‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 5 sur 85 · III · texte numérisé non relu

III

3/| DICOXYLKDONES CAMCIFLORES.

d’une lige qui porte d’autres feuilles linéaires , toutes entières ; toute la plante est cotonneuse et blanchâtre; la tige s’élève à peine a la hauteur de 30 centimètres , et est terminée par un petit nombre de capitules disposés en corymbe. Chaque capitule est muni d’un involucre imbriqué, dont les écailles extérieures sont cotonneuses et blanchâtres comme les feuilles, et dont les écailles intérieures , plus développées , arrondies et pétaloides, sont colorées en rouge sur la plante à capitules mâles, ou en blanc sur la plante femelle. Le centre des capitules est occupé par un duvet très fin et soyeux , composé de l’aigrette plumeuse des achaines. C’est ce duvet arrondi et velouté qui donne à la fleur quelque ressemblance avec la patte d’un chat, et lui a valu le nom de piedde-chat : la plante a aussi porté les noms de hispidula et de pilosella, qui veulent dire velue.

La fleur de pied-de-chat est rouge ou blanche, ce qui dépend de la couleur des écailles pétaloides de l’involucre; la rouge est préférée à l’autre, parce qu’elle est plus agréable à la vue ;. je la crois aussi plus odorante.

C’est au même genre gnaphalium, ou au genre voisin helichrysum , qu’appartiennent les immortelles , plantes dont le nom est d’une si grande ressource pour les poètes chantants et les flatteurs. On leur a donné ce nom d’immortelles à cause de ce que leurs fleurs étant cueillies et abandonnées h elles-mêmes, les écailles colorées qui les composent presque entièrement se dessèchent sans se flétrir et se conservent ainsi plusieurs années. Les espèces les plus usitées sont rhumoi-teiic blanche {antennaria margaritacea) , rimmortellc argentée [helichrysum argenteum) , l’immortelle jaune [helichrysum orientale) , et le stœchas ciirin {helichrysum stœchas).

Tanaisie vulgaire ( lig. 2fâ ).

Tanacetum vulgare L. Car. gén. : capitule homogame , rarement rendu hétérogame à la circonférence , par une série de fleurs femelles tri ou quadridentées; involucre campanulé, imbriqué; réceptacle nu, convexe ; corolles du disque à 4 ou 5 dents ; achaines sessiles , glabres, anguleux , pourvus d’un large disque épigyne; aigrette nulle ou réduite à l’état d’une couronne membraneuse entière ou dentée.

La tanaisie s’élève à la hauteur de 65 centimètres ; ses tiges sont nombreuses, ramassées en touffe, rameuses, pourvues de feuilles profondément divisées et presque bipinnées, glabres ou un peu velues, d’un vert jaunâtre.. Les capituhes sont nombreux, rapprochés en corymbe, d’une belle couleur jaune, très rarement pourvus d’un rang de fleurs rayonnantes ; les corofles sont un peu plus longues que l’in-

SyNANTIIÉRÉES — SÉNÉCIONIDKES. 35

vülucrc; les achaines sont presque pentagones, obconiques, couronnés par une membrane à 5 dents, fort petite. Toute la plante est pourvue d’une odeur très forte et d’une saveur très amère ; elle est stimulante et an- Fig- 242.

tbclmintique. On en retire par la distillation une huile volatile jaune ; on en prépare également une eau distillée , un extrait , etc.

Armoises oi Absinthes.

Ce sont des plantes, la plupart très utiles à l’art de guérir, que Tournefort avait laissées séparées en deux genres, suivant que leur réceptacle est nu (armoises) ou hérissé de poils (absinthes) ; mais Linné les a réunies en un seul genre sous le nom à'artemisia , dont voici les caractères :

capitules entièrement tubuliflorcs , pauciflores , homogames ou hétérogames ; involucre imbriqué , à squames sèches , rudes à la marge ; réceptacle nu ou garni de soies ; au rayon (c’est-à-dire à la circonférence) , un seul rang de fleurs souvent femelles , à 3 dents , à style longuement bifide, exserte; fleurs du disiiue à 5 dents , hermaphrodites ou mâles par avortement du pistil ; achaines obovés , chauves , à disque épigyne peu apparent. Ce genre est aujourd’hui divisé en ([uatre sections :

1. Dracunculi ; réceptacle nu , capitules hétérogames , fleurs du rayon unisériées, femelles, fertiles; fleurs du disque bisexuelles, mais stériles par l’avortement des ovaires (syngénésie polygamie nécessaire L. ).

Espèces principales :

Armoise paniculée. Artemisia paniculota.

— des champs. — campestris.

Estragon. — dracimcuius.

2. Scriphidia : réceptacle nu, capitules homogames, tous hermaphrodites fertiles ( syngénésie polygamie égale L.). Exemples :

Semen-contra d’Alep. Artemisia contra L.

— de Barbarie. — glomcridata Sieber.

Sanguenié ou sangueniia. — 'gallica.

Cina du Volga, — panciflora.

MGOTYI.ÉDONES CALICIFLORES.

Al)sinthe maritime. Arternisia marithna.

Armoise très odorante. — fragrans.

3. Abrotana : réceptacle nu , capitule hctérogame , fleurs du rayon femelles ; celles du disque hermaphrodites; les unes et les autres fertiles (syngénésie polygamie superflue L.). Exemples :

Armoise de Judée.

Aurone élevée.

— mâle ou citronelle.

Absinthe politique.

— d’Autriche.

Armoise vulgaire.

Génipi noir.

Autre génipi noir.

Arternisia judaica.

— abrotamim.

— pontica.

— austrittca.

— mlgaris.

— spicata.

— eriantha.

h. Absinthia : réceptacle garni de soies ; capitules liétérogames ; fleurs du rayon femelles ; celles du disque hermaphrodites ; les unes et les autres fertiles ; iuvolucres globuleux.

Moxa des Chinois.

Génipi blanc.

— vrai des Alpes.

— des roches.

Grande absinthe

Arternisia moxa.

— mutellina.

— glacialis.

• — rupestris.

— absinthiwn.

011 aluine.

Estragon.

Arternisia dracunadus 1. Cette plante, cultivée dans les jardins potagers, croît à la hauteur de 60 à 100 centimètres ; ses tiges sont grêles et rameuses ; ses feuilles sont très entières, liiiéaires-lancéolées , vertes et glabres; les fleurs sont très petites, jaunâtres, portées au sommet de la tige et des rameaux.

L’estragon a une saveur âcre, piquante, mais agréable et aromatique. Il est stomachique , eramenatioeue. antiscorbutique; il excite l’appétit et on l’emploie comme assaisonnement, surtout allié au vinaigre , avec lequel son goiit et son odeur s’associent très bien. On en extrait une huile volatile verte , d’une odeur qu’on peut dire fortifiante , d’une pesanteur spécifique de 0,935. Cette huile volatile , d’après M. Gerhardt, paraît formée d’un hydrogène carboné liquide et d’une essence oxigénée qui a la même composition et présente les mêmes réactions chimiques que le stéaroptène d’anis (C^"H^*0^).

SYNANTHÉBIÎES — SliNÉClONlDÉliS. 37

Scmcii-Contra.

Celte substance , nommée aussi semencine et barbotine, a longtemps été regardée comme une semence , ainsi que l’indiquent ses deux premiers noms; mais il suffit de regarder attentivement les petits corps oblongs qui la composent pour y distinguer un involucre écailleux et des fleurons semblables à ceux des armoises, de sorte que c’est parmi ces plantes qu’il faut en chercher l’origine.

On connaît d’ailleurs dans le commerce deux espèces de semenconlra qu’il convient de décrire séparément.

Scmcn-contra du i.evant. Cette espèce est nommée aussi semencontra d'Alep ou à' Alexandrie , parce qu’elle arrive par la voie de ces deux villes; mais le vrai lieu de son origine paraît être la Perse et le Thibel. Ce semen-contra est verdâtre , lorsqu’il est récent ; mais il devient rougeâtre en vieillissant. Il est composé de pédoncules brisés , dépourvus de duvet et privés de leurs capitules , dont quelques uns, cependant , à peine formés , sont encore sous la forme de boutons globuleux attachés à l’extrémité de ces pédoncules. Mais le plus grand nombre de ces capitules sont plus développés et séparés des tiges. Ils sont ovoïdes-allongés et composés d’écailles imbriquées, scarieuses, tuberculeuses à leur surface; à l’intérieur, le réceptacle est nu elles fleurons sont peu nombreux et tous hermaphrodites, ce qui indique la section des serîphidiuin. Ce semen-contra possède une odeur très forte et très aromatique, surtout F’?- 243.

lorsqu’on l’écrase; il a une saveur amère et aromatique.

Le semen-contra du Levant a longtemps été attribué h plusieurs espèces d’armoises qui ne doivent pas le produire , telles sont les artemisia judaica et santonica L. ; mais il est certainement produit par l'artemisia contra L. ou artemisia Sieberi DG. {Prodr., t. VI, p. 101) , dont il faut exclure le synonyme , A^d. glomerata seu çilomcrulota Sieb. Cette plante (fig. 2â3 ) , en effet , à laquelle je conserve le nom A'artemisia contra que lui a donné Linné , présente tous les caractères du semen-contra d’Alep : feuilles rigides glabres; celles de la lige serai-amplicaules, à 3 ou 5 divisions , dont le lobe moyen est pinnalifide, et les lobes latéraux à 2 ou 3 segments linéaires ; les panicules sont très ouvertes , à rameaux ascendants ; les

38 I)ICOX\l,ÉDONES CALICIFIORES,

Fig. 244.

capitules sont sessiles, épars sur les rameaux, ellipsoïdes, tuberculeux, contenant des fleurons peu nombreux, tous hermaphrodites.

iScmcn-conira «le Marbaric. Ce .seiueu - coiitra est produit par Vartemisia glomerata àe- Sieber ( fig. 2ti4). Il est composé comme le premier do pédoncules hachés et de fleurs ; mais on n’y trouve pas de capitules développés et isolés ; ils sont tous sous la forme do petits boutons globuleux réunis plusieurs ensemble à l’extrémité des rameaux. Cos boutons sont recouverts d’un duvet blanchâtre , ce qui donne la même couleur à la masse.

Ce seraen-contra est sensiblement plus léger que celui d’Alexandrie ; son odeur, lorscju’on le frotte, me paraît être entièrement, semblable. On lit dans quelques ouvrages qii’il est plus gros et beaucoup plus chargé de bûchettes; le fait est qu’il est plus petit et qu’il y a autant de bûchettes dans run que dans l’autre.

Antres «cnrs «le semencine. Il est probable qu’ou se Sert en plusieurs pays, en place du véritable semen-coutra, des fleurs de plusieurs armoises indigènes , plus ou moins propres à le remplacer ; telles sont probablement les fleurs des ariemisia judaicn et santnnicn , déjà nommées ; telles doivent être encore celles de Yartemisia pauciflora , connues sous le nom de cina dans les pharmacies russes des contrées voisines du Volga; celles de Vartemisia ramosa des îles Canaries, de l’Afrique et d’Espagne, et, en France, celles de Vartemisia gallica, usitées en Provence , sous le nom de sanguenié ou de sanguenita. On a vendu aussi à Paris pour semen - contra , lorsque , par suite de la grande guerre continentale , ce dernier était devenu très rare et d’un prix élevé, les fleurs de quelques armoises indigènes, et surtout celles de l’aurore «les champ» {artemisia campestris L.), ou delà graïuîc absinthe [artemisia ahsinthhm).

J’ai conservé une sidjstance de ce genre que j’ai soumi.se anciennement h l’examen de W. Gay. Elle est d’un jaune fauve et beaucoup plus menue que le vrai semen-contra , ce qui tient à ce qu’elle n’est pas formée de capitules entiers comme celui-ci, mais seulement de fleurons isolés, dont la plupart sont hermaphrodites et les autres femelles; on y trouve peu de pédoncules brisés, mais beaucoup de filaments blancs, qui sont les folioles de l’involucre de l’absinthe. Ainsi, suivanteette description, le semen-contra indigène serait produit par la grande absinthe , Artemisia absinthium, plutôt que par VA. campestris. Cette substance présente une faible odeur d’absinthe qui ne devient pas plus forte par

SYiNANTJlfiRliliS — SÉNÊCIONIDÉES. 39

le froltemeiU; mais elle est douée d’une amertume si considérable qu’il suffit de l’agiler avec la main devant soi pour en avoir le palais affecté. Ce caractère peut même servir à reconnaître du semen-contra mêlé d’absinthe, car il ne le présente pas du tout lorsqu’il est pur.

Quelques personnes aussi s’amusent à teindre le semen-contra en vert. On ne peut concevoir ni cette manie de tromper , ni la sottise de ceux qui achètent une marchandise si évidemment falsifiée.

Le nom de semen-contra est l’abrégé du mot latin semen cmtra vermes , qui en indique la propriété médicamenteuse. On emploie cette substance en poudre, en infusion aqueuse ou en sirop. On en retire, par la distillation , une essence jaune , plus légère que l’eau , d’une odeur forte et pénétrante, qui paraît très active contre les vers. Indépendamment de cette essence, le semen-contra contient une matière cristalline nommée santonine, qui a été découverte par M. Kahler de Dusseldorf, et étudiée depuis par un grand nombre de chimistes. Tout récemment M. Calloud père , pharmacien à Annecy, a publié un procédé pour l’obtenir, plus avantageux que ceux connus jusqu’ici {Journ. depharm. et chim., t. XV, p. 106). Cette substance pure se présente en petits cristaux blancs, brillants , aplatis , sexangulaires; elle est inodore, très peu amère , insoluble dans l’eau froide, soluble dans

250 parties d’eau bouillante.

ti0 — d’alcool froid.

2,7 — — absolu bouillant,

75 — d’éther froid.

A2 — — bouillant.

Elle rougit faiblement le tournesol et forme des sels cristallisables avec plusieurs bases alcalines et métalliques. Elle est composée , d’après M. Liebig, de mais la capacité de saturation est beaucoup

plus faible que ne l’indique cette formule.

