Chaa, herba juponica
A dater de G. ISauhin, lapliipail des auleurs n’onl distingué ncttemenl que deux e.spèces de fenouil : l’iiu à lige plus élevée, à semences plus pelites, âcres el bi unes ; Taulre à tige plus basse, à semences plus grosses, pâles el sucrées . tous les autres caractères paraisscnl être semblables.
A. l’yr. de Candolle , dans son Prodromus , dislingue trois espèces de fenouil.
1. Fœniculum vultjare Gœrln. : tige cylindrique à la base ; feuilles à longues divisions linéaires el subulées ; ombelles à 13-20 rayons, privées d’invo-
2. Fœniculum dulce C. B. et J. B. : lige comprimée à la base ; feuilles radicales subdisliques , à lobes capillaires allongés ; ombelles à (i ou 8 rayons. Celle espèce diffère de la précédente par sa stature plus pelile el qui n’est environ que de 33 cenlimèlres ; par sa floraison plus précoce et par ses turions qui sont comestibles.
3. Fœniculum jiiperilum UC. : lige cylindrique; feuilles à lobes subulés, très courts , rigides , épais ; ombelles à 8-10 rayons. Plante de l’Europe méridionale, nommée en Sicile /inocchio d^isino ou fenouil d’âne.
jMiM. AJérat el Uelcns [Dictionnaire de matière médicale et de thérapeutique générale, Paris, 1831, l. ill, p. 270), distinguent quatre espèces de fenouil.
1. Fœniculum vulgare, grande ombellifère vivace, croissanl nalurellemcnl dans toute l’Europe; elle est d’un voit glauque, très glabre, à feuilles décomposées en folioles capillaires , à fleurs jaunes ; ses fruils sont ovoïdes, d’un vert sombre, marqués de lignes blanches cl surmontés de 2 styles courts, repliés à la base en forme de tubercules. Ces fruils, connus sous le nom de fenouillet ou de fenouil noir, sont rejetés comme étant moins aromatiques que les suivants.
2. Fœniculum officinale; fenouil de Florence ou fenouil doux du commerce. Espèce vivace, particulière au midi de l’Europe, à feuillage plus court que dans l'espèce précédente , mais du reste semblable. J.cs fruils sont beaucoup plus volumineux, un peu courbés, d’un vert clair, portés sur un pédoncule persistant. On les tire d’Italie el même de Nîmes ; ce sont eux qui sont employés comme fenouil oflicinal, dans toute l’Europe.
3. Fœniculum dulce des Bauliiii el de de Candolle. Plante annuelle, à feuillage plus court que dans l’espèce précédente ; les souches sont comprimées vers la base, deviennent très grosses et peuvent être mangées, crues ou cuites , ainsi que les pétioles élargis des feuilles. Ou eu fait une grande consommation en Italie, où la plante est cultivée dans tous les jardins. Les fruils
•2l‘i niC.OTYl.ÈDONES CAr.lCIFI.ORKS.
sont globuleux-ovoïdcs, doubles de ceux du fenouil commun , marqués de grosses côtes, ordinairement sépares en deux ; la saveur en est sucrée et liés agréable.
■i. Fœm'cultim piperitmi DC.
Voici les conlradiclions ou l’obscurité qui existent encore entre les espèces de de Candolle et celles de M. Mérat et que j’ai désiré pouvoir détruire : 1“ le fenouil officinal de M. Mérat est très certainement le fenouil doux de Gaspard lîauhin ; dès lors pourquoi M. Mérat en a-t-il fait une espèce séparée? •2'’ le fenouil officinal de M. Mérat me parait cire tout aussi sûrement celui d’Allioni , qu’Allioni lui-même fait synonyme du fœniculum dulce des frères llauhin ; comment alors de Candolle a-t-il séparé le fœniculum officinale d’Allioni du fœniculum dulce , pour le joindre au /œn/cii/um oulgare ? l’our m’éclairer à cet égard, j’ai prié M. Chardin, il y a plusieurs années, de me procurer les diverses espèces ou variétés de fenouil que l’on peut trouver dans le commerce ; voici celles qu’il a bien voulu me reraetlrc :
1" Fenonil vulgaire (l’iMiemagne. Fruit entier , très rarement divisé, cependant privé de son pédoncule , ovoïdc-elliplique , long de k millimètres , large de moins de 2 , surmonté de 2 styles courts , très épaissis à la base. Ce fruit est très souvent droit; mais souvent aussi il est courbé en arc d’un côté , par l’oblitération partielle ou par l’avortement d’un des carpelles. Il a une teinte générale d’un gris foncé ; mais, à la loupe , il présente 8 côtes linéaires un peu blanchâtres, dont deux doubles et plus grosses que les autres, et 8 valiéctiles assez larges, noirâtres et à un seul canal oléifère. Il présente, lorsqu’on l’écrase, une odeur de fenouil forte et agréable, et il possède une saveur fortement aromatique , piquante et mentliée.
Ce fenouil est , sans aucun doute , le fœniciUinn vuUjare. germnnicum de G. Bauhin ; je donnerai plus loin les caractères de la plante.
2° Fenouil àeec a’iialic. Fruit presque semblable au précédent, mais d’une couleur beaucoup plus claire; tout à fait glabre, à côtes blanchâtres étroites et à vallécules verdâtres offrant un canal oléifère développé. Un assez grand nombre de fruits sont pourvus de leur pédoncule et sont entiers ; mais un grand nombre d’autres sont divisés en 2 méricarpes qui paraissent alors un peu amincis en pointe par le haut et un peu élargis par leurs 2 côtes marginales. Ce fruit écrasé présente une odeur forte qui se rapproche de celle de cajeput ; il a une saveur un peu âcre, non amère , très aromatique, accompagnée d’un sentiment de fraîcheur.
Ce fruit me paraît être le fieniculum vulgare italicuru , aeminc oblongu , giislu acuto de G. Bauhin; n’ayant pu le faire lever, je ne puis dire s’il a quelque rapport avec le fœniciUuru piperilum de de Candolle.
3“ Fenouil doux majeur. C’cst le fenouil Ordinaire du commerce et le véritable fenouil ofTicinal. On le nomme vulgairement fmo^iil de
Fbircticc ; mais je pense que celui que nous employons vient des environs de Nîmes. Il est long de 10 millimètres , quelquefois de 15 , large de 3, de forme linéaire, quelciuefois un peu rcnllé à la partie supérieure ; il est pourvu de son pédoncule qui forme presque toujours un angle marqué avec l’axe du fruit; il est toujours entier, cylindrique par conséquent, pourvu de 8 côtes, dont 2 doubles, toutes carénées au sommet, élargies à la base, laissant à peine apercevoir la valléculc. Le fruit est, à proprement parler, cannelé; il est quelquefois droit ; mais le plus ordinairement il est arqué d’un côté par l’avortement d’un des carpelles. Il est d’un vert très ptde et blanchâtre , uniforme ; il possède une odeur douce et agi cable qui lui est propre , devenant plus forte par la friction , mais restant toujours pure et très agréable ; il présente une saveur très aromatique , sucrée , fort agréable également.
Ce fruit est le fœniculntn dulce de G. Baubin, avec les différents synonymes indiqués. C’est également le fœnicukim dulce , majore et nllio semine de J. Baubin.
Zi“ Fenouil doux uiinciir d’Italie. Fruit long de 6 à 7 millimètres, épais de 2 et plus, quelquefois entier, droit ou recourbé, comme le précédent; mais le ])lus ordinairement séparé en 2 méricarpes. Les cotes sont blancbes , carénées au sommet, mais plus étroites que dans l’espèce précédente , et laissant apercevoir la vallécule renflée par le canal oléifère. Ce fruit écrasé dégage une odeur forte et franebe de fenouil ; il présente une saveur très agréable également de fenouil sucré. 11 ressemble beaucoup, à la première vue, au fenouil âcre d’Italie; mais indépendamment des caractères précédents qui l’en distinguent, il est plus large et d’une couleur générale plus pâle ou plus blanchâtre. Ce fenouil se rapporte très bien au fœnicidum mediolanense C. B. et au l'œniculiun didce mhjari simile de J. Baubin [Hist. III, p. 2, pag. h ).
5" Fenouil unicr «le IV’imes. Ce fruit est plus petit que tous les précédents et presque semblable au carvi. 11 est long de 3 à ô millimètres, très rarement de 5; il est entier ou ouvert, droit ou arqué, d’un vert brunâtre assez prononcé. Les cotes sont étroites, filiformes, d’nn blanc verdâtre; les vallécules sont assez larges, d’un vert foncé, et offrent quelquefois l’apparence d’un second canal oléifère. Le fruit présente en masse une odeur de fenouil vert , qui devient beaucoup plus forte lorsqu’on l’écrase. Il a une saveur amère manifeste, jointe à un goût aromatique et fort de fenouil.
La grande ressemblance de ce fenouil avec le carvi m’avait fait penser que ce pouvait être la /G espèce de G. Baubin ; mais les caractères de la jdante ayant détruit cette supposition , il ne reste plus qu’à se demander
214 DlCOTYLlÎDOiMÎS CAUCIKLOUES.
si ce fenouil est celui mentionne par G. Bauliin sous le nom de fœnicu-
lum sylvestre.
Indépendamment des fenouils précédents qui m’ont été remis par M. (iliardin , j’ai vu un jour chez un drofiuiste un fruit nommé fenoiiillet, qui était très petit , arrondi , blanchâtre, d’une odeur aromatique forte et agréable, mais différente de celle du fenouil. J’ai pensé que ce fruit pouvait appartenir à un séséli ( le glaucum ? ) ; je n’ai pu m’en procurer depuis.
Pour essayer de mieux déterminer les espèces des fruits ])réccdenls, je les ai fait semer dans le jardin de l’Ecole de pharmacie ; tons ont levé, à l’exception du fennm'l âcre d’ Italie , sur lequel, par conséquent, je n’ai rien à dire de plus. Voici les caractères présentés par les autres :
i. l'enonil vnlgairc «l’AUeiiiagiic , fœnicuhim vulgare Mérat. Plante haute de "2 mètres et plus ; tiges rondes par le. bas , d’un vert noirâtre , assez grêles, coudées ; feuilles très grandes, à pétioles médiocrement dilatés, à subdivisions très longues , douces au toucher , peu aromatiques et d’une saveur amère. Ombelles à 2t ou 22 rayons ; ombellulcs à 30 ou 33 fleurs. Le fruit ne parait pas changer par la culture.
2 Fcnoiiit doux iiiajenr du coinmeeee , fmiicnlum. officinale Mérat. Tiges glauques , grosses, droites , hautes de 1 mètre 00 centimètres cl idns ; les pétioles sont très larges et embrassants ; les feuilles sont très grandes, <à subdivisions longues , molles et douces au toucher ; froissées , elles présentent une odeur forte de fenouil et une saveur un peu âcre. Les ombelles sont très inégales , les rayons extérieurs étant bien plus longs que ceux du centre et redressés , surtout au commencement. Le nombre des rayons varie de 30 à 32 , et le nondire des fleurs de 42 à 43 sur chaque ombellule. Dès la première année , les fruits changent de forme et diminuent de volume , ainsi (|uc l’ont remarqué tous les botanistes ; les côtes se rétrécissent , les vallécules deviennent plus apparentes , le fruit prend en masse une couleur plus foncée , et la séparation spontanée des méricarpes devient plus facile. Au bout de quatre ou cinq ans , le fruit est devenu presque semblable, pour l’aspect , au fenouil amer de Nîmes ; mais il s’en distingue toujours par ses côtes un peu élargies à la base et carénées sur la crête; par ses vallécules plus étroites et plus sèches, enfin par sa saveur sucrée ; de sorte que la transformation du fruit est plus apparente que réelle. Il n’en faut pas moins conclure que le volume considérable et les caractères particuliers du fenouil doux du commerce tiennent à une variété de culture qui ne persiste pas lorsque la plante est transplantée et abandonnée à elle-même.
3. Fenouil doux mineur rt’Kalie, fœnicnhim mediolanense C. II. Elante haute de 1 mèlte; tiges comprimées à la base, étalées , coudées, d’un vert glauque foncé et comme noirâtre ; pétioles peu développés ; feuilles courtes à subdivisions fermes et un peu roides , exhalant une odeur de persil lorsqu’on les froisse et ayant une saveur non sucrée , peu agréable.
