huamalies blanc verruq. — xxvi
Je fais h peine entrer en ligne de compte les quinquinas de Loxa qui , récoltés plus Sgés , se rapproclieraient sans doute des sortes précédentes; mais dans l’état où le commerce nous les fournit , ces quinquinas ne me paraissent pourvus que d’une très faible propriété fébrifuge.
Je devrais ne pas terminer la famille des rubiacées sans traiter du gambir, SUC astringent aujourd’hui très répandu dans le commerce et retiré des feuilles de Vuncaria gambir, arbuste de l’Inde orientale et des îles Malaises , très voisin des cinchona; mais l’histoire du gambir se trouve tellement liée à celle des cachous et des kinos, dont le plus grand nombre appartient à la famille des Légumineuses , que je remets à en parler lorsque je traiterai des produits de cette dernière famille.
famille des capbifoliacées dc.
Lonicérées Endl. Petite famille voisine des rubiacées , offrant encore un calice gamosépale, soudé avec l’ovaire, à ù ou 5 dents; une corolle gamopétale, à ù ou 5 divisions, portant 4 ou 5 étamines libres, à antbères introrses. L’ovaire est infère et présente de 2 à 5 loges; les ovules sont solitaires ou plusieurs, pendants à l’angle interne de chaque loge, et anairopes. Le fruit est bacciforme, à 2 ou plusieurs loges monospermes ou polyspennes, quelquefois uniloculaire et inonosperme par avortement. Les graines sont pendantes et contiennent un embryon très court , à radicule supère , au milieu d’un endosperme charnu.
CliévrcCcuilIe des J.-ii-diiis.
Lonicera caprifolium L. Arbrisseau sarmenteux , dont les feuilles sont ovales , sessiles , opposées , les supérieures réunies par leur base en une seule feuille perfoliée. Les fleurs sont sessiles et disposées à l’extrémité des tiges en un ou deux verticilles. Elles sont formées d’un long tube rouge ou blanchâtre au dehors, suivant la variété, blanc en
180 hlC.OTYUilKIMîS C.AI.iCIFI.OlU'S.
dedans, h 5 divisions irrégulières, el à 5 élainines saillantes. Le fruit es
une baie à 3 loges polyspermes.
Les fleurs de chèvrefeuille possèdent une odeur très agréable. On les emploie en infusion théiforme , comme béchiques et légèrement sudorifiques, et l’on en forme un sirop de la même manière que le sirop de violette.
Snmbucus niyra L. Cai-, jjén. : Calice sous-globuleux , à 5 divisions peu marquées; corolle supèrc, rotacée, à 5 divisions; 5 étamines égalp,s. Ovaire infère à 3 loges; ovules solitaires pondant du sommet de l’axe central de chaque loge ; 3 stigmates sessiles et obtus; baie globuleuse , couronnée par les vestiges du limbe du calice , pulpeuse , contenant 3 semences attachées par un funicule à l’axe du fruit.
Car. spee. : Tige arborescente; feuilles pinnatisectées, à segments dentés; cyme à 5 branches.
Le sureau noir est un arbuste dont le bois est très léger et renferme un large canal médullaire, surtout dans les jeunes branches. Son feuillage est d’un vert foncé et répand une odeur désagréable. Les fleurs sont blanches, très petites, mais très nombreuses, et sont di.sposées en cymes touffues d’un très bel effet. Elles sont douées d’une ddeur suave loisqu’elle est affaiblie, mais trop forte et dé.sagréable de près. Séchées, elles sont d’un volume encore moindre , jaunes et conservent une odeur toujours forte , mais agréable. On en prépare alors un hydrolat , un oxéolé et différentes préparations magistrales. Elles sont sudorifiques et résolutives.
Les baies de sureau sont grosses comme de petits pois, d’un brun noir, luisantes , et sont remplies d’un suc rouge brun , qui passe au violet par les alcalis et au rouge vif par les acides. On les nommait autrefois yrcma actes, ce qui ne veut rien dire autre chose que yrains de sureau, c.xzh étant le nom grec de l’arbre. On en prépare un extrait nommé rnh de sureau, qui est purgatif à la dose de 12 à 15 grammes.
L’écorce de sureau est aussi usitée en médecine et peut être très utile comme purgative , dans l’hydropisie : c’est l’écorce des jeunes branches qui est employée à cet usage ; on la récolte à l’aulomne , après la chute des feuilles, lorsque son épiderme, qui était vert d’abord, est devenu gris et tuberculeux. On racle légèrement cet épiderme gris avec un couteau ; on enlève par lambeaux l’écorce verte qui est audessous, et on la fait sécher. Elle est alors sous la forme de lanières étroites, d’un blanc verdâtre, d’une saveur douceâtre astringente et d’une odeur faible. On l’emploie à la dose de 30 grammes par litre, en décoction.
LOKAiNTlIACliliS. 181
swubucus (ibulus L. Celle espèce de sureau croît aboiidaminetil en Europe , sur le bord des chemins, dans les lieux humides. Sa racine, qui est blanchâtre , charnue et vivace , pousse des liges herbacées et annuelles, hautes de 100 à 130 centimètres. Ses feuilles sont pinnéesavec impaire, comme celles du sureau noir, mais à folioles plus longues et plus aiguës et accompagnées à la base de stipules foliacées. La cymedes fleurs n’a que trois branches; les baies sont semblables et sont employées concurremment avec celles de sureau. Elles teignent cependant les doigts en un rouge plus vif.
KAMlJ.I,li niiS LORAiNTHACÉliS.
Petit groupe de végétaux parasites et ligneux , composé principalement des deux genres viscion et loranfhus. Je n’en citerai qu’une espèce très répandue en Europe et qui était un objet de grande vénération chez les Gaulois nos ancêtres : c’est le gi"» que les druides cueillaient au commencement de chaque année , avec accompagnement de cérémonies religieuses, et dont ils se servaient pour bénir de l’eau ([u’ils distribuaient au peuple , en lui persuadant qu’elle puriliait , donnait la fécondité, détruisait l’elfel des sortilèges et guérissait de plusieurs maladies.
Le gui, viscum album L. (fig. 288), croît fréquemment sur les pommiers , les poiriers , les tilleuls, les frênes, l’érable, l’orme, les peupliers , les saules , le hêtre , et très rarement sur le chêne , sur lequel les druides le recherchaient principalement. Sa tige est ligneuse , cylindrique , divisée dès sa base en rameaux dichotomes , d’un vert jaunâtre , ainsi que les feuilles , et formant une touffe arrondie large de 35 â /i5 centimètres. Les feuilles sont sessiles , rares, oblongues, entières, épaisses , glabres et persistantes. Les fleurs sont petites, verdâtres, ramassées 3 à 6 ensemble , dans les bifurcations supérieures , et dioiques. Leur calice est entier, à bord très peu saillant ; les pétales sont au nombre de h , caliciformes, réunis par la base. Dans les fleurs mâles, chaque pétale porte, sur le milieu de sa face interne, une
182 Dir.oTVuinoNiis calicifi.oues.
anthère sessilc , oblongue. Dans les femelles, l’ovaire est infère , couronné par le calice, et terminé par un stylo court , à sligmale arrondi. Le fruit est une haie globuleuse, blanche, remplie d’une pulpe visqueuse et contenant une seule gi-aine charnue, qui renferme plusieurs embryons. C'est de celte baie d’abord, et ensuite de la piaule eniière du gui, et du lomnthus puropwiis, que l’on a retiré la glu, en les pilant, les faisant bouillir dans l’eau et les mettant ensuite pourrir à la cave jusqu’à ce qu’elles fussent converties en une masse visqueuse , qu’il ne s’agit plus que de débarrasser par le lavage des débi'is étrangers , pour la livrer au commerce. Aujourd’hui c’est surtout de la seconde écorce du houx qu’on retire la glu par le procédé qui vient d’être décrit.
La glu est une bien singulière substance , sur la nature de laquellion n’est pas encore complètement éclairé. Elle est demi-liquide , très visqueuse , collante et ne se dessèche pas h l’air. Elle a une couleur verdâtre et ne possède ni odeur ni saveur caractérisées. Elle est insoluble dans l’eau , soluble h chaud dans l’alcool, soluble dans l’éther, insoluble dans les alcalis , décomposable par les alcalis minéraux concentrés. Elle paraît contenir de l’azote , à en juger par l’odeur qu’elle dégage en brûlant.
FAMILLE DES COIINÉES.
Cette petite famille, qui est la première des dicotylédones caliciflores polypétales, est encore moins nombreuse que la précédente. Elle n’est guère formée que de quatre genres dont un seul, le genre cornus ou cornouiller, offre quelque importance. Voici quels en sont les caractères :
Fleurs .souvent disposées en tôle ou en ombelle et pourvues d’un involucre , ou disposées en panicule et non involucrées. Calice soudé avec l’ovaire, à limbe supère, très court, à h dents; corolle h h pétales valvaires, insérés au haut du tube du calice, avec h étamines alternantes; ovaire infère, à 2 loges, rarement 3, surmonté d’un disque et d’un style terminé par un stigmate tronqué; chaque loge de l’ovaire renferme un seul ovule pendant. Le fruit est un carijonc ou drupe infère, à un seul noyau osseux , à 2 ou 3 loges, mais souvent uniloculaire et monosperme par avortement. La semence est inverse , pourvue d’un embryon orlhotrope , dans un albumen charnu. Les feuilles sont entières et opposées, excepté dans une seule espèce où elles sont alternes.
