. de Chateaumont dans un bocal de veire cacheté, s’est conservé dans toute son intégrité, et il jouissait d’une telle efficacité que, nombre de fois, lorsque les amis du possesseur étaient fatigués de prendre sans succès des quinquinas du commerce, constamment des quantités fort peu considérables de celui de Madrid les ont délivrés des fièvres opiniâtres qui les tenaient abattus.
Ces faits nous montrent combien l’humidité, qui agit sans cesse sur les quinquinas du commerce tant sur mer que dans les magasins où ils séjournent, altère leur qualité, au point de les icndre souvent tout â fait inertes. C’est cette vérité, que j’avais anciennement sentie, qui m’avait fait élever avec force, dans la première édition de ce traité, contre ceux qui pensaient augmenter la vertu du quinquina en le gardant pendant longtemps ; car cette vertu ne peut s’augmenter, et elle s’altère au contraire d’autant plus vite que les écorces sont moins abritées de l'air humide. Il serait même bien à désirer que le commerce imitât le procédé de l’ancien service espagnol, et ne fît traverser les mers aux quinquinas que dans des caisses hermétiquement fermées, où il serait conservé jusqu’à son emploi dans les fabriques ou son débit dans les pharmacies.
Le quinquina du roi d’Espagne est remarquable parsa couleur vive d’un jaune orangé, et par son odeur pénétrante, analogue à celle du tabac, bien différente de l’odeur de chanci présentée par la plupart de nos quinquinas. En examinant les écorces qui le composent, on y trouve un peu de quinquina brun compacte de Loxa et une petite quantité de quinquina Lima ; mais la presque totalité paraît formée des jeunes écorces d’un quinquina presque semblable à celui nommé calisaya om jaune royal , et celte ressemblance , au moins , peut servir à expliquer ce dernier nom que nous avions peine à comprendre jusque là, parce que nous voulions toujours que le quinquina du roi d’Espagne fût un quinquina gris analogue au loxa du commerce (1).
Je ne crois pas cependant que le quinquina jaune du roi et le calisaya soient tout à fait identiques. Le premier répond plutôt à celui que
(1) Il est plus exact de dire que la pharmacie des rois d’Espagne n’était pas restreinte à une seule espèce de quinquina, et qu’on y envoyait le premier choix des écorces du Pérou reconnues pour être les plus efficaces.
UülilACÉKS. 131
Laubcrt a décrit sous le nom de casoarillaamorilla dd reij, ou de quinquina jaune du roi [Bull, de pharm., t. 2, p. 292) , et scs caractères ne coïncident pas entièrement avec ceux du calisaya. lin prenant des écorces du même âge, on trouve coustauiinent celles du quinquina du Roi moins amères, d’une astringence agréable, dures et cependant faciles à broyer, un peu moins fibreuses; enfin elles précipitent beaucoup moins abondamment par le sulfate de soude (1).
Ou a admis généralement, sur l’autorité de Humboldt, que celle sorte de quinquina doit sou surnom de mlhoya à une province de ce, nom située dans l’ancieune intendance de La Paz , dans le haut Pérou. Alais, d’après Laubert, les liabilants de La Paz nomment ce quinquina coHmdla et non calisaya, et l’on ne trouve d’ailleurs ni l’un ni l’autre nom sur les caries géographiques (2). Quoi qu’il en soit, ce quinquina vient des provinces de La Paz, de Potosi et de Santa-Cruz de la Sierra, dans le haut Pérou (Bolivie). Ou suppo.se généralement qu’il n’e.st connu que depuis la lin du siècle dernier; mais j’ai montré ailleurs {Joarn. pharm., t. XVI, p. 233), par des passages tirés de Pomet et de Chomel, qu’il était bien plus anciennement connu et qu’il avait été plus estimé qu’aucune autre sorte; seulement il a pu être momentanément oublié pour le quinquina de Loxa, dont la célébrité s’est
(1) Le quinquina jaune du roi d’Espagne .se rapproche également beaucoup du quinquina jaune oran je dont il sera question plu.s loin, et Je l’y aurais probablement réuni, si je n’avais dc.siré en conserver Phislorique, ainsi que les remarques auxquelles il a donné lieu. Quant à l’essai par le sulfate de soude, voici la manière d’y procéder ; On pulvérise une écorce dans un mortier de fer, on triture la poudre dans un mortier de porcelaine avec assez d’eau pour en formcrunebouillieliquidc, ell’onjcUele toutsur un liltre.En ajoutant dans la liqueur filtrée quelques cristaux de sulfate de soude, on produit un précipité blanc abondant dans la dissolution de quinquina calisaya, un trouble très prononcé avec le quinquina du roi d’Espagne; la liqueur reste transparente avec tous les quinquinas gris et la plupart des quinquinas rouges.