Celte plante fleurit la première de toutes ; ses fleurs sont très nombreuses , généralement étalées à la hauteur de 1 mètre et d’un jaune foncé. Les ombelles sont planes, à 23 rayons la première année, et à 27 fleurs dans chaque ombcllule. La deuxième année, la hauteur, le port et tous les autres caractères restant les mêmes , les ombelles présentent de 30 h 40 rayons et les ombellulcs portent 32, 36, 40 et jusqu’à 80 fleurs ; les fruits sont peu sucrés, toujours for-
OMBELUFliRIÎS. 215
Icmcnl arornaliqucs. I.a quatrième année, les ombelles i)rcsentent de 35 à 38 rayons ; les fruits sont petits, noirâtres, non sucrés.
Cette espèce présente quelques uns des caractères du fmniculum dulce de de Candollc ; mais quelle différence, dès la première année, pour la taille de la plante et dans le nombre des rayons de l’ombelle ! Peut-être la description du célèbre botaniste se rapporte-t-elle à une variété produite par la culture en Italie , dans un but déterminé , variété non permanente que la seule transplantation ferait disparaître.
4. Fenouil amer de IVImes. Tiges très grêles, hautes de 13 à 16 décimètres, droites ; feuilles grêles , molles , d’une odeur de fenouil officinal et d’une saveur sucrée , aromatique , agréable. La plante fleurit très lard ; les fleurs sont petites , d’un jaune pâle , atrophiées et ont toutes avorté. La deuxième année , la plante a pris plus de force ; les ombelles qui offraient au plus 10 rayons la première année , en ont présenté 18 et 19, et 21 fleurs aux ombellules ; les fruits ont encore avorté. La troisième et la quatrième année, l’inflorescence n’a ])as varié, mais les fruits ont pu être récoltés. Ils sont semblables à ceux qui ont produit la plante ; ils présentent en masse une odeur faible et agréable de fenouil , qui devient beaucoup plus forte par l’écrasement ; leur saveur est toujours amère, très aromatique , avec un sentiment de fraîcheur analogue à celui produit par la menthe.
De loti.s le.s fruits de fenouil qui ont été décrits ci-dessus , le seul qui soit usité en pharmacie est le fenonîi ilou.v majeur {fœniculum offîciiuilp). Il faut le choisir gros, d’un vert pâle , et non jaunâtre ni hrunâtre, comme est celui qui est vieux ou altéré. On en retire par la distillation une essence limpide comme de l’eau , d’une odeur très suave , d’une pesanteur spécifique de 0,983 h 0,985 , se congelant environ à 5 degrés au-dessus de zéro. Le stéaroptène paraît avoir la môme composition que celui d’anis ; mais, d’après M. Cahours, l’essence liquide ne contiendrait pas d’oxigène et aurait la même composition que l’essence de térébenthine.
La racine de fenouil est aussi employée en pharmacie. Elle provient soit du fenouil vulgaire [fœniculum vulgare) , soit du fenouil doux majeur dégénéré qui , dans la plupart des jardins , prend la place du premier; elle est formée d’une écorce fibreuse, blanchâtre, quelquefois ocreuse à sa surface, et d’un cœur ligneux, à couches concentriques. Elle a une odeur faible, douce et agréable, et une saveur de carotte. Elle se distingue de la racine de persil par son cœur ligneux.
La racine de fenouil est une des cinq racines apéritives ; les quatre autres sont la racine de persil et celle d’ache ou de livèche , appartenant pareillement h la famille des ombellifères , et les racines d’asperge et de petit-houx, qui font partie des asparaginées.
216 DlCOTïLÉDUNliS (iALIClFLOKbS.
I>licllan<li-iv aqiiuticiiie.
Œnaitthe p/iellundriwn Lara., plicllandriwn utjuaticwn, h. , Iribu des séséliiiées. gén. : marge du calice à 5 dents persistantes; pétales obovés, écbancrés avec une lanière recourbée en dedans; slylopode coni(|ue; fruit ové-cylindritpie , couronné par les dents du calice et par 2 styles droits. Péricarpes à 5 côtes obtuses; vallécules à un seul canal résinifère ; carpopliore indistinct.
La phellantlrie aquatitiuc ( lig. 305) porte au.ssi les noms de evV/w aquatique et de fenouil aquatique. Elle croît le pied dans l’eau , cl s’élève à la bantcur de 65 à 100 centimètres. Sa racine est pivotante et munie d’un grand nombre de fibres verticillées ; sa tige est creuse , ses feuilles sont très divisées, ses Heurs blanciies, très petites, disposées en ombelles à 10 ou 12 rayons, privées d’involucre général , mais pourvues d’involucelles à 7 folioles. Les fruits sont ovoïdes-allongés , régulièrement striés, glabres, un jieu luisants et rougeâtres , formés de 2 carpelles .soudés. (Iliaque carpelle isolé est droit , composé d’un péricarpe solide et blanc à l’intérieur, et d’une amande brune noirâtre. Le fruit entier offre une odeur assez forte qui se développe encore plus par la pulvérisation ; la saveur en est aromatique.
Le fruit de phellandric aquatique a été administré en poudre, dans la phthisie pulmonaire , à la dose de 2 à 6 décigratnmes réqiélès jilusieurs fois par jour. Il paraît jiropre à calmer la toux , diminuer l’expectoration et supprimer la diarrhée. Mais son emploi demande quelque retenue; car on a vu une dose trop forte causer des verliges et de l’anxiété. Ces propriétés nuisibles sont beaucoup plus marquées dans le fruit récent et dans la plante verte , qui est dangereuse pour les bestiaux , et mortelle même pour les chevaux.
(Kiiitntiie flstulciisc, pcr.sU des marais ; Œ'iUintlie fintulosa L. Cette plante , très commune sur le bord des marais , est une des plus vénéneuses de notre pays. Sa racine est fibreuse, rampante, pourvue de tubercules fusiformes, dont la substance blanche, analogue à celle
Eig. 30o.
OMlîliLJJl'ËltES.
(lu panais, à souvent donné lieu à des inéinlses funesles. Sa tige est grosse, fisluleusc , glabre, haute de 50 centimètres ; les feuilles sont ])ortées sur des pétioles fistuleux; les inférieures sont deux fois ailées, à folioles cunéiformes incisées ; celles de la tige sont pinnatisectées ;i divisions linéaires; les Heurs forment des ombelles privées d’involucre, à 3 ou h rayons soutenant chacun une ombellule très serrée, à fleurs rayonnantes, d’nn blanc rosé, dont les intérieures sont sessiles et fertiles, tandis que celles de la circonférence sont pédicellées et stériles. Les fruits forment des cajritulcs globuleux, hérissés par les dents du calice et par les styles persistants.
«Kiiaiinic -safraiiéc , œnoiillie cnxjulu L. Cette plaut.e est encore plus vénéneuse que la précédente ; sa racine est composée de tubercules oblongs, fasciculés, serrés les uns contre les autres et enfoncés |)erpendiculaircmcnt dans la terre. Sa tige est cylindrique , cannelée, fistulense, d’un vert roussâtre, rameuse, haute de 1 mètre environ; les feuilles sont grandes, deux fois ailées, à folioles sessiles, cunéiformes, incisées au sommet et d’un vert foncé, Los fleurs sont d’un blanc un peu rosé, disposées en ombelles terminales , pourvues d’un involncre polyphylle , et composées d’nn grand nombre de rayons portant des ouibeilulcs très denses, ii Heurs un peu rayonnantes. Les fruits forment des capitules globuleux; ils sont courtement pédicellés, oblongs, fortement striés , couronnés par les dents du calice et surmontés du stylopode et des styles itersistants.
Celte plante croît dans les lieux marécageux et sur le bord des étangs, on Angleterre, en Bretagne et dans tout l’ouest de la France, en Espagne, etc. ; toutos scs parties sont pourvues d’un suc lactescent , (pii prend une couleur safranée au contact de l’air. Ce suc est un poison violent. Les racines ont un goût dc.'uceâtre, aromatique, non désagréable, ce (jui les rend très dangereuses , rien ne mettant en garde contre le poison qu’elles renferment. Les accidents qui se manifestent lorsqu’on en a mangé, sont une chaleur brûlante dans le gosier, des nausées, des vomissements, de la cardialgie, des vertiges, du délire, des convulsions violentes et souvent la mort, lors(|u’ün n’a pas été secouru à temps. Les meilleurs moyens à opposera ces terribles accidents, sont d’abord de procurer l’évacuation du poison par des vomissements et des laxatifs; ensuite l’application de cataplasmes émollients sur l’épigastre, l’administration de boissons abondantes, acidulées et gazeuses; des potions éihérées, etc.
Toutes les esjîèces d’œnanthe ne partagent pas les propriétés délétères des deux ])récé(lenles ; telle est l’oenantlic à feuilles de piniprenelle, wnantlie pimpineHoidoft L., qui est assez fréquente dans les prairies, dans les environs de Paris, mais que l’on trouve surtout dans les dé-
DICOTYtÉDOINES CALICIFLOUES.
parlemciils riverains de Ja Loire, de Tours à Naines, où elle esl connue sons [es noms de navette , jeannette , agnotte , anicot , elc. La racine de celle planlc esl formée de libres fasciculées, cylindriques ou ovoïdes , ou de lubercules suspendus à de longues libres, s’élendant plus latéralement qu’ils ne pénèlrcnt dans l’inlérieur du sol. Ces lubercules oui un goûl doux, assez agréable, et peuvenl être mangés sans aucun inconvénient; à Angers, on les vend quelquefois sur le marché. Les tubercules de Y œnanthe pciœedanifolia ])euvent également servir d’aliment; mais comme c’est jiresque toujours en confondant avec eux les l acines des œnauthes vénéneuses que les empoisonnements reprochés à celles-ci sont arrivés, il est plus prudent de ne jamais manger les racines d’aucune de ces plantes.
Sésêli Ile Marseille.
On nomme ainsi le fruit du seseli ifi/'tuosnni L. , planlc de la tribu des sésélinées croissant dans le midi de la France cl surtout aux environs de Marseille. Elle ressemble un peu au fenouil , dont elle a été longtemps regardée comme une, espèce , sous le nom de fenonil lurtu.
.Son fruit est composé de 2 méricarpes d’un gris blanchâtre, ordinairement séparés l’un de l’autre, seinblahlesà ceux des autres ombellifères, plus petits et plus minces que ceux de l’anis. Ces fruits cxhaleiil, lorsqu’on les pulvérise, une odeur très forte et désagréable, ils ont une saveur âcre, très aromatique. Ils entrent dans la ihéria((ue.
Daucus cIc Crète'.
Afhainantlia cretensis L. , tribu des sésélinées. Cette planlc croit dans l’ilo de Candie, en Égypte, dans le midi de la France cl en Suisse. Son fruit est composé de 2 carpelles soudés, formant un petit corps cylindrique , atténué en col pai- la partie su|)éricure , et couronné par le stigmate bifide de la fleur, qui a persisté. A la loupe , on le voit couronné de poils rudes; il esl de jtlus ordinairement réuni en iieiilcs ombellulcs et mêlé des liranchcs de l’ombelle coupées menu ; ce dont il faut le débarrasser par le triage.
I.c daucus de Crète a une odeur de panais lorsqu’on le froisse ; il offre une .saveur aromatique semblable, mais plus marquée, forte cl toujours agréable. Il entre dans la composition du sirop d’armoise , de la thériaque et de l’électuairc diaphœnix.
Italiens viiigaîi-c ou cai-o«c sauvage , (lauciis cnvola L. La, conformité de nom a pu seule faire substituer quelquefois le fruit de celle planlc au iirécédcnl ; car ils ii’onl aucun rapport entre eux. Le fi tiil de
OMTÎELUFÈRES. 219
carotte est |ietit , nrrondi , mais ordinairement séparé en 2 carpelles aplatis du côté intérieur, et couverts de l’autre de longs poils blancs, visibles à la simple vue, et qui les font paraître hérissés. En masse, ce fruit a une faible odeur herbacée qui , par la trituration, devient forte et lércbinthacée. La saveur en est amère, âcre et camphrée.
ncrsll de Macfidolnc.
