‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 4 sur 85 · Vcriioniacécs · texte numérisé non relu

Vcriioniacécs

thiik; des chicoracLes.

Liiidu's.

Genre lactuca : capitules paucillores , ligulillores ; involucre cylindrique formé de deux à quatre rangs de squames imbriquées , les extérieures plus courtes; réceptacle plane et nu ; achaines comprimés, strié, s longitudinalement , surmontés d’un col filiforme terminé par nuü; aigrette.

liaitiic oincinah-, Ifwtucu Cdpitatn DG., lactuca satiüu ca])ilntn L. Plante herbacée , annuelle, entièrement glabre et sans épines , dont la patrie est inconnue et qu’on suppose avoir pu être produite par la culture de qucfipie espèce voisine. Elle offre dans son jeune âge une large toull'e de feuilles arrotidic.s , concaves, ondulées , bosselées très suc, eu--

SYNAN'l'HIÎRliliS — CITICORACfiES. 13

IfiiUes, pressées les unes conlre les autres et formant ensemble une tête arrondie ; c’est à cet état qu’elle est usitée comme aliment , en salade ou cuite. Lorsqu’on la laisse croître, elle produit une tige haute de 65 centimètres, munie de feuilles embrassantes de plus en plus petites, terminée par un corymbe irrégulier de fleurs d’un jaune pfile. La tige présente, dans son écorce fibreuse, un grand nombre de vaisseaux remplis d’un suc laiteux, blanc, d’une saveur très amère et d’une odeur vireuse analogue à celle de l’opium , ce qui a conduit le docteur Loxe de Philadelphie, André üuncan d’Édimbourg et le docteur Bidault de Villiers à Paris, à la proposer comme succédanée de l’opium. Ce suc , obtenu par des incisions transversales faites à la tige , a reçu le nom de lactucarium ; tel qu’il a été préparé pour être livré au commerce, par M. Aubergier, pharmacien à Clermont, il se présente sous forme de pains orbiculaires aplatis , de 3 à 6 centimètres de diamètre et du poids de 10 à 30 grammes; il possède une odeur fortement vireuse et une saveur très amère; il est complètement sec, d’une couleur brune terne; il se recouvre souvent d’une efllorescence blanchâtre qui est de la inannite. Il contient, suivant l’analyse de M. Aubergier {Bullelin de r Académie de médecine , t. VII, p. 259) :

Une matière amère cristallisable ;

De la mannite ;

De l’asparagine ;

Dn acide libre ;

Lue matière colorante brune ;

Une résine mélangée de cérine et de myricine ;

De l’albumine et de la gomme;

Du nitrate de potasse et du chlorure de potassium ;

Des phosphates de chaux et de magnésie.

Suivant d’autres observateurs, le lactucarium contiendrait une quantité plus ou moins considérable de caoutchouc [Pharmacopée raisonnée, p. 14è).

La matière amère que M. Aubergier regarde comme le principe actif de la laitue , est peu soluble dans l’eau froide , facilement soluble dans l’eau bouillante et dans l’alcool fort ou dilué ; insoluble dans l’éther, ni acide ni alcaline.

Indépendamment du lactucarium, on emploie très souvent comme calmants un extrait de laitue préparé avec le suc de l’écorce de la tige, connu sous le nom de thridace , et l’eau distillée de la plante. Les semences de laitue faisaient également partie autrefois des quatre petites semences froides. On les a importées d’Égypte à Marseille il y a quelques années , comme semences oléagineuses. Elles ont h peu près la grosseur et l’a.spect des graines de carvi , mais elles sont inodores ; elles sont

OJCOTYT.F.DONES CAr.KUPr.ORKS.

d’un gris hrunâtre , aplaiips, ovnïdcs-allongùrs , atli'iiures rn iininlo à la base, glabres et striées longitndinaleinoDl , d’une savenr grasse.

liaidic i-oiunine , Ittctuca satit'tt Df',. Celle cspècc , exclnsivcnieiit réservée pour l’usage de la table , a les feuilles allongées, rétrécies à la base , élargies au contraire , arrondies et concaves au sommet , non bosselées ni ondulées , dressées les unes contre les autres et formant un assemblage oblong , obovoïde.

JLaitue sauvage, Icwtuca syliwstris iMwk •, lactuca scdviolaL. Tige haute de 60 à 100 cenlimèires , ramifiée supérieurement; feuilles alternes, sessiles, embras.santes , allongées, sagitlées à la base, aiguës au sommet, souvent pinnatifides , glabres , mais garnies en dessous d’une rangée d’épines sur la nervure médiane ; les feuilles inférieures sont dirigées verticalement. Celte plante habite les lieux incultes et pierreux.

î.aitue vircHse , lactuca vivosciX.. Plante annuelle OU bisannuelle , très analogue à la précédente, dont elle diffère cependant par ses feuilles beaucoup moins découpées , obtuses au sommet ; les inférieures , non lobées et seulement sinuées et dentelées, conservent toujours la position horizontale. Elle habile les mêmes lieux que la précédente , mais possède des propriétés plus énergiques. Son suc laiteux est âcre , très amer, d’une odeur fortement vireuse et paraît être très narcotique. Il est certain que si l’on veut chercher parmi les laitues une succédanée de l’opium , c’est cette espèce qui devrait être préférée.

Scorzonère d’Espagne, snisifi.s noir d’Espagne; SCOrzonnrn kiüprmica L. Cette plante croît naturellement dans les pâturages des montagnes , en Espagne , en Italie, dans le midi de la France , et est cultivée très abondamment dans nos contrées, à cause de sa racine fusiforme, charnue , noire au dehors , blanche en dedans , remplie d’un suc doux et laiteux , qui est très usitée comme aliment. Sa tige est haute de 60 à 100 centimètres, munie de feuilles alternes, amplexicaules , lancéoléesacuminées, ondulées sur le bord; les capitules sont solitaires , portés sur de longs pédoncules fistuleux; l’involucre est oblong , formé d’écailles scaricuses , imbriquées; le réceptacle est nu; les detni-fleurons sont jaunes, tous hermaphrodites, suivis d’achaines étroits, allongés, cannelés, surmontés d’une aigrette plumeuse.

Celle plante ne doit pas être confondue avec le véritable .saisîWs [tr^agopogon pratensis L.) , qui croît naturellement dans nos prés et dont la racine est aussi usitée comme aliment ; non plus qu’avec le salsifis blanc [trcujopogon porrifolius). Ces deux plantes ont les feuilles sessiles , longues , étroites , aiguës , très glabres , creusées en gouttière à la base ; les capitules sont solitaires à l’extrémité d’un long pédoncule, pourvus d’un involucre composé d’un seul rang de folioles très longues et aiguës. Les corolles sont d’un jaune foncé dans la pre-

SYNAlNTHÉRfŒS — (.IlICOKACKK S. 15

ini(i'e espèro, d’un )iourpre violet dans la seconde; les achaines sont sessiles, siinriontés d’nn rostre allongé terminé par une aigrette pliiniciise. L’enscinble des aigrettes complètement épanouies, forme une sphère volumineuse et d’un bel effet.

