XLVIII. Qiiinqniiia nova coloraila
J’appelle ainsi une écorce qui a paru dans le commerce, en 1825, sous le nom de qidna colorada et qui , loin d’être analogue aux bonnes espèces de quinquina qui ont été nommées do même, se rapproche des quinquinas nova , malgré son aspect extérieur qui paraît l’en éloigner.
Écorces roulées, grosses comme le pouce ou davantage, pourvues d’une croûte très rugueuse, d’un rouge brun à l’intérieur, mais généralement couverte d’un enduit blanc argenté, et olfranl en outre , sou-
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vt'iU , lia lichen foliacé, découpé , d’uu beau rouge de cannia sur ses bords et sur toute sa face inférieure {hypochnus rubro-cinctus Fée). Dans les plus jeunes écorces , la croûte est seulement striée longitudinalement , presque sans fissures transversales, et ressemble beaucoup à la croûte du jeune quinquina rouge non verruqueux (espèce xi, A). Dans les écorces plus âgées , la croûte est plus épaisse et marquée de profondes crevasses tant longitudinales que transversales. Le liber est d’une couleur lie de vin, assez mince dans les jeunes écorces, épais de 5 à 7 millimètres dans les grosses ; il est compacte , médiocrement fibreux, et présente souvent, vers sa partie interne, une exsudation jaune et transparente.
Cette écorce possède une saveur très astringente , plus ou moins amère , et une odeur faible , analogue à celle des quinquinas gris. M. Ossian Henry a constaté qu’elle contenait une petite quantité de cinebonine.
Je suis certain que le quinquina que je viens de décrire arrivait du Pérou. Il m’a cependant été présenté depuis sous le nom de quinquina du Brésil et comme venant de Rio- Janeiro , et on l’attribuait en conséquence au bueria hexandra Pohl. (Voir De Candolle , Prodr., t. IV, p. 356. ) Mais ce quinquina , quoique contenant un certain nombre d’écorces courtes, mondées h l’extérieur, très épaisses et souvent courbées en arc (1) , ce qui lui donnait un aspect différent du premier, lui ressemble trop par ses écorces non mondées , pour que ce ne soit pas la même espèce. J’ai d’ailleurs cherché plusieurs fois à faire venir directement de Rio-Janeiro ce quinquina, qui aurait dû en être originaire, et je n’ai pu y parvenir. On ne le connaît pas dans les pharmacies de Rio- Janeiro. Mais ce qui est fort singulier, c’est que M. Félix Gadet-Gassicourt m’a remis, pour le droguier de l’École de pharmacie , un échantillon de nova Colorado envoyé en 1834 de Haïti, par M. Germain Cadet, juge de paix de la commune de Verrette , qui proposait d’en faire des envois commerciaux , ce quinquina étant alors cultivé en assez grande quantité à ILViii, ainsi que la rhubarbe et deux autres espèces de cincliona désignées sous les noms de rubra et de spinosa. Quant au nova Colorado , il est nommé dans la lettre d’envoi quinquina brun ou cincliona cordifolia, ce qui est une erreur, sans aucun doute. Je présume que l’espèce y avait été transportée de la Colombie.
(I) Cette écorce est quelquefois épaisse d’un centimètre et tellement compacte , que sa coupe transversale, opérée à l’aide de la scie , présente la dureté et le poli du bois d’acajou.
YLÉDUMES CAI.KUKLÜHKS.