(2) Le quinquina porte généralement au Pérou le nom de cnscan/la (petite écorce), et quelquefois celui de cascara ou de corlezon (grosse écorce). Ceux qui le récoltent se nomment cascaritleros. Le nom de quinquina y parait être inconnu aujourel’hui. Ce nom est cependant d’origine péruvienne, et La Condamine nous apprend que , même avant la découverte de Pécorce lébrifuge de Loxa, les jésuites de La Paz envoyaient à Rome, sous le nom de qnina quina, une écorce très amère, que cct illustre académicien pense être celle du baumier du Pérou {IHyrosperinum peruifmum), mais qui était plutôt notre quinquina calisaya. Quant à ce nom calisaya, le docteur Pœppip; pense que c’est un mot corrompu, dérivé de collisalla, colla voulant dire remède, et salla, terre pleine de rochers. (Jonrn. chim. méd,, 1837, p. 18.'
132 DICOTYLKDONES CALIGIFEORF.S.
accrue de celle de La Condaminc , et parce que ce savant jeta de la défaveur sur le quinquina de La Paz, eu le supposant produit par un arbre tout à fait étranger aux cinclionas. Aujourd’hui ce quinquina a repris une prééminence qui lui est assurée par la quantité d’alcaloïde qu’il contient, et parce qu’il est presque le seul propre à la fabrication du sulfate de quinine.
Le quinquina calisaya se trouve dans le commerce pourvu ou dépouillé de sa croûte extérieure. On désigne ces deux états par les désignations do quinquina calisaya en écorce et de quinquina calisaya monde.
Quinquina calisaya en écorce. Ce quinquina varie de la grosseur du doigt à celle de ,5 à 8 centimètres de diamètre.
.4. Dans les petites écorces, la croûte est mince, très rugueuse , et marquée de distance eu distance de crevasses transversales. Elle est presque insipide et paraît naturellement brune; mais sa surface est le plus ordinairement recouverte d’un léger enduit blanc et uniforme, qui devient quelquefois plus épais et manifestement tuberculeux. D’autres fois encore cet enduit est jaune et ressemble à de la cire fondue qui aurait coulé dans les fissures de la croûte. Quelquefois enfin , ce sont des lichens foliacés ou filamenteux, semblables à ceux qui sont si communs sur le quinquina brun de Loxa.
La croûte de ces écorces est presque toujours détachée , par parties, du liber, sur lequel on observe alors des empreintes transversales qui répondent aux fissures de la croûte enlevée. Le liber est épais de 2 ou 3 milliinètres, d’un jaune brunâtre à l’extérieur, d’un jaune fauve à l’intérieur, d’une saveur très amère, un peu astringente. La cassure en est très fibreuse, surtout du côté interne, et grossière.
B. Dans les grosses écorces, la croûte est semblable , à l’extérieur, à celle des petites; mais elle est épaisse de 5 h 9 millimètres, et, par suite, encore plus rugueuse et plus profondément crevassée. Néanmoins les crevasses ne pénètrent pas jusqu’au liber, qui n’offre plus les impressions circulaires que l’on remarque sur les plus jeunes écorces. Cette croûte est composée de couches dont les plus extérieures paraissent se détacher naturellement au bout de deux ou trois ans, à mesure qu’il s’en forme de nouvelles par dessous. Chacune de ces couches est formée d’une matière rouge, pulvérulente, entremêlée de fibres qui ressemblent à des ))oils blancs, et elle est séparée des autres couches par une membrane papyracée, d’un rouge brun et comme veloutée. La disposition de ces couches est telle que leur coupe transversale présente l’image de plusieurs polyèdres inscrits les uns dans les autres. Du reste, cette croûte est insipide et la poudre est d’un rouge foncé.
Le liber est épais de 5 millimètres, d’un jaune fauve foncé, d’une texture entièrement fibreuse, mais fine et uniforme. Il paraît, par son
llUBlACliliS.
exposition à la lumière, tout parsemé de points brillants, qui sont les extrémités mêmes des fibres dont il est formé, lesquelles, vues à la loupe, paraissent jaunes et transparentes , lorqu’elics sont dépouillées d’une matière rouge , briquetée , qui les recouvre. Ce liber laisse échapper, lorsqu’on le brise, de petites fibres aiguës qui pénètrent dans la peau et y causent une sensation désagréable; il a une saveur très amère et astringente, plus forte dans la couche externe que dans la partie du centre. Ses fibres se triturent facilement entre les dents et y croquent un peu, à la manière de la rhubarbe de Chine.