Pisscnlil.

Taruxacurn dens-leoim üesf. , leontodon taraxacum L. Petite plante sans tige dont les feuilles, toutes radicales , sont sessiles, glabres, allongées , élargies au sommet et terminées par une grande partie de limbe triangulaire , un peu incisée à la partie inférieure. Le reste de la feuille est profondément pinnatifide et formé de découpures de plus en plus petites en descendant vers la racine , elles-mêmes laciniées et recourbées en crochet vers le bas (feuilles runcinôes). Du milieu des feuilles s’élève une hampe simple terminée par un capitule à double involucre , à réceptacle nu, à demi - fleurons jaunes, tous hermaphrodites; les achaines sont oblongs , striés, entourés de côtes épineuses et surmontés d’un rostre allongé terminé par une aigrette très blanche. De môme que dans les salsifis, lorsque les achaines approchent de la maturité, l’involucre se renverse , le réceptacle prend une forme convexe , les aigrettes s’écartent en rayonnant et forment une tête globuleuse que le vent disperse bientôt par parties dans les airs, en laissant le réceptacle dépouillé de sa légère parure.

Cliieoréc sanvage ( lîg. 2.>/( ).

Cinchoriimi intyhus L. Car. gén. ;

Capitule raultillore ; involucre double : l’extérieur court , h 5 folioles , l’intérieur à 8 ou 10 folioles longues, dressées ; réceptacle nu ou garni de quelques poils épars ; achaines obovés , un peu comprimés, striés, giabres , couronnés par deux séries de squamelles très courtes. — Car. spéc. :

Feuilles inférieures runcinées , munies de poils rudes sur la côte du milieu; feuilles supérieures oblongues, sous-entières; capitules axillaires presque sessiles , ordinairement géminés. Cette plante croît partout le

15 DICOryLÉDOiNES CAr.ICIFLOKES

long des clicmins; sa lige est haule de ijO à 60 cenlimètres , très rameuse ; les rameaux sont très ouverts et liispidcs. Les corolles sont d’une belle couleur bleue , quelquefois roses ou blanches. Les feuilles adultes sont très amères , inodores, et fournissent cependant à la dislillalion un hydrolat odorant et doué d’une amertume très marquée. Les feuilles très jeunes sont d’une amertume moins prononcée, tendres , et sont alors mangées en salade ou cuites. Cette même plante, élevée dans les caves, à l’abri delà lumière, s’étiole complètement, devient maigre et effilée, sans perdre son amertume, et est usitée en salade sous le nom de barbe de capuein.

La racine de chicorée est longue, blanche, grosse comme le doigt, et fait partie , ainsi que les feuilles , du sirop de chicorée ou de rhiibarbc composé. Cette même racine séchée et torréfiée a été proposée , lors du blocus continental , comme succédanée du café , et depuis cette époque on n’a pas cessé d’en consommer des quantités très considérables pour cet usage. Elle forme cependant, à elle seule, un breuvage fort désagréable, laxatif, et sans aucune autre analogie de propriétés avec le café, que sa couleur noire.

C'iiieorcc endive , cichoriwtt endiviu L. Espèce supposée par les un.s originaire de l’Inde, supposée par les autres être une simple variété de la chicorée sauvage. Cette espèce présente d’ailleurs deux variétés cultivées, fort différentes par la forme et le goût. L’une est la scarioie (Blackvv., t. 378), dont les feuilles sont larges , oblongues, un peu charnues, ondulées, crépues sur le bord , d’une amertume peu sensible; l’autre est la chicorée crcpnc , dont les feuilles sont arrondies, mais très profondément divisées et crépues , et dont l’amertume est très prononcée; toutes deux sont très usitées en salade.

TRIBD niiS CYNARÉES.

Bai-danc.

Genre lappa : capitules homogames (1) , multinores , égalillores. Involucres globuleux formés d’écailles coriaces, imbriquées, pressées les unes contre les autres , ensuite subulées , enfin terminées par une pointe cornée recourbée en crochet. Réceptacle sous-charnu , plane,

(1) Eomogames (mariages semblables ) , c’est-à-dire ne contenant que des fleurs semblables par rapport à la présence simultanée des étamines et du pistil, et à la fertilité de l’ovaire ; toutes les fleurs sont donc hermaphrodites fertiles ; cette dispo.sition répond à la syngénésie polygamie égalé de Linné.

Multiflores , pauciflores , éçj ali flores , etc.; ces mots n’ont pas besoin d’explication.

SYNANTJlÉlîÉIif

S — CYNAliÉIiS.

garni dn Hhrilles roidcs ri snhulées; corolles quinqiu'fides , régulières, dont le luhe )3ré.sente 10 nervures; (ilcts des élanimes couverts de papilles ; anthères terminées en appendices filiformes , pourvues à la hase (l’apptmdices siibulés ; stigmates séparés, divergents, recourhés en dehors; achaine oblong, comprimé latéralement, glabre, à rugosités transversales; aigrette courte formée de plusieurs rangs de poils rudes, caducs.

Trois espèces de lappn, comprises par Linné sous la seule dénomination (ïarctium lappa , fournissent la i-aoînc de bardnnc employée en pharmacie. La ])remière, nommée srandc iiardane ou lappa major ( fig. 235 ) , croît à la hauteur de 1 tnètreà 1"',30. Ses feuilles radicales sont très grandes, pétiolées, cordiformes, vertc.s-brunes en dessus ,

Tig. 230.

blanchâtres et un peu cotonneuses en dessous ; celles de la tige sont succ(!ssivement moins grandes et ovales. Les capitules sont terminaux, solitaires, rougeâtres, analogues à ceux des chardons , reconnaissables à leur involucre globuleux qui , en raison des crochets dont il est armé , s’attache à la toison des troupeaux ou aux hahits des passants. Sa racine est pivotante, longue, grosse, charnue, noire au dehors , blanche en dedans, d’une saveur douceâtre, austère, nauséeuse et d’une odeur désagréable (pii devient encore plus caractéri.sée par la dessicca-

18 DicoTYf.KnoMvS (;ali(:i1''U)hI';s.

lion, ('.elle planlo croît sur les rlieinins, dans les haies et. dans les hnis

nn peu humides.

La deuxième espèce , lupim ininor, croît dans les lieux pierreux et au bord des routes. Elle est plus petite que la précédente , et ses Heurs, qui sont grosses, au plus, conuiie des noisettes , naissent cinq ou six ensemble sur un pédoncule.

La troisième espece , lappa tumentosa. , diffère des deux premières par un duvet cotonneux semblable à une toile d’araignée , ()ui recouvre les écailles de ses involucres globuleux. Du reste elle jouit dos mêmes propriétés.