Athmiumtha mamlonica DG., bubon maccdoniewn L. Cette plante croît en Turquie et on Afrique. Son fruit est menu, allongé, brunâtre, d’une odeur forte , agréable, et d’une saveur très aromatique. Examiné à la loupe, les carpelles dont il se compo.se paraissent isolés; ils sont convexes d’un côté, aplatis de l’autre, d’une forme ovale-allongée, plus amincie à l’extrémité supérieure qu’à l’inférieure , ce qui leur donne la forme d’une petite carafe. Le péricarpe est rougeâtre et demi-transparent; les côtes sont blanches et hérissées de poils (à l’œil nu le fruit paraît glabre). La coupe transversale offre une amande demi-circulaire, remplissant entièrement un péricarpe mince, membraneux, sans rayons marqué.s.
Ce dernier caractère le distingue du carvi et du fruit de persil vulgaire. Indépendamment de ce que ce dernier est plus arrondi et moins brunâtre , il offre à la coupe une amande pentagone, dont le côté interne est beaucoup plus long que les quatre autres , et dont chaque angle est marqué par la coupe blanche d’une des côtes du fruit. L’intervalle entre chaque côte est rempli par un vaste réservoir d’un suc brun d’une apparence mielleuse.
(Ajoutez ce caractère essentiel h ceux qui ont été donnés pour le persil vulgaire. )
Coriandre (Sg. .SOG).
i.a coriandre, ciiricmdrmn sativum L. , appartient à la tribu des roriandréos composant seule la sous-famille des cœlospermes de la fa-
Eig. 300.
■J20 DlCOTÏLÉüOiNüS CAUCli'LOIlliS.
mille des onibellifères. Klle s’élève à la hauteur de 35 à 50 ceiiliuiétres ; ses feuilles radicales soûl semblables à celles du persil , mais celles de la tige sont divisées très menu ; scs Heurs soûl disposées eu ombelles à 3 ou 5 rayons, privées d’involucre et ])ourvues d’iiivolucellcs à 2 ou 3 folioles placées d’un seul côlé. Les pétales sont blancs ou rosés , dilatés à la périphérie. Le fruit est sphéritiuc et composé de 2 carpelles soudés qui ne se séparent pas à maturité.
Toute la plante récente a une odeur fétide insupportable; mais le fruit desséché n’en conserve qu’une agréable, qui même n’est bien sensible que par la pulvérisation ; il est sphérique, jaunâtre et très léger; il entre dans l’alcoolat de mélisse cotnpo.sé, et on l’emploie assez fréquemment comme correctif, dans les potions purgatives faites avec le séné.
La coriandre est abondamment cultivée aux environs de l’aris, dans la plaine des Vertus , et en Touraine.
(;OiWMES-R!i.Sli\ES t)’O.Ml!Er,LIl'Ët!ES.
Avant de parler de l’asa-fœtida , je dirai quelques mots d’une plante nommée par les Grecs oCkifry/ et par les Latins losei-pifium, dont le suc, connu sous le nom de laser, était considéré comme un médicament héroïque dans un très grand nombre de maladies. D’après Dioscoride jlivrelll, cb. 78) , le silphion croît en Syrie, en Arménie, en Jlédie et en Libye. Sa lige est semblable à celle de férule , ses feuilles ressemblent à celles de Tache et sa graine est large. Le laser sort de la lige cl de la racine de la plante , par des incisions. Il est roux, transparent, d’odeur approchant de celle de la myrrhe et non de poireau , de gorit agréable , blanchissant lorsqu’on le délaie dans Teau. (ielui qui croît en Gyrène a une odeur si douce qu’il ne sent rien , si ce n’est quand on le goûte. Genx de Médie et de Syrie sont de qualité inférieure et ont une odeur désagréable. Le laser est souvent sophistiqué avec du .sagapénura.
Plus loin , en parlant du sagapénuin, Dioscoride dit qu’il a une odeur qui lient à la fois du laser et du galbanum , ce qui indique une grande ressemblance entre le premier de ces sucs et Tasa-fœtida.
Suivant Pline (livre XIX, ch. 3), \e laserpitium {silphion des Grecs) a été d’abord découvert dans la Gynéraïque, et son suc, nommé laser, est si estimé qu’on le vend au poids de l’argent ; mais depuis bien des années la plante est devenue tellement rare dans celte province d’Afrique , qu’on n’en a trouvé qu’une seule lige qui fut envoyée à l’empereur Néron , et que , depuis très longtemps également, on iTaj)porte en Italie d’autre laser que celui (]ui est produit en abondance dans
(jOMMIiS-lUiSIiNIvS D’oMlililJ.lFiiliES. 221
la Perse, la IMédie et l’Aiinénic. Mais ce laser est très inférieur à celui (le Cyrène , et est souvent falsifié avec du sagapénum. » Ajoutons que le laserpitiuui était tellenieiit vénéré image y était gravée sur les monnaies; une (le ces pièces, dont M. Pereira m’a transmis la copie , représente d’un côté une tête déjeune homme ayant une corne de bélier au-dessus de l’oreille , et de l’autre une plante férulacée à tige ronde et cannelée, pourvue de 3 paires de, feuilles presque opposées, à larges pétioles embrassants, et surmontée d une ombelle compacte (1).
Cette plante paraît avoir été retrouvée dans un voyage fait en Libye, en 1817, par le docteur Délia Cella; elle a été décrite par M. Viviani, daus son Specimen florœ libyeœ , sous le nom de thapsia silphium.
11 me paraît résulter de ce qui précède que le laser cyrénaï(pie était un suc très rare, même chez les anciens, et qui (bsjà, bien avant Pline , était remplacé par un autre suc analogue venant de Perse et do Médie.
Ce dernier suc ne peut être que notre um-fœtida, le seul qui ne soit pas mentionné par Dioscoride sous son nom moderne. D’ailleurs la ressemblance qui existe entre les noms aui et laser semble indiquer que l’uîi est un dérivé de l’autre.
11 est donc possible que la plante qui produit l’asa-fœtida soit le silpkion de Dioscoride ; mais elle n’a été bien connue que par la description et la ligure qu’en a données Kæmpfer. Cette plante { ferula (m-fœtida L. ; fig. 307 ) , porte en Perse le nom de /nngisèh, et son
(1) Celte médaille porte sur le champ , du côté du revers , un trépied suivi d’un E copte , dont la branche supérieure est beaucoup plus longue (jue l’inférieure (indiquant probablement le chiffre V), et au-dessous le mot KXP.V abrégé de xjpavüüv. La médaille gravée par A^iviani, au frontispice de son ouvrage , porte sur la face une tête d’Ammon âgé et barbu , et sur le revers la même plante que ci-dessus , mais avec le seul mot KoINoN, que l’on trouve sur un grand nombre de monnaies grecques , et qui ne signifie rien autre chose probablement que monnaie commune ou monnaie courante. Il me paraît évident que c’est ce mol xoivov que nous avons traduit par le mot coin appliqué aux matrices des monnaies.
dans la Cyrénaïque que son
mCOTYLliUüiSliS CALlCHaOUliS.
suc y est noiiiiiié hingh ou Iding. Elle présente une rticiiie vivace , volumineuse, fusiforme, souvent partagée parle bas, pourvue d’un collet élevé au-dessus de terre et garnie d’un faisceau de libres droites , comme les racines de nwmn, de pcucecldiuau et A’ortjiujium. Les feuilles sont toutes radicales , pinnatiseclées , à segments innnatilides-sinués , et à lobes oblongs et obtus. La tige est simple , baule de 2 à 3 mètres , assez grosse par le bas pour ne pas pouvoir être renfermée dans la main , pourvue sur sa longueur de gaines apbjlles , et terminée par un petit nombre de rameaux qui portent des ombelles nues, à lü, 15 ou 20 rayons, supportant chacun 5 ou 0 Heurs. Les fruits sont ovales, aplatis , d’un rouge brun , marqués de 3 cotes dorsales liliformes, et de 2 cotes latérales s’élargissant en une marge ferme comme un paichemiii. Toutes les parties de la plante ont une odeur de poireau et une saveur amère fort désagréable; mais c’est de la racine principalement qu’on extrait l’asa-foeiida.
Suivant le récit de Kæmpfer {Anuen., fasc. ut), vers la mi-a\ril, les habitants des montagnes se partagent les lieux où croît la féride à l’asa-fœtida , et commencent à creuser une fosse autour de la lacine, alin de la découvrir en partie; ils la dépouillent de sa tige, de ses feuilles et des poils qui entourent le collet, et la recouvrent d’un lit de feuillage pour la préserver des rayons du soleil qui la feraient périr (1).
Trente ou quarante jours après, du 25 au 26 mai, les travailleurs retournent à leurs racines , les découvrent, en détachent avec une spatule les larmes qui peuvent s’y trouver, et coupent en rond, en le creusant un peu , le sommet de la racine , alin que le suc puisse s’y rassembler. Ils recouvrent la fosse de feuillage et y rev iennent deux jours après , pour recueillir le suc épaissi ou les larmes qui s’y trouvent formées , et rafraîchir la surface du disque en en coupant l’épaisseur d’une paille d’avoine ; car il suffit d’ouvrir de nouveau les vaisseaux pour que le suc puisse s’en écouler. Deux jours après , ils font une seconde récolte, après laquelle ils laissent la racine reposer pendant huit à dix jours. Alors ils recommencent à la traiter trois fois , comme la première fois , la laissent de nouveau reposer, etc. Kæmpfer indique de la manière suivante les jours de récolte sur une racine préparée , comme il a été dit, vers la mi-avril : mai 26 , 28 , 3U ; juin , Il , 13 , 15 , 23 , 25 , 27 ; juillet , U, 6,8. 11 est probable qu’alors la racine se trouve épuisée.
(1) Je présume que cette première opération a pour but de concentrer, par une évaporation lente , le suc laiteux de la racine , qui , san.s cela , serait trop liquide pour pouvoir être recueilli.
(;OMMliS-UÉ, SINUS d’OMBKIXIFÈKES.
l.’asa-luiiidu osl qiielcjuelbis en larmes détachées; mais le. plus ordiiiaireineiU il est en masses considérables , bi’unes rougeâtres , parsemées de lai ines blancbàtres , demi-transparentes. Souvent aussi il est en masses très impures et mélangées d’une grande quantité de terre ou de petites pierres; il faut alors le rejeter de rofficine du pharmacien. Lorscpi’oii casse le bel asa-fœtida , la nouvelle surface , qui est ordinairement d’une couleur peu foncée, rougit promptement à l’air. Il répand une oileur alliacée forte et fétide, et possède une saveur amère, âcre et repoussante. Il est beaucoup plus soluble dans l’alcool que dans l’eau et donne une huile volatile alliacée, à la distillation.
i\I. 'l'béodore Lefèvre , droguiste â Paris , a bien voulu me remettre , il y a quelques années, une collection de drogues médicinales de l’Inde, au nombre desquelles se trouvait un échantillon d’asa-fœtida a.ssez remarquable. Cet asa-fœtida , renfermé dans une boîte de fer-blanc , présentaU une odeur d’une fétidité repoussante, infiniment plus forte que celle de l’asa-fœtida du commerce (1); de plus, il formait une seule ma.s.ce d’une couleur de miel foncé, ne rougissant pas à l’air, uniformément entremêlée d’une grande quantité de fragments coupés de l’écorce striée de la tige, et sans aucune parcelle de terre; de sorte que je suis convaincu que cet asa-fœtida s’est écoulé sous forme de stalagmite le long de la tigé , et qu’il a été récolté en enlevant à la fois , avec un couteau , l’écorce et le suc résineux. Au surplus, les anciens auteurs, et 'l’héopliraste en particulier {De mt. plant., lib. 6, cap. 3), ont mentionné deux .sortes d’asa-fœtida; l’une tirée de la tige, surnom¬
mée c.auliaf; , et l’autre extraite de la racine, nommée rhiziaA ; la chose n’est donc pas nouvelle.