La santonine, étant d’une administration très facile, est aujourd’hui usitée comme anthelminthique. Il est seulement fâcheux que pour obtenir une substance fort chère et d’une efficacité qui n’est pas très intense , on détruise des masses considérables d’une matière première , suffisamment efficace par elle-même, d’une administration facile également, et que son bas prix met à la portée du peuple, dont les enfants en ont surtout besoin.

Absintlic iiiarltiinc.

Artemisia maritima. L. Celte espèce croît naturellement dans les lieux maritimes de la France, de l’Angleterre, de la Suède et du Danemark. Ses liges sont droites , rameuses , hautes de 50 centimètres,

f|.0 DICOTYLÉDONES CALICIELOUES.

couvertes de feuilles toutes cotonneuses, mullificles, à segments linéaires et obtus ; ses capitules sont un peu pédicellés, ovoïdes, penchés, à cinq fleurons; les squames extérieures de l’involucrc sont cotonneuses, les intérieures rudes et obtuses. Cette plante a beaucoup de ressemblance avec la grande absinthe , mais les divisions de ses feuilles sont beaucoup plus étroites; elle est beaucoup moins amère, et son odeur, plus agréable, se rapproche de celle de la mélisse ou de l’aurone. On la distingue de l’absinthe pontique parce que ses feuilles sont entièrement cotonneuses.

Anrone maie ou CiU’onelIe.

Artemisia abrotamm L. C’est un sous-arbrisseau qui croît dans le midi de la France et de l’Europe, et qui est cultivé dans les jardins. Sa tige est nue par le bas à la manière d’un arbre , ramifiée et touffue par le haut, haute de 60 à 100 centimètres; ses feuilles sont pétiolées, verdâtres, découpées en segments linéaires, sétacés; elles sont douces au toucher, pourvues d’une odeur forte, citronnée et camphrée, et d’une saveur âcre et amère; les capitules sont sessiles, hémisphériques, penchés, disposés en grappes menues le long des rameaux supérieurs; les écailles de l’involucre sont blanchâtres et lancéolées; les fleurs sont nues et jaunâtres. On confond souvent avec cette plante, sous le même nom A'aurone mâle , deux plantes frutescentes , de forme et de propriétés très analogues : ce sont V artemisia procera de Wilidcnovv et V artemisia paniculata de Lamark. Quant à la plante qui porte le nom âlaurone femelle , c’est le santolina chamœcyparissus de la même tribu des sénôcionidées, petit arbuste haut de 50 centimètres environ, ramifié et touffu à partir de la racine, pourvu de feuilles cotonneuses, persistantes, tétragones et formées d’un axe garni de k rangées de dents obtuses. Les capitules sont solitaires au sommet de pédoncules terminaux, presque dénués de feuilles ; l’involucre est piibescent , hémisphérique; le réceptacle est couvert de paillettes; les achaines sont oblongs, tôtragones, très glabres, entièrement chauves. Celte plante possède les mêmes propriétés que les précédentes.

Armoise vulgaire ( lig. 2V3 ).

Artemisia vulgaris L. Plante vivace , herbacée , croissant dans presque toute l’Europe dans les lieux incultes et sur le bord des chemins; sa racine, qui est longue et rampante, pousse plusieurs tiges verticales, cannelées, rameuses, rougeâtres, hautes de 1 à 2 mètres; ses feuilles sont alternes, pinnatifides , grossièrement dentées, assez larges à la partie inférieure des tiges, d’un vert foncé en dessus,

SYNANTHlîlîlîES — SÉNliCIÜNlDÈliS. 41

blanches et cotonneuses en dessous; les divisions des feuilles supérieures sont entières et presque linéaires. Les capitules sont sessiles, ovés , entremêlés de feuilles , formant des épis paniculés à la partie supérieure des liges ; les squames extérieures de l’involucre sont cotonneuses et blanchâtres ; les intérieures sont scarieuses; les corolles sont. nues, d’un rouge pâle.

Absinthe pontique ou Petite Absinthe (fig. 246),

Artemisia pontica L. Cette espèce s’élève à la hauteur de 50 centimètres ; ses tiges sont ligneuses par le bas, nombreuses , cylindriques , très rameuses, très garnies de feuilles fort petites, très divisées, à lobes linéaires, cotonneuses en dessous seulement; les capitules sont disposés le long des ramifications supérieures , globuleux , petits, penchés ; les

Fig. 246.

écailles extérieures de l’involucre sont linéaires , blanches, foliacées; les corolles sont nues. Cette plante croît naturellement dans les lieux incultes de la Romanie, de la Hongrie, de l’Italie, etc. ; on la cultive dans les jardins; elle a une odeur forte, plus douce cependant que celle de la grande absinthe, et une saveur moins araèrç. Son odeur est moins

42 DICOTYLÉDONES CALICIFLOIiES.

agréable que celle de l’absinthe maritime. On l’emploie souvent simultanément avec la grande absinthe.

Grande Absiiitlic ou Alu^fiic.,

Artemisia absinthium L. Plante sous-frutescente, haute de 60 à 100 centimètres, à tiges rondes, dressées et rameuses; les feuilles inférieures sont assez grandes, mais elles sont trois fois divisées , à lobes lancéolés obtus; elles diminuent, comme toujours, de grandeur et en divisions à mesure qu’elles s’élèvent sur les rameaux , et finissent par devenir entières et linéaires; elles sont toutes molles, blanchâtres, cotonneuses, très douces au toucher; les capitules sont globuleux à squames blanchâtres, penchés , disposés en panicule feuillue le long des rameaux supérieurs; les fleurs sont jaunes. Toute la plante est douée d’une odeur forte et d’une amertume insupportable qui se communique au lait de la femme et des animaux ; elle donne à la distillation une grande quantité d’une essence verte, possédant à un haut degré l’odeur de la plante ; elle est stomachique , fébrifuge , anthelmintique , emménagogue. On l’emploie en extrait ou en teinture aqueuse, vineuse ou alcoolique.

Il existe deux variétés d’absinthe, dont l’une à capitules plus grands, dite grandiflora, et l’autre inodore et presque insipide {insipida). Toutes deux sont d’origine orientale et peu connues.

Cenipi.

Dans toutes les contrées qui avoisinent les Alpes, telles que la Suisse, la Savoie et le Tyrol , on donne le nom de génipi à un certain nombre de petites plantes alpines , croissant vers la limite des neiges perpétuelles, appartenant pour la plupart au genre «rtontsifl , et pourvues des propriétés générales de ces plantes ; mais ces propriétés sont encore rehaussées dans l’esprit des habitants et des voyageurs, par la grandeur des lieux qui les environnent et par la difficulté d’y parvenir; aussi s’étonnent-ils beaucoup que l’usage n’en soit pas plus répandu. Voici la description de ces plantes telles que je les ai reçues en 1838 de M. A. Huguenin, à Chambéry.

1. benipivrai, artemisio. glacialis L. (fig. 247). On en trouve également une très bonne figure dans Allioni, Flora pedemontana , t. VIII, fig. 3. Racine ligneuse, ramifiée; feuilles rassemblées en une touffe presque radicale , longuement pétiolées , tripartites , et chaque division partagée ensuite en 3 ou 4 lobes lancéolés, pointus; ces feuilles sont entièrement recouvertes par un duvet très fin, d’un blanc argenté, qui couvre également toute la plante. Les tiges, au

SYNANTHÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 43

nombre de 2 du 3 , sortent du milieu des feuilles , s’élevant à une hauteur de 8 à 13 centimètres; elles portent un petit nombre de feuilles semblables aux premières , mais très espacées et beaucoup plus petites, et elles sont terminées chacune par un petit nombre de capitules globuleux, volumineux, serrés et rassemblés en tête. Les fleurs sont jaunes.

Cette plante a été cueillie sur le mont Cenis , au lieu dk Bouche , elle possède une odeur aromatique agréable.

2. Gcnipi ftianc , artemisîa mutellina Vill. Cette plante ressemble beaucoup à la précédente par la disposition et la forme de ses feuilles radicales, par le petit nombre, la forme et la disposition de ses feuilles caulinaires, enfin par la hauteur de ses tiges. Elle en diffère par un duvet moins abondant , moins blanchâtre , non argenté , et par ses capitules qui sont beaucoup plus petits, allonges, solitaires à l’extrémité de longs pédoncules qui sortent de l’aisselle des feuilles , dans la moitié supérieure des tiges , formant dans leur ensemble une grappe grêle et allongée. Cette plante est fréquente sur le mont Cenis et sur les Alpes du Dauphiné ; elle possède une odeur fortement aromatique.

3. Géuipî noir, artcmisia spicata Jacq. , artemisia eriantha Ten., artemisia boccone AU. , t. VIII , fig. 2 , et t. IX , fig. 1. Cette plante est plus forte que les deux luécédentes et s’élève à la hauteur de 22 centimètres; ses feuilles radicales sont tripartites, multifides; celles de la tige sont multifides, pinnatifides ou trifides , plus rapprochées que dans les précédentes , surtout à la partie supérieure ; les capitules sont assez gros, globuleux, courtement pédonculés , axillaires, formant à la partie supérieure de chaque tige un épi non interrompu ; les corolles sont jaunes et velues , ainsi que les ovaires. Cette plante a été cueillie sur le mont Saint-Sorlin-d’Arve. Elle est d’un blanc un peu grisâtre , comme la précédente.

li. Autre ;;énipi noir (fig. 248). Cette plante, récoltée sur le mont Cenis, près du gravier des torrents , paraît appartenir à la même espèce

44 ÜICOTYLÉDÜINES CALICIFLORES.

que la précédente (1) , mais elle est beaucoup plus petite. Ses feuilles radicales sont généralement tripartites et trifides; les feuilles de la tige sont pinnatifides, celles du sommet sont entières, oblongues-lancéo-

Ilées ; les capitules sont axillaires , plus longuement pétioles que dans la précédente , plus petits , contenant un moins igrand nombre de fleurs ; la plus grande jtige n’a que 8 centimètres de longueur. 5. Génîpî musqué OU iva ; ptarmica moschata DG. , achillea moscliata Jacq. Cette plante pousse de sa racine fibreuse plusieurs tiges simples, hautes de 11 h 13 centimètres, parsemées de poils rares; le reste de la plante est glabre. Les feuilles radicales sont petites, pétiolées, profondément pinnatifides ; les feuilles caulinaires sont encore plus petites, sessiles, à divisions écartées, rangées comme les dents d’un peigne; le haut de la tige est nu et terminé sur une tige par une ombelle à 6 rayons , et sur une autre par un corymbe formé de 7 capitules pédonculés. L’involucre est campanulé, formé d’écailles imbriquées, elliptiques-allongées, à marge brune; les corolles du rayon sont très peu

(1) M. Huguenin nomme le n° 3 artemisia eriantha Ten., et le n" 4 artelisia spicata Jacq.

SyNANTHÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. ÙS

nombreuses, beaucoup plus grandes que l’iiivolucre, planes, élargies et arrondies à l’cxtrémilc. Cueillie dans les lieux arrosés du col du Bnnbomine , au sud du mont Joie.

6. Ccnîpî bsuard; j^tarmico. nana-DC., achilleananaL. (fig. 269). Très jolie plante , toute couverte d’un duvet laineux , d’une odeur fortement aromatique, trouvée à la limite des neiges sur le mont Genis. Les feuilles radicales sont péliolées , profondément pinnatifides , à segments réguliers, rapprochés, linéaires, entiers ou incisés; les tiges sont hautes au plus de 8 centimètres , pourvues de feuilles semblables, souvent nues par le haut, terminées par une ombelle de capitules presque sessiles, très serrés et simulant quelquefois un seul capitule très volumineux.

Cette planté est âcre et très aromatique ; elle porte en Italie le nom à'herba-rotta qui lui est commun avec une autre espèce plus grande des mêmes localités {ptarmica herba-rota DC., achillea herba-rota Allioni).

Moxa des Chinois.

Les Chinois et les Japonais désignent sous le nom de moxa le duvet cotonneux qui leur sert à préparer de petits cônes destinés à l’application du feu à la surface du corps , dans un très grand nombre de maladies. Par suite, ce nom est passé dans la médecine européenne , pour exprimer le cône ou le cylindre lui-même qui sert à cette application , quelle que soit la matière avec laquelle il ait été préparé.

D’après Kæinpfer, le moxa chinois n’est autre chose que le duvet de l’armoise vulgaire , séparé par la contusion des feuilles sèches dans un mortier, suivie d’une friction entre les mains qui sépare toutes les parties grossières du véritable duvet ; suivant d’autres , c’est Yartemisia chinensis de Linné qui sert à cet usage, et d’après M. Lindley ce serait une nouvelle espèce d’absinthe nommée artemisia moxa. Il est probable d’après cela , et il est d’ailleurs naturel de penser que plusieurs espèces d’armoises peuvent être appliquées au même usage. Un pharmacien de Paris s’est occupé pendant longtemps de préparer des moxas .avec le duvet de l’armoise vulgaire. Il paraît cependant que les plus usités se font aujourd’hui avec un tronçon de moelle de Vhelianthus annims , entouré d’une couche de coton légèrement nilré et maintenu sous la forme d’un petit cylindre par une bande de toile de coton cousue.

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

/ifi

iVIatrlcaire oHIcInalc (fig. 2ô0).

Pyrethrum parthenium Smith , matricmna partheniwn L. Car. du genre pyrethrum : capitules multiflorcs , hétérogames ; fl. du rayon sur une seule série, femelles , ligulées; fl. du disque tubuleuses, hermaphrodites, à 5 dents; tube souvent comprimé, bi-ailé; réceptacle plane ou convexe, nu, quelquefois plane , bractéolé. Involucre imbriqué à squames scarieuses; styles du disque à rameaux non appendiculés ; achaines anguleux , non ailés, surmontés d’une couronne dentée, quelquefois auriculiforine, égalant le diamètre du fruit,

La matricaire oiïicmale s’élève à 60 ou 100 centimètres; ses tiges sont grosses, fermes, cannelées, très ramifiées; sesfeuilles sont pétiolées, pinnatisectées , à segments pinnatifides et dentés ; légèrement velues ; les capitules forment un large corymbe , dont les fleurs du disque sont jaunes et celles de la circonférence ligulées , blanches, deux fois plus longues que l’involucre ; les fleurs ligulées avortent rarement. Toute la plante possède une odeur forte et désagréable. Elle est stomachique et emménagogue ; on en retire une huile volatile jaunâtre , d’une odeur très forte.