La racine de bardane est employée avec succès à l’intérieur, dans les maladies chroniques de la peau et dans les affections syphilitiques et rhumatismales. Elle contient une grande quantité d’inulme , comme je l’ai reconnu en 1811. Les feuilles de bardane Jouissent de propriétés encore plus actives et ne sont usitées qu’à l’extérieur.

.Vrlicliaiil cultivé.

Cynara scoiymus L. Car. gén. : capitule homogame, multidore , égaliflore ; squames de riuvolucre très nombreuses , imbriquées , larges et charnues à la base, coriaces au milieu , se terminant en une pointe épineuse. Réceptacle charnu, plane, garni de paillettes ; corolles à limbe épaissi à la base , égal en longueur h la moitié du tube , à 5 divisions très inégales ; filets des étamines couverts de [lapilles ; anthères terminées par un appendice très obtus; stigmates épaissis et rajiprochés ; achaines obovés , comprimés, tétragones , durs, glabres, à aréole large, sous-obliciue ; aigrette plumeuse , plurisériéc. L’artichaut commun croît naturellement dans le midi de l’Europe et est cultivé dans les jardins; sa racine est longue , éjiaisse , fusiforme ; elle produit une tigi; droite, cannelée , cotonneuse , garnie de quelques rameaux , haute de 60 à ÎOO centimètres ; ses feuilles sont très grandes , blanchâtres, profondément découpées, presque pinnées, à découpures piiinatilides et épineuses. Ce sont les capitules non épatiouis de cette plante qtie l’on sert sur les tables sous le notn d’artichauts. La racine d’artichaut passe pour diurétique ; les tiges sont très amères et contiennent probablement un principe actif dont la médecine pourrait tirer parti. Les llcurons macérés dans l’eau lui donnent la propriété de coaguler le lait.

Ariîciiaut-cardon , cynara cardunculus L. Cette espèce est originaire des contrées méridionales de l’Europe , et est très commune également en Algérie. Sa tige est droite, cotonneuse, haule do 1."',3() à 2 mètres ; ses feuilles sont plus longues que celles de l’artichaut commun, pinnalifides, munies d’une longue épine à l’extrémité de chacune

SYNANTHÉUlîKS — CVNAHKIiS. '19

de leurs découpures ; elles sont vcrlcs eu dessus , très blanches et cotonneuses en dessous ; les capitules sont moins gros cjue ceux de l’arlichant , formés d’écailles peu charnues terminées par une épine aiguë ; les lleurons sont bleus et jouissent d’une manière très marquée de la propriété de faire cailler le lait ; ce sont eux principalement qui sont employés pour cet usage sous le nom de fleurs de chardonnette. Le principal mérite de cette plante consiste dans la côte longue et charnue de ses feuilles qui , attendrie par l’étiolement , forme un mets agréable et facile à digérer. Ou les sert sur les tables sous le nom de cardons.

i:hai-<ioi> aux ûncs, O7wpo7^don acanthium. Plante commune aux environs de Paris, haute de 60 à 100 centimètres, à feuilles décurrentes , sinuées-dentées , épineuses. Les réceptacles sont charnus et pourraient être mangés comme les artichauts, si on prenait la peine d’en augmenter le volume par la culture. Les semences, qui sont perdues, devraient être récoltées et soumises à l’expression pour en retirer riiuilc. D’après Murray, un seul pied d’onopordon peut fournir 12 livres de graines, dont on retirerait 3 livres d’huile.

fin pharmacien m’a communiqué anciennement deux échantillons de Heurs vendues comme fleu'rs de chardonnette , dont un était de la fleur ([’onopordon acanthium. 11 me prévenait que cette fleur formait, avec l’eau uu infusé d’une saveur très amère, qui ne jouissait pas de la propriété de coaguler le lait. Ces fleurs se distinguaient d’ailleurs de celles de chardonnette par leur couleur blanche, leur odeur peu agréable, leur longueur qui ne dépassait pas 3 centimètres; enfin par leurs achaines mêlés, qui étaient oblongs , obovés, tétragones, couronnés par une aigrette courte. Les véritables fleurs de chardonnette sont longues de /i à 6 centimètres, d’une couleur violacée, souvent entourées à la base ])ar une couronne de poils forts longs ; elles possèdent une odeur très marquée, agréable, semblable à celle du carthame. Elles sont moins amères que les précédentes , et ont la propriété de coaguler le lait.

; silybwn tnarianum Gærtn. , carduus marianus L. Plante haute de 6ü à lOü centimètres , dont la tige épaisse et rameuse par le haut porte des feuilles fort grandes, larges, sinuées, épineuses, parsemées sur un fond d’un beau vert, de grandes taches blanches. Les capitules sont terminaux , entourés d’un involucre ventru dont les squames extérieures sont dilatées en un appendice renversé , ové et denté, terminé par une longue pointe; les squames intérieures sont lancéolées, très entières. Le réceptacle est charnu , garni de paillettes; les corolles sont inégalement quinquéfides; l’achaine est surmonté d’une aigrette plurisériée, caduque, portée sur un anneau corné.

On a attribué à cette plante de grandes propriétés qui n’ont pas été confirmées par l’expérience; mais ses jeunes feuilles, débarrassées de

CAI.KUFI.ORI'S.

UlCOTYr.liDONKS ( leurs épines, ses liges cuiles, ses récoplac.lcs r.liarniis, peuvent être employés comme aliment.

Cai-tlianu- des (eintiirici's un Ssiiraiimii (li;,’. 2ü(i ).

Curthamus tinctorùis L. Car. gén. : capitule iiomogame, innllillore, égaliflore; squames extérieures de l’involucre foliacées , ouvertes; celles du milieu dressées, élargies en un appendice ové, légèrement épineux à la marge ; les plus intérieures oblongues , entières , terminées par une pointe piquante. Réceptacle pourvu de paillettes linéaires; corolles à 5 divisions presque régulières, glabres, dont le tube dépasse l’involucre ; filaments des étamines glabriusculcs ; anthères terminées par un appendice obtus ; stigmates à lieine distincts; acliaines ovés-tétragones, glabres, très lisses; aigrette nulle.

Le carlhame est une plante annuelle de l’Inde et de l’Égypte, cultivée en France et en Allemagne à cause de sa fleur qui est usitée dans la teinture. Sa tige est simple par le bas , rameuse par le haut , garnie de feuilles ovées-lancéolées , plus ou moins dentées-épincuses , et terminée par plusieurs capitules globuleux , surmontés par des fleurons nombreux, d’un beau ronge orangé, pluslong.s que l’involucrc, serrés et rapprochés par l'ouverture rétrécie de l’involncre, mais épanouis en une tète globuleuse à l’extrémité. Cc.s fleurons, ipie l’on fait sécher seuls, sont coinpo.sés d’un tube rouge, divisé supérieurement on cinq parties et contenant encore les organes sexuels, fis ont une odeur assez marquée, qui n’est pas désagréable , et une certaine ressemblance extérieure avec le safran, ce qui est cause qu’on le mêle souvent à ce dernier dans le commerce. J’ai indiqué précédemment le moyen de reconnaître cette fraude (tome II, |). 195).