Quinquina calisaya mondé. Cette écorce se présente sous plusieurs formes qui ne varient que par l’âge auquel elle a été récoltée.
C. Morceaux assez rares, gros comme le pouce, bien roulés, bien cylindriques, épais de 3 à 5 millimètres, ayant une surface très unie, d’un jaune brun, ressemblant h de la grosse cannelle. Cette écorce est très compacte, très pesante, d’une très forte amertume. Elle doit être d’une grande efficacité.
D. Morceaux plus communs , également roulés, d’un volume plus considérable, épais de 2 à 5 millimètres , à surface inégale , comprimée en différents sens. Ils sont moins pesants , plus fibreux , toujours très amers. Ce sont ces rouleaux qui , brisés par le transport , forment le calisaya le plus ordinaire du commerce.
E. Écorces très grandes et très larges, plates, épaisses de 5 à 7 millimètres , ordinairement munies par places d’une partie de leur croûte, qui présente toujours, pour caractère distinctif, des fibres blanches couchées au milieu d’une matière rouge pulvérulente. Cette écorce, nommée ca/fsaya (fe j:i/ane/ia (calisaya en planches), est d’autant moins amère et moins estimée qu’elle est plus grossière et plus ligneuse.
Composition chimique du quinquina calisaya. Ce quinquina a été le sujet d’un grand nombre de travaux, dont un des plus marquants est dû à Deschamps , pharmacien de Lyon , qui a retiré de 500 grammes de calisaya jusqu’à 90 grammes d’un sel cristallisé , à base de chaux et à acide végétal. Il a donné à ce sel le nom de quhiquinate de chaux, et a reconnu que le quinquina rouge et le quinquina gris en contenaient également, mais en bien moindre quantité, et plus difficile à séparer des principes résineux et extractifs. {Ann. chiin., t. XL VIII, p. 65.)
Vauquelin, qui est venu ensuite , a isolé l’acide du sel précédent, en a fait connaître les propriétés et lui a donné le nom àé acide quinique : ce nom et celui de quinate de chaux , qui en est la conséquence , ont prévalu sur le nom primitif.
D’après Pelletier et Caventou , le calisaya diffère du quinquina gris principalement par son principe alcalin, qui a reçu le nom de quinine, et qui a pour formule C«H2<Az2 0', tandis que la cinchonine a pour
134 DlCOTÏLÈDONJiS CALfClFLORES.
composition et coiuiciit par conséquent moitié moins
d’oxigène.
La quinine, non combinée aux acides, est très diiïicilcment cristallisablc; sa teinture alcoolique , évaporée lentement , donne une matière translucide qui recouvre la capsule sous la forme d’un vernis transparent ; entièrement desséchée, elle est d’un blanc grisâtre et poreuse; elle est très soluble dans l’éther, tandis que la cinebonine l’est très peu. Elle a moins de capacité pour les acides et forme des sels très amers dont la plupart dilfèrent complètement de ceux de cinebonine par leur aspect. Le sulfate neutre de quinine est sous forme d’aiguilles blanches, rayonnantes, flexibles et nacrées; il est très peu soluble dans l’eau froide, très soluble au contraire dans l’eau bouillante et se prend en masse par le refroidissement. Il est très soluble dans l’alcool et peu soluble dans l’étlicr; il contient 10 molécules d’eau ou 19,61 pour 100, dont il perd plus de la moitié (6 molécules) en s’eflleurissant à l’air. Le bisulfate de quinine est soluble dans 11 parties d’eau froide, rougit le tournesol et cristallise en prismes carrés terminés par un biseau.
Le phosphate de quinine est soluble et facilement crisfallisable en petites aiguilles blanches, translucides et nacrées; le phosphate de cinchonine est très soluble et difficilement cristallisable.
L’azotate de quinine neutre se prôciiiite par l’évaporation de la dissolution aqueuse, sous forme de goiilicleties huileuses. Le nitrate de cinchonine se comporte de môme.
L’acétate de quinine cristalli.se très facilement en aiguilles convergentes ou rayonnantes d’un aspect nacré et satiné; l’acétate de cinchonine cristallise difficilement.
L’oxalale, le gallate et le tannate de quinine sont insolubles.