Pelletier a trouvé que Vnsa-fajtida était composé de :
llésine . 65,00
Gomme. . . 19, hU
Bassorinc . 11, 6G
Huile volatile . 3,60
Malate acide de chaux et perte . 0,30
La résine à' asa-fœtida jouit de propriétés particulières , et entre autres de celle de se colorer en rouge par l’action de la lumière et de l’air réunis. C’est elle, comme on le voit, qui communique cette pro- \M'\è{èlyVasa-fœ.tida [Bull, de pharm., t. III, p. 556).
L'asa-fœtida est un puissant antihystérique. Il entre dans les pilules
(I) D’après Kæmpfer, un gros d’asa-fœtida récent répand plus de puanteur (pic cent livres de celui (pii est vieux et sec.
■22L\ nicoTvr.iiDOM'.s CAr.icirr.niiKS.
de Fiiller. On reinjiloic l)eaucoup dans la médecine vélérinaire. On assure que , malgré scs qualités si désagréables pour les Européens , qui l’ont- nommé stercus diaboli , les Orientaux s’en servent i)our assaisonner leurs mets. On ne doit pas en être surpris , dit (ïeoirroy, quand on pense que rôdeur du citron , (pii nous |)laît tant aujourd’bui, était en exécration chez la plupart dos anciens; et que notre ail ordinaire , dont l’odenr a beaucoup de rapport avéc celle de Yd.sa-fœlula , paraît insupportable aux nos et très agréable aux autres, qui le prodiguent dans tous leurs mets. Il y a longtemps qn’on dit (pi’il ne l'aul pas disputer des goûts.
Sasaitcniini on (ioiuine serapUiiiiir,
dette gomme-résine a de l’analogie , par son odeur, avec l’asa-fœtida et vient de la Perse comme ce dernier. Elle est ordinairement en masse et rarement en larmes. Dans l’im et l’autre cas le sagapénum est mou, demi-transparent, mêlé d’impuretés et de semences brisées d’ombellii'ère. Il ne dilTérerait guère du galbanum mou que par sa couleur plus foncée, si ce n’était son odeur et sa saveur qui sont celles do l’asafœtida affaibli et très désagréable. D’un autre côté, il diffère de l’asafœtida par SOS propriétés jilus faibles, et parce qu’il ne se colore pas en rouge par le contact de l’air et de, la lumière. •
Le sagapénum s’enflamme facilement et brûle en répandant beaucoup de fumée. La résine y domine sur le princijie gommeux , et il fournit de l’huile volatile à la distillation. Il entre dans la thériaque et l’emplâtre diaebylon gommé.
L’origine du sagapénum est encore douteuse; cependant il est probable qu’il provient du fmda persica W. Ce qui donne du poids à cette opinion , c’est que les semences de cette plante ont été reçues , îi différentes fois, comme étant celles de la férule à l’asa-fœtida. Ainsi le ferula persica cultivé au Jardin des Plantes de Paris , provient de .semences envoyées de Perse par Michaux , sous le nom A’osn-fœfidfi. Or, pour que cette méprise ait pu avoir lieu, il faut que la plante produise une gomme-résine analogue à l’asa-lœtida , et cette substance ne semble pouvoir être que le sagapénum.
(;oiimu--lt(t.siii(' iiiiimniiiiKiuc.
Cette substance, nommée ummuiwncin f/onime ammcmiafpir- , était connue des anciens. .Suivant Dioscoride, elle déconlait d’une espèce de férule qui croît dans la Libye Cyrénaïque , non loin du temple de Jupiter Ammon, et c’est de lit que lui est venu .son nom. Dio.seoride
coM.MKs-UKSiiSKS d’omiîk 1,1,1 ri';iti;.s. 225
iippclle la planie (i<jasyl.liK, cl Pline rnctuinim. Celle dilféi cncc nsi à noter, parce que Dioscoride allrilnie le galbaniiin au inclopion , plante de Syrie, et qu’il paraît eu eflet que, jiar une confusion qui s’est perpétuée jusqu’à nous, beaucoup de personnes ont pris l’une pour l’autre ces deux gommes-résines.
'l’oiis les auteurs, jusqu’à iMurray, ne font presque que répéter l’origine donnée ])ar Dioscoride à la gomme ammoniaque. Murray cependant la fait venir par la voie de Turquie et des Tndes orientales ; tandis qn’un voyageur anglais, àl. .lackson , assure qu’elle est produite , dans le royaume de Maroc , par une grande plante sendilable au fenouil , nommée faskook ou feskouk : mais il est probable que M. .lackson aura pris quelque autre gomme-résine pour de la gomme ammoniaque.
Les renseignements les plus récents font venir la gomme ammoniaque du nord de la Perse et de r.Arménie, et je suis du sentiment de Don , qui pense que son nom anmoniacimi on (irmoniacum , comme beaucoup l’ont écrit , est corronqtu à’anncnuwuM. La plaine qui la produit a été rapportée de Perse ])ar le colonel Wright , et Don en a formé un nouveau genre d’ombellifère , voisin des frnild, mais en différant par .son disque épigyne large et cyatbiforme , et par ses canaux résinifères [riHœ, DG.), solitaires entre chacune des cotes du fruit. Willdenovv s’était anlérienrement procuré la même plante en semant les semences que l’on trouve assez souvent dans la gomme ammoniaque du commerce, et qui en sont tellement gorgées, qu’on ne iieut mettre en doute qu’elles ne soient celles de la jilanle même qui produit cette gomme-résine ; mais il la décrivit mal et lui donna le nom A' heracleiim (jimmiiferimi , tandis que Don la nomme dorema aiimiomacum. Observons que les caractères sur lesquels se fonde Don ])our séparer celte plante des férules ne sont pas tous exacts : il suppose , en effet , que les canaux résinifères sont isolés dans chaque vallécule du fruit , tandis qu’il y en a trois comme dans les férules. A la vérité, très souvent le canal mitoyen est seul développé et gorgé de résine , ce qui le. fait paraître solitaire ; mais il n’est pas rare non plus d’en trouver deux, et je possède plusieurs fruits où les trois canaux sont bien distincts.
On trouve la gomme ammoniaque sous deux formes dans le commerce : 1° en larmes détachées, dures, blanches et opaques à l’intérieur. blanches egalement a rcxlérieur, mais devenant jaunes avec le temps; d’une odeur forte particulière, d’une saveur amère, âcre et nauséeuse ; 2" en masses considérables jaunâtres , parsemées d’un grand nombre de larmes blanches et opaques; elle est moins pure qug la précédente, et possède une odeur plus forte. La première sorte est préférée, à cause de sa pureté ; la seconde lient être employée, à son défaut, pour la préparation des emplâtres.
Ht. 15
2’2() DiCO'l'M.KDONKS CAI-ICIFI.OliliS.
Suivant l’analyse qu’en a l'aile AI. liraeonnot, lOO parties de gomme ammoniaque sont composées de: gomme 18, d, résine 70, matière glutiniforme insoluble dans l’eau et l’alcool d,d , eau G, perte 1,2. (Ahh. de ckim., i. LXVllI, p. 69.)
La gomme ammoniaque entre dans l’empltitre diachylou gommé, dans celui de ciguë et dans les pilules de Bontius.
Fausse son i lo i 1 I „ i . J’ai eu raison de dire idirs haul
que M. Jackson, en assurant que la gomme anunoniaque était produite dans le royaume de ûlaroc par une jilante nommée fasliook , avait probablement pris quelque autre gomme-résine iiour la première. Un échantillon de cette gomme-résine , remise par M. Lindley à M. Percira et dont ce dernier m’a transmis une partie , confirme celle opinion. Cette gomme-résine porte à Tanger le nom de fusàgh ou de fasôgh, et elle est produite, non par \cferula orientalis auquel Sprengel rapporte \cfaslcook de Jackson, mais par Xefendo tingitana, d’après M. Lindley. En apparence, cette gomme-résine ressemble beaucoup à la gomme ammoniaque en masse et larmeusc ; mais un examen subséquent vient détruire cette similitude. Les larmes qui composent le fusàgh sont moins blanches et moins opaques que celles de la gomme ammoniaque , et présentent quelquefois sur leur contour une teinte bleuâtre ; elles sont aussi beaucoup moins dures et sont facilement pénétrées par une pointe de canif La masse est presque inodore et la saveur en parait d’abord presipie nulle ; cependant elle linit par devenir arnérc , mais elle n’offre rien de l’àcreté et du goût aromatique de la gomme ammoniaque. Ce sont donc deux substances différentes.
Je ne crois même pas que l’on puisse dire que lo fusàgh soit la gomme ammoniaque de Dioscoride, sur ce seul fondement que Dioscoride faisait venir ce produit de la Libye cyréna'ique et des environs du temple de Jupiter Animon. D’abord la Libye cyréna'ique est bien éloignée du Maroc ; ensuite Dioscoride a pu être induit en erreur par la similitude des noms ammon et ammoniaque ou armoniaque; troisièmement cet auteur mentionne l’odeur forte de la gomme ammoniaque , qu’il compare à celle du castoréum, et distingue clairement les deux mêmes sortes de gomme ammoniaque que le commerce d’Asie nous a toujours fournies : à savoir, la gomme en larmes, qu’il nomme Chrausa, et celle en masses, qu’il appeWc phriama ou phurama. Je suis donc persuadé, quant a moi , que Dioscoride n’a pas connu d’autre gomme ammo 1 1 que la nôtre , et qu’il .s’est seulement trompé sur le lieu de son origine.
Galbanum.
Cette gomme-résine est encore un exemple de l’incertitude qui peut régner sur l’origine des substances les plus anciennement connues. Tous les auteurs, tant anciens que modernes , s’accordent à dire que le galbanum vient de Syrie, où il est produit par une espèce de férule; et Lobel ayant trouvé dans du galbanum pris à Anvers des fruits d’ombellifère, grands, larges et foliacés, les sema, et en vil naître une plante
(.üMMKS-KÉSINIiS D’ûMP.HUJFiiliES. 'ITl
«lii’il dw.rivil fl (igiira sous lo nom do /or«/o (jdlhiniijh'n {Oùserr., p. /i5l). Celle planle devait , sans aucun doute, produire le galbanum, cl cependant celte opinion tomba devant la description que lit Paul Hermann, dans son Paradisua batcwus ( p. 163, lig. ^t3) , d'une plante originaire du cap de Bonne-Espérance , devenue depuis le bubon galbanum L. , qui laissait découler, spontanément ou par des incisions, un suc gommo - résineux offrant tous les caractères du galbanum. On ne douta plus que le galbanum ne provînt du bubon galbanum de Linné.
Tant de botanistes cependant se sont laissé abuser par la ressemblancc des sucs d’ombellifères entre eux, qu’on aurait dû ne pas croire aussi facilement qu’une plante du Gap produisît une gomme-résine tirée jusque là de Syrie. J’ajoute qu’il n’y a aucun rapport entre les fruits très petits du bubon galbanum et ceux très larges que l’on trouve dans une des sortes de galbanum du commerce; mais ce qui m’empêche de décider entièrement la question contre Hermann et ceux qui l’ont suivi, c’est qu’il existe dans le commerce deux espèces de galbanums , et que je ne puis dire au juste de quelle contrée elles sont tirées.
iMotE. Ce galbanum est le premier que j’aie connu, et le seul décrit dans mes deux premières éditions. On le trouve sous deux formes dans le commerce : en larmes et en masse. Le premier est en larmes molles , ou se ramollissant dans les doigts ; jaunes , vernissées et gluantes à l’extérieur, ce qui est cause que les larmes les plus pures et les plus sèches s’agglutinent toujours en une seule masse. Il est jaune et translucide à l’intérieur, offrant une cassure grenue et comme huileuse ; il a une odeur forte , tenace , particulière et légèrement fétide ; .sa saveur est âcre et amère.
Le galbanum en masse ne diffère du premier que jtarce que, étant encore plus chargé d’huile volatile , ses larmes se sont réunies en une seule masse , dans laquelle on les distingue encore. Le fond de la masse , ordinairement plus foncé, et devenant brunâtre avec le temps, est en outre souillé d’impuretés. Au total, eu larmes ou en niasse, ce galbanum est toujours mou, gluant et comme vernissé. Je n’y ai jamais rencontré de fruits.