Le carthame conjiient deux matières colorantes : l’iine jaune , soluble dans l’eau , en est séparée et est rejetée comme inutile ; l’autre ronge, qui ne se di.ssout qu’à l’aide d’un alcali , en est extraite par ce moyen, et est ensuite précipitée par un acide végétal , on sur la soie , qu’elle teint

bYKAAXlIliUKKS

CVKAUÉliS.

un ruse , ou sous foi uiu cl’uiio lii(|iie iimuinéo coiiimunûnieiU roKijf; mi- , (loin les clames se serveiil pour se |)eiudre le visage.

(,ctie couleur rose est une des plus belles (|uc l’on puisse voir, mais c’est aussi une des plus fugaces. On la trouve encore sous deux autres formes : l’une est une laciue rouge, dure et com])acte , préparée en Égypte; l’autre est un petit carton, recouvert, en Chine, d’une couche de matière colorante pure. Ce cpi’il y a de singulier, c’est que cette couche desséchée offre la couleur verte dorée et l’éclat des élytres de cantharides; la couleur rose paraît aussitôt qu’on la touche avec de l’eau.

On trouve dans les Annales de chimie, t. XLVIlf, p. 283, une bonne analyse des fleurs de carihanie , par Dufour, pharmacien. ( Voir egalement t. L, p. 73.)

Les semences de carlhamc .sont dépourvues d’aigrette , blanches , oblongues , li.s.ses et quadrangulai.res ; elles sont émulsic es, et fournissent par expression une huile qui est employée eu Égyjtle , mais non en France. Elles enlrcntdans les iMcllcs diacarthami, auxquelles elles ont dontié leur nom.

Cliardoii Jjéiiit ( lig. 257 ).

Cnicus henedictus Gært. Plante annuelle, croissant naturellement dans le midi de l’Europe et cultivée dans nos contrées; sa tige est droite, haute de 50 centimètres, rameuse, laineuse, garnie de feuilles demi-décurrentes, oblongues, sinuéesou dentées et un peu épitieuses. Les capitules sont solitaires et terminaux , entourés de bractées foliformes ; l’involncre propre est ové, composé d’écailles appliquées, coriaces, prolongées en un long appendice dur et épineux, pourvu d’épines latérales pinnées et distancées; le réceptacle est pourvu de paillettes. Les fleurs sont nombreuses , presque régidières , hermaphrodites fertiles, excepté celles de la série la plus extérieure, (pii sont stériles, l.’aciiaine est glabre , régulièrement et longitudinalement strié , surmonlt; d’un bourrelet extérieur très

22 l)H;OTVl,Él)ONliS CALlClb'l.OllliS.

court et rriine double courouue formée clmcuiie de 10 soies, les extérieures ))lus longues (|ue les lulérieuies.

On lit dans jilusieurs ouvrages que le «-liai-don itt-nii des i*;!risiens est le ccirthamus lanntiis 1,. [kentroiihyllum lanatwn Dti. ; Blackwell, t. /i68). Je ne sais sur quoi cette assertion est fondée; mais le chardon bénit de nos officines est bien le cnfcu.s' hmedictus de Gærtner, t. 162, et le cardmis bmedictvs de Blackwell, t. /i76. On en trouve une analyse, faite par JL Jlorin , de Rouen, (\i\iK lu Journal dv diimie médicale, année 1827, p. 105.

(leiiliiiirées.

Genre très nombreux de la tribu des cynarées , dont binvolucrc est formé de squames variées; les lleurons de la circonférence sont prestjue toujours stériles et pourvus d’une corolle accrue et rayonnante; les achaincs sont comprimés, à hile latéral antérieur ; l’aigrette est formée de soies rudes, multisériées , celles de la série intérieure étant plus petites et conniventes , plus rarement égales aux autres ou |)lus grandes. Ge genre avait été divisé par plusieurs botanistes eu nu grand nombre d’autres qui n’ont été considérés par de Gandolle ([00 comme de simples sections du même genre. Plusienrs des jtlautes qui le comitosent ont été employées en médecine, mais sont presque inusitées aujourd’hui.

Urandc centaurée, ccntnurea cen/miriuin L. 'fige droite, rameuse, haute de 1 mètre à l''',5; feuilles grandes , alternes, embrassantes, profondément pinnatifides , à lobes dentés eu scie ; iuvolucres globuleux à écailles ovales, appliquées, obtuses et privées d’épines ; corolles purpurine.s. Cette plante croît en Italie.

Jaccc des prés, centaurca jacea L. Plante herbacée, haute de 35 à 50 centimètres , munie de feuilles rudes au toucher, éparses , lancéolées , les inférieures découpées sur le bord , les supérieures entières. Les capitules sont formés de fleurs purpurines , quelquefois blanches , dont les extérieures sont stériles et plus grandes (pie celles du disque. Les achaines sont absolument dépourvus d’aigrette.

Binet ou bari>ean , ccntaurca cyttHus L. Tige droite , rameuse , cotonneuse; feuilles alternes , cotonneuses, scssiles, linéaires, très entières, les inférieures plus larges, pinnatifides on dentées ; capitules entourés de bractées; iuvolucre ovale ou sous-globuleux , comiiosé de squames ceintes jusqu’au sommet d’une marge membraneuse, dentée et ciliée. Les corolles de la circonférence sont beaucoup plus grandes (juc celles du disque ; les stigmates sont libres; le fruit présente un ombilic nu et une aigrette plus courte (|uc l’acbaine. Cette plante croît spou-

SVNAiN'rHÉliliES — CVlNAlif-ES. 23

laiic'iiieiU iiu milieu de nos moissons qui se pareiiL, au mois de juin, de ses (leurs d’un bleu céleste, rarement rouges ou blanches, mélangées à celles des coquelicots. La Heur de bluel est peu odorante et fournit peu de principes à la distillation. On en préparait cependant autiefois une eau distillée à laquelle on a attribué de si grandes propriétés contre diverses maladies des yeux que la plante en a pris le nom de casselunelU;.

t;iiai-aun étoile OU eiiaiisse-ti-apiie, centauvea calcitrajia L. Tige très rameuse, dill'use, poilue, munie de feuilles sessiles, ))innatilobées; capitules ovés , sessiles entre les feuilles extrêmes sous- indivises ;

|u n c extérieures de l’involucre terminées en une longue épine ouverte, avec 2 ou 3 spinules à la base ; squames intérieures scarieuses, obtuses au sommet; achaines dépourvus d’aigrette, (iette plante croît en France sur le bord des chemins et des fossés; elle est amère et a été vantée comme fébrifuge; on a employé dans ce but les différentes parties de la plante, racines, fleurs ou feuilles.

iCeiicn blanc, centauvea hehen L. La racine de cette plante , observée par plusieurs voyageurs dans la Perse , en Oappadocc et au pied du mont Liban , en Syrie , est employée par les Arabes comme tonique et pour réparer les forces viriles. Elle ressemble à la racine de réglisse par sa forme et sa grosseur, mais elle est blanche en dedans , d’un goût un jteu amer; suivant d’autres elle serait âcre et odorante. Cette racine a d’ailleurs été toujours tellement rare en Europe qu’on lui substituait celle de quelques plantes caryophyllées de notre pays; telles que celles du xilcnc inllata Smith {cuciibalus be/ien L.) , du silene armeria L. et du silene bahen L. Aujourd’hui les unes et les autres sont oubliées.