Les cornouillers comprennent une vingtaine d’espèces, dont deux sont indigènes et communes dans nos bois. L’une est le cornonîiicc
AliALlACÉES. 183
niîJie, cornus nuis L. , gi iiiid arbrisseau de 7 ou 8 mètres de hauteur, h feuilles opposées , ovales , pointues , courteraent pétiolées. Les fleurs paraissent avant les feuilles, au mois de mars: elles sont jaunes , très petites, disposées en ombelles pourvues d’un involucre à k folioles. Les fruits, nommés cornouilles , sont rouges, de la grosseur et de la forme d’une petite olive; ils ont une saveur aigrelette ou un peu acerbe et jouissent d’une propriété astringente. Le bois de cornouiller est très dur, tenace, d’un grain fin , susceptible d’un beau poli et bon pour les ouvrages du tour. On en fabrique des roues de moulin, des échelons d’échelle, des manches d’outils; les anciens en faisaient des piques et des javelots.
La seconde espèce est le cornouiller sanguin ou cornouiller femelle [cornus sttnguinea L. ). C’est un arbrisseau de U ou 5 mètres, dont les jeunes rameaux sont colorés en rouge brun. Les fleurs sont blanches et disposées en corymbes dépourvus d’involucre. Les fruits sont arrondis, noirâtres, d’une saveur amère et astringente. L’amande fournil par expression le tiers de son poids d’une huile propre pour l’éclairage et la fabrication du savon.
FAMILLE DES ARALIACÉES.
Galice soudé avec l’ovaire , à limbe entier ou denté. Corolle à 5 pétales valvaircs , très rarement nuis et remplacés par un nombre égal d’étamines; 5 étamines insérées sous la marge d’un disque epigyne ; ovaire infère, à 2 ou à un plus grand nombre de loges uni-ovulées. Plusieurs styles simples, divergents, quelquefois soudés en un seul; stigmates simples. Fruit hacciforme, couronné par le limbe du calice, offrant de 2 à 5 loges (quelquefois 10 à 12) monospermes; semences anguleuses, inverses, contenant un embryon orthotrope , à la base d’un endosperme charnu.
La famille des araliacées comprend des arbres , des arbrisseaux et quelques plantes vivaces , à suc aqueux. Les tiges et les rameaux sont cylindriques, souvent grimpants ; les feuilles sont alternes, simples, palmées ou pinnées , à pétioles dilatés à la base , privées de stipules. Celte famille offre de grands rapports avec celle des ombellifères , dont elle diffère cependant par son inflorescence souvent imparfaitement ombellée , par la pluralité des styles et par son fruit charnu , très souvent pluriloculaire.
Lierre commun.
Hedera hélix L. Le lierre est un arbrisseau sarmenteux qui s’élève très haut en s’attachant aux arbres ou aux murailles, à l’aide de petites
184 DICOTYLÉDONES (WVI.ICtFLOl'.ES.
griffes radiciformes dont ses tiges sont pourvues dans loule leur longueui . Ses feiulles sont alternes, péliülées , persistantes, d’une consistance ferme, glabres, luisantes, d’un vert foncé; elles varient dans leur forme , celles des jeunes pieds ou des rameaux rampants et stériles des vieux troncs étant anguleuses et partagées en 3 ou 5 lobes ; celles des rameaux florifères étant entières et à peu près ovales ou ovales-lancéolées. Les fleurs sont petites , verdâtres , disposées à l’extrémité des rameaux en plusieurs ombelles globuleuses; elles sont composées d’un calice campanule soudé avec l’ovaire , terminé par 5 petites dents ; d’une corolle à 5 pétales élargis et se touchant par la base; de 5 étamines et d’un ovaire turbiné, surmonté d’un style court et d’unsligmate simple. Le fruit est une baie globuleuse , d’un vert noirâtre, à 3 , â ou 5 loges monospermes. Les fleurs paraissent ii l’automne et les fruits mûrissent au printemps.
Les feuilles de lierre ont longtemps servi pour le iiausemcnt des cautères ; elles sont aujourd’hui généralement remplacées par un jjapier couvert d’un enduit résineux ; on les emploie aussi en décoction contre la vermine de la tête. L’écorce fait partie de la tisane de Leltz, suivant la formule de Baumé.
Résine €ic lierre. Daiis les pays cliauds , les vieux troncs de lierre fournissent naturellement, ou h l’aide d’incisions , un suc résineux ([ui SC durcit à l’air et qui était usité autrefois dans les fumigations , ou comme résolutif et emmenagogue : mais ce suc , tel que le commerce le présente , est loin d’être une substance toujours identique. Tantôt c’est de la résine privée de gomme , tantôt de la gomme pure , d’autres fois un mélange des deux ; je lui conserve cependant le nom de résina , parce que c’est elle et non la gomme qu’il convient d’employer : quoique privée de gomme, ce n’est pas encore cependant de la résine pure.
1. On trouve dans la résine de lierre du commerce des morceaux qui paraissent d’un brun noir et opaques, parce <|u’ils sont recouverts d’une croûte jouissant de ces caractères ; mais ert les débarrassant de celte enveloppe , ils deviennent transparents , d’une couleur orangée ou rouge, ont une cassure vitreuse, une saveur mucilagineuse , et sont privés d’odeur. Leur poudre, qui est presque blanche, traitée par l’eau , s’y gonfle considérablement sans s’y dissoudre. Quelquefois cependant la liqueur filtrée précipite par l’alcool, ce qui nous niontre que ce produit du lierre n’est pas constant, et que , s’il n’est pas le plus souvent qu’une gomme insoluble, comme celle de Bassora , il contient d’autres fois une certaine quantité de gomme soluble comme la gomme du Sénégal.
2. On trouvé d’autres morceaux qui sont d’un brun noirâtre , mêlé
AKALlACÉliS. 185
lie taches rougeâtres dues à des portions fongueuses de l’écorce du lierre. Leur cassure est brillante et même vitreuse , sauf les mêmes taches rougeâtres qui se présentent à peu près uniformément dans toute la masse , et qui lui donnent son opacité; car certaines parties, un peu plus pures , sont transparentes sur les bords. Ces poi tions transparentes sont de la gomme semblable à celle n° 1. La masse totale est inodore , donne une poudre brune , et brûle comme du bois lorsqu’on l’expose au feu.
Indépendamment des parties gommeuses dont je viens de parler, la substance n“ 2 présente , surtout à l’aide de la loupe , dans des cavités de l’extérieur ou de l’intérieur, de petits globules rouges, transparents et brillants comme du rubis, qui sont de la résine; mais, abstraction faite de ces parties résineuses , le reste n’est, en général , formé que de débris d’écorce liés avec une matière gommeuse.
O. La troisième sorte de matière qu’on trouve dans la résine de lierre du commerce est en morceaux d’un brun noirâtre, comme salis extérieurement par une poussière jaunâtre. Elle offre quelquefois des débris d’écorces semblables à ceux de la sorte n“ 2 , mais le plus souvent elle en est dépourvue. Sa cassure est entièrement vitreuse, sa transparence parfaite à l’intérieur, sa couleur rouge de rubis foncé : elle a, même en morceaux, une odeur très forte de résine tacamaque , mêlée de celle de graisse j-ancc , ce qui la i-end désagréable. Sa saveur est analogue à son odeur. Elle donne une poudre jaune très odorante, bien différente de la poudre brune et inodore de la sorte n" 2. Cette substance, qui est celle décrite par De Meuve et Lemery, comme résine de lierre, doit jouir de propriétés médicales assez actives , et doit être seule employée.
relletier a |>ublié une analyse de la résine de lierre , dont voici les résultats ( Ihdl. de pkarm., t. IV, p. üO/i ) :
Gomme . 7
Résine . 23
.\cide malique, etc . 0,30
Ligneux très divisé . 69,70
Pelletier paraît avoir opéré sur la sorte n" 2 ; cependant cette sorte est en général plutôt gommeu.se que résineuse.
La résine de lierre n" 3 , traitée par l’alcool à 40 degrés bouillant , s’y dissout en partie, et donne une liqueur orangée rouge , cjui, par .son évaporation spontanée, laisse précipiter une matière grenue, moins rolorée et moins soluble qu’auparavant.
186 OlCOTYLliDOINES C/VMCII'LOIIKS.
Environ la moitié de la résine résiste à l’action de l’alcool , et reste sous la forme d’une poudre orangée encore odoranic. L’eau n’en dissout rien du tout. La pola.sso caustique en dissout un peu de principe colorant jaune, que l’acide acétique peut on précipiter. La partie insoluble dans l’alcali devient brune. L’acide acétique n’en dissout rien. L’acide nitrique concentré ne l’altère pas à froid ; bouilli dessus pendant longtemps , et en grand excès , il ne paraît pas l’altérer davantage ; car il se colore à peine. La matière orangée conserve toute sa couleur et son odeur; l’acide n’a qu’une légère teinte jaune ; étendu d’eau et filtré, il n’a aucune saveur amère; l’ammoniaque le colore en jaune, sans en rien précipiter ; le sulfate de chaux et le chlorure de calcium n’y apportent aucun changement : il ne s’est donc formé ni princi])e amer ni acide oxalique.
