I.W. OiiliKiiiina Uicoloro
Écorce sous la forme de tubes très droits, fort longs, bien roulés en volute ou en double volute; elle est épaisse d’un millimètre à un millimètre et demi. Elle est dure, compacte, non fibreuse et cassante. La surface extérieure est très unie, d’une couleur uniforme grise jaunâtre ; la surface intérieure est d’un brun foncé ou noirâtre , quelquefois grise comme l’extérieure ; et alors l’écorce n’offre véritablement que deux
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couleurs, ce qui lui a valu son nom. La cassure est orangé foncé; la saveur est amère, désagréable, analogue à celle de i’anguslure; l’odeur nulle. La poudre a la couleur des quinquinas gris et rouges mêlés.
Celte écorce, répandue il y a vingt-cinq ans en Italie, sous le nom de qu'ma bicolorata , était connue en Angleterre sous celui de pitaya , que nous avons vu apparlenir à un vrai quinquina. M. Balka , droguiste de Prague , l’avait décrite à tort comme étant le quinquina de Sainte-Lucie ou quinquina piton. En France, on la regardait généralement comme une espèce d’angusture ; mais j’ai toujours pensé qu’elle se rapprochait plus des exosfemma que des galipea , et j’ai été confirmé dans cette opinion par la manière dont se comporte son macéré aqueux avec les réactifs chimiques.
Depuis, L’Herminier père, pharmacien à la Guadeloupe, et M. Batka, ont pensé que le quinquina bicolore était l’écorce d’un grand arbre delà famille des Rubiacées et du genre iMalanea, que L’Herminier a nommé malanea racemosa {Journ. de phann., t. XIX, p. 38h). Cet arbre est connu à la Guadeloupe sous le nom de bois jaune, h cause de la couleur de son bois (1). Son écorce, telle qu’on la trouve dans le commerce, est en morceaux larges, plats, très minces, d’un janne tirant un peu sur le fauve; la surface extérieure seule est d’un gris jaunâtre; sa texture est finement fibreuse , sa saveur très amère; elle communique à l’eau une belle couleur jaune. Celte écorce offre donc, en effet, beaucoup de rapports avec le quinquina bicolore, et je les crois semblables ; cependant l’écorce de malanea est toujours d’un beau jaune dans l’intérieur, tandis que la surface intérieure du quinquina bicolore acquiert à la longue la couleur noirâtre des écorces A' exostemma.
Voici les résultats de l’essai par les réactifs de quelques uns des faux quinquinas dont il a été question :
(1) Je pense que c’est cet arbre que De Candolle a décrit sous le nom de stenoslomum aculaium ( Prodr., t. IV, p. 400).
KDRIACriRS.
ITT.
178 DlCOTyrÆl)0^'KS calicifloues.
Quoi que soit le nombre d’écorces que je viens de décrire comme appartenant aux cinchona ou à d’autres genres voisins de la famille des rubiacées , le nombre en aurait encore été plus grand si j’y avais ajoülé les écorces des portlandkt, des conturea, des reinijin, etc., auxquelles on a pareillement donné le nom de quinquina. Quant aux écorces appartenant à d’autres familles, et que l’on a nommées quinquina, à cause de leur usage comme fébrifuges, j’cn ai décrit deux précédemment, dont l’une , nommée quina de Saint-Paul , est produite par le solanum pseudo-china (t. II, p. /i63) , et dont l’autre , appelée quina do campo , appartient au slryclinos psetido-china (t. II, p. 517). A la suite de cette dernière, j’ai décrit succinctement une écorce mexicaine, du nom de colpac/ii, analysée par M. Mercadieu, et dont je ne pouvais alors indiquer la plante mère. Il me paraît probable aujourd’hui que cette plante est le coutarea latifolia , qui porte au Mexique le nom de (opalchi {UC., Prodrom., t. IV, p. 350 ).
On se plaint dans tous les pays de la rareté toujours croissante des quinquinas médicinaux, et le gouvernement français, en particulier, se préoccupe de la dépense considérable qu’il est obligé de faire en sulfate de quinine pour le service des hôpitaux militaires. Il a demandé aux corps académiques ou à des commissions , s’il n’y avait pas po.ssibilité de remplacer le sulfate de quinine par un autre agent moins coûteux , indigène ou exotique. Il serait véritablement singulier et bien malheureux qu’il n’en existât aucun ; mais je suis persuadé, au contraire , que des recherches pharmaceutiques, chimiques et médicales, dirigées avec méthode et persévérance sur beaucoup d’agents thérapeutiques aujourd’hui délaissés, conduiraient, pour le moins, à circonscrire l’usage du sulfate de quinine dans un petit nombre de cas rebelles. Parmi nos végétaux indigènes , sur lesquels je désirerais voir de nouveau se fixer l’attention des médecins et des pharmaciens , je citerai le iioiix , le chardon-bénit , l’artichaut, l’absinthe, la camomille romaine, la petite centaurée, la gentiane, plusieurs lichens; et quant aux végétaux exotiques , on aurait a.ssez à choisir entre le chiretta de l’Inde, la racine de Colombo , la cascarille , le quassia , le simaronba , l’angusturc vraie , le strychnos pseudo-china , l’écorce de pao pereira , et beaucoup d’autres dont le nom m’échappe en ce moment.
Pourquoi , d’ailleurs , délaisser le quinquina bicolore et les écorces si profondément amères des exostenima ? pourquoi , enfin , se restreindre au seul quinquina calisaya , surtout lorsqu’il ne s’agirait pas de la fabrication du sulfate de quinine, quand nous avons des écorces non moins riches en alcaloïdes , et qui pourraient avec un grand avantage être appliquées aux préparations officinales du quinquina ? Voici l’indication de ces écorces , en tête desquelles je laisse le calisaya , afin de
CAmi''ULlACÉES. 179
ne pas rendre incomplet le tableau des quinquinas que je considère comme les plus actifs :