Balsainite odorante.

Menthe-coq ou coq des jardins, pyrethrum tanacetum ÜC. , halsamita suaveolens Fers. , tanacetum bohamita L. Cette plante s’élève à la hauteur de 1 mètre; ses tiges sont fermes, légèrement velues, blanchâtres et rameuses; les feuilles sont ovales-elliptiques , dentées, les inférieures pétiolées , les supérieures sessiles, auriculées à la base; les capitules sont longuement pédicellés, disposés en corymbe lâche , sans aucune fleur ligulée : toute la plante est pourvue d’une odeur hienlhée, forte et agréable, et d’une saveur chaude et amère. Elle est douée d’une propriété excitante très active. On la cultive dans les jardins.

SYXANTIIÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES.

Fig. 2b 1.

1 (ïamoinille d’Allemagne ( fig. 231 ).

Matricaria chamomilla L. Le genre matricaria diffère du genre 'pyrcthrum par ses fleurs discoïdes , dont le tube est cylindrique ; le réceptacle est toujours conique et nu ; les acliaines sont entièrement nus ou plus rarement pourvus d’une couronne.

La matricaire- camomille pousse des tiges menues, hantes de 50 centimètres ; ses feuilles sont deux fois pinnati -partites, à lobes linéaires entiers ou souvent divisés; pédoncules nus au sommet , nionocapitulés ; involucre à squames oblongs , blanchâtres à la marge ; fleurs ligulées blanches , beaucoup plus longues que l’involucre ; acliaines tétragones , ceux du disque h face extérieure élargie ; ceux du rayon à côtés égaux.

Les fleurs de camomille commune ont , surtout lorsqu’elles sont sèches, une odeur très agréable; elles sont fort peu amères , et c’est sans doute une des raisons qui les font préférer, en Allemagne , à celles de la camomille romaine. On les prescrit aussi quelquefois eu France ; mais faute de les bien connaître , on leur substitue souvent les fleurs de la camomille des champs ( anthémis arvensis L.). Voici à quoi on peut les distinguer : les fleurs de V anthémis arvensis sont plus grandes; leur réceptacle est garni de paillettes et forme un ' cône beaucoup plus aigu ; la graine est volumineuse et bordée d’une membrane à sa partie supérieure; l’odeur en est plus faible, désagréable , et la saveur en est amère.

On obtient en Allemagne , par la distillation des fleurs de la camomille commune {matricaria chamomilla) une huile volatile assez épaisse, d’un bleu foncé et presque opaque ; par la rectification je l’ai obtenue très fluide, transparente, d’un beau bleu d’indigo, et cette couleur persisté depuis un grand nombre d’années. Cette essence est d’une odeur particulière, moins pénétrante que celle de la camomille romaine , et , quoique très agréable , elle me plaît bien moins que celle de la camomille romaine.

Millefeiiille.

Achillea millefoliim L. Car. gén. : capitules multiflores hétérogames ; fleurs du rayon peu nombreuses , femelles , fertiles , ligulées ,

^(8 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

à 3 dents ; fleurs du disque hermaphrodites , à tube comprimé , à 5 dents; réceptacle étroit, plane ou rachidiforrae, portant des paillettes oblongues , transparentes ; involucre ové , formé de squames imbriquées; achaines oblongs , glabres, comprimés, non ailés , pourvus de marges nerviformes, dépourvus d’aigrette.

La millefeuille s’élève à la hauteur de 35 à 65 centimètres ; ses tiges sont droites, ramifiées vers le sommet , garnies de feuilles pinnatisectées , à segments pinnatipartiles et à lobes linéaires tri ou quinquéfides ; les fleurs sont très nombreuses , petites , radiées , blanches ou purpurines, rapprochées en un corymbe terminal , serré. Elles sont légèrement odorantes et fournissent une petite quantité d’une essence épaisse, bleue ou verte ; on les emploie en infusion comme astringentes ; .les feuilles pilées sont appliquées sur les plaies et les coupures , ce qui a valu à la plante le nom à' herbe aux charpenfAers.

Eiipatoire de nicsué , achillea agératum L. Plante haute de 65 ccntipiètres , dont les feuilles sont lancéolées-obfuses , dentées , atténuées à la base , presque sessiles et rassemblées par paquets sur la tige. Les corymbes terminaux sont isolés les uns des autres , composés de capitules nombreux , petits , très serrés , à fleurs jaunes. Elle est Inusitée.

Ptarmiqiie ou Herbe à ëlernuer.

Ptarmica vulgaris Blackvv. , t. 276; achillea ptar mica h. Cette plante diffère des millefeuilles plutôt par la disposition de ses fleurs que par de véritables caractères génériques ; ses feuilles sont sessiles , longues , lancéolées, acuminées, finement dentées, assez semblables, sauf leur longueur, à celles de l’eupatoire de mésué. Sa tige se ramifie par le haut , mais chaque rameau ne se divise qu’en un petit nombre de pédoncules ne portant chacun qu’un seul capitule , et tous ces capitules réunis ne forment qu’un corymbe très lâche et peu fourni. Les capitules sont globuleux, formés d’écailles à marge scarieuse et noirâtre ; les demi-fleurons sont assez nombreux, étalés, blancs, tridentés, beaucoup plus grands que l’involucre. Les feuilles ont un goût piquant comme la pyrèthre ; leur poudre est employée comme sterûutatoire.

Camomille romaine ( Bg. 232 ).

Anthémis nobilis L. Car. gôn. : capitules multiflores hétérogames; fleurs du rayon unisériées , ligulées , femelles ; fleurs du disque hermaphrodites, tubuleuses à 5 dents; réceptacle conique paléacé; invo- Incre paucisérié, imbriqué; achaines obscurément tétragones, striés ou lisses; aigrette tantôt nulle , tantôt formée d’une membrane entière ou incisée , souvent agrandie et auriculée du côté interne.

SYNANTHERKES — SÉNÉCIONIDÉES. 49

La camomille romaine croît naturellement dans les prés et dans les champs, en France, en Espagne, en Italie, mais on la cultive pour l’usage de la médecine; ses fleurs ligulées, d’une belle couleur blanche, déjà nombreuses dans son état naturel , s’augmentent par la culture et hnissent par envabir

tout le disque. Les Fig. 282.

fleurs sont d’autant plus recherchées qu’elles sont plus complètement ligulées. La plante est très tonlTue et rampante; ses feuilles sont pinnatisectées , à segments très divisés en lobes linéaires et sétacés , un peu velus ; les rameaux florifères sont nus au sommet et terminés par un seul capitule; les achaines sont nus. Les feuilles sont odorantes et amères, mais moins que les fleurs , qui sont la seule partie de la plante employée , et que l’on fasse sécher. La dessiccation doit en être faite promptement, si l’on veut leur conserver leur blancheur; on les emploie alors en infusion , comme stomachiques et carminatives.

Les fleurs de camonnlle . malgré leur odeur si caractérisée , ne fournissent qu’une très petite quantité d’une essence fluide, d’une couleur verte peu foncée qui .se perd avec le temps et qui disparaît aussi par la rectification. L’essence devient alors incolore , d’une odeur toujours très agréable et très franche de camomille romaine. Les auteurs qui , même encore à présent, décrivent l’essence de camomille comme épaisse et colorée en bleu , ont pris pour elle de l’essence de matricairecamomille;

ramomiiic des ehanips, anthémis arvensis L. {Fuchsias, 1. 144). Cette plante pousse de sa racine des tiges droites , ramifiées , pourvues de feuilles pinnatisectées, mais à subdivisions moins nombreuses et moins fines que dans l’espèce précédente. Les capitules sont assez grands, terminaux, pourvus d’un seul rang de fleurs ligulées, blanches , étalées , plus grandes que le diamètre du disque ; les achaines sont couronnés d’une marge membraneuse , très courte , à peine dentée. La plante est inodore et inusitée ; c’est par mégarde ou par fraude que ses fleurs sont mélangées à celles du matricaria chamomilla (voyez page 47 ).

in. 4

DICOTYLÉDONES CALICIFLOUKS.

C'amonilllc |iuan(e OU maroiitc, anf/lorniiS COlltln L. , marutci Clitiila Dd. Cette plante ressemble beaucoup à la précf'dente, mais elle est très glabre et pourvue d’une odeur très désagréable. Les fleurs du rayon sont complètement dépourvues d’organes sexuels et sont stériles par conséquent. Les corolles tubuleuses sont comprimées, bi-ailées; les acbalnessont dépourvus d’aigrette et tuberculeux. La maroute a été usitée comme anti-hystérique.

PjrÈtIii'C rt’Afi-l<(iie.

Anncyclus pyrctltriim DC. , anthémis pyrethrum L. ( fig. 253). Le genre cmacyclus diffère du genre anthémis par ses fleurs du rayon stériles , par scs corolles dont le tube est comprimé et bi-ailé , par ses achaines comprimés, entourés l'ig. 283. 2 ailes larges et entières,

et surmontés du côté interne par une aigrette courte, irrégulière, dcnticulée. Ce même genre ne diffère guère du genre marula que par les caractères tirés du fruit.

La plante qui produit la pyrèlbre croît en Turquie , en Asie et surtout en Afrique.

Par ses tiges couchées et par ses feuilles à divisions sétacées, elle ressemble beaucoup à la camomille romaine ; mais ses capitules sont pourvus d’un seul rang de fleurs largement ligulécs et étalées , blanches en dessus , pourpres en des.sous. f.a racine sèche nous est apportée de Tunis. Elle est cylindrique, longue et grosse comme le doigt, quelquefois garnie d’un petit nombre de radicules , grise et rugueuse au dehors , grise ou blanchâtre en dedans, d’une saveur bridante et qui excite fortement la salivation. Elle offre, lorsqu’on la respire en masse, une odeur forte, irritante et désagréable. Murray cependant ne lui donne aucune odeur, et effectivement celle du commerce manque souvent de ce caractère ; mais cela tient à sa vétusté, et c’est une raison pour la rejeter. Il faut également rejeter celle qui est piquée des vers , ce à quoi elle est très sujette.

SYNANTHÉRÉES — SÉNlîCIONlnftüS. 51

I,a racine de pyrèlhre contient , suivant les analyses de I\l. Parisel et de M. Koene :

Parisel.

Koene.

/Résine brune. .

Principe âcre .

3 1 Huile brune . .

{ — jaune. . .

Inuline .

Gomme .

Tannin .

. traces.

Alatière colorante ....

î.ignpnY . . . .

chlorure de potassium. .

Silice .

Oxide de fer, etc. . . .

Perte .

iM. Parisel s’est presque borné à extraire par l’éther ou l’alcool le principe âcre résinoïde, auquel il a donné le nom de pijréthrine. AI. Koene a montré que cette matière était complexe et formée des trois principes énoncés ci-dessus ; quant aux autres principes qui sont sensiblement les mêmes dans les deux analyses, mais dont les quantités indiquées sont fort différentes , je suis porté à regarder celles données par AI. Parisel comme plus exactes.

La pyrèilire est souvent employée dans les maladies des dents, dans la paralysie de la langue , et toutes les fois que l’on veut exciter une abondante salivation. Les vinaigriers en emploient pour donner du mordant au vinaigre.

Indépendamment de la pyrèthre que je viens de décrire , et qui est la seule que l’on trouve dans le commerce de Paris, Lemcry en distingue une seconde espèce, qu’il attribue au pyrethrum umbelliferwn de G. Bauhin. Cette racine est longue de 16 centimètres , plus menue que la précédente , d’un gris brun au dehors, blanchâtre en dedans, garnie par le haut de fibres barbues , comme l’est la racine de méum. Lemery lui donne le même goût âcre et brûlant , et ajoute qu’on l’apporte entassée par petites bottes de la Hollande et d’autres lieux.

M. Théodore Alartius , ancien pharmacien à Erlangen , a bien voulu me faire passer une pyrèthre qui offre tous les caractères de la seconde sorte de Lemery et qui l’est indubitablement. Mais cette pyrèthre , qui est connue en Allemagne sous le nom àa pyrethrum germanicum, pour la distinguer de celle du Alidi, que l’on 'j nomme, pyrethrum romamtm;

DIOOTYr.ÉnONI'S C.Ar.lCIFLOnES.

cette pyrèlhre , dis-je , au lieu d’être produite par une plante ombellifère , comme l’a cru Lemery, est duc à une espèce à' anacyclus très s emblable à Vanacyclus pyretJirum , mais plus petite dans toutes ses parties, qui a été décrite par M. Ilajn sous le nom à' anacyclus. offici-

Ainsi toute la pyrètbre officinale, soit africaine ou romaine, soit germanique, est produite par un anacyclus; mais il n’en est pas de même de celle des anciens , et de Dioscoridc en particulier, qui était bien la racine d’une otnbellifère. Matthiole a pensé avoir retrouvé cette plante de Dioscoride et en a donné la figure. G. Baubin l’a vue vivante dans le jardin de Padoue, et l’a nommée pyrellirum umhelliferum. Aujourd’hui cette plante est perdue ou comprise parmi les tbapsies ou les saxifrages , mais elle ne fournit aucune racine au commerce.

On prétend aussi qu’on mélange dans le commerce, ou qu’on remplace même la racine de pyrètbre avec celle de diverses plantes, telles que le buphtalmum crelicum , \' achillea ptarmica , et surtout avec la racine du chrysanthemum frutescens L. , qui est le leuca.nthemum canariense prjrethri sapore T. ; mais aucune de ces substitutions n’a lieu, et sauf la vétusté, dont il faut se garder, il y a peu do substances que l’on trouve moins mélangées dans le commerce que la racine de pyrèthre.

Spilanthes oleracea L. Car. gén. : capitules inulliflores tantôt pourvus P ig. 284. d’un rayon de (leurs ligulées femelles.

tantôt entièrement composés de fleurs tubuleuses et hermaphrodites ; invoiucre bisérié , appliqué , plus court que le disque ; le style des fleurs bermapbrodites est à rameaux tronqués au sommet et pénicillés ; anthères noirâtres ; achaines comprimés , souvent ciliés sur les côtés.