Pour le beben rouge , voyez t. II, p. A 16.

Carliiic.s ni ('.liamaueoii.s.

(iar. gén. : capitule horaogame , multiflorc , égalillore ; squames extérieures de l’involucre ouvertes, foliacées, dentées - épineuses ; squames intérieures allongéois, rayonnantes, scarieuses, colorées; réce])tacle plane ; paillettes soudées à la base en forme d’alvéoles , inégalement multifides au sommet; corolles glabres, quinquéfides ; anthères longuement appendiculées au sommet, à double queue plumeuse à la base; filets glabres; achaines cylindri(|ues, couverts de poils .soyeux , appliqués, bi-apiculés ; aigrette formée de lamelles plumeu.ses , unisériées, soudées inférieurement par 3 ou U.

La c:ii-linc ollîciiialc, cofliua. subdcauUs ItC. , paraît avoir été connue dos anciens sous les noms d’/xv'nè ou de helxinè. Elle a pris son nom moderne de celui de (iharlemagne , .sous le rogne duquel on dit

2& DlCOTYLÉDO.MiS CALICXI'I.OKES.

(lu’ello fui employée ;ivcc succès conlrc la peste, üu eu eoimaît deux espèces que les botanistes considèrent comme deux variétés de la même plante. La première est le carlina subacuulis ncuults ÜC., h carlina ucaulos magnu flore albo de G. Jîauhin, le chcanæleon albus de Glusius, la cmiine on le chamœleon blanc de Lemery. Celte plante (lig. 238) pousse de sa racine des feuilles grandes , longues, larges, profondément découpées, garnies de pointes rudes et piquantes, comme celles des artichauts. Ces feuilles sont étendues h terre, et il sort du milieu d’elles, sans aucune apparence de tige, un capitule fort large , orbiculaire , entouré d’un double involucrc épineux , dont rinlérieur est formé de .squames simitles , linéaires , rayonnantes, blanches ou purpurines, ([ni

donnent au capitule l’apparence d’une grande fleur radiée. La racine de cette plante est droite, pivotante, longue de 60 centimètres, grosse comme le pouce, de couleur obscure au dehors, blanche en dedans, d’une odeur forte et aromatique, d’un goût âcre, aromatique, non désagréable. Au dire de Geoffroy, la surface en est ordinairement comme rongée et percée. Celle variété est fort rare , et ne fournit probablement pas la racine de carline du commerce.

L’autre est beaucoup plus commune. C’est le carlina mbacaulis cnidescens DC. , le carlina elatior ou chamœleon albus vulgaris de Clusius; la carline ou le chornœléon noir An Lemery. Elle diffère de la première en ce (pte son capitule est moins volumineux , et poi té seul à rextrcmilé d’une tige qui s’élève d’enlie les feuilles, à la hauteur de

SYKAMTlIlim'ilib

— CVNAUÉES. 25

oO ceiilimètres environ. Sa racino est. ordinaircnit'iil à demi ouverle , dit Leinery, et ce caractère doit être reinaï qné, car on le retrouve dans plusieurs racine.s delà inèine famille, et c’est lui qui m’a servi pour trouver la véritable origine de la racine de costus.

La racine de carline , telle que le commerce la fournit , est longue de 13 à 16 centimètres , grosse comme le petit doigt, d’une couleur grise, toujours ouverte longitudinalement, ou comme rongée d’un côté, d’une odeur et d’une .saveur mixtes d’aunée et de bardane, que quelques personnes comparent h celles du champignon comestible.

On vient de voir que la carline acaule a été nommée par Clusiuset Letncry chamœtéon blanc , et la carline à tige , par Lemery, chamœléonnoir. Cette synonymie, admise par beaucoup d’auteurs, était fondée sur ce que ces auteurs croyaient que leurs racines étaient celles que les anciens nommaient chamœléom ; mais c’est une erreur qui a été reconnue par Pierre Bélon. Ce botaniste a trouvé , en effet , dans l’îlc de Crète, le vrai chainseiéon blanc des anciens, qui laisse découler du collet de sa racine une gomme-résine que les femmes mâchent , comme on le fait du mastic à Scio , et de la gomme-résine de chondrille à Lemnos. Cette plante, dont la racine est grosse comme la cuisse, et exhale , lorsqu’elle est sèche , une forte odeur de violette , est le carlina gwtmiifera de Lesson , Vacarna guimnif'era de AVildenow, ïatracifllis gnmmifcra de Linné , \e, cnicus carlinœfolio , acaulus, gumrnifer, acideutus de Tournefort. Le vrai ehaniœicon noir a été trouvé par le même voyageur dans l’île de Lemnos ; c’est le cardnpatium corymbü.tum .T. ,1e hrotera corymhom AV., le carthumiis corymbosus L. , le chmmdeon niger, umhellutus, flore cœruleo hyacinthino de G. Bauhin. Cotte plante , dont la tige est droite et haute de 33 centimètres , porte près de sa base de grandes feuilles étalées, pinnatifides , épineuses, et forme au sommet un corymbe très serré de capitules nombreux , sessiles, composés de Heurs bleues. Sa racine renferme un suc très âcre et caustique , et Dioscoride la décrit comme étant à demi rongée ; elle ressemble donc par ce singulier caractère aux deux racines de carline ; mais elle en diffère par sa causticité.

liacinc de Co.slu.s.

Les anciens auteurs grecs et latins ont parlé du costus , et en ont distingué plusieurs sortes. Dioscoride, par exemple, en reconnaît trois, à savoir : V arabique , qui est blanc, léger, et d’une grande suavité d’odeur ; l'indien, moins estimé, qui est léger, plein, noir comme une férule; eiilin le syriaque, qui est pesant, d’une couleur de buis et d’une odeur fatigante. Dioscoride ajoute ([u’on sophistique le costus

26 lUCOTYLÉDUNES CALICIFI.ORES.

Cil y iiiclaiU la l’acine d’une espèce d’année qui croît en Coniagènc ; mais que celte tromperie est facile à reconnaître, l’aunée n’étant ]ias brûlante au goût , et n’ayant pas une odeur aussi forte et qui porte à la tête.

Au total, d’après Dioscoride, le costus est une racine qui doit avoir de la ressemblance avec celle de l’aunée, et qui doit être blancliâtre, d’une odeur forte et pénétrante et d’une saveur brûlante.