Pelletier et Al. Caventou avaient pensé d’abord que les quinquinas gris ne contenaient que de la cinchonine, et le quinquina calisayà seulement de la quinine; mais on n’a pas tardé à reconnaître que les deux alcaloïdes existent également dans les diflérenis quinquinas officinaux, avec cette seule différence que les quinquinas gris ne contiennent ordinairement que peu de cinchonine et encore moins de quinine , tandis que le calisaya contient beaucoup de quinine et peu de cinchonine. Dans la fabrication du sulfate de quinine , la cinchonine est également sulfaiisée, mais elle reste dans les eaux mères avec une portion du premier sel. Quelques chimistes admettent môme que le calisaya contient un troisième alcaloïde incristallisable, jaune, très amer et extractiforme, qui reste après la séparation complète de la quinine et de la cinchonine, et ils lui ont donné le nom de quinoïdine ; mais l’existence de cet alcaloïde me paraît être encore très problématique. 1 kilogramme de cali-
iiüiUAt;iiiis. 135
saya momie fournit ordinairoinent de 30 à 32 grammes de sulfate de quinine.
Origine du quinquina calisaga. Malgré toutes les raisons que j’ai pu produire contre celte opinion, beaucoup de personnes attribuent encore le quinquina calisaya , ou jaune royal , au cinchona cordifolia , par le seul motif que Mulis a donné le nom de quinquina j aune ‘A l’écorce de cet arbre. iMais, ainsi que je l’ai montré depuis longtemps, les échantillons authentiques duquinquina jaunedeMutis, rapportés par Humboldt, prouvent que cette écorce , bien différente du calisay a , est celle qui est connue en Mance sous le nom de quinquina carthagkne. D’autres personnes ont regardé le calisaya comme identique avec le quinquina orangé de Mutis, et l’ont attribué, en conséquence, au cinchona lancifolia; mais il existe encore une grande différence entre les deux écorces, dont la dernière seule peut être attribuée avec certitude au C. lancifolia. Il faut donc chercher une autre origine à la première.
Dans l’année 183d, M. Auguste Delondre a voulu faire venir du haut Pérou l’arbre même qui produit le. calisaya; mais cet arbre est mort dans la traversée, et les échantillons secs de fruits et de feuilles qui sont parvenus en France et dont les grosses écorces sont'môlangées dans le calisaya du commerce, au lieu d’appartenir à un seul cinchona, provenaient de plusieurs. Celle tentative nous a donc été peu utile pour découvrir l’espèce de calisaya. Voici cependant la description de ces échantillons [Journ. pharm., t. XXI, pag. 505 et 508) :
1" Feuilles et fruits du cinchona nderantha. Je les ai décrits précédemment, p. 108. Les Indiens nomment l’arbre co.scarillayana-yana, en espagnol morenu, ce qui \miA\ve jaune brun. D’après M. Delondre, cet arbre fournit les belles écorces plates du commerce. Ün le trouve princi|)alemenl sur les coteaux fertiles de Tipuani, à 120 lieues de La Paz.
2” Cascarilla blanca ou cunarillaza (jaune pâle). Feuilles longues de 110 à 135 millimètres, larges de 55, amincies en pointe aux deux extrémités; elles sont épaisses, tout à fait glabres, comme empreintes d’un suc rougeâtre ; quelques unes des plus jeunes sont scrobiculées ; les fleurs sont en panicules non développées ; les fruits sont ovales, amincis h l’ex- Irôniiié, striés, longs de 16 à 22 millimètres, larges de 9. Cette esjiècc se récolte particulièrement dans les environs A' Apollobamba. Je ne vois ))as en quoi elle pourrait différer du C. condaminea.
3“ Cascarilla amarilla. Cette espèce croît sur les montagnes arides , dans les lérrains pierreux : il y en avait deux variétés dans le mêmè paquet. La première'a les feuilles fermes, scrobiculées, elliptiques ou terminées en pointe arrondie aux deux extrémités; la plus grande feuille a ■108 millimètres de long sur 36 de lai-ge. La seconde variété, représentée
136 DJCOTYI.KDOMiS CALlÜll'LOHES.
ici (fig. 280), a les feuilles plus peliles , plus uiiiices , veineuses, très
étroites et pointues; niais la pointe est toujours mousse et arrondie.
Leur longueur varie de 68 à 90 millimètres et leur largeur de Id à 21 millimètres. Les fruits sont quelquefois semblables à ceux du C. concluminea; mais le plus ordinairement ils sont plus petits et plus arrondis, et il leur arrive souvent d’être recourbés à l’extrémité itar suite du développement imparfait d’un des deux carpelles. Ce cinchona me paraît distinct de V ungusti folia de Ruiz, auquel je l’ai anciennement assimilé. Depuis longtemps déjà , et en me fondant sur la grande amertume de son écorce , j’ai annoncé dans mes cours c^ue c’était lui qui devait fournir le quinquina calisaya (1).