Cette action de l’acide nitrique nous montre que le corps que j’y ai soumis n’est ni une résine, ni une gomme , ni du ligneux. C’est un nouveau principe immédiat des végétaux , dont il conviendrait d’autant plus d’étudier les propriétés avec soin, que son inaltérabilité pourrait le rendre utile à la teinture , si l’on parvenait à le fixer sur les étoffes.
Aralic iiutlicaiile , faiisisc .salsepareille «le ïîrgîiiie , aralio. riu-
dicaulis L. La tige rampante de cette plante est employée dans l’Amérique du Nord comme succédanée de la salsepareille. (Voyez tome II,
Itsicine «le Uiiiseng.
Pamx quinquefolium L. ( lig. 289). Cette jilante croît dans la Chine et au Canada. Sa racine a été si estimée dans l’Asie orientale , qu’elle s’y est vendue longtemps trois fois son poids en argent, et qu’on cite comme un acte de munificence royale, que les ambassadeurs siamois en aient apporté en présent à Louis XIV. Mais depuis que la plante a été trouvée en abondance dans l’Amérique septentrionale, on l’a rencontrée facilement dans le commerce , et on l’a même transportée en Chine, où le prix en est considérahlemcnl tombé, et, comme une conséquence presque obligée , la grande estime qu’on en faisait.
La racine de ginseng est à peu près longue et grosse comme le petit doigt , quelquefois fusiforme ou cylindrique ; mais le plus souvent renflée à la partie supérieure , et marquée de ce côté de nombreuses impressions circulaires ; souvent aussi elle se partage par le bas en deux branches qui , ayant été comparées aux cuisses d’un homtne , lui ont valu son nom et sa réputation d’être aphrodisiaque. Elle est jaunâtre à l’extérieur; tantôt blanche et farineuse à l’intérieur, et d’autres fois jaune et cornée , suivant qu’elle contient plus de fécule ou plus de principes sucrés et extractifs. Elle a, lorsqu’on la respire en masse, une
AKALlAOÉIiS.
faible odeur d’aiigéli(iue , accompagnée d’une âcrelé qui se porte aux glandes salivaires. Sa saveur est à la fois amère , âcre et sucrée. Ces caractères indiquent que si celle substance ne jouit pas de toutes les vertus qui lui ont été attribuées , elle no doit pas au moins être dépourvue de toute propriété tonique et excitante.
La racine de ginseng a longtemps été confondue avec une autre racine presque semblable , mais moins estimée , qui vient dans la Corée , et est cultivée dans la Chine et au Japon. Cette racine est celle de ninsia ( sium ninsi L. ) , plante ombellifère qui paraît être une simple variété du cbervi , sium sisaruni L. Mais je ne pense pas avoir jamais vu cette racine dans le commerce. Les deux plantes sont faciles à distinguer: le ninsin poussant un amas de racines tuberculeuses , d’où s’élèvent plusieurs liges géniculées et rameuses , munies de feuilles pinnées ou lernées , d’ombelles pourvues d’involucres et de fruits formés de deux carpelles qui se séparent à maturité , comme ceux de toutes les ombellifères ; tandis que le pana.v ijuinque folium pousse de sa racine une lige unique et nue , terminée suitérieurement par trois ou quatre feuilles longuement pétiolées , composées chacune de 5 folioles courlement pétiolulées. Les fleurs sont polygames, presque en tête, dépourvues d’involucres, et il leur succède un fruit charnu à 2 loges inonospermc.s. Mais, ce qui fait surtout le caractère de la racine de ginseng, c’est qu’elle est surmontée d’un collet tortueux, où se trouve marquée obliquement et alternativement, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, l’empreinte de la lige unique que la plante pousse chaque année. J’ai trouvé une fois dans du polygala de Virginie une grande quantité de ces collets de ginseng qui , par leur forme et leur couleur, se confondaienf assez bien avec la masse de la racine. Il convient donc d’y regarder.
( :ü'I' YI.É OüMiS ( : A I, ic I fi ,o it ts.
FAMILLE ÜES OMBELLJFÈHES.
Celte nombreuse et importante famille est niie des plus naturelles du règne végétal ; mais c’est aussi une de celles où les genres et les espèces sont les plus difficiles à déterminer.
Elle comprend des végétaux herbacés ou rarement frutescents , à lige listuleusc, et à feuilles alternes, engaîuaules par la base du pétiole, généralement divisées ou décomposées.
Les fleurs sont petites et disposées en omùeLles; c’est-à-dire qu’elles sont portées sur des pédoncules qui parlent d’un même point de la tige et qui s’élèvent sensiblement à la même bauteur, ou à la même distance du point de séparation. Quelquefois l’ombelle est simple , lorsque les pédoncules ne se divisent pas et ne portent qu’une Heur f exemple le genre hijdrücotyle) ; mais elle est |)re.sque toujours cowi/io.sY'e, ce (jui a lieu lorsfiue chaque pédoncule parlant de la tige se divise lui-même en un certain nombre de pédicellcs ombellés.
Très souvent les ombelles générales ou les ombelles partielles, qui prennent le nom A' ombellules , portent à leur base une ou plusieurs folioles ou bi-aclées qui composent une collerette ou un involucre, lorsqu’elles .sont situées h la base de l’ombelle générale ; et un ineolucelle quand elles .se trouvent au point de départ des ombellules. La présence ou l’absence des involucres et des involucelles, ainsi que le nombre plus ou moins grand de folioles dont ils se composent , est un des caractères qui servent à distinguer les genre.s.
Chaque fleur d’ombellifère est composée d’un calice adhérent avec l’ovaire, persistant et formant l’enveloppe extérieure du fruit; d’une corolle à 5 pétales distincts; de 5 étamines alternes avec les pétales ; l’ovaire forme 2 loges contenant chacune 1 ovule renversé; Il est surmonté de 2 styles, terminés chacun par 1 stigmate. Le fruit est un diakène , formé de deux demi-fruits [méricurpes DC.) qui se séparent presque toujours à maturité , en emportant chacun la moitié du calice. Ces méricarpes, en se séparant, restent suspendus à la partie supérieure d’un support commun simple ou dédoublé , nommé earpnphore , et ils sont toujours marqués à la partie extérieure de 5 côtes , qui forment la moitié des 10 nervures primitives du calice. Les intervalles qui séparent les côtes saillantes du fruit poi-tent le nom de vallécules. On y observe souvent des vaisseaux résinifères nommés bandelettes {vittœDC.), dont le nombre et la disposition servent aussi à la distinction des genres. Chaque semence du fruit présente un endosperme volumineux, charnu, corné et souvent huileux. L’embryon est droit , homotrope , petit, situé à la partie supérieure de l’endo.sperme.
OMIiKM.IKKIiliS, 189
,M. de (laïulolle a divisé la faniilk des oml)ellifèi-e.s en ti-ois sousfamilles fondées sur la forme dillérenlc do ralhunion , el ensuite en (lix-sept tribus déterminées par la forme extérieure du fruit. Voici seulement les trois sous-familles.
üirniosPEitMES : Endosperme plan du côté interne. Exemples : les genres seseli , nrchnngplica , siler , cuminum, tJiapsia ,
pvi/ngium ,'Glc.
Campvi.OSPERMES : Albumen offrant du côté interne un sillon longitudinal, par suite de l’introflexion des bords du fruit. Exemples : les genres eat/co/És' , scnndij: , o.nthrixcus, chatroplujllurn , coniurn , sm.i/?'nium, etc.
COELOSPERMES : Albuuieu recourbé en dedans de bas en haut. Exemple : le genre coriandrum.
Les ombellifères sont en général des plantes actives, riches en huiles volatiles el en résines, que, l’on trouve répandues dans toutes leurs parties et principalement dans leurs racines et dans leurs fruits , dont un très grand nombre sont usités. Quelquefois aussi elles sont pourvues d’un suc très délétère , comme le sont les différentes plantes qui portent le nom de ciguë , l’oenanthe safranée cl plusieurs autres. Ce sont elles également qui fournissent la plupart des gommes-résines usitées en pharmacie, telles que l’assa-fœtida , le sagapénum , le galbanum, la gomme ammoniaque et l’opopanax. .le traiterai de ces derniers produits aprè,s avoir parlé d’abord des racines d’ombellifères alimentaires et médicinales, des feuilles ou plantes alimentaires ou vénéneuses, et des fruits aromatiques les plus usités.
Uaclne rte Carotte.
Daiicus carotta L. Cette plante, si intéressante comme plante potagère, croît naturellement partout, dans les champs; mais la racine en est grêle , ligneuse , dure , non sucrée , et pourvue d’une saveur âcre et aromatique; les tiges sont chargées d’aspérités et s’élèvent de 60 à 100 centimètres. Les feuilles sont amples, légèrement velues , deux ou trois fois ailées , à folioles très divisées ; les ombelles sont blanches ou un peu rougeâtres, touffues, pourvues d’un involucre pinnatifide. Les fruits sont très petits, arrondis, mais ordinairement séparés en deux carpelles aplatis du côté interne , et recouverts de l’autre de longs poils rudes, blancs, visibles à la simple vue et qui les font paraître hérissés. Ils ont une faible odeur herbacée qui , par la trituration , devient forte et térébinthacé'e. La saveur en est amère, âcre et camphrée.