Le cresson de Para est originaire du Brésil et n’est encore cultivé en France que dans les jardins. C’est une plante annuelle, haute de 30 centimètres, dont les tiges sont rondes, tendres , rameuses , diffuses et tombantes ; les feuilles sont opposées, pétiolécs, petites, sous-cordiforme.«.

sous-dentées ; les capitules sont solitaires à l’extrémité de pédicelles

SïNANTHÉRliES — SÉiNÉ(UONII)ÉES. 53

plus longs que les feuilles; ils sont coniques, entièrement formés de fleurs liermaplirocliles tubuleuses , jaunes ( brunes sur le milieu du disque clans la variété fusca) -, tous les achaines sont comprimés, ciliés sur le bord , surmontés de deux arêtes nues. Toute la plante est très âcre; mais les capitules surtout ont une saveur brûlante et caustique, et excitent fortement la salivation. On les emploie en teinture alcoolique contre les maux de dents; ils agissent comme le cochléaria , mais à un degré plus intense , en rubéfiant une étendue plus ou moins considérable de la membrane muqueuse et en déplaçant l’irritation.

D’autres espèces du môme genre jouissent de propriétés semblables, et principalement les spilantlies acmella, alba, lorens , pseudoacniella, etc.

Oraiid-Solell.

Helianthus annuus L. Plante annuelle, originaire du Pérou, mais cultivée dans les jardins de presque tous les pays, à cause de sa grande fleur radiée qui représente un .soleil entouré de rayons. Sa tige est simple, haute de 2 à 3 mètres, cylindrique, rude au toucher, terminée par un capitule, auquel en succèdent d’autres portés par des rameaux sortis de l’aisselle des feuilles supérieures; les feuilles sont presque opposées, pétiolées , grandes , subcordiformes, pointues b l’extrémité, grossièrement dentées. Innervées, rudes comme la tige. Les capitules, larges quelquefois de 30 centimètres, sont inclinés sur la tige de manière b jirésenter leur disque presque vertical et dirigé du côté du soleil , ce qui a fait aussi donner b la plante le nom de tournesol. Les folioles de l’involucre sont inappliquées , linéaires-aiguës, plus petites b l’intérieur qu’a l’extérieur; le réceptacle est paléacé; les fleurs du rayon sont unisériées , ligulées , étalées , d’une belle couleur jaune , privées d’organes sexuels; les fleurs du disque sont presque innombrables, tubuleuses, hermaphrodites, à 5 dents, d’un jaune brunâtre; les achaines sont comprimés, sous-tétragones , noirâtres, un peu rudes au toucher, pourvus ou privés d’une aigrette caduque, formée de deux squamelles en forme d’arêtes: ces fruits sont assez volumineux, faciles b récolter , et fournissent par expression une huile grasse propre b l’éclairage et b la fabrication du savon. On peut s’étonner qu’on no cultive pas la plante plus spécialement pour cet usage.

Topinambour.

Helianthus tuberosus L. Cette plante est pourvue d’uue racine vivace, fdn-euse, traçante, qui donne nais.sance b un nombre considérable de bourgeons monstrueux, tubéreux, pédiculés, de la grosseur d’une poire ou davantage , pyriformes ou comme formes de plusieurs luber-

5U DlCüTYLliUONES f.ALlCIFtOUES.

cules réunis, (ies bourgeons monslrueux sont couverts d’un épiderme rouge et vert, dû à la soudure des écailles originelles, et marqué de franges circulaires qui indiquent la limite de chaque verticille des mêmes écailles. L’intérieur en est blanc, translucide, formé d’un tissu cellulaire lâche renfermant un suc très aqueux et sucré. Ces tubercules produisent de nouvelles tiges droites, hautes de 2 à 3 mètres, rondes, rudes au loucher, rameuses par le haut , garnies de feuilles alternes , souvent presque opposées ou même ternées, pétiolées, grandes, ovales, pointues, dentées, rudes au toucher, décurrenles sur le pétiole, Iriplinervées. Les capitules sont terminaux , solitaires , non inclinés , petits relativement à ceux de l’espèce précédente et à la grandeur de la plante.

Cette plante est originaire du Brésil. Elle fleurit très tard en Europe et ses graines y mûrissent diiïicilement; mais ses tubercules se multiplient à un tel point , qu’après en avoir enlevé la plus grande partie en automne, pour les usages domestiques, il eu reste ordinairement assez pour que les places vides se trouvent remplies l’été suivant.

Les topinambours forment une bonne nourriture pour les bestiaux pendant l’hiver, et les hommes peuvent aussi les manger cuits et assaisonnés de différentes manières. Ils ont un goût un peu analogue à celui du fond d’artichaut; mais ils sont peu nourrissants, étant presque totalement privés d’amidon.

Les topinambours ont été analysés par M. Payen et par M. Braconnot ; d’ajirès ce dernier chimiste, 100 parties de tubercules récents con¬

tiennent :

Eau . 77,20

Sucre incristallisable . 14,80

Inuline . 3,00

Squelette végétal . 1,22

Gomme . 1,08

Glutine . 0,99

Huile très .soluble dans l’alcool . . 0,06

Céline . 0,03

Citrate de potasse . 1,07

Sulfate de potasse . 0,12

Chlorure de potassium . 0,08

Phosphate de potasse . 0,06

Halate de potasse . 0,03

Phosphate de chaux . 0,14

Citrate de chaux . 0,08

Tarlrale de chaux . 0,02

Silice . 0,02

SYMANTHÉIlliliS — SÉiNÉClONlIÆIiS. 55

Ni i\l. IJraconnot ni M. Payeu n’ont indique d’amidon dans les tubercules de topinambour; cependant ils en contiennent quelque peu que l’oii peut découvrir au microscope et au moyen de l’iode , dans le dépôt que le tubercule riqté laisse former après avoir été délayé dans l’eau et jeté sur un tamis. Le suc de topinambour, quoique contenant une assez grande quantité de sucre , éprouve très difficilement par lui-même la fermentation alcoolique , ce qui lient à ce que la glutine transforme le sucre en rnucose, ainsique cela a lieu pour le suc de betterave ; mais il fermente facilement par une addition de levure de bière et fournil alors, d’après M. Payeu , 9 pour 100 du poids des tuberciiles frais d’alcool anliydre [Annales de chimie et de physique , t. XXV, p. 358, et t. XX’VIi p. 98).

Miiill (In Chili.

Madia sativa et madia mellosa Molina. Ce sont deux plantes du Chili, dont la première surtout est cultivée dans son pays natal et aujourd’hui également en Europe, à cause de l’huile fournie par ses graines. Sa lige est élevée de l'‘’,5 , rameuse, garnie dé feuilles alternes, linéaires lancéolécs , très entières, assez semblables à celles du laurierrose; ses capitules sont presque sessiles , agglomérés à l’extrémité des rameaux ou dans l’ai.sselle des feuilles, pourvus de fleurs femelles, ligulées, très grandes, à 3 dents, et de fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents ; le réceptacle est plane et pourvu de une ou deux séries de paillettes, entre les fleurs du rayon et celles du disque. Les achaines sont longs de 9 à 11 millimètres, brunâtres, dépourvus d’aigrette, à 5 ou

5 nervures longitudinales , convexes d’un côté , aplatis de l’autre.

Au dire de Molina et du père Fcuillée, l’buile de madia sativa serait préférable pour la table , même à celle de l’olivier ; mais sa couleur jaune foncée , sa propriété siccative et la facilité avec laquelle elle se rancit, doivent la faire réserver pour l’éclairage ou la fabrication du .savon commun. Elle est soluble dans 30 parties d’alcool froid et dans

6 parties d’alcool bouillant , ce qui l’éloigne beaucoup de la nature de l’huile d’olives.

On cite encore une autre plante de la famille des composéees dont les graines fournissent une assez grande quantité d’huile usitée dans l’rnde et en Abyssinie, pour l’usage de la table ou pour l’éclairage. Cette plante porte dans l’Inde les noms de ram-till et de werinnua, et eu Abyssinie celui de nook. C’est le yuizotia oleifera ÜC. , appartenant à la sous-tribu des hélianihées , et assez voisine par conséquent de Vhelianihus annuus.

DICOTYLÉDONES CALICIE I.ORES.

Ï1UI5Ü DES ASTÉROÏDÉES.

Auii£c ofliciualo.

Inula helenium. Car. gén. : capitule mulliflore iiétérogamc ; fleurs du rayon unisériées , femelles, ligulées , rarcmenl tubuleuses , irilicles ; fleurs du disque hermaphrodites, tubuleuses, à 5 dents; involucre imbriqué , plurisérié ; réceptacle plane , nu ; anthères pourvues de 2 soies à la base; achaine cylindroïde pourvu d’une aigrette à une seule série de soies capillaires , rudes.

L’aunée officinale (fig. 255) croît dans les lieux ombragés et se cultive dans les jardins. Sa tige est droite, velue, haute de 13 à 16 décimètres; ses feuilles radicales sont très grandes , ovales, atténuées en pétiole d’un côté et terminées en pointe de l’autre ; celles de la tige sont demi-amplexicaules; toutes sont dentées, d’un vert pille, rugueuses en dessus , cotonneuses en dessous ; les capitules sont solitaires au sommet des liges et des rameaux, larges de 8 centimètres , pourvus de fleurons ligules , jaunes et radiés , qui les font ressembler à ceux des heliantluis; l’involucrc est formé de squames imbriquées , dont les extérieures sont larges et surmontées d’un appendice foliacé , et les intérieures linéaires et obtuses ; le réceptacle est large , plane , dépourvu de paillettes; les achaines sont très glabres, télragones, pourvus d’une aigrette simple.

La racine d’année est la seule partie de la plante usitée. Elle est vivace, longue, grosse, charnue, roussàlre au dehors, blanchâtre en dedans, d’une odeur forte, d’une saveur aromatique, âcre et amère; elle conserve ces propriétés par une bonne dessiccation.

Fig. 253.

SYNANTHÉliÉliS — ASIKHOÏDÉKS. 57

D’apiès l’analyse de John, rapportée par M. Berzélius, la racine d’année contient :

Huile volatile liquide . . traces.

Hélénine . 0,4

Cire . 0,6

Résine molle et âcre . 1,7

Extrait amer soluble dans l’eau et dans l’alcool . . 36,7

Gomme . 4,5

Inidine . 36,7

Albumine végétale . 13,9

Fibre ligneuse . 5,5

Sels potassiques , calciques et magnésiques .... »

Ce que M. Berzélius appelle hélénine n’est autre chose que l’huile volatile concrète et cristallisable qui , depuis longtemps , a été signalée dans la racine d’aunée. Elle doit avoir une grande part à ses propriétés, ainsi que la résine molle et âcre. Vinuline est, comme on le sait, un principe analogue à l’amidon qui a été découvert par Rose dans la racine d’aunée , et qu’on a retrouvé depuis dans les racines de pyrèthre, de dalhia , de topinambour, de chicorée , d’angélique et d’autres plantes synanthérées, ou ombellifères. Ce principe tient dans ces racines la place de l’amidon , dont il dilTère parce que l’iode le colore en jaune et non en bleu, et parce que sa dissolution, obtenue à l’aide de l’eau bouillante, est mucilagineuse et non gélatineuse, et qu’elle lai.sse déposer l’inuline sous forme pulvérulente , (juelque temps après son refroidissement. Au reste cette substance demande à être mieux définie.

On retire de la racine d’année, ou on en prépare une huile volatile, une eau distillée , un extrait, une conserve et un vin médicinal. Elle entre en outre dans un grand nombre de médicaments plus composés. Ses propriétés générales sont d’être tonique et diaphorélique.

La racine d’aunée jouit d’une autre propriété peu connue , qu’elle partage avec celle de bardane. Sa décoction , employée en lotions , apaise presque instantanément les démangeaisons dartreuses, et e.st un des meilleurs topiques dont on puisse se servir pour en atteindre la guérison.

Quekpies autres espèces d’auuée, anciennement usitées, sont aujourd’Inii tombées dans l’oubli : telles sont, entre autres, Vinula conyza, dont les feuilles, semblables à celles de la digitale, ont été figurées t. II, p. 4è8 ; les iuula siuweolens , bifrons , britannica, graveolens , etc.

53 DICOTYIÆDONKS CAMCliaORl'S.

Les inula di/senterica et pulicaria appartiennent aujourd’hui au genre imlicaria.

La tribu des astéroïdées renferme un très grand noml)re de plantes d’ornement, généralement connues, auxquelles je crois inutile de m’arrêter: telles sont les dalliia {clathia variabilis), la verge d’or [solidugo virga-aurca) , les érigérous, les «sto-, la reine Marguerite (eaf/fstephus chinensis ) ; sans oublier la charmante pâquerette, ornement de nos prairies {bel lis perennis).

TRIBU DES KUPATORIACÉES.

Tussilage ou l>as-<l’Aue (Sg. 230).

Tussilago furfuru L. Le tussilage est une plante qui aime les lieux humides et dont les racines se ])ropagent sous terre à une grande distance. Il en pousse plusieurs petites hampes supportant chacune un cajiilule qui s’épanouit avant que les feuilles paraissent , ce qui a fait donner à la plante le nom bizarre de fUius anle potrem. Les feuilles qui paraissent ensuite sont pétiolées , très larges , .sous-cordiformes , anguleuses et denticulées. ün en a comiiarc la forme à l’empreinte du pied de l’âne, d’où est venu le nom de pa.s-d’âne ; elles sont vertes en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. La hampe est également cotonneuse et toute couverte de bractées rougeâtres qui , parvenues au capitule , en forment l’involucre. Le capitule présente , à la circonférence , une grande quantité de demi-fleurons jaunes très étroitement ligules, femelles, et , au centre, un petit nombre de fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents. Le réceptacle est nu ; les styles du disque sont inclus et abortifs ; ceux du rayon sont bifides , à rameaux sous-cylindriques ; les achaines sont oblongs-cylindriques , glabres , pourvus d’une aigrette parisériéc , à soies très fines; les aigrettes du

Lig. 2o6.

SVNANTHÉliÉES — KÜPATOIUACÉËS. 59

disque sont unisériôcs. Tout le capitule est doué d’une odeur forte , agréable , et d’une saveur douce et aromatique. On l’emploie en infusion contre la toux : d’où est dérivé le nom de tussilage.