On distingue facilement ce galbanum de la gomme ammoniaque , par les larmes dont il se compose. Les larmes de la gomme ammoniaque sont solides, dures, et se ramollissent beaucoup plus dilficilement; elles sont tout à fait blanches, laiteuses, opaques à l’intérieur, et offrent une cassure lisse; leur odeur est aussi moins forte et différente.
Ce galbanum aurait plus de ressemblance avec le sagapénum ; mais il s’en distingue par son odeur et sa saveur; elles sont , à la vérité, fortes et désagréables , mais elles n’ont aucun rapport avec celles de Tassa-
228 ni('OTVi,imoNK.s ('.Ai.icirr.oui':
fœtida , que les larmes les plus pures de sagapénum olTrent toujours.
.le ne doute pas tfue ce ne soit cette sorte de galba lysée par M. Pelletier. Ce chimiste en a retiré :
num qui ait
été ana-
Résine . .
Gomme .
Bois et impuretés .
Malate acide de chaux .
traces.
Huile volatile et perte .
La resiiiü de galhamim louil. d une propriété singulière : lorsqu’on la chauffe à une température de 120 à 130 degrés centigrades, on en l'ctirc , entre autres produits, une huile d’un beau bleu indigo. Cette huile est très soluble dans l’alcool, auquel elle couiniunique sa couleur. Les acides et les alcalis ne la changent pas , à moins qu’ils ue soient assez concentrés pour décomposer l’huile elle-même , etc. ( Bulletin de pharmacie, t. IV, p. 97.)
Galhamim sec. Ce galbaiium est, comme le précédent , en larmes ou en masse ; mais il est beaucoup plus sec , et scs larmes , qui ne sont ni gluantes ni vernissées , ne se réunissent pas en une seule masse. Elles sont jaunes à l’extérieur, blanchâires et souvent opaques à l’inlérieur; se distinguant toujours de colles de la gomme ammoniaque par leur peu de consistance , et par leur cassure inégale , qui n’a pas l’aspect d’un lait durci et vitreux. Ce galbanum a une odeur aromatique non désagréable , quoique toujours analogue à celle du précédent. Il est sujet à contenir des tronçons de tige sillonnée , et les carjielles isolés d’une plante ombellifère , semblables à ceux qui ont produit la plante de Lobel, et à ceux examinés par Don , qui , d’après leurs caractères, pense que la plante doit former un genre particulier, voisin des siler, et qui la nomme galbanum officinale {Arck. de bot., t. I, p. 37.3). Voici quels sont ces caractères :
Carpelles détachés , longs de 20 millim. , larges de 9 ; blanchâtres ou jaunâtres, un peu terminés en pointe aux deux extrémités, planes du côté de la commissure , un peu bombés sur le dos , marqués de 5 côtes linéaires demi-ailées , les marginales ne l’étant pas plus que les dorsales. Ces fruits sont dépourvus de canaux résinifères apparents dans les vallécules, qui cependant sont souvent remplies de gomme-résine. Don admet deux canaux résinifères du côté de la commi.ssure ; mais je n’y vois que des sillons remplis de gomme-résine à nu , comme les valléciiles.
fJOAlJlKS-IiÉ&liNliS D’uAlDEl.LIFi'UltS.
(.elle goumie-résiuc , liés bien décrite par Dioscoride , est tirée d'une (dante oinbellifèrc nonnnéc par lui panaccs haruclemn , dont les caractères se rapportent bien à YlœracLcwn punaces de Linné. Cependant on a préféré depuis l’atlribuer , soit au pastinaca opopemax L. , soit à son lampitium chironium, dont les botanistes ne font aujourd’hui qu’une espèce sous le nom de opopemax chironium Koch. On trouve l’opopaiiax sous deux formes dans le commerce , en larmes et en masse.
La itiemiérc sorte d’opopanax est en larmes anguleuses et irrégulières , ayant à peu près le volume d’une pistache ou d’une semence de cacao. Ces larmes sont d’une couleur orangée rougeâtre ou rougeâtre , et demi- transparentes à l’extérieur; mais elles sont généralement opaques, blanchâtres, jaunâtres ou d’un jaune marbré de ronge à l’intérieur. Elles sont légères et friables, quoique peu sèches; elles ont une saveur âcre et amère et une odeur aromatique très forte , qui tient de Tache et de la myrrhe. Itlles ont quelquefois l’aspect de la myrrhe ; mais leur légèreté , leur friabilité et leur odeur particulière les font facilement reconnaître. Elles sont aussi facilement attaquées par les insectes, ce qui tient h l’amidon qu’elles contiennent et auquel elles doivent ])areillement leur opacité et leur friabilité.
L’opopanax en masse est sous forme de grumeaux agglutinés , toujours jaunâtres à l’extérieur, blanchâtres à l’intérieur, d’odeur et de saveur semblables à la première sorte. Il ressemble beaucoup au galbanum sec en masse, dont on le distingue surtout par son odeur. Je n’ai pas observé (jti’il fût attaqué par les insectes comme Topopanax en larmes.
J’ai trouvé dans le commerce un opopanax en masse , d’un brun noirâtre, tenace, compacte , présentant à peine quckjtics larmes jaunâtres, et qui n’était guère reconnaissable qu’à son odeur caractéristique d’ache et de myrrhe mêlées. Cette sorte doit être rejetée.
D’après l’analyse de M. Pelletier, Topopanax est composé de :
Résine . /C2,0
Comme . 3o,é
Amidon . . 4,2
Extractif et acide mali(|iie . . . 4,4
IJgneiix . . 9,8
Cire'. . 0,3
Huile volatile et perte . .3, 9
IIICU rVMUKIlVKb CALlOU'LUliliS.
l'AMlIJÆ DES GROSSUl.AIUÉES.
Celle pelilc famille , coDiposée presf|ne du seul genre ribeit ou «»•<»seîuier, avail Clé Comprise par A.-L. de Jussieu dans celle des caclées, dont elle se rapproche par son fruit charnu cl infère, contenant nn grand nombre de graines fixées à 2 trophospermes pariétaux ; mais dont elle diffère par le nombre fixe et restreint des parties de la fleur et par un endosperme très développé. Los groseilliers sont des arbrisseaux en général pou élevés, pourvus ou dépourvus d’aiguillons, h feuilles alternes et lobées. Leurs fleurs sont disposées en grappes axillaires dans les espèces dépourvues d’aiguillons , ou bien sont solitaires ou réunies en petit nombre dans les espèces aiguillonnées. Le calice est monosépale , à 5 divisions rabattues en dehors; les pétales sont au nombre de J , petits , droits, insérés sur le calice et alternes avec les divisions ; l’ovaire est infère, uniloculaire, surmonté d’un style simide , terminé iiar 2 stigmates. Le fruit est une baie globuleuse , ombiliquée au sommet , contenant plusieurs graines attachées par des funicnles à 2 tropliosiiermes pariétaux opposés. Ces graines sont pourvues d’une première envelojtpe gélatineuse et d’un tégument crustacé (endoplèvre) adhèrent à l’endosperme. L’embryon est droit, très petit, placé à la base de l’cndospcrme très dévelopjtô et presque corné.
Les groseilliers croissent naturellement dans les taillis un peu humides des lieux tempérés et même un peu froids des deux continents. Trois espèces principalement sont cultivées pour leurs fruits.
Cii-oK<;iilicr ronge, rihds ruhrum L. Sa tige se divise dès sa ba.se en rameaux nombreux, non épineux, formant un buisson de 1 mètre à l”, 5 de hauteur. Ses feuilles sont péliolôes , découpées en 5 lobes, glabres ou légèrement pubescentes. Scs fleurs sont d’un blanc vcrdfiti e, disposées en petites grappes simples, axillaires. Il leur succède de jtetiles baies globuleuses, li.sses, glabres, succulentes, d’une saveur acide et agréable due aux deux acides malique et citrique. Elles sont ordinairement rouges, mais quebiuefois roses ou blanches, suivant les variétés. Les rouges sont plus acides; les blanches sont plus mucilagincuses et plus sucrées. On fait une grande consommation des unes et des autres , soit pour la table , soit pour la préparation d’une gelée et d’un sirop qui sont très usités.
Oroseiiiici- noir OU c!«.s.*jis, rihes ruhrwH L. Feuilles à 3 ou 5 lobes, glanduleuses eu de.ssous. Grappes très lâches, velues; pétales oblongs. Fruits noirs, ])lus gros que les groseilles rouges, fortement aroinali(pie.s et d’un goût piquant. Ils ne sont guère employés que pour la |)répara-
CACTÈKS, l'ICOÏOÉES, (UlASbljLAClîliS , PüUTUI.iVCÉES. 'iSl lion (l’un mafia nommé cmsis, qui a eu une grande vogue pendaiu longtemps , mais qui est beaucoup moins usité aujourd’hui.
Uro.seiilicL- si iiiayucconii , rzôe.s uva-trispa L. dette espèce, à l’étal sauvage, constitue un petit arbrisseau, haut de 60 centimètres, très épineux, pourvu de fleurs axillaires, solitaires ou géminées, auxquelles succèdent des fruits verdâtres , globuleux ou ovoïdes et de la grosseur d’une noisette. Cet arbrisseau cultivé a fourni un grand nombre de variétés dont les fruits verdâtres, blanchâtres , rougeâtres ou violacés, dcpassenl souvent la grosseur des cerises ou du raisin. Ces fruits sont nus ou couverts de poils rudes; ils ont une saveur sucrée, aigrelette et un peu aromatique. On peut, en les faisant fermenter, en obtenir un vin que l’on dit être assez agréable.
EAMir.LES DES CACTÉES, DES EJCOÏDÉES , DES CltASSüEACÉES ,
DES PORTUEACÉES.
.Je réunis ensemble ces quatre familles, dont les caractères botaniques sont assez différents , mais qui ,so rapprochent par la nature charnue de leurs tiges et de leurs feuilles, et par la pré.sence d’une forte iiroportion de malate acide de chaux dans leur suc ; de sorte que leurs propriétés médicales sont d’êti-e rafraîchissantes , à l’exception d’un petit nombre qui sont pourvues , en outre du suc acidule-calcaire précédent , d’un suc laiteux plus ou moins Acre qui les rapproche des euphorbes.
Les CACTÉES, principalement, sont remarquables parleurs formes tout à fait insolites, les unes consistant en une masse charnue, arrondie et pourvue de côtes comme un melon {melocactus communis) , mais couverte sur toutes les arêtes d’épines fasciculées et rayonnantes ; les autres présentent la forme d’un gros cierge multangulaire et épineux , haut de 8 à 10 mètres {cereus peruvianus) , ou celle de longs serpents entrelacés {ccreus serpentinus) ; ou bien encore celle de larges gâteaux charnus, articulés les uns sur les autres : tels sont les nopals ou opuntia, auxquels cette forme a fait donner le nom vulgaire de raquette. C’est sur une espèce de ce genre [opuntia cochinillifera) que l’on cultive la cochenille , insecte hémiptère dont la femelle, dépourvue d’ailes, se fixe sur la plante afin d’y vivre, d’y être fécondée , ét d’y multiplier; mais on la récolte avant sa ponte , et on la fait sécher à l’étuve ou suides plaques chaudes, pour la livrer au commerce.
La plupart des plantes ap|)artenant à celte famille, indépendamment de l’intérêt qu’elles présentent par la singularité de leurs formes , sont rcmarcpiables par la beauté de leurs fleurs , et beaucoup sont recherchées dans leur pays natal pour l’acidité agréable de leurs fruits.
DICUTVLliUüiNliS (:At.X(:U''I,OUliS.
Les principaux caractères des cactées sont un calice suudé avec l’uvaire , divisé supérieurement en lobes nombreux , imbriqués , plurisériés , péialoïdes ; une corolle formée de pétales nombreux, imbriqués, plurisériés, insérés sur le sommet du tube du calice; des étamines nombreuses , plurisériées , h anthères biloculaires. L’ovaire est uniloculaire , infère, à placentas pariétaux nombreux et pluri-ovulés; le style est terminal, indivis, mais terminé par autant de stigmates qu’il y a de placentas. Le fruit est une baie ombiliquée au sommet, charnue, dont les graines, nichées dans la pulpe, sont attachées aux trophospermes pariétaux par des funicules filiformes. Les graines ont un double tégument et contiennent un embryon droit ou recourbé', privé d’endosperme.