Cette plante, cultivée dans les jardins potagers, a éprouvé une transformation complète, quant à sa racine, qui est devenue grosse , charnue , sucrée, propre à la nourriture des hommes et des animaux.
19U DICOTYLlîDOiNES CALICIFLORES.
Ün en relire; assez facilement, du sucre cristallisé identique avec celui de la canne et de la betterave , et si nous n’avions pas cette dernière racine, on est fondé à croire que la carotte pourrait la remplacer.
Panais cuKive.
Pastinaca sativa L. Plante haute de 100 à 130 centimètres, dont la tige droite , ferme et cannelée , est garnie de feuilles ailées , îi folioles ovales, assez grandes, dentées, un peu lobées et incisées. Les lloiirs forment une ombelle de 20 ou 30 rayons; elles sont formées d’un calice à peine visible, entier; d’une corolle à 5 pétales égaux, entiers, roulés en dedans; de 5 étamines et d’un ovaire infère cliargé de 2 styles courts, réfléchis, à stigmates obtus. Le fruit est comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes aplatis, blanchâtres, avec une teinte rougeâtre; ils sont échancrés au sommet, pourvus, du côté extérieur, de 3 côtes dorsales aplaties, et encadrés tout autour par une membrane marginale. Du côté interne, la surface est plane, avec deux fissures en forme de croissants.
La racine de panais cultivé est bisannuelle, pivotante , charnue , blanchâtre, d’une saveur un peu aromatique et sucrée. Elle contient 10 à 12 pour 100 de sucre. C’est un aliment sain et nourrissant, mais qu’il faut éviter de confondre avec la racine de grande ciguë, qui lui ressemble un peu par la forme et la saveur. Pour éviter celle méprise , qui a été quelquefois funeste, il faut n’arracher de terre, dans les prés ou dans les champs, que les panais munis de leurs feuilles ; ou mieux encore , il faut ne manger, dans les campagnes, que ceux qu’on a cultivés soi-même!
On vend sur les marchés, dans tout l’Orient, une racine de sekakul qui passe pour un aliment très nourrissant et aphrodisiaque : c’est une espèce de panais , nommée, pastinaca sekakul Russel {pastinaca dissecta Vent.). Notre panais lui-même passe pour être légèrement aphrodisiaque, et l’on recommandait autrefois de ne pas en donner aux personnes obligées de garder la chasteté. La racine de ciicrvî {sium sisarum L.) et le iiinsin du Japon {sium ainsi L.) jouissent de la même réputation; le céleri, variété cultivée de l’ache <!<■« marais {apiuni rjmvcolens L.) , la partage également.
Racine il’.lcUc.
On connaît en pharmacie deux plantes qui portent le nom A'ache : l’une est Vache des marais, ou paludapium , ou ache proprement dite; l’autre est Vache de montagne ou la livèche , toutes deux appartenant à la famille des ombellifères. Pour éviter toute confusion à l’avenir, nous
OMUlil.LlKtKES. 191
(lomierons à la première plante seule le nom à’ache , et h la seconde celui de Iwhchc.
Aciie «les marais, apiuin (jrtü)colens L. , tribu des ammidées. Cette plante ( fig. 290) se trouve dans toute l’Europe , sur le bord des ruisseaux et au milieu des marais. Sa tige est sillonnée , rameuse, haute de 2 pieds. Ses feuilles sont longuement pétiolées, une ou deux Eig. 290.
fois ailées , à segments cunéiformes-incisés, lisses et un peu luisantes. Ses fleurs sont d’un blanc légèrement verdâtre, disposées en ombelles axillaires on terminales , presque sessiles et dépourvues d’involucres et d’involucelles; les pétales sont arrondis et entiers. Le fruit est brunâtre, très menu , globuleux , composé de deux méricarpes dont chacun est marqué de 5 côtes saillantes et blanches. Ce fruit a une odeur semblable à celle de la racine dont nous allons parler, et une saveur amère, âcre, très aromatique.
La racine d’ache est grosse comme le pouce, grise au dehors, blanche en dedans, fusiforme, souvent divisée en plusieurs fortes radicules; elle jouit d’une odeur forte et suave qui a de l’analogie avec celle de l’angélique, et elle présente une saveur aromatique et amère à laquelle succède une assez grande âcreté. Cette racine est une des (nnq racines apéritives, et, à ce titre, fait partie du sirop de ce nom. C’est elle qui lui communique son odeur agréable, odeur qui résiste même l\ la cuisson; mais il faut observer que, très souvent, on lui substitue la racine de livèche, plante assez commune dans nos jardins, et qui est presque la seule dont on récolte la racine à Paris ; tandis que la racine tirée d’Allemagne , qui est celle que je viens de décrire, paraît être la vraie racine d’achc : c’est donc elle qu’il faut préférer.
D’après de Candollc, la racine d’ache récente serait vénéneuse , ou au moins très suspecte. Il est vrai qu’elle présente une assez grande âcreté, mais je ne la crois pas dangereuse. Dans tous les cas, la dessiccation et la cuisson doivent lui enlever toute qualité nuisible.
La semence d’ache faisait autrefois partie de plusieurs électuaires
192 DK'.OTYLÈOOiNES C.ALIOIFI.ORKS.
purgatifs et de la poudre clialyltée. Ou ne la trouve plus dans le coni-
merce , et le seul fruit qu’on débite sous ce nom est celui de la
iivkhe.
Les botanistes regardent comme de sini|)les variétés de l’aclie des marais deux plantes très usitées dans l’art culinaire , sous le nom de céleri ; l’une est le céleri ordinaire, apixmi (hilcc Ac. fliiller, remarquable par la longueur de ses pétioles, qu’on a soin de soustraire à l’action de la lumière , afin de les blanchir et de les attendrir (c’est ce qu’on nomme étioler) ; l’autre est le céleri-rave, ou apium rapaceum, dont la racine napiforme cl succulente égale souvent la grosseur des deux poings.
Racine rtc I.ivéclic.
Levisticum officinale Kock; lujusticum levisticam L., de la tribu des angélicées. Celle plante (fig. 291], croît naturellement dans les montagnes du raidi de la France , mais elle est cultivée presque partout dans les jardins. Elle s’élève à la l'ig. 291. bauteurd’un homme. Sesfeuilles
sont très grandes, deux ou trois fois ailées et composées de folioles planes , cunéiformes , incisées vers le sommet ; elles sont de plus d’un vert foncé, luisantes et coriaces. Les fleurs sont jaunâtres, terminales, disposées en ombelles pourvues d’involucrcs et d’involucelles polyphylles, La marge du calice est peu marquée ; les jtétales sont arrondis , entiers , avec une pointe courte recourbée en dedans. Le fruit est blanchâtre, aplati , formé de deux méricarpes qui se séparent à la marge. Ces méricarpes sont pourvus de 5 côtes ailées, dotit les 2 marginales sont deux fois plus larges que les autres, mais toujours peu distinctes du fruit ; les vallécules ne présentent qu’un seul vaisseau résinifère , tandis que les commissures en offrent de 2 ît ti. La coupe transversale présente une amande aplatie, reclangidaire, entourée d’un péricarpe foliacé , avec
o.Miii;i,i,ii'i;uKS. 19;^
3 dénis triangulaires sur la l'ace extérieure, et 2 dents proéminentes plus développées sur les angles de la face interne. Ces fruits ont une odeur faible en masse, une odeur de térébentliine lorsqu’on les froisse sous les doigts, une saveur très amère et lérébinlhacée ; ce sont les seuls que l’on trouve dans le commerce, sous le nom de seinencr d'ac/ie.
La racine de livèche est c|)ai (!, noirâtre au dehors, blanche en dedans, d’une odeur forte et d’une saveur âcre et aromatique, comme le reste de la plante. Celte racine est celle que l’on emploie générale ment à Paris sous le nom de racine d'acke. Lorsqu’elle est sèche, elle est grosse comme le pouce, plus ou moins, gri.se à l’extérieur, ridée longitudinalement ou transversalement, offrant souvent à sa partie supérieure, et à la distance de 3 à 5 centimètres, plusieurs renflements dns à de nouveaux collets qui se forment chaque année. L’intérieur est jaunâtre et spongieux , d’une saveur parfumée , un peu sucrée et uu peu âcre. L’odeur est fort agréable et tient de celle de l’angélique.
Racine li’iViiaeiitiiic onicfiiale.
Archangelica üf- 292
licinalis Iloffm. , angelica archangelica L. , tribu des angélicées
L’angélique croît surtout en Lajtonie, en Norvège, en Bohême , en Suisse , dans les Pyrénées , dans les montagnes de l’Auvergne. On la cultive au.ssi dans les jardins ; alors , de bisannuelle qu’elle est naturellement, elle peut devenir vivace.