Uiipaloli'cs,

Ce genre de plantes , qui est extrêmement nombreux , présente les caractères suivants : Feuilles opposées; capitules liomogamcs,dont l’involucre est cylindrique, formé de squames imbriquées, appliquées, ovales-üblongues, foliacées; le réceptacle est nu, plane , étroit; les lleurons sont généralement peu nombreux , tous tubuleux et hermaphrodites; le style est long, profondément bifurqué, barbu à la base; l’ovaire est pentagone et parsemé de glandes; les achaines sont pourvus d’une aigrette pileuse, unisériée. Presque toutes les espèces sont américaines; la suivante seule est commune on France, dans les fossés pleins d’eau et dans les lieux submergés.

Eiiputoirc «l’Aviceniic ou eunatoîrc ctiaiivrin , eupatorium Cannubinum L. Cette belle plante croît à la hauteur de 13 à 15 décimètres ; sa tige est un peu quadrangulaire , velue et rameuse ; les feuilles sont opposées , sessiles , à 3 ou 5 folioles lancéolécs-allongées et dentées , imitant assez les feuilles de chanvre; les ca|)itules sont terminaux, disposés en corymbes un peu serrés, formés d’un involucre cylindrique, glabre, à 10 squames dont les 5 extérieures obtuses et très courtes; les Ikiurs sont d’un pourpre pâle , au nombre de 5 ou 6 , remarquables par leurs styles fort saillants.

La racine d’eupatoire est fibreuse et blancbâtre; elle paraît être assez fortement purgative ; les feuilles sont amères et un peu aromatiques lorsqu’on les écrase; elles passent pour détersives et apéritives.

Aja-puii» , eupatorium aya-pana Vent. Cette plante , originaire du lirésil , a été transportée h l’Jlc-de-France. Vantée d’abord à l’excès contre un grand nombre de maladies, elle est aujourd’hui presque totalement oubliée ; il semble cependant qu’elle devrait conserver une jtlace dans la matière médicale : au moins peut-on supposer que ses propriétés générales se rapprochent beaucoup de celles du thé.

Les feuilles d’aya-pana sont longues de 5,5 à 8 centimètres, étroites, lancéolées-aiguës, entières, marquées de trois nervures principales qui se réunissent à l’extrémité du limbe, et d’un vert jaunâtre. Elles ont une saveur astringente, amère, parfumée, et une odeur agréable qui a quelque rapport avec celle de la fève tonka.

Plusieurs autres espèces d’eupatoires sont douées d’une odeur très agréable ; telles sont principalement ï eupatorium dalea L. [critonium dalea i)C.) de la Jamaïque , dont les feuilles sèches exhalent une odeur

60 WCOTy],liDOiNES (ÏALICnaORlîS.

de vanille très suave et persistante; et Vcupatorvum armnatisans ]JC., de l’île de Cuba, qui sert à aromatiser les cigares de la Havane. Virey a fait mention {Journal de •pharmacie, t. XIV, p. 306) d une feuille de «rén»ei servant au même usage , que M. Kuntli a reconnue pour appartenir au picpteria trinervia de Cavanilles. Il est probable que cette feuille de ïrébel est la même que celle que j’ai décrite dans ma précédente édition, et que j’ai cru appartenir à ïeiqmiorium triplinerve de Vahl. Quelle que soit l’origine de cette feuille , voici quels en sont exactement les caractères.

Cette feuille est longue de 18 centimètres et doit être considérée comme sessile; mais le limbe est très étroit dans une longueur de 54 millimètres, puis il s’étend peu h peu jusqu’à une largeur de 3G millimètres, et se termine à l’extrémité par une pointe arrondie; la nervure médiane est forte et très marquée, les nervures latérales sont disposées par paires ; les trois premières paires suivent la direction allongée du limbe rétréci en pétiole, et viennent se confondre avec le bord de la feuille; la quatrième paire parvient seule au sommet, et donne h la feuille, avec la nervure médiane, l’apparence d’uiie feuille triplinerve; les nervures latérales supérieures sont beaucoup plus petites et comprises entre la nervure médiane et les nervures de la quatrième paire. La feuille est très entière , assez épaisse, glabre , d’une couleur verte un peu jaunâtre ; elle a une odeur de fève tonka ou de mélilot beaucoup plus franche, plus forte et plus agréable que l’aya-pana ; sa saveur est piquante, âcre et un peu amère; elle teint l’eau en jaune foncé.

Giiaco.

Mikania giiaco Ilumb. Bonpl. Cette plante est voisine des eupatoircs, dont elle se distingue cependant par plusieurs caractères ; Sa tige est grimpante, très longue et rameuse ; ses feuilles sont pétiolécs, opposées, ovales-aiguës , hérissées en dessous, à dentelures distantes, longues de 16 à 24 centimètres; l’involucre est formé de 4 folioles seulement, épaisses, aiguës, hérissées eu dehors; les fleurons sont au nombre de 4 , hermaphrodites , dont le style et les 2 stigmates sont très longs ; les achaines sont pentagones, glabres, surmontés d’une aigrette simple; le réceptacle est nu.

Le guaco croît dans la Colombie , sur les bords du fleuve de la Madeleine ; il est célèbre dans ces contrées par la propriété, qu’il paraît posséder en effet, de guérir delà morsure des serpents venimeux. On a également annoncé qu’il était propre à guérir le choléra. Ou a trouvé dans le commerce la plante entière, tiges, (leurs et feuilles mêlées.

DIPSACIÎKS. 61

Elle est inodore, mais très amère. Elle a élé analysée par.M. Fauré., de Bordeaux {Journ. pliarm., l. XXII, p. 291).

Sviucticcs «le OulagC-ri.

Vernonia antliebnintica "NVilld. Plante de l’Inde , de la tribu des vernoniacées , dont les semences sont usitées comme anthelmintiques. Dans une note insérée dans le Journal de pharmacie , t. XXII, p. 612, Virey, disant avoir reçu ces semences directement de l’Indo , sous le nom de calagéri ou de calagirah, a proposé de les substituer au semenconlra, dans les préparations pharmaceutiques. Le conseil aurait pu être bon , si les graines présentées eussent été véritablement celles du vernonia anthelmintica ; mais c’étaient des semences de nigelle. Comme cette confusion pourrait se représenter, je dois dire ici ce qui l’avait causée et comment on peut s’en garantir.

Les semences on question avaient élé présentées à la douane sous le nom de calagirali que Virey a cru synonyme àe calagéri, tandis que ces noms désignent des iilanlos très dilîércntes. L’une, nommée calagéri par llheede , ou kalic zeerie par Ainslic (l. II, p. 54) , est bien le vernonia anfhelinintica ; l’autre, nommée kala jira (Ainslie, t. I, p. 128) , est le nigelln sativa L., ou sa variété indienne le nigella indica Roxb. Ce sont les semences de cette dernière plante que Virey a prises pour les fruits de vernonia.

Les achaiues du vernonia anthelmintica sont longs de 5 millimètres, étroits , amincis et coniques par la partie inférieure , élargis par le haut en un petit disque qui présente tout autour les vestiges de l’aigrette simple qui les surmontait ; leur surface est creusée de sillons longitudinaux et couverte de poils rares et courts; leur couleur est brune, sauf le petit plateau supérieur qui est blanchâtre ; elle est amère et inodore.

La semence de nigella saliva est noire , cunéiforme , triangulaire ou quadrangulaire, de la grosseur d’une puce. Les faces comprises entre les angles sont planes et ridées ; la saveur en est aromatique , nullement amère et d’un goût de carotte; l’odeur en est faible en masse, mais devient plus forte par la friction dans le creux de la main, et est semblable à celle du daucus.

FAMILLE DES DIPSACÉES.

Cette famille présente par la réunion de ses fleurs eu capitules une assez grande ressemblance avec les composées ; mais elle en diffère par un certain nombre de caractères essentiels. Les feuilles sont opposées, dépourvues de stipules ; les fleurs , réunies en capitules , sont accom-

62 mCOTYLftDONES CA U CI FLOU ES.

pagiiücs à la base d’un involucre commun composé de plusieurs folioles; mais charjue fleur est entourée, en outre, d’im involucre propre, caliciforme, différent encore cependant du véritable calice , lequel est soudé avec l’ovaire et terminé supérieurement par un limbe entier ou divisé. La corolle est gamopétale , . tubuleuse, à h ou 5 divisions inégales ; les étamines sont au nombre de k , à anthères libres et bilüculaires. L’ovaire est infère , à une seule loge contenant un seul ovule pendant. Le style est simple, terminé par un stigmate simple ou légèrement bilobé. Le fruit est un acbaine terminé par le limbe calicinal et enveloppé par le calice externe. La graine est pendante et son embryon est entouré d’un èndosperme assez mince. Cette famille est très peu nombreuse, et je’ n’en citerai que deux plantes utiles, la cardère cultivée et la scabiouse officinale.

Cardère caliivêe , communément nommée chardon A fonlon {dipsacus fullonum L.). Cette plante porte des capitules cylindriques, pourvus de paillettes très nombreuses , serrées, dures et terminées en crochet à leur extrémité , ce qui les rend propres à peigner les tissus de laine et de coton. Les racines étaient employées autrefois comme diurétiques et sudorifiques.

.Scahicn.^c oinciiialc , sccibiusa succisa L. ( fig. 2.')7). Celte plante est commune en France, dans les bois et dans les pâturages un peu humides. Fdle produit une tige droite, cylindrique, haute de 30 à 60 centimètres, garnie de feuilles dont les inférieures sont pétiolées , oblongucs , acuminées de chaque côté, très entières, et les supérieures sessiles, connées, oblongues-lancéolces, souvent dentées; les capitules sont ])édonculés, pourvus d’un involucre général à 2 ou 3 séries de folioles ; les involucelles sont formés d’un tube tétraédrique , à couronne très courte , ondulée et à soies courtes et connivenles ; les corolles sont égales , quadrifidcs , d’une couleur bleue ou purpurine. La racine est blanche, cylindrique , courte et comme tronquée par le bas , entourée de radicules descendanlc.s. On l’emploie en décoction contre les maladies de la peau. Les feuilles et les fleurs sont également u,siiées.

La scahieuse «les champs , SCablOSa arvensis L. ( hvmtia ommia DC. ) , est aussi

VAf.KlUANÉKS. 63

usilée. Elle diffère de la précédenle par sa tige velue , scs feuilles pinnalifides incisées et ses fleurs à corolles inégales et rayonnantes.

rAJIILtÆ DES VALÉRIANÉES.

Plantes herbacées, à feuilles opposées, simples ou plus ou moins profondément incisées; les fleurs sont privées d’involucre et de calicnle, mais sont encore rapprochées en grappes denses ou en cymes terminales; le calice est simple, formé d’un tube soudé avec l’ovaire cl d’un limbe supère, tantôt dressé, à 3 ou ô dents, tantôt roulé en dedans et divisé en lanières qui se déroulent en aigrette après la floraison. La corolle est gamopétale, épigyne, à limbe quinquélobé, tantôt régulier ou presque régulier (valériane), tantôt irrégulier avec le tube éperonné (centranthe) , ou non éperonné (fedia). Les étamines sont insérées au tube de la corolle, quelquefois au nombre de 5 , réduites h 3 dans les valérianes , à 2 dans les fédia, à 1 dans les centranthes. L’ovaire est infère, à 3 loges dont 2 stériles et .souvent indistinctes; l’ovule est uniciue, pendant au sommet de la loge fertile, anatrope; le style est terminé par 2 ou 3 stigmates ; le fruit est sec, indéhiscent , couronné par le limbe du calice, tantôt à 3 loges dont 2 beaucoup plus petites et vides [fedia) , tantôt à une seule loge (valériane). La graine est inverse , à embryon homolrope , droit , à radicule supère , sans eiulosperme.

Cette famille , séparée des dipsacées par de Candolle, présente encore des analogies frappantes avec le groupe des composées ; les genres peu nombreux qui la composent ont été presque tous formés aux dépens des valérianes dont les racines, diver.sement aromatiques, ont fait partie de la matière médicale des anciens et sont encore très usitées aujourd’hui dans toutes les parties du monde.

Valértaiic sauvage (lig. 258).

ï’aleriana officinalis L. Tige droite, haute de 1 mètre à 1 mètre '1/2, fistuleuse, un peu pubescente, portant dans sa partie supérieure des rameaux opposés sortant de l’aisselle des feuilles. Ctdles-cl sont opposées, toutes pinnatisectées, à segments lancéolés dentés , un peu velus en des.sous. Les fleurs sont petites, nombreuses, disposées en cyine au haut des liges , d’une couleur blanche-purpurine , d’une odeur agréable. La racine est très petite, comparée à la grandeur de la plante, formée d’un collet écailleux très court , entouré de tous côtés de radicules blanches, cylindriques, de 2 à 5 millimètres de diamètre. Elle possède une saveur légèrement amère, comme un peu sucrée d’abord, et

64 DK'.OTYLÉnONr.S CAr.ICIFLORES.

une odeur désagréable qui se développe par la dessiccation, an point de devenir très forte et fétide. Cette odeur plaît singulièrement aux cliats, qui déchirent les sacs de cette racine , se vautrent dessus et en mangent même avec délices.

On trouve dans le commerce deux variétés de racine de valériane qui me paraissent dues à la différence des lieux où on les a récoltées. L’une est formée de radicules blanches , cylindriques , qui ont conservé leur plénitude par la dessiccation, en ayant pris souvent une apparence cornée. La terre qui s’y trouve attachée est sablonneuse , légère , jaunâtre et tombe en poussière par la percussion. Il me paraît évident que cette valériane a crû dans des bois assez secs et sablonneux. L’autre variété a dû croître au contraire dans un lieu humide et marécageux ; car la terre qui s’y trouve comprise est noirâtre , compacte et dure à casser, comme le serait une terre argileuse qui a été détrempée dans l’eau et ensuite desséchée. De même que dans la première variété , le collet est court et écailleux; mais les radicules sont d’un gris foncé , plus déliées , plus fibreuses et ridées à leur surface , ce qui tient à la plus grande quantité d’eau qu’elles ont perdue par la dessiccation. Cette racine a une odeur très analogue à la première , néanmoins non dé.^agréable ; elle paraît un peu plus amère. J’ai supposé anciennement que cette racine pouvait être produite par le valeriana dioica L. , qui croît en effet dans les lieux aquatiques ; mais la seule différence des lieux suffit pour expliquer celle des deux racines.