Je pense que cette opinion sera confirmée par la publication de l’ouvrage de M. AVeddell sur les quin- (i) Indépendamment des spécimens précédents , M. A. Delondre a reçu plusieurs grandes calebasses ilagenaria), en partie remplies d’un extrait solide, siccatif à l’air, d’un brun noirâtre, préparé dans la province de Santa-Cruz de la Sierra, avec le suc de l’arbre calisaya , obtenu par des incisions faites à l’écorce, et épaissi au soleil dans les calebasses mêmes qui le renferment. Il est à remarquer que cet extrait n’a fourni que 2,8 pour 100 de sulfate de quinine (Journ. pharm., t. XXI, p. ol2), tandis que le bon quinquina calisaya en produit 3,2. D’où il faut conclure que le suc de l’écorce (ou plus exactement sans doute la sève descendante qui circule au-dessous ) est moins riche en alcaloïde que l’écorce même, telle que nous l’avons. Je possède, indépendamment d’une de ces calebasscs(que M. Delondre m’a donnée, deux autres extraits de quinquina préparés au Pérou. L’un, ayant appartenu à André Thouin, est renfermé dans une petite caisse en bois de carapa. II est d’un beau rouge hyacinthe , transparent , comparable pour sa saveur amère, astringente et parfumée, au plus bel extrait sec de quinquina; mais au lieu d’être déliquescent, il est siccatif à l’air. Cet extrait ne contient qu’une petite quantité d'alcaloïdes et provient sans doute des quinquinas de Loxa. L’autre extrait avait été donné à Laënnec par un médecin de Bordeaux ; il porte l’indication qu’il a été préparé au Pérou, avec l’écorce fraîche et l’eau, et évaporé à la seule chaleur du soleil. 11 est mou, un peu poisseux à l’air, d’un brun foncé, d’une saveur acidulé et h peine amère. Il est évidemment d’une qualité très inférieure.
nüiiiACÉJiS.
quinas; parce qu’il me paraît probable que le cinchona, que je viens de décrire, appartient spécifiquement au C. calisaya dont M. Weddell a bien voulu me communiquer le dessin (fig. 281), et qu’il m’a montré vivant dans les serres du Muséum de Paris, provenant de sem ences qu’il avait envoyées du
Pérou (1). On re- Fig. 281.
marquera d’ailleurs la grande ressemblance que tous ces cinckonas présentent avec le condaminea , et il ne faut pas se dissimuler que la nature différente des écorces entre pour beaucoup dans la distinction des espèces.
Adidtération du quinquina calisaya. L’énorme consommation qui se fait aujourd’hui de ce quinquina l)our la fabrication du sulfate de quinine, le haut pris, auquel il se maintient et sa rareté loujouis croissante, sont cause qu’on récolte au Pérou toutes les écorces qui peuvent lui ressembler, afin de les mélanger au véritable. M. Weddell a rapporté un assez grand nombre de ces écorces, dont voici l’énuinéraiion.
1° A. Cinchona micrantha. Écorce plate, fibreuse, très amère, astringente, d’une couleur orangée rouge vers l’e.xtérieur, plus pâle à l’intérieur, ayant beaucoup d’analogie soit avec le quinquina jaune orangé que je décrirai plus bas (espèce XX), soit avec le pitaya (XXI).
(1) Cinchona calisaya, Weddell. Feuilles oblongues ou obovées-Iancéolées, obtuses, glabres, brillantes, scrobiculées en dessous, dans l’aisselle des nervures. Filaments des étamines plus courts que la moitié des anthères. Stigmate un peu c.vserte ; capsule ovée , égalant à peine la longueur de la fleur, un peu plus courte que le double de sa largeur. Semences pourvues d’une aile elliptique, denticulée-cilicée à la marge, à denticules rapprochées et uu peu obtuses.
DICOTYLÉDONES CAI.ICIFI.OHES,
B. Autre écorce plus compacte, jilalc, dont la surface extérieure, entièrement dénudée , présente une teinte verdâtre cl des impressions transversales semblables à celles du calisaya. La fdirc intérieure est presque bianclie , mais elle prend à l’air une belle couleur orangée rouge. Cette écorce , qui est exactement le quinquina jaune orangé qui va suivre, est aussi attribuée par âl. AVeddcIl au C. micrantha. 11 est évident pour moi que ces deux écorces ne peuvent appartenir au même arbre que le quinquina de Lima ou de lluanaco, rapporté par le docteur Pœppig, avec la même indication spéciliqm;. Nécessairement le C. micrantha de M. Pœppig n’est pas le même que celui de âl. AVeddell.