Sa racine est grosse, cbarnue,
nés odorante, et peut fournir au priulemps, par une incision faite â la IM. 13
194 niCOTYLÉDONIiS CALICIFLORKS.
partie supérieure , un suc gouinio-résiueux , d’une l'ortc odeur de musc. Celte racine se divise en un grand nombre de rameaux qui s’enfoncent perpendiculairement dans la terre. Sa tige s’élève à la hauteur de 100 à 130 centimètres. Elle est grosse, creuse, canneléë, verte, très odorante ; ses feuilles, également odorantes, sont grandes, deux fois pinnées , à segments sous-cordés, lobés et finement dentés; le lobe extrême est triparti ; le pétiole embrasse la tige en formant une coupe ou un sac ouvert ; les fleurs sont d’un blanc verdâtre, disposées en une grande ombelle hémisphérique munie d’un involucre fort petit, et d’involucelles partiels dont les folioles égalent les ombellules. Le fruit est blanchâtre, comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes à 3 côtes dorsales élevées et rapprochées , et à 2 côtes latérales élargies en une membrane qui double le diamètre du fruit. La semence est volumineuse, eu forme de navette , convexe du côté externe , creusée en gouttière du côté interne ; elle est isolée du péricarpe et toute couverte de vaisseaux à suc résineux-balsamique, qui lui communiquent une odeur et une saveur très fortes et très agréables d’angélique.
La racine d’angélique nous est apportée sèche de la Bohème , des Alpes et des Pyrénées. Elle SC compose du corps de la racine et de grosses fihres rassemblées en faisceau (fig. 293). Elle est grise à l’extérieur et très ridée , blanchâtre à l’intérieur , d’une odeur forte très agréable , d’une saveur amère , musquée, âcre et persistante. Il faut la choisir bien sèche, nouvelle, non vermoulue, et la conserver dans un endroit sec, avec l’attention de la cribler souvent ; car elle attire l’humidité et se laisse très facilement attaquer par les insectes. Peut-être les pharmaciens devraient-ils, en raison de la vétusté ordinaire de la racine d’angélique du commerce , faire sécher eux-mêmes, après la chute des feuilles et à la fin delà première année, celle de la plante cultivée dans nos jardins ; je m’en suis procuré de cette manière qui est fort supérieure pour la force et la suavité de son odeur à celle du commerce.
L’eau dans laquelle on fait infuser la racine d’angélique prend une couleur jaune, le goût cl rôdeur de la racine, mais dans un faible
OMBELIIFÈRÜS. 195
degré. L’alcool se charge de principes pins actifs, et l’éther en dissout aussi quelques uns. lüOO grammes de celte racine donnent ordiuairciiicnt 8 gram. d’huile volatile, 200 à 250 grain, d’extrait alcoolique, résineux et balsamique, ou bien 300 à 375. gram. d’extrait aqueux , d’une odeur faible.
D’après MM. Mayer et Zeuner, la racine d’angélique contient trois acides volatils, dont un , l’acide valérianique , y aurait été difficilement soupçonné. Peut-être est-il le résultat d’une transformation subie par quelque autre principe volatil.
Pour obtenir ces acides, on fait bouillir la racine avec de l’eau tenant en suspension de l’hydrate de chaux. La liqueur brune qui en résulte est concentrée, additionnée d’acide sulfurique en excès et distillée. Le produit distillé (mnsiste dans une eau trouble acide, mélangée d’essence acide. On salure le tout par la potasse, on concentre fortement la liqueur, on l’acidifie de nouveau par l’acide sulfurique et on distille. On obtient ainsi un liquide très acide , trouble, surnagé d’acide valôrianique huileux et tenant en dissolution une portion de ce même acide mélangé d’acide acétique et du troisième acide, qui a reçu le nom A'udde ancjéliciquc. On obtient celui-ci cristallisé par le refroidissement de la liqueur. Il est blanc, fusible à Zi5 degrés, volatil à 190 et distdlant sans altération. 11 a paru composé de G^’n^OL
La racine d’angélique entre dans la composition des alcoolats thériacal et de mélisse composé , et dans celle du baume du commandeur. Les feuilles récentes font partie de l’eau vnlnéraire , simple et spiritueusc. Les confiseurs forment un condiment très agréable et stomachique avec les tiges.' Les fruits , qui étaient aussi employés autrefois, ne le sont plus aujourd’hui.
On trouve chez les herboristes, indépendamment de la racine d’angélique de Bohême, dont je viens de parler, une autre racine plusgro.sse, plus blanche, à radicules moins nombreuses, et d’une odeur presque nulle. Beaucoup de personnes ont pris cette dernière racine pour celle de Vatujclica sylvestris de Linné; mais c’est la racine de Varchrwgelicn, cultivée dans les jardins et récoltée à la fin de la seconde année, lorsque la plante a fructifié et est parvenue au terme de son exi.stence ; tandis que celle que l’on peut récolter à la fin de la première année , après la chute des feuilles, est au moins aussi aromatique que celle qui nous arrive de la Bohême et des autres lieux susnommés.
Kaciiie (le Saiiibola ou Saiiibiila.
Racine pouvant avoir, dans son entier, la forme et le volume d’une betterave, mais souvent surmontée de plusieurs bourgeons distincts , et
ÜU'.OTYI.ÉDOiNliS
CU'LOKES.
partagée par le bas en plusieurs grosses radicules. Telle que le commerce me l’a présentée, il y a une dizaine d’années, elle était coupée en tronçons dont le plus considérable a 11 centimètres de diamètre et /( centimètres d’épaisseur. Ces tronçons sont couverts à la circonférence d’un épiderme gris , papyracé , et sont marqués de stries circulaires très nombreuses. La partie supérieure de la racine, qui se rétrécit en un ou plusieurs collets, présente des poils rudes et courts, disposés par langs circulaires, devant provenir de la destruction d’écailles qui entouraient les bourgeons radicaux. \ l’intérieur, la racine est d’un blanc farineux; elle contient en effet beaucoup d’amidon et elle devient en pou de temps la proie des insectes. La surface des morceaux coupés depuis longtemps est comme salie par une matière adipo-résineuse jaunâtre, exsudée à l’intérieur. Enfin cette racine est remarquable par une forte odeur de musc, qui fait supposer qu’elle doit être produite par une plante ombellifère voisine des angéliques. Elle a été apportée de Russie , mais elle vient peut-être de l’intérieur de l’Asie.
Ilacinr. d’.ViisÉlinuc «lu IfrC.sil.
J’ai reçu soüs ce nom, de M. Théodore Marlius, une racine ligneuse, pivotante, épaisse de 5 à 6 centimètres, longue de 11, et divisée à sa |)artie inférieure en plusieurs rameaux , les uns perpendiculaires , les autres horizontaux. Cette racine est composée d’un bois dur et compacte, d’un gris jaunâtre , lequel est recouvert d’une écorce mince , d’un gris brunâtre , crevassée par place dans sa longueur. Celte racine offre une odeur et une saveur franches de fenouil, plus fortes et accompagnées d’amertume dans l’écorce. Un botaniste distingué paraît avoir attribué celle racine à une rutacée ; mais il semble qu’elle soit plutôt due h une aralie , dont une espèce ligneuse , ï'aralia spinosa L. , porte dans l’Amérique septentrionale le nom à’onf/elica tree.
Kacine «l’Iiiiix-ratoire.
Irnperatùria ostrufhium L. , peticedanuni ostruthium Koch; iribu des peucédanées (fig. 294).
L’impératoire croît sur les Alpes de la Suisse et de la Savoie. Sa racine , qui est dirigée obliquement près de la surface du sol , donne naissance à une tige haute de 65 centimètres, garnie de feuilles longuement pétiolées, à gaîne ample, terminées par trois larges folioles pinnatisectées, ou palraati- lobées , à segments ovales-oblongs et dentés. Ces feuilles donnent à l’impératoire une assez grande ressemblance avec l’angélique; mais son ombelle plane la rend très facile à distinguer. L’involucre est nid ; les involucelles sont composées d’un jiotil nombre
OMIUilJ.il'iiliKS.
(le folioles; le limbe du calice esl peu appareiil; les pétales sont blancs, terminés par une dent recourbée en dedans et échancrée. Les fruits gont comprimés par le dos, dorsales fdiformes et de 2 marges très élargies. Les vallécules sont à un seul vaisseau résineux ; les commissures en offrent deux.
La racine d’impéraloire sèche est grosse comme le doigt, un peu aplatie, brune , très rugueuse ii l’extérieur et comme marquée d’anneaux. Elle a une texture fibreuse et une couleur jaune verdâtre à l’intérieur. Elle possède une odeur analogue à celle de l’angélique, mais moins agréable et plus forte, et une saveur très âcre et aromatique. Toutes ces propriétés disparaissent avec le temps , et il n’est pas rare de trouver dans le commerce la racine d’impératoire vermoulue, noirâtre à l’intérieur, tombant eu poussière lorsqu’on la casse, et d’une odeur faible. Il faut donc la choisir récente et telle que je l’ai décrite d’abord. Elle entre dans l’eau impériale, l’eau thériacale, l’esprit carminatif de Sylvius. Elle donne de l’huile volatile à la distillation.
L’impératoire porte en Savoie, dans les montagnes, le nom cVototirs, soit ([ue ce nom provienne de l’altération du nom latin nsfrut/iinni , soit (]ue le nom botanique ait été formé sur le nom vulgaire.
Racine (le iUeiiiii.
Meum athamanticmn Jacq. , œt/iusa ineum L. , tribu des scsélinées.
