‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 26 sur 85 · XLII. Quinquina cie Garlliagêne .iaiinc paie · texte numérisé non relu

XLII. Quinquina cie Garlliagêne .iaiinc paie

Quina amarilla de Mulis; liord Curthagena bark Engl. ; china fln.m Bergen, Mmogra.ph., pl, IV, fig, 1 à h. Celte écorce, produite pat

HlililAClilvS. ' 157

l(i cinchonu curdifoHa SIiil. ou p<Ai' le chiclninu puhescem de Valil (1), il des caraclères qui la font facilement rcconnaîii e. Elle est quelquefois roulée et cylindrique, mais le plus'ordinairement elle est en morceaux aplatis, ridés longitudinalement et comme tourmentés par la dessiccation. Elle est d’une apparence ligneuse , assez dure et d’un jaune ixUc ou terne. Elle n’offre que par places des parties d’épiderme J3lanc , quelquefois recouvert par un reste de matière fongueuse rougeâtre. Elle est un peu spongieuse sous la dent et d’une saveur amère; elle offre, à la loupe , quelquefois à la simple vue, un grand nombre de petits points perlés, dispersés au milieu de ses fibres. Ce caractère se retrouve d’ailleurs plus ou moins dans tous les quinquinas à épiderme blanc et micacé.

J’ai reçu de M. Goudot deux échantillons d’écorces de cinchona cordifolia Mut. , qui sont exactement le quinquina jaune pâle de Garthagène et en confirment l’origine. Je crois lui devoir aussi un échantillon de quinquina jaune de la province de Mérida (Colombie) , qui est encore du quinquina ordinaire de Cariliagène. Il n’en est pas de même des suivants.

(1) Cinchona pubescens Vahl (lig. 283). Hameaux supérieurs pubescenls et (l’une couleur rousse ; feuilles pétiolées, longues de 19 centimètres, larges de 11,5, ovales, un peu allongées sur le pétiole, terminées à l’extrémité par une pointe mousse ; nervures pubescentes en dessous ; pétiole long de 55 millimètres , pubescent. Panicule terminale, pubesccnte, étalée; pédoncules partiels bi ou trilides ; pédicelles très courts, munis de petites bractées à la base ; calice petit , à cinq dents, petites, ovales, pointues; corolle pubcsccnle au dehors , à divisions obtuses, velues intérieurement ; étamines presque sessiles , incluses ; style dépassant les étamines et à stigmate obtus ; capsule oblongue , presque cylindrique, pubescente , sans côtes marquées.

Le cinchona cordifolia de Mutis ne diffère guère du précédent que parce que ses feuilles sont quelquefois plus ou moins cordiformes par le

Fig. 283.

DlCOTYl.lCDONKS CAI.ICIKLOHUS.

\HH, Quiiiquiiia Carlliagèiia jaune orangé.

Quinquina de Carthaginie trh fibreux; quinquinn jaune fibrev.v (le Beigciii , tab. iv, fig. 5 à '1 1.

^1. J’ai Iroiivé une première fois ce (luiiiquina, dans le commerce, sous le nom de quinquina cannelle: il ('tait en écorces fines, la plupart roulées en petits tubes imilaiU assez bien la cannelle de Chine; d’autres demi -roulées , et d'antres encore tout à fait jilates; toutes très minces, filandreuses, spongieuses, mondées à l’exléricnr et no présentant ((ue quelques vestiges d’une croûte grise , papyracée , analogue à celle du ({uinquina de Loxa cendré. Jlais la couleur de l’écorce est d’un jaune orangé vif; sa saveur est d’une amertume forte et très désagréable, et l’odeur présente quelque chose d’aigre et d’aromali(|ue, tout à fait distinct de rôdeur habituelle des (luinquinas. On la trouve d’abord assez agréable et elle finit par fatiguer et par déplaire.

B. Goudot m’a remis un échantillon de quinquina tout à fait conforme au précédent et d’une très forte amertume, sons le nom de quinequina jaune de Girons.

C. J’ai vu dans le commerce , en 1851 , une grande (|uantiié d’un quinquinn dit de Marnea'ibo, qui appartient à la même espèce. Il est en écorces roulées, une ou deux fois grosses comme le pouce, épaisses de 3 millimètres environ ; ou en écorces plates, épaisses de h à 8 millimètres. Il présente à sa surface, et par places seulement , des vestiges d’un épiderme blanc , recouvert d’une substance fongueuse , ocracée , comme dans le qiiincjuina ordinaire de Carthagène. Le liber est très fibreux , d’une couleur orangée rouge à rextéricui-, d’un jaune blanchâtre ou rosé du côté interne (1), et présentant, par ce dernier caractère, une certaine ressemblance avec le vrai quinquina jaune orangé (xx). La poussière qui se forme dans les caisses ou dans les bocaux, par le frottement réciproque des morceaux , est d’une belle couleur orangée; la saveur est très amère ; l’odeur est très faible , analogue à celle des ([uinquinas gris.