Pline ne dit rien autre chose du costus, si ce n’est qu’il a une saveur brûlante et une excellente odeur, et que tout le reste de la plante est inutile. Il ajoute cependant que dans l’île Fatale, h l’embouchure de l’Indus , le costus est de deux sortes : l’une noire et l’autre blanchâtre , qui est la meilleure. D’antres auteurs distingueiic le costus en doux et amer; mais, suivant Galien , tout le costus est amer : il semble, d’après cela , qu’on peut ajouter l’amertume au nombre des caractères propres au costus des anciens.

Suivant Bontius et Garcias ab horto, doux médecins qui ont longtemps séjourné dans l’Inde, il ny a qu'une seule espèce de costus, douée d’une odeur très forte et qui n’est ni douce ni amère au goût lorsqu’elle est récente; car alors elle est très âcre; mais elle devient amère en vieillissant. Garcias dit s’être informé do commerçants arabes , turcs et persans, s’il naissait chez eux quelque autre espèce de costus que celle tirée de l’Inde , et que tous lui ont répondu ne connaître que le costus de l’Inde.

On trouve à la vérité dans les ouvrages de plusieui’s hotanistes , tels que Gaspard Bauhin, Jean Bauhin et Chabræus, des figures de costus qui semblent en indiquer plusieurs espèces ; mais c’est parce que ces botanistes voulant retrouver les sortes de costus mentionnées par les anciens, en donnaient le nom à quelques racines aromatiques (jue ces anciens n’avaient pas décrites ailleurs, et que l’on pouvait sup|)oscr, par cela seul, avoir été comprises par eux dans les costus : telles étaient le gingembre sauvage et la zédoaire. âlais si l’on consulte les auteurs contemporains qui ont écrit sur la droguerie et la pharmacie pratiques, comme Pomet , de Meuve , Lemery, de Renou , Gharas , on reconnaîtra ([u’ils n’ont tous vu qu’une seule et même espèce de costus, qui est celle que nous avons.

Je suis entré dans ces détails , afin de montrer qu’il n’existe véritablement qu’uti seul costus ( nommé par les Arabes cas! ou cosf.) , dont la patrie paraît être une contrée presque inculte et inconnue, comprise entre la presqu’île de Guzuiatc, le royaume de Delhi et le cours de i’Indus. Ce costus a été tiré par Glusius de Portugal, alors que celle puissance dominait seule en A.sie et en faisait le commerce exclusif; et la figure qu’il en a laissée, ainsi que la description , se rajtportent exae-

SYjN'AKTHÉlUiKS — CYNAUÉES. 27

leinent à iiolru costus actuel. De plus, il faut bien reconnaître (]uc ce costus s’accorde assez bien avec la description de Dioscoride ; ce (jui , joint à la tradition nominale, m’autorise à conclure que c’est le même. En voici maintenant les caractères :

Le costus des officines (fig. 229) est une racine qui, lorsqu’elle est entière , paraît napiforme ,

Fiu. 239.

non articulée ni fibreuse , assez pesante ; elle est terminée supérieurement par une tige qui est fibreuse à l’extérieur, et entièrement remplie par une moelle blanche.

La grosseur de cette racine varie depuis celle du petit doigt jus(|u'à 54 centimètres de diamètre. Elle est grise à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur, d’une odeur analogue à celle de l’iris ; mais il s’y mêle une odeur de houe , qui donne à la première beaucoup de force et de ténacité. Sa saveur est

Il acre.

it rarement entière; ordinai-

assez fortement amère e La racine de costus e:

renient elle est brisée en tronçons irréguliers devenus l’intérieur qu’à l’extérieur, et qui offrent dans leur cassure un grand nombre de cellules remplies d’une substance rouge transparente , probablement de nature gommo-résiiieuse. La substance même de la racine est criblée d’une infinité de pores visibles "a la loupe, surtout après avoir dissous , par l’eau et l’alcool , la matière soluble qui les remplit (f). Ce caractère est commun à la racine de turbith , à laquelle d’ailleurs le costus ressemble beaucoup; mais le turbith est inodore, et le costus possède , comme je l’ai dit , une forte odeur d’iris et de bouc mêlés.

Enfin la racine de costus offre un caractère remarquable , qui doit nous mettre sur la voie de son origine botanique ; la plupart des morceaux sont à moitié ouverts sur le côté, et sont souvent comme rongés

(I) Le costus (;oinmuni(|ue à l’éther, h l’alcool et à l’eau une couleur jaune foncée ; le macéré aqueux e.sl très amer, l’alcoolique l’est beaucoup moins.

DICOTYIÆDOAKS C.iLlCU'XORES.

jus(|ii’au cOlUre. Ceux des morceaux qui ii’offreiit j)as encore ceüe .solution de continuité, sont au moins déprimés d’un côté, ce qui indique "un caractère non accidentel et qui tient à l’organisation même du végétal. Si l’on ouvre la plupart des auteurs , on y voit que la raciue de costus sentant l’iris , cüstus irideni redolem, costus indiens violw martis üdore , est produite par le tsjana-kua de Van Rlieedc , qui est le costus arahicus de Linné , ou mieux le costus speciosus de AVilldenow, le costus arahicus L. se rapportant plutôt à une espece américaine ; mais la racine du costus speciosus est noueuse et articulée, comme presque toutes celles de la famille des amomées, et elle est entourée d’un grand nombre de fibres. Le plus, elle a une saveur presque nulle et une odeur peu marquée. Enfin j’ai examiné avec soin tous les genres et toutes les espèces de la famille de scitaminées que l’on trouve dans les magnifiques otivrages de Hoxhurgh et de lloscoë, et je puis dire que notre racine de costus n’appartient à aucune plante de celte famille. J’ai prié M. Pereira , itrofesseur de matière médicale h Londres , de soumettre cette question au docteur Wallicb , directeur du Jardin de botanique de Calcutta. Ce savant a répondu, comme je l’avais fait, que le costus officinal n’appartenait ni au genre costus, ni à aucun genre de la famille des scitaminées. Cette racine lui était rnêmc tout à fait inconnue, ce qui tient à ce qu’elle est étrangère au Bengale, et (ju’elle ne doit provenir, ainsi que je l’ai dit, que des contrées situées etilre la Perse et la presqu’île occidentale de l’fnde.