2° Cinchona holiviana eddell. Écorce presque semblableau calisaya ; libre plus grossière et plus facile à broyer; saveur amère plus désagréable avec un goût de fumée. La cassure récente est presque blanche , mais elle rougit à l’air; à la longue, la couleur passe au fauve uniforme comme dans le calisaya.
3" Cinchona scrobiculuta. Écorce plate, dénudée, longuement fibreuse, assez dense ceiicndant; surface extérieure d’un rouge brun, avec de légers sillons perpendiculaires à l’axe, assez régulièrement espacés; couleur interne d’un rouge fauve et ])lus pâle; saveur astringente et amère. La couleur de cette écorce cxplitiue pourquoi De Candolleapu supposer que le C. scro/u'cwtoa produisait un quinquina rouge. On la trotive fréquemment mêlée au calisaya du commerce, et l’on a vu |)récôdcmmenl que scs jeunes écorces se trouvent depuis longtemps au droguier de la Bourse, .sous le nom de calisagu léger. L’écorce plate du commerce, isolée du calisaya et renfermée dans un bocal, présente une odeur douce et agréable, analogue à celle de la framboise.
k" Cinchona rufinervis AVeddell. Écorce très plate, dénudée, ressemblant beaucoup au calisaya et en ayant l’amertume ; mais la libre en est plus fine et beaucoup plus serrée, et la surface extérieure présente des taches noires, dues à des restes de croûte cellulaire gorgée de suc brun. J’ai vu un fabricant de sulfate de quinine qui se plaignait beaucoup d’avoir été trompé par l’apparence de cette écorce.
5" Cinchona pubescem~Ss eddeW, Celte écorce ne paraît pas dillércrde celle du n° 4. Elle présente à l’extérieur un très grand nombre de points noirs, comme tuberculeux, dus à la cause indiquée ci-dessus. Elle est tout à fait dilférente du quinquina jaune de âlutis , produit par le cinehona cordifolia M. [cinchona pubescem de Vahl).
6° Cinchona cordifolia'Vl eddeW, de Tambopata. L’écorce n’est autre chose que le quinquina d’Arica analysé par Pelletier.
7° Cinchona pelletieriana Weddell. L’écorce res.semble à la précédente.
Nous verrons également jtlus loin que les gros.ses écorces de quin-
liUniACÉES.
quina de Cusco, très analogue au quinquina d’Arica, et celles du quinquina de la Colombie sont souvent mélangées au calisaya. On se mettra facilement à l’abri de ces mélanges, en s’altachant aux caractères précis donnés au calisaya et au moyen de l’essai par le sulfate de soude. (Voir é.^s\Q,mci\t Journal de pharmacie, t. XXlf, p. 61/i.)
W. Oiiiiiqiiina jaiiiir orange.
Probablement le cascarilLa cluro-ainarilla de La.\ûm'\.{BulL pharni . , t. JI, p. 310).
A. Petites écorces roulées, de la grosseur du petit doigt, quelquefois recouvertes d’une croûte très mince et papyracée, qui se sépare avec une grande facilité du liber. L’écorce dénudée reste marquée de légères imprc.ssions circulaires et de quelques faibles proéminences propres à cette espèce. Elle est à l’extérieur d’une couleur jaune gi isàtre, et quelquefois verdâtre; elle offre, dans sa forme générale, une certaine res- 1 1 c (CC la cannelle de Chine, et de là lui est venu, dans le commerce, le nom de quinquina cannelle. La saveur en très amère et astringente.
1$. Ecorces moyennes en morceaux convexes, parti-cylindriques, quelquefois recouverts d’une croûte mince, feuilletée, d’un gris argentin ; le plus souvent raclés à l’extérieur et offrant une surface unie, d’un rouge brun. Ces morceaux , raclés ou non , présentent çà et là , à leur surface extérieure, des enfoncements peu profonds, remplis d’une matière rougeâtre, pulvérulente, entremêlée de poils blancs.
Leur épaisseur n’atteint pas 5 millimètres ; la ca.ssurc en est toute fibreuse; les fibres, qui sont très fines, s’introduisent dans la peau comme celles du calisaya, et y causent la même démangeaison. En examinant la cassure à la loupe, on y découvre, quoique avec peine, des points blancs perlés différents des fibres, semblables à ceux du quinquina de Cartbagène. L’amertume est très marquée, un peu désagréable ; l’odeur faible.