D. J’ai trouvé, dans le commerce également, un quinquina que l’on m’a dit venir des montagnes de San-Pedro , in ès de Garaccas , qui me paraît encore appartenir à la même espèce. Il est en fragments assez petits, on pourrait presque dire en copeaux, qui auraient été enlevés sur une souche à l’aide d’une doloire. Sa croûte, dont il offre quelques vtxstiges, est tantôt d’un gris blanchâtre , rugueuse et feuilletée comme celle du quinquina jaune orangé ; d’autres fois blanche, spongieuse et

(1) La fibre intérieure est presque blanche et rougit promptement à

UlilACKES.

niicaci'c, Cdiiiine celle du quiiuiuiiia de Cartliagèiie. tle (lu'ii y a de singulier, c’esl que la surface dénudée des premiers morceaux offre la teinte verdâtre que présente souvent le quinquina jaune orangé, tandis qne les derniers présentent la couleur jaune du quin(|uina cartliagène, mais plus foncée et lotijours oi-angée. Ce quinquina est spongieux sous la dent et finit par dévelo])|)er une saveur amère, persistante et désagréable; son odeur présente quefiitie chose d’aromaiique , tout à fait distinct de l’odeur habituelle des quinquinas.

Je présume que le quin(|uina de Cartliagène jaune orangé est fourni par qtielque variété du cinchona cordifoiia.

XI.IV, OuliKiulmi Iiilayoïi ou l’aiix Pitaya <lc» pliarinacies rte Santa-Fe.

Ce quinquina est vendu chez quelques pharmaciens peu consciencieux de Santa-Fé, comme le serait en Europe du quinquina jaune de Carthagène en placede calisaya. Il est on écorces plates ou cintrées, peu épaisses, nues ou couvertes d’utie croûte s|tongiense rougeâtre, séparée en plusieurs couches par des feuillets blancs et micacés. Il est composé de fibres longues, dures au toucher, d’uu fauve uniforme comme le calisaya. H se divise facilement sous la dent et présente une amertume médiocre. Cette écorce, dont je dois un petit échantillon à Goudot, présente quel- (|ups rapports avec le quin(|uina d’,\rica.

Ecorce fi'andreuse , rougeâtre, de saveur nulle , tatitôt revêtue d’un épiderme gris , fortement chagriné comme celui des quinquinas gris , tantôt recouverte d’un épiderme lisse, feuilleté et d’une teinte rosée. 11 présente un grand nombre de lichens blancs foliacés, mélangés du bel hypnenus rubro-cinctus, observé aussi' sur le quinquina gris de Lima et sur le quinquina rouge. Cette écorce, dont la valeur est tout à fait nulle, se trouve chez 11. Dele.ssert sous le nom àe casciirilla crespilla cou Imjas riigosas de Loja, cinchona parabolina (lettre J). Le .Musée britannique la possède également sous le nom de cinchona de hojas rugosas de Loxa (écorce n" 9) .

Examen chimique des quinquinas jaunes à épiderme bleuie. La cotnposition chimique de ces quinquinas ne me paraît pas ])arfaitement connue. A la vérité , plusieurs chimistes ont annoncé avoir retiré de quelques uns d’entre eux un alcaloïde différent de ceux précédemment connus, et cela n’aurait rien qui put surprendre; seulement je ne trouve pas que la nature particulière de ces alcalis soit encore suffisamment prouvée.

Je commencerai par Ynricine trouvée par Pelletier dans l’écorce d’A-

rica (xij) , el tloiil voici,' d’apiùs lui , los caractoies el la coinposiiioii. L’aricine est une subslance blanche , crislallisée en aiguilles rigides comme la cinchoninc, fusible à une chaleur inférieure à celle cjui détermine sa décomposition, mais non volatile comme la cinclionine ; elle est insoluble dans l’eau, presque insipide d’abord , puis chaude et acerbe ; elle devient très amère par sa dissolution dans les acides. Elle forme avec l’acide sulfurique un sel neutre qui , dissous dans l’eau bouillante en proportion convenable, se prend, en refroidissant, en une masse gélatineuse opaque. Ce sulfate dissous dans l’alcool cristallise au contraire en aiguilles soyeuses, semblables à celles du sidfate de quinine; il est insoluble dans l’éther, qui dissout l'aricine.