Cette plante croît dans les Alpes , les Pyrénées et autres montagnes du midi de l’Europe. Sa racine est vivace , allongée, entourée à .sou collet de fibres nombreuses qui sont les débris des anciens pétioles; sa tige est droite, un peu rameuse, haute de 3:7 à üO ce|itiinètr( s ; les
, formés de 2 méricarpes pourvus de 3 côtes
Fig. 294.
198 DlCÜTYIÆDONliS CALIGIFLORES.
feuilles sont deux à trois fois ailées, portées sur des pétioles dilatés et ventrus , et composées de folioles très nombreuses , glabres , courtes et capillaires; les fleurs sont blanches , très petites; les fruits portent sur cbaque méricai-pe 5 côtes saillantes et aiguës, dont les 2 marginales sont un peu dilatées ; la coupe de cbaque semence est demi-circulaire.
La racine de rnôum, telle que le commerce la présente, est grosse comme le petit doigt, longuede.il centimètres, grise au dehors, blanchâtre en dedans, d’un ti.ssu lâche, d’une saveur et d’une odeur de racine de livèche , mais plus faibles : sa saveur est mêlée d’un peu d’amertume. On la reconnaît surtout à son collet , entouré d’un grand nombre de poils rudes et dressés , de même que dans la racine de chardon-roland. On pourrait donc quelquefois la confondre avec cette dernière ; mais la racine de cbardon-roland est en général beaucoup plus grosse, plus longue, et, de plus, est d’une odeur désagréable. La racine de méum est très peu usitée maintenant.
Racine «le (tliarclon-Uolaiid o» rtc Panicaut.
Erijmjium campesfre h., tribu des saniculées. Car. gén. : tube du calice couvert de squamules et de vésicules, à 5 lobes foliacés. Pétales dressés, connivents, écbancrés et recourbés en une pointe de la longueur du pétale. Fruit ové , couvert d’écailles épineuses, privé de côtes et de vaisseaux résineux , formé de 2 inéricarpes soudés dans toute leur longuetir avec le carpophore.
Herbes épineuses dont les fleurs sessiles sont réunies en capitules et entourées de bractées inférieures en forme d’involucre ; d’autres bractées plus petites et squamiformes se trouvant mélangées aux fleurs. Car. spéc. ; feuilles radicales amplexicaules, multifides, pinnées-lancéolées ; feuilles de la tige auriculées ; involucres linéaires -lancéolés surpassant les capitules arrondis ; paillettes subulées.
Cette plante ( fig. 295 ) est remarquable en ce que , appartenant aux ombellifôres , elle a néanmoins par ses feuilles et ses involucres épineux , tout le
Fig. 295.
OMIiliLtJI'ËIŒS.
jwi't (l’un cliai'don. Jîlle croît dans les champs et le long des chemins. Sa tige se divise en un grand nombre de rameaux (jui se terminent par des capitules placé'S à une (îgalc distance du centre, ce qui donne à la plante une forme arrondie. Sa racine est grosse comme le doigt ou comme le pouce , blanche , succulente et fort longue. Lorsqu’elle est sèche, elle est grise à l’extérieur, et marquée , comme par anneaux , de fortes aspérités, lîlle est blanche ou jaunfitre h l’intérieur, d’un tissu spongieux , d’une saveur douceâtre miellée, ayant quelque analogie avec celle de la carotte, d’une odeur assez marquée et qui n’est pas agréable.
Cette racine présente très souvent , à sa partie su))éricurc , un amas de poils en forme de pinceau , qui est dû au débris des feuilles de l’année qui a précédé sa récolte. On observe ces fibres surtout au printemps , avant que la plante ait poussé de nouvelles feuilles : ce sont elles qui lui ont valu le nom A'eryngium , barbe-de-chèvre . Quant au nom français de chardnn-roland , il paraît résulter de la corruption de l’ancien nom charàon-roulani , parce que la plante ressemble à un chardon et que, lorsqu’elle se dessèche sur terre vers l’automne , elle est emportée par les vents et roule au loin au travers des champs , en raison de sa forme arrondie.
La racine de chardon-roland est diurétii|uc.
Autre espèce usitée : eryngium maritiiman , ou panicaut «le mer. Cette plante se distingue de la précédente par ses rameaux courbés ; par ses feuilles radicales longuement pétiolées et à limbe entier, arrondi-cordiforme , denté-épineux ; par ses paillettes à trois pointes. Elle croît sur les bords de la mer.
Sanicle.
Smiicula 'europcen L. ; même tribu que la précédente. Car. gén. : ombelle rameuse irrégulière ; ombellules hémisphériques , à fleurs presque scssiles , dont celles du centre avortent souvent par oblitération du pistil. Calice des fleurs fertiles couvert d’aiguillons crochus; celui des fleurs mâles, lisse. Pétales dressés, connivents , échancrés par le haut et recourbés en une longue pointe intérieure ; fruit globuleux non spontanément séparable. Méricarpes privés de côtes et couverls d’aiguillons crochus ; carpophore indistinct.
La sanicle pousse de sa racine des feuilles longuement pétiolées , dures, vertes, luisantes, palmées, à Ÿi ou 5 lobes profonds, dentés; incisés ou trifides; sa tige s’élève à la hauteur de 35 centimètres environ ; toutes ses fleurs sont sous-scssiles et polygames ; elle croît dans les lieux ombragés; elle n’est pas aromatique et est seulement amère et astringente.
DICÜ'J vi.édom;!
OcrIViiil ciiltiv*;.
Anfkriijcus cerefulium HolTni., chœruphyllum sativum Lam. , scan~ dix cerefolium L., tribu des scandicinées. Le cerfeuil est une piaule polagère odorante, à tige rameuse, glabre, haute de 50 à 60 centimètres : ses feuilles sont molles , deux ou trois fois ailées , à folioles un peu élargies et incisées; les fleurs sont blanches , petites, disposées en ombelles latérales, presque sessiles , à 4 ou 5 rayons pubescents; l’in- ^olucré est nul; les involucelles sont formés de 2 à 3 folioles tournées d’un même côté; les pétales sont inégaux, obovés , terminés par une languette repliée en dedans; les fruits sont allongés, comprimés latéralement, presque cylindriques , noirs, lisses, terminés par un rostre court, mar(|ué de 5 côtes.
Le cerfeuil croît naturellement dans le midi de l’Kurope et est cultivé dans les jardins potagers. On l’emploie comme assaisonnement dans les cuisines, à cause de son odeur agréable et de sa saveur parfumée, dépourvue de toute amertume ou âcreié.
Cerfeuil !<aHru;;e , aulhriscus sylmtfin Hofl'm. , (■hwnrpliyllum sylvestre L. Plante à tige fistuleuse, rameuse, striée, velue dans sa partie inférieure , un peu renflée à chaque nœud , haute de 60 à lut) centimètres; feuilles grandes, deux ou trois fois ailées, glabres ou un peu velues; fleurs blanches disposées en ombelles à 8-i2 rayons; fruits lisses, luisants , d’un brun noirâtre à maturité. Cette espèce croît dans les prés et dans les haies : elle a une odeur forte, désagréable et une saveur <âcre un peu amère; on la dit malfaisante; cependant les àties l’aiment beaucoup, ce qui la fait nommer /wrsil d'/hic; on peut se servir de ses tiges pour teindre la laine en vert.
Cerfeuil «dorsint OU eerfeuil ujiii.stsné ; liiyn'/lis oduvatu Scop. , chwrophyllum odoratmu Lam. Tige fistuleuse, cannelée, un peu velue, haute de 60 à 100 centimètres; feuilles larges, trois fois ailées, légèrement velues, à folioles ovales-aiguës, incisées et dentées. Fleurs blanches avortant au centre des ombelles, à involucres nuis, à involucelles poljpbylles; fruit comprimé latéralement, long de 9 à 14 millimètres, profondément cannelé. Toute la plante a une odeur d’anis. C’est un bon fourrage pour les animaux. On l’emploie aussi comme assaisonnement.
Crrfruii peiKur-clc-Vénu.^ , srmidix pectea L. Cette plante, commune dans les champs, se reconnaît à ses fruits terminés par un rostre très long et aigu qui les fait ressembler à des dents de peigne,
Coniwn macidalnrii L. , cimta major Lani., Ii-ibu des stiiyrnées. Celte plante ( fig. 296) s’élève à la hauleur de 100 à 130 centimètres; sa tige est cylindrique , listuleuse , lisse , souvent marquée de taches brunes, rameuse supérieurement; ses feuilles sont grandes, tripinnées , à Fig. 290.
folioles pinnalilides , pointues , d’un vert noirâtre , un peu luisantes eu dessus et douces au toucher. Les fleurs sont blanches et disposées en ombelles irès ouvertes , pourvues d’un involucre polyphylle réfléchi , et d’involucelles à a \ m 3 folioles placées du côté extérieur de ’ y l’ombelle. Le calice est presque entier ; les pél aies sont obeordés, un peu
pointe courte recourbée en dedans. Le i
fruit est ovale , globuleux , com- i
primé latéralement, formé de 2 mé-
ricarpes à 5 côtes égales, crénelées li
ou tuberculeuses. Les vallécules sont " '''
striées longitudinalement, mais privées de vaisseaux résineux.