Les FicoïDÉiîS ont un calice gamosépale à 5 divisions; les pétales sont nombreux, imbriqués, insérés sur le haut du tube du calice, ainsique les étamines qui sont nombreuses, muitisériées , à anthères biloculaires, versatiles. L’ovaire est adhérent au tube du calice , pluriloculaire , à placentas linéaires soudés aux nervures médianes des feuilles carpellaircs, et occupant le fond des loges. Les ovules sont nombreux , fixés aux placentas par de longs funicules. Les stigmates , en même nombre que les loges, terminent l’axe central qui les réunit. Le fruit est une capsule pluriloculaire s’ouvrant par les sutures ventrales des carpelles, devenues supérieures ; les graines sont nombreuses , à testa dur ; l’embryon est courbé en arc et entoure en partie un endosperme farineux.
Le principal genre de la famille des licoïdées est le genre ficoide ou ineseinbnjanthemuin , dont une espèce, nommée glaciale [inesenibryanthenium cristallinum) , est toute couverte de vésicules gélatineuses et brillantes, ressemblant à de petits glaçons , et remplies d’un principe gommeux insoluble dans l’eau , de nature semblable à celui qui compose presque en totalité ia gomme kutéra.
Les nopals fournissent aussi une grande quantité d’une gomme anaiogue (gomme de nopal) , que Sa complète insolubilité dans i’caii rend tout à fait inutile aux arts. Elle est sous la forme de concrétions vermiculées ou mamelonnées, d’un blanc jaunâtre ou rougefitre, translucides ou demi - opaques ; elle a une saveur fade mêlée d’un peu d’àcretô , et elle crie sous la dent. Mise à tremper dans l’eau , cette gomme se gonfle, blanchit, mais n’acquiert aucun fiant. Quelques portions détachées nagent divisées dans la liqueur ; mais la presque totalité forme une masse résistante non mucilagineuse , que la pression sépare en parties non liées , et qui prennent en se desséchant sous les doigts un aspect farineux. L’iode la colore superficiellement en bleu noirâtre.
Divisée par l’eau , et vue au microscope , elle a la forme d’une sub-
CAC'i'IiliS , FiCüÏDÈES , CUASSULACÈliS , l'ÜKTULACÉLS. *253 slaucu gcIlUineusc, plisscc , à bords finis, d’onc épaisseur et d’une consistance très marquées, fin y ajoutant de l’iode, la substance gélatineuse principale ne paraît pas se colorer ; niais on y observe une grande quantité de points colorés en bleiv noir, opaques, très petits, devant être une espèce particulière d’amidon. Enfin, que la substance soit ou non additionnée d’iode , elle olîre constatnmeut , et disséminés îi distance , des groupes de cristaux bien finis , terminés par des biseaux ajgus, et exactement semblables à ceux que Jl. Turpiii a observés dans le tissu tnènie du cereus /jeriwianus , et que M. Gbevreiil a reconnus pour être de l’oxalatc de chaux. (Voy. Anii. des sc. nat., t. XX, p. 26, pl. 1 , et Jouni. de pitarm. , t. XX, p. 526. ) Ces cristaux caractérisent la gomme do nopal et serviront toujours à la faire reconnaître.
Bien que la gonnue kmén-a, en raison de sa ressemblance avec les deux gommes jirécédentes , nie paraisse appartenir à une plante grasse, ficoïdée ou cactée ; comme elle accompagne constamment la gomme du Sénégal et qu’on l’a longtemps confondtie avec une sorte de gomme adragante, sous le nom commun de gomme de Bassorn , Je remets à eti parler à la suite de la gomme adragante, famille des légumineuses.
Les ciiASsnT.ACÉES ont un calice libre, persistant , à 5 lobes, très rarement à un plus grand nombre ; les pétales sotit en nombre égal aux lobes du calice et alternes avec eux , tantôt libres et tantôt soudés en tube par la partie inférieure ; les étamines sont en nombre égal ou double de celui îles pétales; les anthères sont biloculaires et fixées par la base à des filets distincts. L’ovaire est multiple, composé d’autant de carpelles libres qu’il y a de pétales, opposés aux pétales, et contenant des ovules nombreux fixés à la suture ventrale; chaque carpelle est terminé par uti style continu à la suture dorsale , portant un stigmate introrse, presque terminal. Le fruit est composé d’un grand nombre de follicules libres , rarement soudés , s’ouvratit par la suture ventrale. Les semences sont plus ou moitis nombreuses, très petites, scrobiformes, à épisperme membraneux ; l’embryon est droit, cylindrique, situé dans l’axe d’un cndos|)erme charnu , quelquefois très ténu ou presque nul. Les plantes suivantes de la famille des crassulacées sont encore usitées :
.louititrUc «livs <oi(s, scmpeveivum tedüvum L. Cette plante croît en Europe dans les fentes des rochers, sur les vieux murs et sur les toits rustiques. Sa racine, qui est fihreuse , donne naissance à plusieurs rosettes de feuilles charntics, oblongues, pointues, d’un vert glauque, persistantes, qui figurent à ])eu près uti capitule d’artichaut. Du milieu de ces feuilles s’élève une tige cylindrique , haute de 2Ü à 3Ü centimètres , rougeâtre , garnie de feuilles plus étroites et plus pointues que celles de la rosette, divisée par le haut eti jilusieurs rameaux très ou-
’2‘6h ülCOTYLÉUOlMiS CALtCIFLUKHS.
verts , portant, presque en forme d’épis, dos fleurs purpurines à 12 ou
15 divisions et à 12 ou 15 ovaires.
Le suc des feuilles de joubarbe est abondajil eu albumine et en surmalate de cbaux. On le donnait autrefois intérieurement, dans les lièvres bilieuses inflammatoires; il est encore usité aujourd’hui comme rafraîchissant, associé à l’huile ou à la graisse, contre les brûlures et les hémorrboïdes.
Orpî,. ou rep ri.se , sedum telephium L. Cette plante croît dans les lieux incultes et ombrageux. Scs tiges sont droites , rondes, garnies de feuilles un peu charnues, ovalcs-oblongues , atténuées à la base, dentées, quelquefois rouges sur les bords. Les fleurs sont très nombreuses, disposées en cime terminale , blanches ou purpurines , pourvues d’un calice à 5 lobes, d’une corolle à 5 pétales, de lü étamines et d’un ovaire à 5 carpelles. Les feuilles sont rafraîchissantes comme celles de la joubarbe. Le peujile les emploie souvent avec succès pour opérer la cicatrisation de plaies jilus ou moins considérables.
a°c(itc jouiiai-itc ou (■■ii|tie-iii:i<iumc , sedioit cdbinn L. (lig. 308). llacine menue , fibreuse , vivace. Tiges cylindriques , rougeâtres , glabres , étalées sur la terre , puis redressées, longues en tout de 10 à 30 centimètres , un peu rameuses au sommet. Feuilles éparses , cylindriques, succulentes, obtuses, d’un vert un peu rougeâtre. Fleurs disposées en un corymbe étalé, à pétales blancs et à anthères noirâtres. Le suc de cette plante est légèrement styptique ; il est rafraîchissant et astringent comme celui des précédentes.
%'criuîeulaii-c hi-iilanle , sed'Wn
acra L. (fig. 309). Racine vivace, menue, fibreuse, donnant naissance à des tiges nombreuses , glabres , hautes de 6 à 8 centimètres, garnies do fouilles éparses , ovales , un peu triangulaires, courtes, succulentes, d’un vert clair, très rapprochées les unes des autres. Les fleurs sont jaunes , disposées en petits bouquets au sommet des tiges, dette plante est commune dans les lieux arides et pierreux, sur les vieux murs et les chaumières. Elle fleurit en juin et juillet. Elle a une saveur [liquantc , âcre et presque caustique. Elle est vomitive et résolutive;
CUCUaiUTACÉES.
on l’a oonscilléc , sôcliée et pulvérisée, coiilre l’épilci)sie ; il faut en faire usage avec circonspection.
Les l’OUTüLACÉiiS , qui terminent cette série , ont un calice demiadhérent à l’ovaire ou libre , formé de 2 sépales ( rarement 3 ou 5 ) soudés entre eux ou libres. Les pétales sont au nombre de é à 6, libres ou soudés , souvent nuis; les éiainincs sont au nombre de 3 à 12 , insérées sur le calice , ou sur la corolle lorsqu’elle est gamopétale; les anthères sont biloculaires (genre iiinntin ) ou quadrilobées {porfidaca). L’ovaire est uniloculaire , libre ou à demi soudé avec le calice, à placenta central, et surmonté d’un style simple , divisé supérieurement en 3-5 branches stigma tifèrcs. Le fruit est une capsule uniloculaire, tantôt pixidce, comme dans les pourpiers, tantôt s’ouvrant par trois valves longitudinales [montia). Les graines sont fixées au centre de la capsule; elles contiennent un embryon circulaire, entourant un endosperme farineux.
l'oHi-pier cnitivé, portulcica olerocea L. Racine fibreuse, annuelle, produisant une tige charnue, qui se partage dès la base, en rameaux étalés , très li.sses , longs de 16 à 20 centimètres , garnis de feuilles sessilcs , alternes, cunéiformes, obtuses, charnues, d’un vert jaunâtre. Les fleurs sont sessilcs, jaunes, munies d’un calice à 2 divisions, d’une corolle à 5 pétales jtlanes et ouverts , soudés par le bas ; de 1 0 à 12 étamines insérées sur la corolle ; le style est nul, les stigmates sont allongés. Le fi'iiit est une pixide contenant un grand nombre de graines.
Cette plante est originaire de l’Inde ; mais elle est depuis longtemps naturalisée en France. Elle était autrefois usitée en médecine , comme rafraîchi.ssante ; mais elle n’est plus guère employée aujourd’hui que comme aliment.
FAMILLE DES CUCER151TACÊES.
Plantes herbacées, couvertes de poils rudes; à tiges rampantes ou grimpantes; à feuilles alternes, pétiolées, palmatinervées et palmati-
lobées, accoiiipiignéos (le vrilles placées sur le côté du pétiole. J.eiirs Heurs sont eu général uiiisexuelles cl nioaoüiues, très rareiuenl lieriuaphrodiies. Le calice est gamosépale, soudé avec Tovaire dans les fleurs femelles, partagé supérieurement en 5 lobes imbriqués (]ui sont soudés avec la corolle , à l’exception de leur extrémité (|ui reste libre. La corolle est formée de 5 pétales insérés sur le limbe du calice , soudés avec lui et soudés entre eux par le bas , de manière à former une corolle gamopétale, rotacée ou camiianulée , à 5 lobes imbriqués, alternes avec ceux du calice.
Les fleurs mâles contiennent 5 étamines insérées à la base de la corolle, alternes avec ses divisions, quelquefois libres, quelquefois monadelphes, mais le plus souvent Iriadelphes; c’est-à-dire que , de ces étamines, quatre sont réunies deux par deux, par leurs (ilels, et que la cinquième reste libre. Les filets sont courts et épais , sc continuant en un connectif ordinairement flexueux ; les anthères sont à une ou deux loges linéaires, soudées dans toute leur longueur avec le connectif dont elles suivent le bord sinueux , en figurant souvent une sorte d’tn j)lacéc horizoutalement. Les fleurs femelles présentent un ovaire infère, rarement uniloculaii-e et uniovulé (genres aicijos, sechiaiii, gronovia) ; le plus souvent formé de 3 ou de 5 caritelles dont les bords, eu s’infléchissant jusqu’au centre, forment des cloisons épaisses et pulpeuses qui se réfléchissent de nouveau vers la circonférence, en se dilatant en tropliospcrmes pariétaux. Le style est court, terminé par 3 ou 5 stigmates épais. Le fruit , nommé pépunklc , est une baie infère , ondriliquée au sommet, à 3 ou 5 loges , mais devenue souvent uniloculaire par la destruction des cloisons, et olfrant des trophospermes pariétaux chargés d’un très grand nombre du graines, (lelles-ci sont aplaties, portées sur un court funicule , pourvues d’un épiderme gélatineux et d’un tégument cartilagineux, souvent entouré d’une marge épaissie, et recouvrant immédiatement un gros embryon homotrope , dé|)Ourvu d’endosperme.