La racine de valériane fournit par la distillation avec de l’eau une huile volatile verte, d’une odeur forte, analogue à la sienne propre, qui a longtemps été usitée comme antispasmodique. Cette essence , de même que la plupart des autres huiles volatiles , est formée de plusieurs principes, dont un, principalement, mérite de fixer l’attention par son caractère acide bien décidé.

Ce principe, nommé acide vedértanique ou mlérique, a été entrevu d’abord par M. Peutz, chimiste allemand, puis détermine par M. Grotz,

VAr.KUlANKliS. 65

et (‘liidié ensuiie par MM. .J.-U. Troninisdorf , Kltling, Dumas et Slas, Cahours et Gcrhardl. Pour l’oblenir, on distille la racine de valériane bien privée de terre et addilionnée d’ailleurs d’une petite quantité d’aride sulfurique , avec de l’eau , et l’on obtient ainsi , comme à l’ordinaire, un mélange d’eau distillée et d’huile volatile, auquel on ajoute de la magnésie calcinée. On distille dans une cornue, et l’on obtient une huile volatile légère, non acide, d’une odeur moins fétide qu’auparavant. Lorsqu’il ne passe plus d’huile, on ajoute dans la cornue de l’acide sulfurique en léger excès cl l’on reprend la distillation. On obtient alors un liquide huileux (acide valérianique) qui surnage l’eau saturée du meme acide ; car il est soluble dans 3ü parties d’eau. L’acide pur est incolore et pèse 0,9/ifi; il a une odeur d’essence de valériane très forte et très désagréable et une saveur repoussante. Il perd presque toute son odeur par sa combinaison avec les bases, et forme des sels, tels (pte ceux de zinc et de quinine , qui sont aujourd’hui très employés dans la thérapeutique.

L’acide, valérianique a été analysé par M. Ettling à l’état oléagineux et combiné à la baryte ou à l’oxide d’argent ; .sous ce dernier état il est anhydre et formé de COl^O'*; à l’état oléagineux, il est hydraté et contient O'» MW -f MO •= C"'ll'W.

(let acide peut se former dans un grand nombre de circonstances dilTércntcs, et notamment par l’action de la potasse caustique hydratée sur l’essence de pomme de terre ou alcool amylique (C‘“H'202).

En ajoutant en clfct les éléments de 2 molécules d’eau à l’alcool atnyliqne , on en forme do l’acide valérianique hydraté et de l’hydrogène qui se dégage, provenant pour une moitié de l’eau ajoutée et pour l’autre de l’essence de pomme de terre :

G10U1JO2 + 2HO = COHIOO-* + /iH.

MM. Grolz, Trommsdorf et Ettling s’étaient bornés à montrer que l’essence de valériane était composée de deux huiles dont l’une est acide et l’autre jtas. D’après M. Gerhardt, l’essence de valériane récente ne contiendrait pas d’acide valérianique et serait formée de deux huiles non acides, l’une oxigénée à laquelle il donne le nom de valérol ; l’autre non oxigénée, composée de et nommée bornéène, parce

qti’elle e.st identique en elî'et avec l’e.ssence naturelle du dryobanalops camphora (tome II, p. 387). Quant an valérol , il est liquide à la température ordinaire; mais il se solidifie à quelques degrés au-dessous de zéro et con.serve alors la forme de cristaux jusqu’à 20 degrés audessus. Il est composé de (P^tuoo^ et peut se convertir en acide valérianique , soit par l’action de l’air sur rcssence de valériane, soit par

C() DICOTYLÊDONKS ('.aMCIFLORES.

l’action (le l’iiydi ate de potasse fondu. Tl se dégage de l’hydrogène et le sel de potasse produit est un mélange de valérianale et de carbonate de potasse , ainsi cpie l’explique l’équation suivante :

C121110O2 gHO = C'Ottiooi -1- + GH.

Nonobstant l’opinion de iTl. Gcrhardt, je pense que l’essence de valériane, même récente, contient de l’acide valérianique. .J’admets cependant que la racine fraîche n’en contient pas, et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles elle possède une odeur beaucou]) plus faible que la racine sèche. iTIais après la dessiccation , lorsque les principes huileux ont imprégné tout le tissu de la racine et .se trouvent en contact avec l’air, il est clifTicilc de croire qu’ils n’éprouvent pas le genre d’altération propre à la production de l’acide valérianique. Il est d’ailleurs certain que l’e.ssence de valériane sèche , nouvellement préparée, contient toujours de l’acide valérianique.

liacinc de Grande AalCriaiie.

Valeriana phu L. Cette plante est cultivée dans les jardins; tontes ses parties sont plus grandes que dans la précédente, si ce n’est que sa tige qui n’a que 1 mètre de haut; scs feuilles radicales sont entières; sa racine est foi mée d’une souche longue et gi'osse comme le doigt , d’une couleur grise et marquée d’anneaux circulaires qui sont des vestiges d’insertion d’écailles foliacées noirâtres. Cette souche s’étant trouvée placée transversalement dans la terre , est nue du coté qui regardait la surface du sol et garnie de l’autre d’un grand nombre de radicules dirigées en bas, grises et ridées à l’extérieur, et d’une couleur foncée en dedans. L’odeur de la racine est analogue à celle de la première espèce , plus faible et cependant plus désagréable , ce qui peut tenir à ce que, étant ordinairement très ancienne dans le commerce , l’essence s’y trouve en plus grande partie convertie en acide valérianique; sa saveur est manifestement très amère. Elle jouit dans un moindre degré des mêmes propi'iétés que la valériane officinale.

La racine de grande valériane est le ou nai-<i de ï'i’idc, dotit il est fait mention dans le douzième livre de Pline.

iiaciuv lie Valériane eeUique ou Raril eeltiiiiie.

Valeriana celtica. Cette espèce (fig. 259) croît sur les montagnes de la Suisse et du Tyrol , pays des anciens Celtes; de là lui est venu le nom de nani ceiti(|iic , qu’elle a toujours porté. Elle se compose d’une petite souche ligneuse , toute couverte d’écailles imbriquées , placée

VAMClUANfUiS. 07

obliqucmciU près do la surface du sol cl sons la mousse qui le recouvre , pourvue d’un côté de quelques radicules el leruiinee superieuremenl par une touffe de fouilles très entières, obovées, et par une tige haute de 8 à 20 centimètres; les (leurs sont d’un rouge pâle, réunies au nombre de cinq ou six en petites ombelles portées sur des pédoncules axillaires ; celles de l’extrémité sont presque scssiles et comme vcrticillées.

Le nard celtique se trouve dans le commerce sous la forme de paquets ronds et plats qui le contiennent mélangé de mousse et de beaucoup de terre sablonneuse. La souche elle-même est très menue, longue do 3 à 5 ccniimètres, entièrement couverte d’écailles blanchâtres, et munie de quelques radicules brunes. Toute la souche est pourvue d’une saveur très amère et d’une odeur forte qui lient beaucoup de celle de la valériane. Cette substance , quoiqu’elle doive être très active , n’est plus guère employée aujourd’hui que pour la thériaque. Il faut la débarrasser do la mousse , de la terre et des feuilles qu’elle contient.

Kard indien ou Spicanard.

Cette substance a été célèbre dans l’antiquité et comptée au nombre des aromates les plus précieux ; son odeur passait pour exciter les désirs amoureux ; parlant elle était en grand honneur auprès des dames romaines (1), comme elle l’est encore aujourd’hui chez celles du Népaid.

Cet usage peut s’expliquer jusqu’à un certain point, maintenant qu’il

I) Un poêle, heureux imitateur des anciens,

a dit :

()K DlCOTYl.ÈDOMiS CAl.lCirLOliliS,

est rocontm t|Uü le vérilable nard indien appartient à une plante très voisine des valérianes. Et d’ailleurs une odeur cpii nous paraît peu agréable aujourd’hui a pu sembler suave autrefois ; de même que le rilron dont toutes les femmes se itarfumeiU , de notre lcm|is , pa.ssaii anciennement ])our désagréable, et ainsi de plusieurs autres.

Pendant longtemps le nard indien a été attribué à Vandropogonnardus E., de la famille des graminées, et l’on s’étonne que cette opinion ait pu durer ; car la racine de rfmf/roywgroi nardus [(j>n(je7'-grass Angl.) ressemble pour la forme et la couleur à celles du schænanthe et du vétiver : elle offre une odeur mixte de gingembre et d’acore , tout à fait distincte de celle du nard indien.

Le docteur .Jones , qui a été présidetit de la Société asiatique de Calcutta, a le premier fait connaître que la plante ([ui produit le spicanard est une valériane, qu’il a nommée, de son nom sanscrit, valei'iana jatamemsi ; mais il l’a confondue avec le l'cdadnna Ilm'dwkkii de Don on de Wallich , qui ne donne pas de spicanard. 11 faut dire , cependant, qu’il nous vient de l’Inde plusieurs espèces de nard , mais dont aucun n’est produit par le vederiana Ilcnrhuickii .

L’existence de plusieurs espèces de nard indien a été constatée dans tous les temps. Ainsi Dioscoride, à part même les deux nards qu’il nomme syidaque et senupharitique , décrit deux nards de l’Inde : l’un , croissant sur les montagnes, est court, aminci à l’extrémité, d’une couleur rousse , amer, et d’une odeur agréable ([ni se cemserve longtemps; l’autre, venu dans des endroits très humides et nommé ÿongitis, du fleuve Gange, qui coule au pied des lieux où il croît, est plus grand, portant plusieurs épis chevelus sortant d’une même racine, et ces épis sont hérissés de fdjres entremêlées, et de mauvaise odeur; il est moins estimé.

On trouve des traces de cette distinction des deux nards de l’Inde dans Ponict et dans Geolîroy; mais nul ne les a mieux décrits que Charas, dans sa Pharmacopée , article Tin'ir.tAnni: uéformke. Suivant lui « le véritable nard des Indes a scs épis moindres que l’autre ; il est sans partie ligneuse, d’un jaune tirant sur le purpurin, d’un goût fort aromatique, mêlé d’amertume et d’acrimonie; il est porté sur une petite racine sujclle à tomber en poussière . et qu’il convient d’en .séparer en secouant les épis sans les briser. Le faux nard est plus gros que le précédent , d’une couleur plus brune, portant une chevelure plus éparpillée et plus hérissée ; il est prestjue privé d’odeur et de goût; il olTre dans son centre une partie ligneuse qui sert de loin en loin de base à la chevelure. »

A la vérité, Charas dit avoir cueilli ce faux nard sur le mont Genèvre, en Dauphiné, ce (jui tendrait à le faire regarder comme indigène:

\ AiÉlUAiNÉliS. G9

mais, comme il parle A'aulrefoU , el que les caiaclères (loniiés par (l’aiilres ailleurs, à ce faux iiard du Dauphiné , ne se rapporlenl pas à la description précédenle , il me paraît certain que (iharas a confondu deux choses dilférentes, savoir : le piux nnrd de l'Inde, dont la description se trouve ci-dessus, et \^i faux nord du Dauphiné, dont la forme se rapproche beaucoup de celle du vrai nard de l’Inde, ettpii est, au dire de Poinet, d'un (jris de souris, tourné comme s'il avait été tourné au tour, et composé de [UoinerUs fort menus; ces derniers caractères indiquent sufTisamnient que ce faux nard du Dauphiné n’csl autre que le bulbe allongé cl cbcvclu de la Vicloriale [allium Victorialis\j.). En résumé Charas a- parfaitement distingué les deux nards de l’Inde; il a eu tort seulement de croire que le second venait du Dau- ])hiné. Voici la description plus précise de ces deux substances.

iVarrt .!iiUiniansl,

l>o« nord indien Cbaras ; nord des numtofjnes de t'inde Diosc., I, cap. 6; Valeria.nn jolamonsi bambert {on Hlust. of the (jenus cinch., p. 177, fig. ); nardostorhi/s jotoniansi DD. Colt. viém. vn, pl. 1; Prodromus IV, p. Q'2!\. Celte plante (lig. 260) croît dans les montagnes du Népaiil , dans les provinces de Mandou el de Cbitor, au royautne de Delhi, au Bengale cl ait Décan. b’exccllenlc figure qu’en a donnée Lambert, et l’échantillon que j’en ai vu dans l’herbier de M. Dclesserl, ne ])crmeltont jtas de douter tpie ■ce soit elle qui produise le vrai nard indien. Cette substance est devenue très rare dans le commerce ; telle que nous l’avoits (ftg. 261 ) , elle se compose d’un tronçon de racine très court , épais comme le petit doigt, d’un gris noirfitre, surmonté d’un paciuel de fibres roiige.âtres, fines et dressées, (pii imitent un épi de la grosseur et de la longueur du petit doigt, (ii

■ni un peu ovoïde on

70 i)i(;0T\'i.Éi)0i^iis cALK;in.üiU';s.

rciidü au iniliuii el aminci aux cxlrémilés ; les fibres dont il se compose sont souvent encore disposées en réseau de feuilles, el ne sont elîectiveinent que le squelellc desséché des feuilles qui entourent le collet de la plante , et qui se détruisent chaque année ; l’odeur en est forte el agréable , très persistante, analogue à celle du nard celiitiue ; la saveur en est amère et aromatique.

Kn coupant l’épi longitudinalement, ou trouve au centre un corps ligneux, formé d’une écorce grise et d’unepartie intérieure blanche, sjrongieusc et friable. Ce corps ligneux est souvent réduit à l’état pulvérulent par les insectes , ou manque entièrement. Ayant une fois ouvert un épi dont la racine était bien conservée , jo lui ai trouvé une odeur très marquée de valériane.

A'arrt radicaiit rtc l’Inrtc (lig. 26-2 oi aiisj.