La ciguë est pourvue d’une odeur nauséeuse désagréable. Elle est narcotique, vénéneuse et célèbre par la mort de Socrate et de Phocion (pii , condamnés à boire du suc de ciguë, périrent ainsi victimes de l’envie de leurs concitoyens (1).
La ciguë est néanmoins très usitée en médecine. On l’emploie souvent dans les engorgements des viscères abdominaux , et dans les alîections sipiirrheuses et cancéreuses. On l’administre alors en poudre, en tein-
est très aqueuse et demande h être séchée promptement à ou veut conserver à ses feuilles leur belle couleur verte. I pile récente, elle donne un suc d’un beau vert, qui , sur le filtre un parenchyme vert très abondant en chloroic filtré, étant soumis à l’action du feu, laisse coaguler de
;l) Ou présume que le breuvage destiné à faire périr les coudamués, à Athènes, contenait, indépendamment du suc de ciguë, de l’opium, dont les propriétés s’accordent mieux avec les symptômes de la mort de Socrate , telle (ju’elle est rapportée par les historiens.
CIFLOliliS.
202 DICOTYLÉUÜNUS CALK
l’albumine ot retienl tous les sels de la ciguë, qui sont en assez grand nombre , la gomme , le principe colorant , et enlin le principe vénéneux , ou la cicutlve , à l’état de combinaison avec un des acides de la plante.
Pour obtenir la ciculinc, M. Geiger a distillé de la ciguë fraîche avec de la potasse caustique et de l’eau ; le jiroduit distillé a été neutralisé par l’acide sulfurique, évaporé en consistance sirupeuse, et traité par l’alcool absolu , qui précipite le sulfate d’ammoniaque et dissout celui de cicutine. On distille l’alcool , on mêle le résidu avec un soluté concentré de potasse caustique et on distille dans une cornue. La cicutine passe avec de l’eau , dont on la sé|)arc par décantation. Elle est sous forme d’une huile jaunâtre , dont l’odeur forte rappelle celle de la ciguë et du tabac ; elle est soluble dans l’eau , neutralise les acides, et exerce sur. les animaux une action très vénéneuse. De môme que la nicotine et les autres alcalis organiques obtenus par la distillation , avec l’intermède des alcalis minéraux, elle ne contient pas d’oxigéne; sa composition est reiirésentée par la formule
Fcciiie ti’ai-i-acaeU:». Oii tfouve daiis les eiiviroiis de Santa-Eé de Bogota , et on y cultive une plante nommée armcacha ( arvacadm esculenta DC. , conitim arracaclia Ilook.) , très voisine de la ciguë officinale , mais à fruits non tuberculeux ot à racine tubéreuse , féculente cl alimentaire. La fécule en a été importée en Europe.
Ciguë vlrpii.se ou CiciUairc aqii.-itiiiiie.
Fig. 297.
CirAita virosa L. , eicutariu aquatica Lam. , tribu des ammidées. Cette plante (fig. 297) croît sur le bord des étangs-jct dans les eaux stagnantes. Fille présente souvent une souche ou tubérosité radicale ovoïde , celluleuse et cloisonnée dans son intérieur , de laquelle s’élève une tige haute de éO à 60 centimèt., cylindrique , fistulcuse et
UMlSKLLll'KUliS. 203
rameuse; ses feuilles sont deux ou trois fois ailées , à folioles ternées, élroites-lancéolées , dentées en scie. Les (leiirs sont blanches, disposées en ombelles privées d’involucre et pourvues d’involucclles polyiihylles. Le calice est à 5 dénis foliacées; pétales obeordés avec une pointe recourbée en dedans ; fruit arrondi , contracté latéralement , didyme; méricarpes à 5 côtes égales, un peu aplaties; vallécules remplies par un seul vaisseau ; carpopliore biparti ; section de la semence circulaire.
La ciguë vireuse présente une odeur désagréable et est remplie d’un suc jaunâtre qui est un poison pour l’homme et les animaux ; elle a été employée dans quelques pays aux mêmes usages que la ciguë officinale.
Aciic des eliiens , faux persil OU ciguë des jardins; Œthusa Cy-
lutjdwii L. , tribu des ammidées. La petite ciguë (fig. 298) s’élève à la hauteur de 50 ceniimèt. ; sa tige est rameuse , glabre, cannelée, rougeâl re par le bas ; ses feuilles sont d’un vert foncé, deux ou trois fois ailées , à folioles pointues et pinnatilklcs. Les ombelles sont planes, très garnies, dé])ourvues d’involucre, et munies d’involucelles à 3 folioles situées du côté extérieur et pendantes. Le calice est presque entier ; les pétales sont blancs, inégaux, obovés, échancrés patio haut et terminés par une languette recourbée en dedans; le fruit est globuleux-ovoïde , composé de 2 méricarpes à 5 côtes épaisses, dont les 2 marginales sont un peu plus développées : les vallécules sont à un seul vaisseau et les commissures en présentent deux.
Cette plante est très pernicieuse et la re.ssemblance de ses feuilles avec celles du persil , au milieu duquel elle croît souvent , a plus d’une fois donné lieu à de funestes accidents. On peut la reconnaître , cependant, à sa tige ordinairement violette ou rougeâtre à la base, à ses feuilles d’un vert plus foncé et exhalant une odeur désagréable lorsqu’on les froisse entre les doigts , tandis que celles du persil ont une odeur
20l\ DICOTYI.ÉÜÜXES CALlCIFLUliKS.
aiouialiquo ft agréable ; enfui à ses involucelles unilatérales et pendantes.
PorsII.
Petroselinmn sativuni Hoirni. , aphini pefros(dinum L. , tribu des aininiclées ( lig. 299). On cultive le persil dans les jardins potagers ; il peut s’y élever à la hauteur de lüO à 130 centimètres. Ses feuilles sont décomposées, à folioles fer- Fig. 299, ^ luisantes , cunéiformes et
incisées. Les fleurs sont blanchâtres , disposées en ombelles pédonciilées , pourvues d’un involucre oligophylle et d’iiivolucelles poly|)hylles et lilifornies. La racine est simple, grosse comme le doigt, blanche, arotnaticpie. Cette racine, récemment séchée , est légère , d’un gris jaunâtre, ridée à l’extérieur, pourvue d’un iiirditulliioii jaune, non ligneux; elle offre une odeur faible , tuais agréable , et une saveur de carotte légèrement âcre. Comme elle ne tarde pas à perdre ces propriétés, en même temps qu’elle devient la proie des insectes , il convient de la choisir récente. Cest une des cinq racines dites ajjêritu'ps. Les feuilles sont résolutives étant appliquées à l’extérieur ; leur plus grand usage est dans l’art culinaire.
Le fruit du persil est aussi employé en ))harmacie : il entre dans la composition du sirop d’armoise. Il est , comme celui de toutes les ombellifères, composé de deux carpelles accolés et striés; il est verdâtre, assez court, arrondi parla partie inférieure, atténué au contraire du côté qui est couronné par le style ; il ressemble à celui de l’anis , mais il est plus petit , plus allongé , non piibescent , d’une couleur plus foncée , et marqué sur chaque carpelle de .5 côtes saillantes blanches : il a, lorsqu’on le froisse dans les doigts, l’odeur de la térébenthine.
Aiiimi omcinal.
On a employé de tous temps , sous le nom à’anmii officinal , un fruit d’ombellifère i'emar(|uable jiar sa petitesse , âcre et arotuatique ,
UMItlil.LIKKIiES. ’lOj
(Idiit l’origine n’e.sl pas exactement déterminée ; par la raison que trois plantes dn même genre paraissent pouvoir le produire , et qu’il est (lilïicile de décider à laquelle des trois il convient d’attribuer le fruit du commerce. La prentière de ces plantes , figurée par Lobel sous le nom à'mmni creticurn aromaticum {Ohsero., p. h\k), ammi mnine apii de G. Baubin , mnnii Matthioli de Dalécbamp , est le ptychotis verticillahi DG. ; elle croît en Afrique et dans tout le raidi de l’Europe. La deuxième, décrite et figurée par J. Baubin sous le nom ^ummi odorc Di'iyani ( JJittt. plant. , t. HI , lib. xxvti , p. 2S ) , paraît être le ptycJiotls coptica DG.; enfin la dernière, qui est regardée par tous les auteurs comme la véritable plante à l’ammi officinal , est Yonimi pierpudlLum ( Lob. , Observ. , p. MA ) ; ammi fort petit de Dalécbamp ( p. 596 , fig. 1 ) ; ammi parvum foliis fœnicidi ( G. Bauh. in Mattli. , p. 558, fig. 2) ; sison ammi L. ; ptychotis; fœnicidifolia DG. Cette plante paraît haute de 30 centimètres ; ses feuilles sont très divisées et semblables à celles de l’aneth ou du fenouil ; ses fleurs sont blanches, remarquables par leurs pétales , dont la lanière interne , au lieu de partir du sommet du limbe , naît du milieu d’un pli transversal. Son fruit , en supposant que ce soit elle qui produise l’ammi du commerce, ressemble beaucoup à celui du persil ; comme lui il est ovô, non pubescent et marqué sur chaque carpelle de 5 côtes saillantes blanches ; mais il est beaucoup plus petit, d’un gris plus pâle et jaunâtre ; ses carpelles isolés sont moins courbés ; il offre une faible odeur d’ache qui ne devient pas térébinthacée par la friction entre les doigts; il a une saveur amère, aromatique, un peu mordicante. Lorsqu’on le coupe transversalement, il offre une amande épaisse dont la coupe représente les 3/A d’un cercle , entouré de 5 points blancs qui sont les 5 côtes ■saillantes du fruit ; et entre ceux-ci on aperçoit 5 autres points noirs , appartenant à 5 canaux oléifères.