Celui-là se tromperait, nous dit Endliclier, dans sot) excellent Enchiridion Ootunicuni, qui croirait, en comparant le melon et la coloquinte, qu’il existe une grande difl'ércnce dans les jiroin-iétés des plantes ciicurbitacées. Le fait est que le plus grand nombre est itourvu de la même vertu , différant seulement dans d’innombrables degrés, soit en raison delà diversité des organes, soit par l’adjonction de substances indilférentes et principalement du sucre; soit meme simplement par l’âge des fruits, dont les uns sont plus actifs dans leur jeune âge et les autres à l’époque de leur maturité (1). La [tlupari , en effet , doivent à des sub-
(1) Les iriiits de lidfa , (jiii , dairs leur jeunesse , sont comptés au noiubre
CÜCURTilTACliES.
stances amères, extractives ou sous-résineuses, crislallisables ou incristallisables, leur vertu purgative et émétiriue, véhémente dans Iteaucoup d’entre elles, adoucie dans d’autres, contenue le plus souvent dans les dernières racines, et quelquefois très violente dans leurs fruits.
liacinc de Bryoïic.
tîsir. sé-n. : Fleurs monoïques ou dioiques. — Fleurs mâles : Calice à 5 dents, corolle à 5 pétales à peine soudés, étamines triadelpbes à anthères llexueuses. —
Fleurs femelles: Calice et corolles semblables, style trifide; baie lisse, globuleuse , oligosperme ; semences ovées , à peine comprimées , plus ou moins marginées.
On connaît plus de soixante espèces de bryones, dont la plupart sont asiatiques ou africaines ; deux espèces seulement sont indigènes à l’Europe,
L’une, croissant principalement dans le Nord, est monoïque, a les baies rouges et la racine d’un jaune de buis. On l’a nommée Imjone noire ou vigne noire (1) , et c’est elle que Linné a décrite sous le nom de bryona alho.. L’autre espèce, qui croît plus communément en France et en Allemagne, est dioïque, a les fruits rouges et la racine blanche : c’est elle que .Tacquin a nommée hryonia dioica, et qui a porté chez nous les noms vulgaires (le couleiwréc , hryone blanche et vigne blanche.
La hryone blanche croit près des haies. Elle est rude au toucher, grimpante et munie de vrilles comme les autres cucurbitacées ; mais elle s’en distingue par son fruit, qui est une petite baie pisiforme, et
des alimpiiU journaliers des Arabes cl des Indiens, acquièrent une forte propriété pnr5i;ative en mûrissant.
(•1) Une autre plante a porté les noms de vigne noire eide hryone noire : c’est le Uimier ou sceau de Nolre-name ; de même que le nom de vigne blanche a été donné à la nlematite , e.le.malis vilnlba L.
Fig. 310.
•23S DlCOl’Yl.linONES CAI.ICll'lOliliS.
par sa racim^. Ccillr-ci e.sl, charnue, l'usil'orme , sonvonl birurf|iuM' , cl de la grosseur de la cuisse d’un enfant : elle est d’un blanc jaunâire au dehors et d’un blanc grisâtre à l’intérieur ; elle a une odeur vireuse et nauséeuse, surtout lorsqu’elle est fraîche, cl une saveur âcre et caustique. Son suc produit des érosions sur la |)eau , et purge violeuiinent à l'intérieur. Ces propriétés ne disparaissent qu’en ])artie par la dessiccation. La bryone sèche est blanche , coupée en rouelles d’un grand diamètre , offrant des stries concentriques très marquées , une saveur amère, âcre, même encore un peu caustique, et une odeur désagréable. On peut cependant détruire le principe caustique de la bryone en la râpant récente , et laissant fermenter la pulpe pendant quelque temps ; alors on en retire une fécule abondante qui peut suppléer à celle des céréales et de la pomme de terre , dans quelques uns de leurs usages.
La racine de bryone a été analy.sée par Vauquelin , par âl. Brandes et par M. Dulong d’Astafort. Ces trois chimistes en ont retiré un principe nommé hryonine, doué d’une très grande amertume, extractiforme, azoté , soluble dans l’eau, mais dont les propriétés ne sont pas entièrement semblables; de sorte qu’il reste des doutes sur sa pureté et sur sa nature particulière.
La racine de bryone sèche a été employée contre l’hydropisie , l’hystérie, la paralysie et contre quelques maladies chroniques. Sa jtulpe récente a été usitée à l’extérieur comme rubéfiante.
Concoiiiljre sauvage ou Concombre ipane.
Fig. 311.
Momordica dater iwn L., ecbalium agreste Rich. ( fig.
311). Racine épaisse de 5 à 8 centimètres , longue de 30 centimètres et plus, blanchâtre , vivace. Tiges couchées , longues de lüü à 130 centimètres, couvertes, ainsi que toute la plante , de poils très rudes. Les feuilles sont pétiolées, cordiformes, crénelées , quelquefois un peu lobées. Les Heurs sont axillaires , monoïques , les mâles disposées en grappes , les femelles solitaires. Le calice est très courtemenl campanulé, à 5 divisions aiguës ;
CUCURniTACliKS. 239
lit corolle csl insérée sur le calice, à 5 lobes élalés , d’on jaune pfile avec des veines verdâtres ; les étamines sont triadelpbcs , à anthères nnilocnlaires et linéaires , fixées à la marge sigmoïde du connectif. I,cs fleurs femelles sont dépourvues do tout organe mâle ; l’ovaire est triloculairc , surmonté d’un style trifide. Le fruit est une baie ovale ou elliptirjue , toute hérissée de poils rudes , verte d’abord , mais devenant jaune en mûrissant. Elle s’ouvre par la séparation du pédoncule, et lance alors au dehors avec force, et avec une sorte d’explosion, ses semences accompagnées d’un suc mucilagineux. Les semences sont ovales , à peine comprimées , lisses. C’est avec le suc exprimé do ce fruit que l’on préparait autrefois l’extrait connu sous le nom A'eldtcriiiiii. C’est un violent purgatif.
Coloqniiilc.
Ciicuinis colocijnfhis L. (lig. 312). Car. gén. : Calice tubuleux , campanulé, à 5 divisions aiguës ; pétales à peine soudés entre eux et avec le calice. Eleurs mâles à ô étamines triadelpiies ; fleurs femelles à 3 stigmates épais et bipartis.
Péponidc à 3 ou 6 loges; semences ovées , comprimées, non entourées d’une marge.
La coloquinte est une plante rampante et veine dont les feuilles sont longuement pétiolées , assez largos , profondément incisées et h lobes obtus; les vrilles sont courtes. Les fleurs sont axillaires et solitaires’, jiédonculées; le tube du calice est globuleux dans les fleurs femelles, à limbe campanulé terminé par 5 dents étroites; les pétales sont petits. Les fruits sont globuleux, glabres, unis, jaunes à maturité, ayant la forme et la grosseur d’une orange. Ils sont composés d’une écorce mince, peu consistante, et d’une chair assez sèche, très amère, renfermant un grand nombre de semences jaunâtres.
Ce fruit nous arrive sec et tout écorcé de l’Espagne cl des îles de l’Archipel: il est blanc, léger, spongieux et d’une amertume insnp-
2/i0 i)[(;OTVi.Ki)OiNi;s cai.K'.iI'I.ouks,
portable. C’e.sl ou violent porgalil'. On on prépare une pondre, on extrait acpicux et un extrait alcoolique ; il cuire dans un assez grand nombre de mcdicamenis composés.
L’excessive amertume de la coloquinte est due à un principe particulier que Vauquelin a proposé de nommer colocinthme. Ce principe se dissout presque seul lorsqu’on traite la coloquinte par l’alcool très rectifié, et mélangé de gomme quand on opère avec l’eau. L’extrait alcoolique est d’un jaune doré, sec et très fragile. I.orsqu’on le traite par l’eau , il semble se séparer en deux parties : une insoluble, jaune, demi-transparente, ressemblant à une résine molle; l’autre soluble, mais qui se sépare de l’eau à la température de l’ébullition, sous la forme de gouttes huileuses qui deviennent sèches et cassantes à froid. Vauquelin a pensé que ces deux parties ne différaient pas l’une de l’autre. La solution aqueuse, quoique peu chargée de matière , est très amère, mousse fortement par l’agitation et précipite par la noix de galle et l’acétate de plomb.
(anicoiiibrc ciiliivê.
(hiciiinü salivus L. Feuilles itétiolécs, cordiformes , grossièrement dentées et à 5 lobes peu marqués, dont le terminal est aigu et jilns grand que les autres. Les fleurs sont assez grandes , courtement péliolées , réunies deux ou trois dans l’aisselle des feuilles ; les divisions du calice sont réfléchies en dehors; les pétales sont pointus. Les fi-uils sont oblongs, plus ou moins arqués, obscurément anguleux, à surface li.sse, quoique souvent tuberculeuse, et formés de carpelles distincts et séparables à l’intérieur. Ce fruit peut acquérir la grosseur du bras et une longueur de 20 à 25 ceuiimètres ; la chair en est blanche , très succulente, faiblement sucrée et d’une odeur un peu vireuse. Il est divisé intérieurement en 3 , h ou 6 loges , qui contiennent un grand nombre de semences à surface lenticulaire , mais ovales et pointues , blanches , coriaces et renfermant une amande émulsive.
La chair du concombre est usitée comme aliment ; on en prépare , avec le suc exprimé et de la graisse do veau, un liparolé qui est d’un usage général comme cosmétique. Les semences sont au nombre de celles que l’on nommait autrefois les quatre grandes semences froides; on en prépare encore quelquefois des émulsions et un sirop analogue au sirop d’orgeat.
Le eornîeiion est une variété du concombre, à fruit vert, plus petit que le précédent, tout hérissé d’aspérités et à chair ferme. On le cueille dans sa jeunesse, et on le confit dans le vinaigre poni- le faire servi d’assaisonnemonl.
CUCURlUTACÈliS. 2/|1
Le melon, GUCUmis mdo L. , et le melon «l’eau ou pas(i>qnc, cummis citndlus DC., sont des fruits rechercliés pour la douceur, l’arorae et la succulence de leur chair. Leuis semences font partie des quatre semences froides; mais celles de melon ressemblent tellement à celles de concombre qu’on n’en fait aucune distinction. Celles de pastèque sont reconnaissables à leur épisperme d’un rouge violacé.
Courge ou Calebasse.
Lagenariu vulcjaris Seringe , cucurbita lagenaria L. Cette plante a les feuilles arrondies, molles et lanugineuses. Les fleurs sont blancbes et très évasées; les mâles à 5 étamines Iriadelphes, les femelles pourvues d’un ovaire presque privé de style et terminé par 3 stigmates épais , bilobés, granuleux. Les fruits portent des noms différents, suivant leur forme, qui varie d’une manière singulière. On nomme gourde des pèlerins celui qui est formé de deux ventres inégaux séparés par un étranglement; cougourde celui qui n’a qu’un ventre terminé par un col oblong ; gourde-massue ou gourde-trompette celui qui est formé par un ventre jieu marqué, terminé par un long col souvent recourbé; Tous ces fruits contiennent, sous une enveloppe dure et ligneuse, une chair spongieuse , blanche et insipide. Les semences sont grises, d’apparence ligneuse , plates, elliptiques, entourées d’un bourrelet élargi sur les côtés et échancré au sommet. L’amande, blanche et huileuse, était une des quatre grandes semences froides.
Cucurbita maxima üuch. c.u-, gén. : Fleurs monoïques. Fleurs mâles à calice camitannlé, quinquéfide ; corolle soudée au calice, campanulee et à 5 lobes à estivation induplicative ; 5 étamines insérées à la base de la corolle, triadelphes, rapprochées en colonne. — Fleurs femelles : calice ové, à limbe supère, quinquéfide; corolle des fleurs mâles, portant des anthères stériles; ovaire infère, à 3 ou 5 loges ; style trifide ; stigmates bilobés. Baie polysperme. Semences ovées, comprimées, entourées d’une marge renflée.