C. Jécorces tout à fait plates, larges de 55 millimètres, et privées de croule, dont quelques portions cependant, qui y restent encore, sont semblables à celles des écorces précédentes. La surface extérieure est comme verdâtre, marquée d’impressions transversales, de cavités ovales remplies de matière fongueuse, et offrant en outre des aspérités et des inégalités qu’on ne retrouve sur aucune autre sorte.
C’est cette variété d’écorce que j’ai trouvée parmi celles de M. AVeddell, et qu’il attribue au cinchona micrnntha.
D. Ecorces du tronc Awqs , compactes, pesantes, offrant une surface extérieure inégale, et comme marquée de lignes longitudinales légère-
UtO DlCOTÏLÉDUlMiS CALICll'XOliüS.
ment verruqueuses. La croûte est rougeâtre , mince et foliacée. Quelquefois aussi elle devient fongueuse, rouge, pulvérulente, et ressemble alors à la croûte fongueuse du quinquina rouge.
Toutes ces écorces se distinguent du calisaya par leur peu d’épaisseur , par une texture beaucoup plus fine et plus compacte, enfin par un caractère qui disparaît en partie dans les vieilles écorces, mais qui est très tranché dans les nouvelles : c’est que la partie du liber qui touche à l’extérieur est rose, tandis que celle qui avoisine le centre est d’un jaune pur. Le mélange de ces deux couleurs donne à ce quinquina une teinte générale orangée, ce qui justifie le nom que je lui ai donné.
A une certaine époque, le calisaya du commerce s’est trouvé mélangé^ d’une grande quantité de quinquina jaune orangé , qui a diminué beaucoup la quantité de quinine que les fabricants comptaient en obtenir, et l’a déprécié auprès d’eux. Ce n’est pas que le quinquina jaune orangé, tel que je viens de le décrire, sur des écorces choisies et compactes, ne soit un très bon quinquina et riche en alcaloïde: mais d’abord il contient proportionnellement plus de cinchonine que le calisaya, et secondement celui qui se trouvait mêlé au calisaya du commerce était léger, facile à déchirer et de mauvaise qualité. On lui donnait le nom de calisaya léger, de même qu’à la plupart des autres écorces inférieures mêlées au calisaya.
XXl. Quinquina Pilaya.
Quinquina de la Colombie ou à'Antioquia {Histoire des drogues) ; quinquina pareil au calisaya (Laubert, loc. cit., p. 303).
A. M. Auguste Delondre avait anciennement reçu de la Colombie , sous le nom de quinquina pitaya , une écorce demi-roulée, épaisse de 3 millimètres, assez compacte, à fibre fine, d’une couleur jaune orangée foncée, couverte d’une croûte jaunâtre, mince et foliacée. Cette écorce avait une saveur très amère et désagréable, analogue à celle de l’angusture. Sa poudre ressemblait h celle du calisaya.
M. Ossian Henry a constaté que cette écorce contenait une assez forte proportion de cinchonine et de quinine ; sa composition la plaçait donc h côté des véritables quinquinas; mais ses caractères physiques et son nom même de pitaya , paraissant indiquer qu’elle était due à un exostemma, je la rangeai à la suite du quinquina Piton ; je n’avais d’ailleurs qu’une seule petite écorce de ce quinquina.
B. En 1829 ou 1830, M. Labarraque me remit un quinquina très amer , venant À'Antioquia , dans la Colombie , où on le disait très estimé. L’échantillon était assez ancien et offrait peu de rapports avec l’écorce précédente. IH. Delondre m’en remit lui-même une petite quantité sous le nom de quinquina de la Colombie.
RUmACIÎliS. 1/tl
r. Jo Ironvai en 1830, chez M. iMarcliancl, droguisle, plusieurs caisses (le ce même quinquina , récemment ai rivées , qui me permirent de le bien caractériser. Dans les jeunes écorces, la croûte est mince, blanchâtre à l’extérieur, fendillée, presque semlrlableîi celle du jeune quinquina rouge de Lima (espèce XII). Dans les grosses écorces, et dans les parties qui n’ont pas été usées par le frottement, la croûte est toujours blanche à l’extérieur; mais l’intérieur est de couleur de rouille et fongueux. Le liber présente une texture fibreuse très fine, jointe à une densité et à une dureté considérables; sa surface interne est lisse et rosée ; sa saveur est très amère et désagréable , et son macéré aqueux précipite très fortement pai le sulfate de soude, ce qui range cette écorce parmi les quinquinas les plus riches en alcalis. Elle en fournit en effet une grande quantité , mais proportionnellement plus de cinchonine que de quinine, ainsi que cela a lieu pour le quinquina jaune orangé.
