‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 27 sur 85 · XI.VI. OiiliKiiiiiia nova ordiiiafre · texte numérisé non relu

XI.VI. OiiliKiiiiiia nova ordiiiafre

Quinquina rouge de Mutis, produit par le cinchonaoblongifolia Mut. , III. 11

cmcIionamagnifoliaU. V., cascai'UJa magiii folia ^VeMcU (4). Ayant exposé précédemmeiu les preuves de celte origine du quinquina nova, il ne me reste plus qu’à le décrire sous les clifl'érentes formes qu’il m’a lirésenlécs.

A. Quinquina rouge de Mutis déposé au Muséum d’iiistoire'naureile de Paris. Écorces moins grosses que le petit doigt, roulées, parfaitement cylindriques , entièrement mondées et unies au dehors, lisses en dedans, présentant deux couches distinctes : l’extérieure ])lus rouge et grenue; l’intérieure plus pâle, formée de fibres courtes et agglutinées , avec indices d’une exsudation transparente. Saveur pâteuse et astringente, suivie d’une légère amertume.

B. Quinquina nova ordinaire du commerce. Écorce longue de 3.5 centimètres, plus ou moins, roulée lorsqu’elle est petite, ouverte ou presque plate, lorsqu’elle est plus grosso , ayaut eu général une forme parfaitement cylindrique, ce qui lui a fait donner le nom de quinquina chandelle. L’épiderme est mince, blanchâtre à l’extérieur, uni, ollVant à peine quelques cryptogames , dont un eutve autres est sous forme de plaques jaunes, cireuses, mamelonnées. 11 n’olfre pas d’autres solutions de continuité que quelques déchirures ou fentes transversales répondant à celles de la couche extérieure de l’écorce; et celles-ci ne paraissent

(1) Cinchona magnifolia (fig. 284). Arbre élevé de 4b mètrçs, dont la tête est large et très touffue; le.s feuilles sont péliolécs, aniplcs, ovale.s-oblongue.s, très entières, d’une couleur pâle, brillantes en dc.ssus, veineuses en de.ssous;

veines inlléchies vers le sommet cl portant à la base de nombreux poils lasciculés, blancs. Les plus grandes feuilles sont longues de 30 à 40 centimètres ; les pétioles sont demi-cylindriques, pourpres, longs de 3 à b centimètres. Le calice est pourpre, petit, à cinq dents ; la corolle est presque longue de 27 millimètres, blanche, à limbe ouvert, un peu velu en dedans ; la capsule est, oblongue . presque lonauc de 4 cennnièlres, faiblement striée, couronnée par

Cet arbre porte le nom de flor de azaliar, à cause de rôdeur de fleur d’oranger exhalée par scs fleurs. Indépendamment des sortes commerciales qui seront décrites dans le texte, j’ai reçu ou vu , comme types d’écorces du cinchona magnifolia :

1" Échantillon donné par Goudot, formé d’écorces très minces, larges, re-

Fig. 284.

RUeiAl'.liES.

être qu’un effet de la dessiccation, tandis que les impressions circulaires observées sur d’autres quinquinas, sur le calisaya principalement, tiennent à l’organisation même de l’écorce. Quelquefois l’épiderme manque. J.’écorce proprement dite est épaisse de 2 à 7 millimètres, d’un rouge pâle incarnat, devenant plus foncé à l’air, surtout à la surface externe (|ui, lorsqu’elle est dénudée, est toujours d’un rouge brunâtre. La cassure est feuilletée à l’extérieur, courlement fibreuse à l’intérieur; lorsqu’on l’examine à la loupe, on découvre entre les fibres, et surtout entre les feuillets, une très grande abondance de deux matières grenues, l’une rouge et l’autre blanche , ce qui donne à la masse sa couleur rosée. Quelques morceaux offrent dans leur cassure, plus près du bord externe (pie de l’interne, une exsudation jaune et transparente, ressemblant à une gomme. L’écorce a une saveur fade , astringente, analogue à celle du tan et du quinquina gris. La poudre est d’un rouge assez prononcé.