Une autre espèce d’animi inodore et iion usitée est produite par Vammi rnajus L. , plante ombellifère également , mais d’un genre différent , qui croît en France dans les champs. Ce fruit est à peu près gros comme le premier, mais cylindrique ou devenu carré par la dessiccation. Il est couronné par un stylopode très développé , et par 2 styles divergents qui ie font ressembler à nn petit coléoptère. Il a une saveur amère , âcre , très faiblement aromatique.
On employait autrefois en médecine , comme digestifs et carminalifs, les fruits d’îinioiiie vulgaire {sisoii amomum L. ). Ils se présentent sous la forme de méricarpes isolés, glabres , de la grosseur du fr^iit de |)ersil entier, ovoïdes-arrondis, un peu terminés en pointe supérieurement et un peu recourbés du côté interne. Ils sont d’une couleur brune avec .5 côtes blanchâtres, entre lesquelles on observe im seul
DICOTYIÆDÜiNES CALICIFLOBES.
canal oléifère leniiiné par un renflement vers le milieu du fruit, et ce renflement se trouve ordiuairemeut déprimé par la dessiccation. Le fruit d’amome vulgaire fournit beaucoup d’essence à la distillation; il présente, lorsqu’on l’écrase, une odeur fortement aromatique; il a une saveur aromatique également , mais ni âcre ni amère , et qui n’est pas en rapport avec son odeur forte.
Pimpinella anisum L., tribu des ammidées (fig. 300). ctar. gén. ; calice entier; pétales obovés, écbancrés au sommet avec une lanière
réfléchie en dedans ; fruit c
contracté latéralement , couronné au sommet par le slylopode et par 2 styles réfléchis, à stigmates globuleux. Méricarpes h 5 cotes fdiforines égales , vallécules â plusieurs canaux oléifères ; om- ^ belles privées d’involucre et d’involucellcs , inclinées avant
ftigc glabre ; feuilles radicales ^ cordiformes-arrondies , à lobes incisés - dentés ; feuilles mitoyennes pinuati-lobées à lobes , / cunéiformes ou lancéolés ; feuil-
I les supérieures Irifides, à divi-
sions entières et linéaires ; involucelle peu marqué.
J Cette plante est herbacée,
' annuelle, originaire d’Afrique,
et cultivée en Europe dans les jardins; son fruit est verdâtre ,
if ^ ^
aromatique , d’une saveur pic|uante, agréable , légèrement sucrée; les environs de Tours en produisent une très grande quantité ; mais le plus estimé vient de Malte et d’Alicante; il est très employé par les liquoristes, les confiseurs et les pharmaciens. La petite amande qu’il renferme fournit une huile fixe , qu’on peut en retirer par expression , mélangée avec l’essence contenue dans le péricarpe. Celle-ci peut être obtenue par distillation
et cristallise par le moindre froid. L’essence liquide paraît avoir la même composition que le stéaroptène (C^“H*^0’). Celui-ci cristallise en
OMIUiLLIFÈRr-S. 207
larges écailles brillâmes ; il est un peu plus dense que l’eau, est fusible à 16°, bout à 220" et distille sans altération.
Les racines de plusieurs espèces de pinipirndla ont été usitées en inédecine sous le nom de saxi/'rtigc ou de bouccuje {tragoselinwn). Le premier nom étant fondé sur leur prétendue propriété de briser ou de dissoudre la jtierre dans la vessie, et le second leur étant donné à cause de l’odeur de bouc dont ces racines sont pourvues , lorsqu’elles sont récentes; telles étaient :
La racine de gi-andc saxifrage ou de saxifrage blaneiie; pimpindla inagnu AVilld.
La racine de saxifrage «loîrc , produite par une variété du pimpimdla rnngnu , à fleurs rouges et à racine noirâtre.
La racine de i>eiitc , pnvLpinclla saxifragu 'Willd. ; celle-
ci est douée d’une odeur plus forte et d’une âcreté considérable.
Fie. 301.
('anii)i carüi L., tribu des ammidées (fig. 301 ). Cette plante croît abondamment dans les contrées méridionales de la France ; ses tiges sont lisses, striées, hautes de 50 centimètres , garnies de feuilles deux fois ailées , à folioles multilides dont les inférieures sont rapprochées et comme verticillées autour de la côte principale. Les fleurs sont blanches, ?
petites, disposées en ombelles privées d’involucelles et dont l’involucre est formé d’une seule foliole linéaire. Le fruit est oblong, contracté latéralement, à 10 côtes égales, fdiforrnes ; le carpophore se divise profondément à la séparation des deux carpelles. Dans le commerce , les méricarpes sont presque toujours isolés ; ils sont allongés , amincis en poiiile aux deux extrémités , courbés en arc du côté de la commissure , à 5 côtes égales, blanchâtres; les sdlons sont brunâtres, n'offiant le plus souvent qu’un canal oléifère, conformément au caractère adopté par les botanistes, mais en présentant aussi , assez souvent, 2 ou 3. (iliaque méricarpe , coupé transversalement , présente
DlCOrïl.ÈDONES CAMCU'IAUIUS.
une auiancle blanche entourée par les 5 le aill nies 1 i i )inni(‘ les rayons d’une étoile.
I.e carvi est pourvu d’une odeur très forte, analogue à celle du cumin, mais moins désagréable. 11 est stomacbi(|ue et carminalif; les peuples du Nord en ajoutent très souvent dans leur pain el dans leiiis autres aliments.
Terre-noix^ buniwn bulbu-cdstauiun L. , carwii bulbu-mülaiieuni Koch. Cette plante croît en France dans les champs maigres el dans les terres à vigne. Sa racine produit des tubercules sphériques, de la grosseur d’une cerise, noirâlres au dehors, blancs à l’intérieur, qui sont propres à la nourriture de l’homme. On les emploie à cet usage dans les contrées où la plante est abondante. Les fruits sont âcres, très aromatiques, presque semblables à ceux du carvi.
Cuminum ci/iiünwn L. (lig. 302). Plante annuelle, assez semblable au fenouil par ses feuilles muliilides et à divisions sétacées, originaire d’Égypte et d’Éthiopie, mais cultivée en Sicile et surtout à Malte, d’où on exporte presque tout le cumin qui se trouve dans le commerce. Le fruit est formé de 2 carpelles qui restent réunis, et, par une suite nécessaire, il est droit et régulier dans sa forme. Il est oblong , aminci aux deux bouts , marqué sur chaque méricarpe de 5 côtes primaires et de ti côtes secondaires, les unes et les autres couvertes de très petits aiguillons qui font paraître le fruit pubesceni.
De plus , il présente , à l’extrémité supérieure , les 5 dents du calice qui sont lancéolées et persistantes; il est d’une couleur jaunâtre ou fauve, terne et uniforme; coupé transversalement, il présente une amande volumineuse, blanche et huileuse, entourée d’un péricarpe mince et foliacé. Il a une odeur très forte et fatigante et une saveur très aromatique . agréable ou désagréable , selon le goût ou l’habitude. Les Hollandais en mettent dans le fromage et les Allemands dans le pain. Tl entre dans
Fig. 302.
nMIÎKI.f.lFKlUiS :2()9
plusieurs composilions de pliarniacie el, il rsl très iisilô dans la inédeeine vétérinaire.
11 résulte des expériences de MM. Caliours et Gerhardt que l’essenrc de cuiiiiu est composée , pour un tiers , d’un hydrure de carbone nommé ci/nièiœ, dont la composition = et de deux tiers d’une essence
oxigénée à laquelle ces chimistes ont donné le nom de cuminol , composée de et isomérique avec l’es.sence d’anis. Cette essence
oxigénée en absorbant deux nouvelles molécules d’oxigène se convertit en ociclc ntminique hydraté dont la composition égale C2“n'20‘‘ (/Inn. de chim. et de phys. , T série , t. I , p. 60 ) .
Aiielli.
Aneüiwn yraveolens L. (fi plante croît en Égypte et dans l’Europe méridionale ; elle ressemble beaucoup au fenouil par ses feuilles , mais en diffère par .son fruit dont les carpelles se séparent à maturité ; clia- (pie carpelle est brunâtre , ovale, convexe sur le dos avec 3 côtes dorsales blanchâtres et aiguës , et 2 côtes latérales élargies en une memhrane blanchâtre , qui encadre complètement le méricarpe et en double le diamètre. Ce fruit a une odeur très forte, analogue à celle du cumin, et une saveur très aromatique. On en retire l’huile volatile par la distillation.
l'rnouil omciiial ( fi". â04).
L’histoire du fenouil, quoique ce fruit soit connu de loule antiquité cl que ce soit une production de notre pays, est encore l'emplie d’obscurité. Désirant prouver cette assertion et cependant ne pas m’étendre trop sur un seul article, je me bornerai à comparer les dires de quatre auteurs principaux avec le résidtat de mes propres observations.