Voilà quel était l’état de nos connaissances sur ce quinquina, lorsqu’il fut soumis, en 1839 , à l’examen de l’Académie de médecine de Paris , après avoir élé l’objet des recherches de M. Girolamo Torres, bolaniste colombien, de M. Folchi, professeur de matière médicale à Rome, et de M. Peretii, professeur de chimie de la même ville. (Voir le Journal de pharmacie, t. XXI, p. .ûlS, et le Bulletin de V Académie nationale de médecine, t. IV, p. 2û5, où se trouve le rapport que j’ai fait sur la notice due aux trois auteurs précités. )
Le quinquina pitaya croît dans la chaîne centrale des Andes, sous une tempéi atiire de 27 à 28“ centigrades, et principalement dans la contrée de Pitayo, dépendante de la province dePopayan. 11 présente tous les caractères de celui reçu par M. Marchand, et cependant ayant été analysé par M. Perelti, ce chimiste a cru pouvoir dire qu’il ne contenait ni quinine, ni cinchonine, et qu’il devait ses propriétés à un nouvel alcaloïde auquel il a donné le nom de pitayne. Mais après avoir montré le peu de fondement des conclusions de M. Peretii , j’ai fait à mon tour l’analyse du quinquina pitaya, et j’en ai retiré, pour un kilogramme, 23 grammes de cinchonine cristallisée, et 11 grammes 52 centigrammes de sulfate de quinine, ce qui place cette écorce au nombre des plus riches en alcalis et des plus fébrifuges. Quant à l’espèce de cinckona qui le produit , voici les données qui pourront servir à la déterminer :
1“ Parmi les quinquinas anciennement examinés par Vauquelin, il y en a un, c’est le n" 9 {Ami. cliini., t. LIX, p. 132), qui porte, de la main de .Alutis, cinclwna officinalis^ Vahl. Ce quinquina est du pitaya.
2“ Le Musée britannique possède deux échantillons de quinquina pitaya : l’un, u° 23 des écorces, est nommé quina parecida à la quina amarilla de Mutis; l’autre, n“ ûO, est désigné par ces mots : cinchonce nova species, parecida à la quina naranjada de Mutis.
U2 DlCO'l’Yl.KDONES CAr.lCIlT.OIiliS.
3" Le iiiémoii c sur le qiiiiiquiiia pitaya, imprimé à Home en 1838 , contient une description et une figure de l’arbre, données parM. Girolamo Torres. En comparant ruiie et l’autre avec les espèces précédemment décrites, je trouve que le quinquina de Pitayo ne se rapproche d’aucun autre autant que de celui décrit par La Gondamine [cinchona academicn) , et je doute à peine qu’il n’appartienne à cette espèce.
WII. OuiixKiiua <lc Colonihir
Woody carthagena bark Aq Pcreira.
A. Morceaux larges de 2 ou 3 centimètres, épais de 7 à 14 millimètres, formés d’une croûte blanche , fongueuse , douce au toucher , et d’un liber rosé vers l’extérieur, jaune à l’intérieur, tout à fait ligneux et fibreux , encore dur et compacte cependant , mais moins que dans le quinquina précédent. Sa saveur est aussi moins amère, mais égale encore à celle du calisaya et toujours plus désagréable.
B. Ecorces plates, longues de 60 à 70 etntimètros , larges de 10 à 15 centimètres, éjjai.sses de 1 centimètre; elles sont en partie pourvues d’une croûte fongueuse , rouge, recouverte des débris d’un épiderme blanc et velouté , et séparée du liber par on feuillet blanc de nature analogue à l’épiderme. Le liber est ligneux et fibreux, toujours très manifestement amer, toujours rosé du coté de l’épiderme , et d’un jaune pâle ou blanchâtre vers l’intérieur.
Je pense que ce quiiKpiina provient du troue et des principaux rameaux de l’arbre au quinquina ])itaya. Il ne forme donc pas une espèce différente. Je l’ai décrit séparément cependant, à cause du nom particulier que lui a donné AI. Pcreira, et pai ce que je ne crois pas qu’il soit arrivé du même lieu, f.es grosses écorces plates, sont vendues comme quinquina calisaya. Elles s’en distinguent facilement par la couleur variée du liber (rosé vers l’extérieur, jaune pâle à l’intérieur), et par son double épiderme blanc et uni ; tandis que le calisaya est d’une seule couleur fauve foncée, et ne présente pas de feuillet blanc entre sa croûte fongueuse et son liber.
J’ai décrit précédemment un quinquina rouge à épiderme blanc (n° XVII), qui ne diffère absolument du Colombie ligneux que par la couleur rouge de son liber.