Quant à la plante qui produit la racine de costus officinal , rien ne me paraît encore contredire l’opinioti que j’ai émise dans le Journal de chimie médicale^ t. VIII, ]i. 666, que cette plante est voisine des carlines et des cbamæléons. On peut voir en effet à l’article carline et chamœléon, qui a précédé, que les racines de ces plantes sont toutes ouvertes et comme à demi rongées sur le côté. J’y ai rappelé que le charaæléon blanc, ti’ouvé par Belon dans l’île de Crète, produisait une racine si odorante que la pièce où on la conserve en contracte une odeur de violette capable d’entêter. Je dois ajouter qu’en comparant la racine de carline du commerce au costus, on trouve des morceaux tellement semblables entre eux qu’on les dirait produits par la même plante. Je crois pouvoir en conclure encore que le costus officinal provient d’une plante voisine des carlines et des cbamæléons , qui diffère de la carline par l’odeur, l’amertume, l’àcreié et le volume plus considérable de sa racine; du cbamæléon blanc, parce qu’elle est à son tour plus petite que lui , et qu’elle jtorte une tige, tandis que le cbamæléon blanc eu est dépourvu ; du cbamæléon noir, parce (|uc celui-ci est âcre et causli(jue , ce qui ne présente pas la racine de costus, au moins dans l’état

SYN/VSTllliKÉK.S — CYNAliÉKS. 2!)

OÙ nous la connaissons ; enfin de lVo/r/'oCT/ï).nr« fie Reion, en ce que celui-ci a la racine noire à l’intéi’ieur comme à l’extéi ieui'.

.l’ai transcrit littéralement ici l’article costus de ma précédente édition, (pii n’est que le résumé de deux articles sur le même sujet publiés dans \q Journal de chimie médicale, en 1831 et 1832; parce que je tiens à lionneur de montrer que c’est moi qui, eu m’aidant des seuls caractères physiquesde la racine et eu repoussautl’opinion généralement admise que cette racine était produite par une plante scitaminée , suis arrivé le premier à en découvrir la véritable origine. M. Falcouer, surintendant du Jardin botanique de Saharunpore, en trouvant dans un voyage au Cachemire la plante qui produit le costus, n’a fait (]ue confirmer toutes les données précédentes (1).

Cette plante croît en grande abondance sur les pentes découvertes des montagnes qui entourent la vallée de Cachemire, à une élévation de 8 à 9000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Sa racine , nommée koot , forme un article important de commerce, et on en récolte annuellement environ 2 millions de livres pesant, dont la plus grande Itartie est importée en Chine, où elle est tenue en grande réputation comme aphrodisiaque. On l’emploie également comme vermifuge chez les enfants , et pour préserver les ballots de châles de l’attaque des teigne, s. La plante est regardée par M. Falconer comme formant le type d’un nouveau genre de cynarées, voi.siu des saussw'ca, auquel il a donné le nom de auklandia , en l’honneur de lord Aukland, gouverneur général de l’Inde , et lui a imposé le nom spécifique de auklandia coslus. Voici les caractères qu’il en donne :

Capitule homogarae , multifiore; involucre ové-globuleux , imbriqué multisérié; squames oblongues, appliquées , avec un sommet endurci , écarté, terminé en soie; réceptacle convexe couvert de squamellcs formant alvéoles par le bas. Corolles égales , quinquéfides , à tube grêle, allongé , sous-dilaté à la base , renflé à la gorge , à lobes linéaires égaux ; anthères courtement appeudiculées au sommet , terminées à la base par 2 queues plumeuses ; filets glabres; styles à 2 rameaux allongés, libres, divergents; achaines glabres, obovés , épais; paillettes de l’aigrette égales, bisériées ; soies plumeuses cohérentes à la base par 3 ou h, réunies en un anneau caduc.

Herbe haute d’une toise , vivace; racine épaisse, sous-fusiforme, rameuse, très aromatique ; tige simple, droite, striée, feuillue; feuilles

(t) Le Mémoire de M. Falconer, communiqué le 17 novembre 1840 , par M. Iloyle , à la Société linnéenne de Londre.s , a été imprimé par extrait en 1841 , dans le.s Annals and manazine of nalural liislnry {i. VI, p. 47o) et in extenso dans les Transactions of Iho linnean Society (1843) , t. \IX,

:iü DUlOTVUîDOiNl-S CALICIKLOUKS.

alternes, très amples , sons-lyrées , à lobe terminal très grand , liastécordé, inégalement denté, h dénis terminées par une soie; capitules terminaux sessiles, réunis au nombre de 5 à 8; Heurs d’un pourpre

Cette même plante, si bien décrile par W. Falconer, avait été trouvée avant lui, en 1831, par Victor Jacquemont, sur les monlagncs du Cachemire, h une hauteur de 2600 à 3000 mètres , et a été décrite par .11. Decaisne (1) sous le nom de aplotaxis lappa. Le seul caractère différentiel qu’on y trouve c’est que, dans Vaplotaxis lappa (fig. 240), l’aigrette de l’ovaire est unisériée , tandis qu’elle présente deux séries de soies auklandia. Mais si l’on veut bien remarquer que M. Falcouer reproche à de Candolle d’avoir séparé son genre aplotaxis du genre saussurea, sur ce seul caractère que l’aigrette des aplolaxis présente une seule série de soies, tandis que, d’après l’observation de M. M.-P. Edgevvortii , le plus grand nombre des aplotaxis de l’Himalaya possède réellement un rang extérieur de soies très caduques, qui disparaissent fréciuemment dans les éclianlillons desséchés , on sera convaincu de l’identité des deux plantes. Voici ma conclusion dernière : si la plante possède denx séries de soies à l’aigrette , elle appartient au genre saiirurea , dont elle ne se distingue par aucun caractère essentiel , et son nom doit être saururea costus ; si l’aigrette est véritablement unisériée, comme l’a vue M. Decaisne, c’est un haptotaxis (2), et je pense que le nom haplotaxis costus , qui rappelle son produit le plus essentiel , doit lui être appliqué préférablement h celui A' aplotaxis lappa.

La racine de costus, comme toutes les substances aphrodisiaques , était autrefois très usitée dans les parfums et les pommades odoriférantes. Elle n’entre plus guère aujourd’hui que dans la thériaque. Il y a un certain nombre d’années qu’un droguiste de Paris, se trouvant à

(1) Voyage dans l’Inde, t. IV, p. 96; allas, pl. 104.

(2) Ce nom étant dérivé de inloo; simple et de -ra?iç série , doit s’énrire haplotaxis et non aplotaxis.

SYNANTHÈRliES — Sl'iNÉClONlDÈES. 31

T.ondi'cs, à une vente de la Compagnie des Indes, en a acheté une assez forte partie, sons le nom de racine d’iris , et à vil prix. C’est cette racine (|u’on ti trouvée pendant (jiiekine temps dans le commerce , à l'aris. Malhenreusenieiit beaucoup de personnes ne la connaissant pas, la pins grande partie a été employée comme racine de turbith et a été |)erdue pour la pharmacie. Elle est devenue aujourd’hui presque aussi i'itroiivahle qii’anparavani.

Souci Iles jardins.

Calendula. officinalis L. Cette plante et ses congénères, quoique comprises eticorc dans la tribu des cynarées, en diffèrent beaucoup par leur port et par leurs capitules hétérogames , dont les (leurs de la circonférence sont ligulées , radiées, femelles et fertiles , tandis que celles du disque sont tubulées , h 5 dents, hermaphrodites mais stériles par l’avortement du pistil , ou mâles ; le réceptacle est nu ; l’involucre est formé de un ou deux rangs de folioles égales, lancéolées; les achaines sont courbés en arc , épineux sur le dos , privés d’aigrette ; les feuilles sont parsemées de points transparents et pourvues d’une odeur désagréable.