Nard du ('lange Diosc. Celte substance est abondante dans le commerce; elle se compose d’un corps de racine brun , dur, ligneux, gros comme une |)lume à écrire, tout hérissé de radicules brunes , rudes et chevelues. Cette racine se divise supérieurement en trois ou (|uatrc liges ou rhizomes, longs quelquefois de 19 à 22 centimètres, entièrement couverts de fibres brunes, dressées, qui sont, comme dans le vrai sjticanard , le débris des feuilles radicales ; mais ces trois ou quatre tiges ayant été renfermées sous terre, jiis(|u’à un paquet de feuilles verdâtres qui les termine supérieurement, les fibres dont je |)arle sont entremêlées d’autres fibrilles ou radicules semblables à celles de la partie inférieure. Quand on dépouille les rhizomes de leurs fibrilles, on trouve dessous un corps ligneux ( fig. 2G3, a), très dur, mince comme une petite plume, mais renflé el articulé de distance en distance, à la manière des souchets; au total, ces rhizomes ramifiés.

longs (Ifi 1(5 à 19 cenliinètrcs , loii liéiissés d’iinc chevelure brune dure, irrégulière, sonl trè.s facile; il dislinguer du vrai spicanard. Il ont une odeur analogue à celle di nard celtiipie, mais beaucoup plu; faible et désagréable; leur savoui est terreuse et presque nulle.

La plante qui fournit le naît radicant de l’Inde est encore iii connue. Aucune des valérianes d l’Inde que j’ai vues dans les ber biers de M. B. Delesscrt ne peut 1 pi'odnire. Le seul nardoslacky fjrnndifloi'a DC. ( fedia grandi llnrii AVall.) , tel qu’il est repré semé dans le VU” mémoire de d Candollc , pl. 2 , offre un rbizom long , cylindrique , hérissé d fdires, qui se rapporte assez bici au nard radicant ; mais l’inspectioi de la plante en nature pourra seul décider la riueslion , par la confor mation toute particulière que l’oi doit trouver à son rbizome linneux

DICOTYLÉDONES CALICH'LOUES.

Nard foliaec de ITiidc ( 264 i>i 2();; ).

J’ai vu cGHü substance pour la preuiiere fois clans lu cuiuiueicu vers l’année 1825 , je ne sais si elle s’y trouvait auparavant ; elle y était assez

Fig. 2C4.

abondante. Au premier aspect, elle paraît assez différcnle de la précédenie ; mais, après un examen minutieux, je la regarde comme la Fig. 208. même plante recueillie jeune. Au lieu d’être

formée d’un long rhizome ramifié, terminé par une faible touffe de feuilles, cette substance est au contraire presque enlièrement formée d’un épi foliacé jaunâtre , terminé inférieurement par une courte racine ligneuse, munie de radicules chevelues et jaunâlres. L’odeur est plus développée que dans le précédent spicanard, et offre quelque chose d’aromatique et d’agréable. Du reste , on observe dans les épis foliacés la tendance à .se ramifier qui se serait développée plus tard ; on voit percer des radicules ligncti.ses même à travers les feuilles non altérées ; la consistance et la forme du rhizome sont les mêmes. Bref , le nard foliacé et le nard radicant de l’Inde ne me paraissent différer que par l’âge auquel ils ont été récoltés.

Faux Nard du Uaupliiiiê ( lij;. 2CG).

Bulbe de la victorinlc Iwujm de (llusius [Hüv. I, 189); allium ani/uinwn du Alattliiolc de Bauhin , j). 522.

\ ALÉlUANliliS. 73

Celle subslance ii’a élé ([u’iiiiparfaileiiicnt clécrile par Poiiiel. Elle a loul à fail la forme du nard jalamansi, c’est-à-dire qu’elle est grosse et longue comme le petit doigt, un peu renflée au milieu et amincie aux exti émilés ; mais elle est d’un gris de souris, inodore et d’une saveur terreuse. La surface de l’épi est généralement unie, et les fibres très fines dont il se compose forment un réseau régulier, disposé en losange. Lorsqu’on coupe l’épi longitudinalement, on voit au centre un cor|)s blanc cellulaire , arrondi, séparé en deux par une ligne rousse borizonlale , qui forme la ligne de démarcation de doux bulbes d’années consécutives. Au-dessus du bulbe supérieur se trouve le bourgeon de celui qui grossira l’année d’après , et au - dessous sont les débris des bulbes des années précédentes. Cette disposition diffère de celle du colcbitpie e[i ce que , dans celui-ci, les bulbes se forment ialéralemcnl , tandis que dans la victoriale ils se succèdent dans le sens perpendiculaire , et causent ainsi l’allongement progressif de l’épi. La victoriale croît dans les montagnes du Dau|ibiné, de la Suisse, de l’Ilalic, de l’Aulricbe et de la Silé.sie. J’ai dû à l’obligeance de M. Cbaienay, alors pbarmacien h Saint- A'mier, dans l’état de Berne, l’échantillon (lui a servi à la description précédente.

D’autres substances que les précédentes ont porté le nom de nard ; telles sont la lavande spîc , qui se trouve décrite par d’anciens auteurs sous le nom de nardus italica, et la racine d’asarum, qui a été nommée nard sauvage.

üiaeiic ou doucette, vüleriunella olitoria Mœncb. Petite plante commune dans les champs à la fin de l’iiivcr, mais cultivée dans les jardins potagers pour l’usage de la tab’e. Scs feuilles sont entières, vertes , succulentes , d’un goût doux ; scs fleurs sont d’un bleu très

Eig. 2f)G.

74 l)U;OTÏLÉÜÜiNES OALICIKLOUES.

pâle, pourvues d’un calice à dents droites et de 3 étamines; le fruit est

une capsule à 3 loges dont une seule fertile.

Valériane roug'c , cmtrcmthus ruber ou plutôt le ccntranlkiis m- (justifolius DG. Celte plante , remarquable par ses Heurs nombreuses et d’un beau rouge , croît en France dans les lieux pierreux et sur les vieux murs, et est cultivée pour l’ornement des jardins. Le tube de la corolle est éperonné à la base et ne porte qu’une étamine. Le fruit est uniloculaire et mono.sperme. La racine sent la valériane.

EAMILLI' DIuS lîURIA(:iiE.S.

l’ianles hei-bacées , arbustes ou arbres à feuilles o|iposées , accoinpagnées de chaque côté de stipules , tantôt .sondées et formant une sorte de gaîne ; tantôt distinctes et se développant en feuilles semblables aux véritables , et simulant un veiiicille de feuilles. Les Heurs sont axillaires ou terminales, (pielquefois réunies en tête. Le calice est formé d’un tube adhérent à l’ovaire et d’un limbe supère, entier ou partagé on 4 ou 5 lobes, le plus souvent persistants. La corolle est épigync , gamopétale, régulière , à 4 ou 5 lobes ; les étamines sont en nombre égal et alternes avec les lobes de la corolle ; l’ovaire est infère, surmonté d’un style sinqilc et d’un stigmate qui offre autant do lobes qu’il y a délogés à l’ovaire. Le fruit est tantôt une mélonide ( fruit complexe , charnu, infère , indéhiscent) à deux on à plusieurs loges monospermes ou polyspermes ; tantôt un carcérnle infère ne différant du fruit précédent que par la siccilé du péricarpe ; tantôt une capsule à deux ou à un plus grand nombre de loges polyspermes et s’ouvrant en autant de valves ([u’il y a de loges; les graines , souvent comprimées et bordées d’une aile membraneuse , contiennent un embryon homotrope dans un endosperme corné ou cartilagineux.

.Malgré les dilTérences observées dans les fruits , la famille des rubiacécs est une des |ilus naturelles du règne végétal ; c’est aussi une des plus nombreuses et des plus essentielles à connaître, à cause du grand nombre de substances actives qu’elle fournil à l’art de guérir. Elle a été divisée de la manière suivante ;

1" sous-famille, corirÉACÉES ; fruits à logc.s monosperrues (très rarement di.spcrmcs ).

Tribu f, opercuiarîées : fruits uiiiloculaires , monosjtermcs , rapprochés latéralement en capitules, enfin déhiscents et bivalves par le sommet. Genres pomax, opercidaria.

T'ribu II, steliatées : fruit presque sec, bipariible , rarement

llUlilACÉliS. 75

cliai'iiu cl ))iloculaii'c ; sliginate en lêlc. Genres vaiUanlin , (jalium , ruina, crucianclla, asperula, elc.

Tribu III , antliosi|iei-niccs ; fruit presque sec , bipartible , rarement cbarnu et biloculaire ; stigmate allongé , velu. Genres cinlliosper- ■inmn , etc.

Tribu IV, spcrmacocées : fruit presque sec à 2 ou à h noyaux : siigniale bilanuTlé. Genres serissa, borreria, spmriacoce, richursoniu, peraiiia, elc.

Tribu V, psjciiotrîccs : fruit cbarnu , biloculaire ; semences convexes par le clos, irlanes et marciuées d’un sillon du côlé inleine ; endosperme corné. Genres cephwlis , pntabea , pâli cou rea , paijcimtriu , ronubm, ma pour iu, coH'm, fararnea, jjcweùn , ixora, chiococca. , sidcrodctidron , etc.

Tribu Vl , : fruit biloculaire , indéhiscent , à peine

charnu ; lidxï du calice se séparant facilement des carpelles qui sont très comprimés et suspendus à uu axe filiforme; endosperme charnu. Genre pwderin.

Tribu Yll , gue«arciacée.s : fruit cbariiu, à 2-lü noyaux, semences cylindriques. Genres inorinda, vanijueria , guettarda , malanea, anlirrlimi , ÿleiiustomwn , eritludis, elc.

Tribu Vlll, eordicrées ; fruit chamu , multiloculaire. Genres cordiera , Iricabjsia.

i" sous-famillc , cixcuoxkks ; fruits à loges poljspcnncs.

Tribu IX, hamélîécs : finit charnu, multiloculaire. Genres mbicea, hamelia, etc.

Tribu X , î.scrtiecs : fruit charnu à 2-6 noyaux. Genres isertiu , aiitlioccpkaliis , elc.

Tribu XI, gardénîces : fruit charnu biloculaire (rarement uniloculaire) ; semences non ailées. Genres cas^esètea, berlieru, randiu, geuipa, oxyanthm, nmssamda , amàioua , etc.

Tribu XII, h6<ijoii«iccs : capsule à 2 loges, semences non ailées. Genres hedyotis , oldenlandia , ophiorrhiza , sipanea, rondcletia , portiandia , macrocncïiiian , condamiuea , elc.

Tribu XIII, cinchonces : cajisule biloculaire, semences ailées. Genres pinckneya, manettiu , danois, exostemma, hymenodyction , luculia, lasiostemma, remijia , cinchona, cosniibuena, coutaren, naucIpm , uncaria , etc.

liaciiic rtc Garance.

Ituhia tinctorium L. Car. gén. : tube calicinal ové-globuleux, limbe à peine sensible; corolle rolacce, h k ou 5 divisions; 4 ou 5 elamiues

7(i DlCÜTYLÉÜÜiNliS CALKUl'LüUliS.

courtes; ovaire infère, biloculaire , surmonté d’un style bilido; fruit succulent, sous-globuleux, didyme , à 2 loges carlilagineuses ( mélonide ). — Herbes ou arbrisseaux ; tiges diffuses , très| rameuses , tétragoncs ; feuilles opposées, acrompaguécs de stipules intermédiaires foliacées , constituant un verlicillc de /i à 8 feuilles.

La garance est pourvue d’une racine vivace, très longue et rampante; elle produit des tiges longues , carrées, noueuses , garnies sur les angles de poils très rudes; les feuilles sont verticillées par ou 6, hérissées de poils rudes; les fleurs sont très petites et d’un jaune verdâtre , les fruits sont noirs. La garance croît naturellement en Orient et dans le midi de l’Europe; oti la cultive dans les environs d’Avignon, en Alsace , en Zélande et dans d’autres contrées , à cause de sa racine cjui est très employée dans la teinture en rouge ; mais celle f[ui vient d’Afrique , d’Orient et surtout de Chypre , est la plus estimée.

Cette racine est de la grosseur d’une plume à écrire ; elle est formée d’un épiderme rougeâtre , recouvrant une écorce d’un rouge hi uu foncé, et au centre se trouve un inéditullium ligneux, d’iiu rouge plus pâle et jaunâtre; clic a une saveur amère et styptique; administrée en décoction , elle teint en rouge le lait , les urines et les os ; elle entre dans le sirop d’armoise composé.

La garance a été le but des recherches d’un grand nombre de chimistes, mais surtout de .MM. Kuhlinann, Robiquet et Colin. Le premier a montré que cette racine contenait un acide libre , analogue à l’acide malique , une quantité notable de sucre qui donne au macéré aqueux la propriété de pouvoir subir la fermentation alcooli(]ue , de la gomme, une matière colorante rouge, une fauve, divers sels à base do iiotasse , etc.; mais c’est Robiquet et JJ. Colin qui , les premiers, ont obtenu le principe colorant rouge à l’état de pureté; ils lui ont donné le nom ü-’alizarine, du nom izari ou alizari , que la garance porte dans le I.cvant.

Pour obtenir l’alizarinc , on traite la garance pidvérisée par les deux tiers de son poids , ou par partie égale d’acide sulfuri([ue concentré , et l’on empêche le vase de s’échauffer en le plongeant dans un mélange réfrigérant. En opérant ainsi , tous les principes solubles de la racine sont détruits ou c.harbonnés, hors l’alizarino. On lave le charbon sulfurique à l’eau ; on le fait sécher, et il suffit alors de le chauffer très modércment dans un vase sublimatoire, pour obtetiir l’alizarine sous forme de longues aiguilles, d’un rouge orangé.

Ce corps est doue volatil ; il est presque insoluble dans l’eau froide, un peu soluble dans l’eau bouillante, et donne avec ce dernier une teinture jaune d’or. R est soluble dans les alcalis qui lui font prendre une couleur pensée magnifuiuê. Il est insoluble dans les acides. H donne

nur.iACKKs.

sur les étüfTes, îi l’aide des mordants , les couleurs les i)lus riches , et d’une grande fixité.