L’acide nitrique concentré dissout l’aricine en la décomposant et en manifestant une couleur verte des plus intenses (1) : si l’acide est affaibli, la couleur verte est plus claire; s’il est très étendu d’eau , l’aricine se dissout sans coloration"; alors elle n’est pas altérée et peut en être précipitée par un alcali. Voilà les seules propriétés données par Pelletier el par M. Corriolà l’aricine, dans le Journ. pharm., t. XV, p. 56d. Plus

tard, Pelletier a remarqué que le sulfate d’aricine ne Jouissait des pro¬

priétés indiquées ci-dessus que lorsque le sel était complètement neutre, peut-être avec excès de base, el que, lorsqu’on y ajoutait un excès d’acide , il cristallisait h la manière du sulfate de cinchoninc. Pelletier a d’ailleurs représenté de la manière suivante la composition de l’aricine, comparée à celles de la cinclionine et de la quinine.

Cinclionine. ... = Ij ^ O.

Quinine . iz: -f- 0^.

Aricinc . = C“ Il ju -f O^.

11 a regardé en conséquence l’aricine comme le troisième degré d’oxidation d’un radical dont les deux premiers sont la cinclionine el la quinine ; il a môme cru pouvoir expliquer par là pourquoi l’aricine exigeait plus d’acide pour sa saturation que les deux autres bases {Ami, chini, phys., t. LI, p. 187), tandis qu’il avait annoncé dans son premier mémoire (page 568) que la capacité de saturation de l’aricine était beaucoup plus faible que celle des deux autres.

Quant à moi, ayant été sollicité de faire l’analyse du même quinquina, mais portant à Bordeaux le nom de quinquina ch Cusco , tandis que Pelletier avait désigné le sien sous le nom d'Arica, je n’y ai trouvé que delà cinchonine, avec toutes ses propriétés et ne se colorant pas en vert par l’acide azotique {Journ. de cltim. méd., 1830, p. 353). L’écorce

(1) D’après Pelletier, l’écorce d’arica, loiiohée par l’acide nitrique concentré, éprouve la même coloration.

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inûme, analysée par Pelletier, ne se colore pas davantage par le même acide , et je puis dire aiijourd’liui que Pelletier, m’ayant redemandé la plus grande partie de l’écorce d’Arica qu’il m’avait anciennement donnée , afin de vérifier les caractères qu’il ne retrouvait plus sur celle qui lui restait, n’est arrivé lui-même qu’à des résultats négatifs, qui lui ont laissé beaucoup de doute sur la nature particulière de l’aricine.

M. fllanzini a soumis à l’analyse une autre variété de quinquina blanc, que j’ai désignée sous le nom de blanc fibreux de Jaen, ou pour mieux dire, le quinquina qu’il a analysé et qui provenait de celui qui avait été refusé à la Pharmacie centrale des hôpitaux, en 1839, était un mélange de gris pâle ancien et de hlanc fibreux de Jaen. M. Manzini a retiré de ce quinquina un alcali cristallisé qui lui a paru différent de ceux précédemment connus, et il lui a donné le nom de cinclmatine. N’ayant pas cherché à vérifier ces résultats , je ne puis les taxer d’inexactitude. Je ferai seulement remarquer qu’il n’y a aucune des propriétés attribuées à la cinchovatine {Journ. de pharm. et de chim., t. II, p. 96 et 97) qui ne puisse très bien s’appliquer à la cinchonine. Reste donc l'analyse élémentaire qui indique pour la composition de la cinchovatine les nomhres €^“1127 Az^o®, et tend à faire admettre dans cet alcaloïde une plus grande quantité d’oxigène que dans les trois autres. Sans vouloir suspecter en rien l’habileté de M. Manzini, je me bornerai h rappeler que dans les premières analyses de la morphine , la quantité d’oxigèue a varié de 15 h 20 ; dans la strychnine, de 6 à 11 ; dans la brucine, de 11 à 17 ; dans la narcotine, de 18 à 27 ; de sorte que j’attendrai que les analyses de M. .Manzini aient été confirmées par d’autres chimistes pour admettre définitivement la nature particulière de la cinchovatine. Je ferai remarquer que le professeur Pfaff a retiré du quinquina jaune de Carlhagène, qui a de si grands rapports avec celui de Jaen, de la cinchonine et de la quinine. Pelletier et M. Caventou ont aussi retiré de la cinchonine du quinquina de Garthagène ; mais, dans le cas présent, je ne puis tenir compte de ce résultat, parce que le petit échantillon que Pelletier m’a remis , comme reste de celui qu’il avait analysé , est du carlhagène brun marron (espèce xvi), et que ce quinquina est beaucoup plus rapproché par sa nature des quinquinas officinaux que le jaune de Carlhagène.

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