Pelletier et âl. Caventou n’ont trouvé dans ce quinquina ni quinine ni cinebonine , et ils en ont retiré 9 principes, Ravoir : une matière grasse; un acide particulier, analogue aux acides gras et nommé acide kimvique ; une matière résinoïde rouge; une matière tannante; une gomme ; de l’amidon ; une matière jaune ; une substance alcalescente en très petite quantité ; du ligneux [Journ. pkarm. , t. Vil, p. 109).

couvertes d’un épiderme gris, uniforme, finement fendillé, et d’autre.s écorces plates, épaisses de 3 millimètres, dont l’épiderme est varié de larges taches blanches ou jaunes, avec des fentes transversales qui paraissent résulter de la dessiccation. Le liber est d’un rouge un peu jaunàire, foncé, très finement ■fibreux, avec la surface interne très unie; la saveur en est astringente, un peu aromatique, presque dénuée d’amertume.

2“ Cinchona matjnifolia {Mus. brit.). Ecorce cintrée, épaisse de 4 millimètres, à fibre rosée, moins serrée que dans les précédents, à épiderme blanc, marqué de fissures longitudinales et de fentes transversales.

3” Cascarilla magnifolia, Weddell. Ecorcc toute semblable , mais à fibre jilus biche et plus grossière; surface interne toujours unie.

4“ Cascarilla maejnifolia , 'WaddeW , n” 4333 , Tambopata. Ecorce plate, éjiaisse de 14 millimètres, à fibre rougeâtre, grossière, spongieuse, di.sposée par couches contrariées ; croûte mince, feuilletée, blanchâtre, avec des tache, s noires ; surface interne offrant des déchirures longitudinales, ondulées, dans lesquelles on remarque les fibres contrariées de la couche suivante.

:Vo/a. M. Weddell m’a remis, souslenom de cascarilla roslrala (Ocobaya), une écorce toute semblable à celle du n" 3 ci-dessus. Il m’a remis également, souslenom de cascarilla carua , une écorce entièrement privée de croûte superficielle, formée de deux couches distinctes, donllexlérieure est presque noire et crevassée transversalement, comme celle de certains quinquinas nova mondés. Par contre, le Musée britannique présente sous le n” 7, cinchona magnifolia; n" 13, quina azahar macho, de Jaen ; n° 18, cascarilla azatiar hembra, de Jaen , des écorces qui s’éloignent de celles du cinchona magnifolia et qui re.ssemblent davantage à celle du cinchona aculifolia IL P.

164 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

G. Gros quinquina nova roulé, 'l'ubes presque complets, de k 00,5 centimètres de diamètre, épais de 7 à9 millimètres, revêtus d’ime croûte blanche à l’extérieur, mais brune et dure à l’intérieur, creusée de fissures profondes, espacées, transversales et longiludinales. Le liber est fibreux , d’un rouge pfile , moyennement compacte. Cette écorce répond aux n“ 2 et 3 de la note précédente. On trouve encore des tubes beaucoup plus gros , couverts d’une croûte spongieuse , à lames blanches renfermantune matière pulvérulente rougeâtre, etdontleliber est épais de 18 millimètres , uniformément rougeâtre , fibreux et peu serré. Toutes ces écorces se reconnaissent et se rattachent les unes aux autres par leur liber qui, lorsqu’il est dénudé, est d’un rouge brun foncé et marqué de fentes transversales , formées pendant la dessiccation.

D. Gros quinquina nova à fibres contrai'iées. Écorce demi-cylindrique, large de 8 centimètres, épaisse de 12 millimètres , composée d’une croûte peu épaisse, dure , blanchâtre à l’extérieur, inégale, peu fissurée, et d’un liber rougeâire , d’apparence ligneuse, à couches fibreuses contrariées, offrant à la face interne des déchirures longitudinales ondulées , dans lesquelles on remarque des fibres dirigées obliquement en sens contraire.

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