Le potiron a Ics feuilles très amples, en cœur arrondi, assez molles, couvertes de poils presque sans roideur. Les corolles sont jaunes , évasées dans le fond et à limbe rabattu en deiiors. Les fruits sont très gros, de forme sphérique aplatie, avec des côtes régulières et des enfoncements à la base et au sommet. Il y en a plusieurs variétés dont la plus ordinaire, le gros potiron jaune , pèse de 15 à 20 kilogrammes, et l’on en a vu de 30 kilogrammes; la chair en est jaune, ferme , juteuse et Jii. 16
2/|2 DICOTÏLIÎDONES CAUCIFLORES.
savoureuse lorsqu’elle esl cuite. Les seiiieuces sont larges , elliptiques,
entièrement blanches et entourées d’un bourrelet non écliancré.
Le giraumon, cucurbita pepo Duch. , est une autre espèce dont les feuilles sont rudes et piquantes. Les fleurs sont en forme d’entonnoir. Les fruits sont allongés de la base au sommet , variables dans leur volume et leur couleur, souvent très volumineux. Les semences sont semblables aux précédentes.
Le <H. !*ai» «are , cucurbita piliformis Duch. , également employé pour la table, paraît n’ôlre qu’une variété du précédent; mais le pustîssoii, artichaut il’Usiiagnc OU hoiinct tl’clectcur, cucurbita melopepo Duch., est une espèce différente. On connaît encore d’autres fruits du même genre à chair dure, non comestible, mais faciles h conserver et très agréables à la vue par leur forme et leurs couleurs variées : telles sont les fausses oranges et les fatisscs colotiuintcs , cucurbita auruntia "NYiUd. ; les cougourdettes ou fausses poires, cucurbita ovigera L., etc.
J’ai cherché à savoir quelles étaient véritablement les quatre semences cucurbitacées qui formaient anciennement les guatre grandes semences froides. J’ai trouvé que c’étaient celles de :
Concombre ,
Melon ,
Citrouille pastèque , Courge en massue ,
cucurnis sativus L.
— citrullus DC.
lagenaria vulgaris clavatu DC.
Mais, à Paris, le nom de citrouille étant donné au giraumon, et celui de courge au potiron , on a fini par substituer aux deux dernières semences froides celles de giraumon et de potiron. De là vient que du temps de Baumé on ne distinguait plus dans le commerce que deux sortes de semences froides, savoir, les grosses, qui étaient celles de citrouille ou de potiron, et les petites, qui comprenaient celles do melon ou de concombre. Il en est encore de môme aujourd’hui.
IVandliirobc des Antilles.
Fevillea cordifolia Poir. Car. gcn. : Fleurs dioïques. Fleurs nudes à 5 étamines distinctes , alternes avec les pétales et offrant en outre , d’après Jussieu, 5 étamines stériles. Anthères biloculaires , didymes. — Fleurs femelles : tube du calice campaniforme soudé avec l’ovaire, limbe libre à 5 divisions. Corolle à 5 pétales presque distincts, accompagnés de 5 lamelles alternes (étamines stériles?). Ovaire semi-infère , irilüculaire , surmonté de 3 styles distincts, bifides au sommet. Baie charnue, triloculaire, à écorce mince, indéhiscente, marquée, vers la
CüCURIilTACÉES. 243
partie moyenne, d’nn l)ourreIet circulaire, linéaire, iiuliquant la limite de l’adhérence du calice, et portant, sur l’étendue du bourrelet, 5 vestiges des lobes du calice. Les semences sont peu nombreuses, comprimées, fixées à la base des loges; elles sont privées d’endosperine et sont composées en entier d’un embiyon droit, à cotylédons épais et buileux , à radicule très courte et infère.
Les [(willea se distinguent des autres cucurbitacées par leurs étamines libres, par leurs styles distincts, par la disposition de l’embryon, par le petit nombre et l’insertion des semences ; enlin par leurs vrilles qui sortent de l’aisselle même des feuilles , au lieu de naître sur le côté. Aussi itlusieurs botanistes en forment-ils une petite famille séparée, sous le nom de nhandirobées. L’espèce dont il est ici question , le fecillea cordifolia (fig. 313), croît dans les Antilles , où elle porte les noms A’auiia et de noix de serpent. Les feuilles sont dépourvues de points glanduleux ; elles sont cordiformes , acuminées, sous-dentées et quelquefois sous- trilobées. Le
fruit entier a la forme d’une F'S- 3^3.
grosse coloquinte de 11 ou 12 centimètres de diamètre. L’épicarpe est mince, peu consistant , présentant sous l’épiderme un tissu marqueté, ou comme formé de petites pièces bexagoues , ombiliquées, serrées les unes contre les autres, bourrelet linéaire situé audessous de la moitié du fruit :
l’intérieur du fruit est charnu, plein au centre , à 3 loges étroites rapprochées de la circonférence. Les semences sont au nombre de deux seulement (?) dans chaque loge ; elles sont larges de 5 ou 6 centimètres, irrégulièrement lenticulaires, amincies sur le bord.
L’épisperme est épais , coriace, uni et comme velouté à sa surface ; il est d’une couleur fauve ordinairement plus foncée à la circonférence, où ce changement de couleur simule une marge qui n’est pas distincte, en réalité, du reste du tégument. L’amande , formée par les deux lobes cotylédonaires , est plate, jaunôtre, huileuse, amère, fortement purgative. L’huile
‘IhU D1C0TYI.ÉD0^ES CALICTFLORES.
exprimée est amère, pnrgaüvc, et, en raison de son abondance, usitée pour l’éclairage, en Amérique. La semence récente, broyée avec do l’ean , paraît être un remède éprouvé contre la morsure des serpents venimeux et contre rempoisonnement par le manconillier. C’est une des substances les plus utiles de la matière médicale américaine.
On trouve au Brésil plusieurs espèces de fevillca dont les semences y sont nommées fèves de Saint- Ignace , d’après Martius, sans doute à cause de leur forte amertunie. La plus intéressante à connaître est celle qui a été décrite par iLIarcgralî, sous le nom de ghandiroba ou nhundiroba {Hist. bras. , p. A6) ; mais elle a été mal connue jusqu’ici des botanistes qui , tantôt lui donnant le nom de fevillea trilobata (Linné), tantôt celui de fevillea hederacea (Poiret ) (1), ont eu le tort de s’attacher aux caractères variables des feuilles plutôt qu’à ceux du fruit et des semences. Ayant reçu ces dernières de M. le docteur Ambrosioni , de Fernanbouc, j’ai pu vérifier l’exactitude de la description de Marcgraff, et en tirer un meilleur caractère spécifique.
Fevillea Maregravii. Fruit ovoïde , obscurément triangulaire , à 3 loges , contenant ciiacune 4 semences. Semences irrégulièrement lenticulaires ( fig. 314 ) , larges de 2,5 à 3,5 centimètres, dont le tégument , assez mince , est formé de trois couches distinctes. La première
Fig. 314.
couche est jaunâtre, tendre, spongieuse, facile à détruire par le frottement; la couche mitoyenne est noirâtre, dure, très mince, cassante, paraissant formée de fibres très courtes, agglutinées , perpendiculaires h sa surface, ou rayonnant du centre de la graine h sa circonférence. Celte couche moyenne est en outre parsemée h l’extérieur de tubercules de même nature , qui viennent alïleurer la surface de la première couche et y forment des taches ou des aspérités noirâirc.s. Ces tuber-
(1) Non le fevillea hederacea de l’atlas de Turpiii , où l’on trouve ligure le fevillea cordifolia de Poiret.
CUCÜIUilTACÉliS. 2U5
Cilles persistent après la destruction de la première enveloppe, et comme ils sont plus développés vers la circonférence qu’au centre , ils forment tout autour de la semence deux rangs de tubercules disposés comme les dents d’une roue. Ces deux rangées de tubercules sont séparées , sur l’arête de la semence, par une lame blanchâtre qui était également contenue sous la première enveloppe, et qui persiste plus ou moins après sa destruction , simulant alors une aile membraneuse tout autour de la semence. Cette lame blanchâtre pénètre, par l’arête, dans l’intérieur de la semence, séparant complètement en deux parties le test noirâtre, et l’on voit alors qu’elle n’est qu’une continuation de l’enveloppe intérieure, qui est blanchâtre et fongueuse comme celle de l’extérieur ; et cette matière fongueuse , non seulement remplit tout l’intervalle du test noirâtre à l’amande, mais elle parait aussi pénétrer entre les deux cotylédons, qui sont épais, huileux et d’un jaune foncé. Cette amande est plus épaisse et plus volumineuse à proportion que dans la première espèce , les différentes enveloppes dont je viens de parler étant au total fort minces, tandis que l’épispermc du nhandirobe des Antilles est au contraire très épais.
On trouve auprès des cucurbitacées trois familles qui offrent avec ellesde trop grands rapports pour qu’on puisse beaucoup les en séparer.
La première est celle des passiklorécs dont le port et les feuilles palmatilobées rappellent les cucurbitacées , mais qui en diffère par la présence de 2 stipules à la base des pétioles; par leurs vrilles axillaires; par leurs fleurs hermaphrodites dont la corolle est souvent accompagnée de lamelles étroites, très nomhreuses et plurisériées ; par leurs étamines dont les fdets sont réunis en un tube soudé avec le support de l’ovaire , qui est libre et supère , à une seule loge, portant 3 ou 5 trophospermes pariétaux ; enfin par leurs graines pourvues d’un endosperme charnu.
Les passidorées, dont les espèces innombrables habitent les forêts de l’Amérique intertropicale, sont recommandables par la beauté de leurs fleurs, et plusieurs par la bonté de leurs fruits {passiflora coccinea , maliformis, (jucdrnngtdaris, etc; ). Un assez grand nombre également recèlent dans leurs racines, dans leurs tiges ou dans leurs feuilles , des principes émétiques purgatifs ou narcotiques, mais sur la nature desquels on n’est pas suffisamment éclairé.
Les PAPAYACÉlîS s’éloignent des végétaux précédents par leur tronc droit, cylindrique et pourvu de feuilles seulement au sommet, ce qui leur donne l’apparence de palmiers, tandis que leurs feuilles palmatifides et leur suc laiteux les rapprochent des figuiers et des artocarpus. Leurs fleurs sont monoïques ou dioïques, pourvues d’un calice très petit. Les fleurs mâles ont une corolle gamopétale, longuement lubu-
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leuse, pourvue à la gorge de 10 étamines placées sur deux rangs. Les fleurs femelles présentent 5 pétales distincts et 1 ovaire libre , uniloculaire, à 5 tropliospermes pariétaux chargés d’un grand nombre d’ovules. Le fruit mûr est une baie uniloculaire , contenant des graines nombreuses pourvues d’endospermc.
L’espèce la pins comme de cette famille est le j«aj»aTer ironiiiiiin , carica papaya L. , arbre des îles iîlolnques qui s’est propagé dans l’Inde, aux îles Maurice et de là aux Antilles. Son fruit se mange cru ou cuit. Le suc laiteux de la tige est amer, dépourvu d’acrelé, chargé d’une si grande quantité d’albumine et de fibrine, que Vauqnelin l’a tomparé à du sang privé de matière colorante {Ann. rlrim., t. XLIII , p. 271). Suivant ce que rapiiorte M. Endlicber, quelques gouttes de ce suc ajoutées à l’eau attendrissent en quelques minutes la chair des animaux récemment tués ou trop figés, et le même effet peut être produit en enveloppant pendant une seule nuit la chair dans une feuille de papayer commun. Une autre espèce de papayer, cnrica diriitntn, arbre élevé de 16 à 20 mètres , observé par le docteur Pœppig, proche des rives de l’Amazone, jouit, comme poison caustique, d’une réputation égale b celle de l’upas des Javanais.
Les LOASÉES sont des ]ilantes droites on grimpantes, à feuilles alternes, ou opposées , dépourvues do stipules, souvent palmatilobées et couvertes de poils rudes, ce qui leur donne une assez grande ressemblance avec les cucurbitacées. La piqûre des poils est brûlante comme celle des orties. Les fleurs sont hermaphrodites; l’ovaire est infère. Le fruit est une capsule couronnée par le limbe du calice ou à demi nue , uniloculaire , rarement charnue et indéhiscente , le plus souvent à 3 ou
5 valves portant chacune un trophosperme. Les semences sont endospermées. Ces plantes sont peu répandues et inusitées.