Le souci officinal croît naturellement dans les champs du midi de l’Europe et est cultivé dans les jardins à cause de ses fleurs d’un jaune foncé, radiées et d’un assez bel effet ; ses feuilles sont pubescentes, les inférieures entières et spatulées , les supérieures cordées-amplexicaules, lancéolées , un peu dentées. Cette plante a été très employée autrefois , dans un grand nombre de maladies diverses; elle est inusitée aujourd’hui. 11 en est de même du souci des champs {calendula arverms) , qui est assez semblable au précédent, si ce n’est qu’il est plus petit dans toutes ses parties.

TRIBU DES SÉNÊCIONIDÉES.

.\rnlca lic montagne (fig. 2/n).

Arnica montana L. Car. gén. : capitule multillore hétérogame ; fleurs du rayon unisériées, femelles, ligulées, présentant parfois des étamines rudimentaires, tube velu; fleurs du disque hermaphrodites, tubuleuses, à 5 dents; involucre campanulé formé de deux séries de squames linéaires-lancéolées , égales. Réceptacle couvert de soies fines ; styles du disque à rameaux longs, couverts d’un duvet descendant très bas, tronqués par le haut ou surmontés d’un cône court; achaines sous- cylindriques , atténués à chaque extrémité , à côtes peu marquées.

'A'2 mCOTVLÉDONl'S CAI.ICIKI.OliES.

un peu velus ; aigretle unisériée, à poils ramassés, un pou rigides,

couverts de pelilcs barbes rudes.

L’arnica croît en Aileniagne , en Suisse et dans les Vosges. ]l pousse de sa racine plusieurs feuilles obovées, entières , à 5 nervures, d’entre lesquelles s’élève une tige haute de 35 centimètres , qui porte une ou deux paires d’autres feuilles plus petites, opposées, plus étroites, et qui se termine par une belle Heur jaune radiée , accompagnée plus tard de une ou deux fleurs latérales , portées sur de longs pédoncules sortis de l’aisselle des deux feuilles supérieures. La racine , la feuille et la Heur de l’arnica sont usitées, et en France c’est la fleur qui l’est le plus. La racine est brune nu rougeâtre à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur, menue , fibreuse, d’une odeur forte et âcre, d’une saveur également âcre, aromatique , non désagréable. File est excitante , antiseptique , résolutive et quelquefois vomitive. La feuille est employée en poudre comme sternutatoire; quant à la fleur, qu’il est facile de reconnaître à ses demi-fleurons d’un jaune doré et aux semences noires couronnées d’une aigrette gris-dc-lin qu’elle renferme toujours , elle a une odeur forte, agréable, et jouit à un très haut degré de la propriété sternutatoire ; il suffit même pour éprouver de violents éternuments de remuer les fleui’s avec les mains, ce qui est dû à de.s parties soyeuses extrêmement fines qui s’introduisent dans les narines et les ii rilent fortement.

La fleur d’arnica prise en infusion est excitante , sudorifique et utile dans les affections rhumatismales et la paralysie. Elle est émétique à trop haute dose , ce qu’il faut éviter. M. Mercier, médecin de Rochefort , avait cru devoir attribuer ce dernier effet à des larves d’insectes qui se trouvent souvent dans la fleur d’arnica ( Ann. de chim. , t. LXXVII , p. 137); mais d’après une observation rapportée par MM. Chevallier et Lassaigne , il paraît certain que la fleur d’arnica jouit par elle-même de la propriété vomitive.

Ces mêmes chimistes ont analysé la fleur d’arnica et en ont retiré une résine jaune ayant l’odeur de l’arnica , une matière nauséabonde ii laquelle ils attribuent la propriété vomitive , de l’acide gallique , une matière colorante jaune, de l’albumine, de la gomme , du chlorure de potassium, du phosphate de potasse, un sel à base de chaux, des traces do sulfate et de silice [Jonrn. pliarm., t. V, p. 2/i8).

Fig. 2M.

SYNANTHÈRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 33

On trouve sur les montagnes , en Europe , un genre de plantes qui a été longtemps confondu avec les arnicas , auquel il ressemble beaucoup par le port et peut-être aussi par les propriétés. Ce sont les doronies [doronicum pardalianches , austriacum , scorpioides , plantagineim , etc. ) , dont les feuilles sont généralement assez grandes , cordiformes ou ovales, dentées sur le bord; les fleurs sont grandes également, jaunes et radiées; le réceptacle est nu, alvéolé, un peu convexe ; les styles du disque ont les rameaux tronqués, couverts de duvet au sommet seulement; les achaines sont turbinés, creusés de sillons longitudinaux ; ceux du rayon sont chauves ; ceux du disque sont pourvus d’une aigrette soyeuse plurisériée.

Pendant longtemps les racines de doronic ont passé pour très vénéneuses , sur l’opinion que les anciens s’en servaient pour empoisonner les animaux féroces et principalement les loups et les panthères. On peut croire en effet que le doroniciim gjardalianches de Linné est l’acojiitum pardalianches (1) qui , suivant Dioscoride et Pline , servait à cet usage ; mais l’assimilation même que font ces deux auteurs du pardalianches avec l’aconit permet de croire que c’était plutôt un véritable aconit qui servait à la destruction des animaux sauvages qu’une racine de doronic. Un certain nombre de médecins modernes ont employé la racine de doronic contre plusieurs maladies, telles que les vertiges et l’épilepsie; elle est aujourd’hui tout à fait inusitée.

Pleur Ile Pleil-de-CUat.

Antennaria dioica Gærtn. , gnaphalium dioicum L. Caractères du genre antennaria : capitules multiflores , dioïques ou sous-dioïques ; involucre formé de squames imbriquées, rudes, coloriées au sommet; réceptacle convexe, pourvu d’alvéoles à bord deiiticulé; corolles tubuleuses à 5 dents égales ; les fleurs mâles ou hermaphrodites ont les anthères semi-exsertes , pourvues de deux soies à la base , et un ovaire non fertile (?) surmonté d’un style simple au sommet ou à peine bifide, et couronné d’une aigrette unisériée, formée de soies barbues, élargies au sommet. Les fleurs femelles sont filiformes , à limbe très petit , sans rudiments d’étamines, pourvues d’un style à sommet bifide, et d’une aigrette unisériée à soies filiformes ; l’achaine est sous-cylindrique.

Le pied-de-chat est une petite plante qui croît dans les collines exposées au vent , surtout en Suisse, dans les Vosges et dans le midi de la France. Elle est traçante , munie de feuilles radicales spatulées et

(1) De irapiîoç panthère , et S.yi.H'i étrangler.

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