Rohiquet et M. Colin ont cgaleincnl constaté , dans la garance , l’existence d’un autre principe colorant rouge, qu’ils ont nommé purjmriiw , plus foncé et plus riche en ap|)arencc que l’alizarine , mais foiii’nissant à la teinture des teintes moins abondantes , moins belles et surtout moins fixes.

lîeaucoiq) d’autres espèces du genre rubia contiennent dans leurs racines une matière colorante rouge applicable à la teinture : telles sont \cs 7-ubia nngusti folia , longifolin , pereginna , hicida, bocconi, olividi'i , qui appartiennent à l’Europe ; le l'ubia 7i2unjista do l’Inde , les l'ubia ddlemis çi l'elbum du Chili, les 7'ubia guadalupensis eihypocarpia des Antilles. Les racines de plantes appartenant à d’autres genres de la famille des rnhiacées possèdent la même propriété tinctoriale : telles sont, en Europe , les racines des galium vei'um et moUugo , dans l’Inde celle de V oldenlandia umbelkda , connue sons le nom de chayavair ; dans l’Inde et dans la Malaisie les racines de la plupart des morinda ( M. citrifolia , tinctoi'ia , bracteata , mudia , chacbuca , nmbdlata, etc., dont une, la dernière sans doute, nous est parvenue sous le nom de noona (Ainslie, t. II, p. 253). Celle-ci est une racine ligneuse, tortueu.se, grosse comme le doigt, couverte d’une écorce assez mince, offrant une teinte générale jaune orangée , une saveur amère, et teignant la salive en jaune safrané.

Oliaja-Vatr.

Saya-ver ou imburel tam. ; chay-root des Anglais. Quoique chayavair ou chaya-vei' ne signifie rien autre chose que ixtcine de cliaya, il est bon de conserver à ce nom sa forme particulière , afin de ne pas confondre la substance qu’il représente avec la racine tic ciiaya dont il a été fait mention t. H, p. 512.

Le chaya-ver est donc la racine de V oldenlandia umhellata, appartenant à la tribu des hédyotidées de la famille des rtibiacces. Cette plante croît naturellement dans plusieurs parties de l’Inde ; mais elle est cultivée surtout sur la côte de Coromandel, où elle forme une branche de commerce assez importante.

Suivant Roxburgh , la racine de V oldenlandia wnbellata est longue de 1 à 2 pieds , mince , produisant peu de fibres latérales , pourvue d’une écorce orangée et d’une partie ligneuse blanche. Cette description semble indiquer une racine d’un certain diamètre; mais, tel (pie j’ai pu me le procurer, le chaya-ver est sous la forme d’un faisceau composé de racines longues de 20 à 22 centimètres, minces comme du

78 mCOTYT.KDOlNIiS f'.AI.lCIFr.ORr.S.

gros fil , lorlucuses , génoralcment d’un gris rougcâlre , d’iine odeur nulle et d’une saveur peu marquée. La couleur cependant varie beaucoup, suivant celle de l’intérieur de l’écorce qui , laniôt est d’un jaune verdrure, et tantôt d’un rouge de garance. Beaucoup de racines même présentent les doux couleurs réunies, savoir la couleur jaune verdâtre dans la partie inférieure, et la couleur rouge dans celle qui avoisine la tige et dans l’écorce même de la tige. Le bois de la racine est gris, et celui de la tige blanc. Le tout réuni donne une poudre grise qui communique h l’eau froide une couleur jaune foncée devenant d’un beau rouge par les alcalis. La poudre épuisée par l’eau froide donne ensuite à ce liquide bouillant une teinte rougeâtre passant au rouge foncé par les alcalis. On obtient de ces liqueurs , par les procédés de teinture , des rouges aussi beaux et aussi solides que ceux de la garance , et llobiquet a montré que le ebaya-ver devait ses qualités à celui des deux principes colorants de la garance qui fournit en clfet les teints les plus solides (l’alizarine ) ; mais il en contient environ trois fois moins que la garance , ce qui rendra toujours son introduction en L’urope peu profitable.

(On peut consulter, sur les procédés de teinture applicables au chaya-ver, au munjit et au noona , le Rapport fait à la Société industrielle de Mulhouse , le 30 mai 1832. )

Oaiilclait jaune.

Galium hiteum L. dette plante est commune en Europe, dans les prés secs et sur le bord des bois ; ses tiges sont faibles , à moitié couchées , tétragones, hautes de 27 à 40 centimètres, garnies dans toute leur longueur de feuilles linéaires , glabres , verticillées par 6 ou 8 ; les (leurs sont très petites, jaunes, légèrement odorantes , disposées par petits bouquets le long de la partie supérieure des tiges. Elles sont formées d’un calice à 4 dents ; d’une corolle en roue à 4 divisions ; de 4 étamines courtes, de 2 styles courts ; le fruit est formé de 2 coques indéhiscentes, monospermes, accolées.

Le nom de celte plante lui vient de la propriété qu’on lui a attribuée, mais qu’elle ne possède pas , de faire cailler le lait. Cependant dans quelques pays, par exemple à Chester en Angleterre , on l’ajoute au lait pour donner une teinte jaune au fromage. En médecine , les sommités sèches sont prescrites en infusion comme antispa.smodiques, et son suc, à l’état récent, comme antiépileptique. On emploie au même usage le caîUelalt blanc [gnlivm viollngnl,.) et le sraucron [gdlhmi (ipm'iw. F,.).

ntjniACKES.

ItaciiicK iripf'cacuaiilias.

Ij’ipécaciianha a été apporté cii Europe vers l’année 1672. 11 était alors connu sous les noms de béconquille et de onine d'or ; mais on en lit peu d’usage jusqu’en 1686, époque à laquelle un marchand étranger en apporta de nouveau en France. Il fut alors préconisé et employé avec succès comme vomitif et antidyssentérique par Adrien Helvétius , médecin de Reims. Cependant la source en restant inconnue, Louis XIV en aciieta le secret en 1690 , et le publia.

L’ipécacuanha a eu le sort de tous les médicaments véritablement utiles et dont la découverte a fait époque dans l’histoire de la médecine ; le besoin de s’en procurer en a fait trouver partout , et chaque pays a voulu avoir le sien. Alors le nom en a été étendu non seulement aux racines de quelques plantes voisines de la première découverte , et qid pouvaient , jusqu’à un certain point, se confondre avec elle; mais encore à celles de végétaux entièrement différents, et qui n’offraient d’autre ressemblance avec l’ipécacuanha que celle d’être plus ou moins vomitives. On s’imagine facilement ([uelle confusion cette manière de procéder a dù jeter itendant longtemps sur l’histoire de celte précieuse substance. Aujourd’hui que l’origine des différentes racines qui en ont usurpé le nom est bien connue, il n’e.st plus permis de compter au nombre des ipécacuanhas que la ])remière espèce employée et deux ou trois autres, d’une forme analogue, produites par des plantes de la même famille ; celles qui appartiennent à des familles différentes ne seront considérées que comme des succédanées propres aux seuls pays qui les produisent, et n’ayant plus pour nous qu’une importance très secondaire.

îvëcaeiiaulia olllcinal ou Ipècaciiaulia auiiclë iiitnciir.

l'apltœlis ipecacuanha Rich.; callicocca ipec.acuanlia Gômez et lîrotero; iper,acuauha fiisca Pison ; poya do mnto des Brésiliens. Cette plante (fig. 267) croît dans les forêts épaisses et ombragées du Brésil. Sa tige, qui est simple et ligneuse, s’élève h la hauteur de 30 centimètres environ ; elle porte à la partie supérieure 3 ou k paires de feuilles opposées, courtement pétiolées , ovales-entières , presque glabres, longues de ü5 h 80 millimètres; chaque paire de feuilles est accompagnée de 2 stipules réunies à leur base, divisées par le haut en plusieurs lanières étroites. Les fleurs sont petites, blanches , infundibuliformes , et disposées en un petit capitule terminal, environné à sa base de k folioles pubescentes. Le fruit est ovoïde, peu charnu, et renferme 2 nucules qni se séparent à la maturité. La racine est fibreuse et

«Il DU'.OTYI.ÉDONIÎS CALlCLFI-OUliS.

marquée d’impressions circulaires très rapprocliées. Celle racine, telle cpie le commerce la fournit , présente deux variétés dont voici la description :

Première variété : Bpéeacnanlia annelé gris noirâtre ((ig. 268) ; ipceaciianlia l>rnii de I.emery; ipécaciianlia gris OU aunclé (le

M. iMérat [Dictionnaire des sciences médicales, 1. XXVI, p. 10). llacine longue de 8 à 12 centimètres ; tortue ou recourbée en dill'érents

Fig. 268.

sens , ordinairement de la grosseur d’une petite plume à éci ire, et s’amincissant d’une manière remarquable vers son extrémité supérieure. File est formée d’un cœur ligneux, blanc-jaunâtre, qui va d’un bout à l’autre de la racine , et d’une écorce épaisse, bouillonnée ou comme disposée par anneaux contre le cœur ligneux, et facile à en séparer. Celte écorce , dont l’épiderme est d’un gris noirâtre , est grise â l’intérieur, dure, cornée et demi-transparente, fille a une .saveur âcre manifestement aromatique. L’odenr de la racine respirée en masse est forte, irritante et nauséeuse.

Pelletier ayant analysé comparativement et séparément la partie cor-

UtJlily

liciilc (‘I la parlic ligneuse de celle racii siiivanls :

e (1), en a rcliré les produits

iUalière grasse odorante . . ‘2

(iire . 6

Jixlrait vomitif propre à ripécacuanlia ,

et nommé (hnétine . lü

l'ixirail non vomitif . »

Gomme . 10

Amidon .

Idgneux . 20

Perte . U

2,éf)

60, éO A, 80 100,00

Il a ainsi expliqué et confirmé la croyance où l’on a toujours été, que la partie corticale de l’ipécacuanha est beaucoup plus active que le meditiUiimn ligneux.

Seconde variété : Ipccaeuanha annelé grîs roiigeàlrc ; îpéeaviiaiiha gris rouge de Leuicry et de M. Méral. Il a absolument la même forme que le précédent , mais il en diffère par la couleur de son écorce moins foncée et rougetilre , par son odeur moins forte lorsqu’il est respiré en masse, par sa saveur non aromatique. M. Mérat, dans son excellent article du Dictionnaire des sciences médicales, ledit plus amer; mais il faut que ce caractère soit variable, car je n’y trouve pas cette différence , et même l’amertume est si peu prononcée dans les deux, que je ne crois pas que l’on puisse en faire un caractère principal , et comme exclusif, pour séparer les ipécacuanlias vrais ou faux en deux séries {loc. cil., page IA).

De même que dans l’ipécacuanha gris noirâtre , l’écorce de la variété grise rougeâtre est ordinairement cornée et demi-transparente, et même ce caractère y est plus apparent , en raison de la couleur moins foncée (le l’épiderme ; mais quelquefois la section de cette écorce est opaque , mate et farineuse , et alors la racine , offrant en général des propriétés moins actives, en est moins estimée. Gelle manière d’être ne forme pas nue nouvelle variété distincte , car ou remarque des racines dont une partie de la .section transversale est opaque et l’autre cornée, et j’en ai vu beaucoup d’autres dont l’extrémité supérieure était cornée et l’inférieure amylacée.

(1) C’est par erreur que dans le Mémoire de Pelletier, la racine (jui a servi aux deux analyses suivantes se trouve désignée sous le nom de psyehotria enutica. {Jnwn. de pliann., t. HT , p. 148-151 .)

DlCOTYLÈDONliS CALICIFLOllES.

Pelletier {Juiirn. de pharni., t. 111, p. 57), ayant analysé l’ipécacuanha gris rougeâtre privé de son riædi/idliinii ligneux, l’a ti-onvé composé de :

Matière grasse . '2

Émétine . ih

Gomme . 16

Amidon . 18

Ligneux . A8

Perle . 2

Cette analyse rend raison de la propriété vomitive un peu moins forte de l’ipécacuanha gris rougeâtre comparé à la pi'emièrc! variété ; mais il n’explique pas l’odeur plus marquée de celle-ci. Knfm je ne vois rien dans ces racines qui justifie les proiiorlions presque invei ses de l’amidon et de la matière ligneuse. Cette anomalie serait-elle due à une simple transpo.sition de nombres (1) ?

Ipecacuaiiliu auuclé inajcur (lig. -269 .

tpécacuanha gris iviaiic de M. Mérat. Cet ipécacuaiilui a été regardé jusqu’ici comme une simple variété de forme du précédent; mais la quantité considérable qui en est arrivée il y a plusieurs années , sans aucun mélange d’ipécacuanba gris ordinaire, me fait penser que c’est une sorte distincte provenant d’une partie differente du Brésil et pro-

(1) Celte conclusion est d’autant plu.s probable, que Barruel père et M. Uichard ont extrait de l’écorce de l’ipécacuanha gris annclé , sans distinction de variété , les substances suivantes :

Cire et matières grassc.s . 1,2

Résine . 1,2

Émétine . Ki

Gomme et .sub.stance.s salines . 2,1

Albumine . 2,4

jArnidon . . . .oS

Ligneux . 12,5

Acide galliquc . traces.

Perle . 1,3

Je pense que celle analyse donne une idée plus exacte de la composition de la partie corticale de l’ipécacuanba que celles qui ont précédé.

ou (le lortes liges ligneuses qui en (liniinuent beaucoup la qualité (1^ mais quand elle

an est privée par b'ig.

le triage, je la „

crois aussi bonne %

ipie l’ipécacuanha JA ||

annelé ordinaire. Il

épais de 5 à 6 inilliinèi.; elle est généralement inoiiis tortueuse ([ue l’ipécacuanlia annelé

lanis, quelquefois ^

iresque nuis; dans

;e dernier cas, la racine peut ])iésenter extérieurement j’apiiareii l une petite branche ligneuse. Lorsqu’on brise cet ipécacuanha , on ronve formé d’une écorce très épaisse, dure, cornée, translucid l’uii gris jaunâtre ou rougeâtre , et d’un méditullium ligneux , jaun lès petit , cylindrique. La couleur générale de la racine est le g ■oiigeâtre ; l’odeur en est forte et irritante et la saveur âcre. Ces cara ères , joints à cette circonstance que dans la racine privée des tig igncuscs l’écorce l’emporte de beaucoup en épaisseur sur le méditi iimi , me coiilirment dans l’opinion que cette racine mondée doit êl lès active ; ce))endant l’analyse n’en a pas été faite.

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