GRENADIER
Couleur du macéré.
Jaune pur.
Brun foncé.
Gélatine.
Action nulle.
Précipité très abondant.
^'Acétate de plomb.
Louche et précipité peu sensible.
Précipité jaune , très abondant et cohérent ; liqueur entièrement décolorée.
Sulfate de fer.
Action nulle.
Couleur noire très in-
FAMILLR DES COMBRÉTACÉES.
Petit groupe formé de genres séparés des élæagnées et des onagraires de Jussieu, et que l’on divise en deux tribus qui conservent leurs premières affinités avec ces deux familles. Ainsi la tribu des terminaliées, qui doit son nom au genre terminalia, séparé des élæagnées, est caractérisée par un calice à 5 lobes caducs, sans corolle et portant 10 étamines sur deux séries; par un ovaire infère, uniloculaire, à plusieurs ovules pendants ; par nn fruit drupacé , uniloculaire , monosperme et indéhiscent, souvent ailé ; enfin par un embryon cylindrique
260 i)icoTvri:i)OM;s c'.AMciFr.onHS.
ou ellipsoïde , privé d’eiulosperme , à colylédons foliacés , tournés on
s|)irale.
La tribu des GOMBRÉTÉES, dont le principal genre est le G. cornbrefim, retiré des onagraires, présente un calice à 4 ou 5 lobes; une corolle à 4 ou 5 pétales; 8 à 10 étamines en deux séries ; un fruit infère souvent ailé, 2 cotylédons épais , irrégulièrement plissés.
Les arbres de cette famille se recommandent généralement par leur bois dur et très compacte, par leurs écorces astringentes, propres au tannage et à la teinture , et par leurs fruits astringents et à amande douce et huileuse , dont plusieurs sont connus depuis très longtemps sous le nom demyrobalansou, par corruption, inyi'abolans et Jnji'oboians (f) , mais dont l’origine n’est peut-être pas exactement déterminée.
On connaît dans le commerce cinq fruits du nom de uti/robalmiti , qui sont distingués par les surnoms de citrins, chébules , indiens, bellerics et emblics. Ces derniers, très différents des autres, appartiennent à la famille des euphorbiacées et ont été décrits tome II, p. 340. Les autres appartiennent à la section du genre terminal. ia , dont les fruits sont dépourvus d’ailes , ou au genre myrobalanus de Gærlncr.
Diyrobaian citrin. Ce frult se présente SOUS ti'ois formes principales :
Jaune et ovoïde anguleux ( fig. 320). Drupe desséché , d’une
Fig. 320.
forme ovoïde, également aminci en pointe mousse à ses deux exti’é-
(1) Ce nom est dérivé de (Jiûpov, onguent ou parfum , et de (Jz/avoç , gland ou fruit, soit que les myrobalans , de même que les baies de myrte , les noix de cyprès et d’autres astringents aient été usités autrefois pour la composition de pommades cosmétiques ; soit que ce nom leur ait été donné à cause de la confusion qui a pu exister entre eux et la noix de ben. Pline, en effet ( lib. xit , cap. 21 ) , parait comprendre sous la même dénomination myrohalanns , la semence de ben et les myrobalans.
COilliKlilACÉliS.
inilés. Il est ordinairement marqué de 5 arêtes saillantes, longitudinales, entre lesquelles paraissent 5 côtes arrondies plus ou moins marquées; il varie en longueur de 2,5 à 3,5 centimètres , très rarement h , et en diamètre de 1,5 à 2 centimètres; il est luisant à sa surface et d’une couleur qui varie du jaune pfde et verdâtre au jaune brunâtre. A l’intérieur, il est formé d’une chair desséchée, le plus souvent caverneuse , d’une couleur verdâtre et d’une saveur très astringente. Au centre sc trouve un noyau ovoïde , plus ou moins pentagone, ligneux cl tellement épais , que la loge où se trouve l’amande a tout au plus 3 millimètres de diamètre, et souvent moins. L’amande est presque linéaire , recouverte d’une pellicule rouge , blanche à l’intérieur, cl formée de 2 cotylédons roulés autour de la radicule. Ils ont une saveur huileuse , un peu âpre, finissant par devenir amère. La substance du noyau présente une grande quantité de très petites cellules rondes, qui sont remplies d’un suc jaune et transparent comme du succin.
2“ Verdâtre et piriforme (fig. 321), inyroho.lanus citrina Gærtn., lah. 97. Ces myrobalans sont allongés en poire par l’extrémité pédonculaire ; ils ont une couleur plutôt verte (pie jaune; une chair vei dàlre plus dure , plus compacte et beaucoup moins caverneuse que dans la première variété; enfin leurs 5 côtes intermédiaires sont souvent aussi anguleuses et aussi proéminentes que les autres ; le noyau et l’amande sont semblables. Ces myrobalans ressemblent par leur forme aux chébules ; ils en diffèrent par leur couleur verdâtre et par leur volume qui est moins considérable : cependant j’en possède un long de 45 millimètres et épais de 24, qu’on prendrait, sauf sa couleur, pour un myrobalan chébule.
3° Brunâtre et ovoïde - arrondi (fig. 322). Ces myrobalans sont ovoïdes , plus ou moins arrondis , plus ou moins atténués eu pointe aux deux extrémités, sans angles bien marqués (1). 11 est possible qu’ils aient été primitivement jaunes; mais ils sont actuellement d’un brun
(1) Voici quelques unes de leurs diineusions ; arrondis, 19“ sur 21 , 21“ sur 28 , 27"’ sur 33 ; allongés , 18 " sur 32 , 22“> sur 10.
262 DKiUÏYLÉÜONES CALICIFLORES.
très foncé, et quelques uns paraissent noirs. A l’intérieur, leur chair
est très brune, presque noire , quelquefois dure, compacte et luisante,
b'ig. 322.
le plus souvent très caverneuse. Le noyau et l’amande sont semblables h ceux des précédents.
Dans le commerce , ces myrobalans sont vendus comme bellerics ou comme chébules, suivant leur forme : ils sont bien différents des premiers, et ont plus d’analogie avec les citrins qu’avec les chébules.
iu^^robaiaii ciicitiiic ( fig. 323), myrohalanus chebida Gærtn. Ces myrobalans sont longs de 30 à 40 centimètres, épais de 18 à 20 , presque toujours allongés eu poire, d’une manière très marquée, par l’extrémité pédon- 323. culaire; ils sont
souvent manifestement pentagones, d’autres fois à 10 angles aigus presqueréguliers.mais toujours très rugueux , rudes au toucher, et d’une couleur brune rarement un peu jaunâtre , le plus souvent noirâtre. Ils sont très pesants et formés d’une chair desséchée, noirâtre , dure , compacte , à cassure luisante et comme résineuse ; ils sont pourvus d’une saveur astringente moins forte que celle des myrobalans citrins. Le noyau ligneux et l’amânde ont les
CüMliRÉTACÉES. 263
mêmes dimensions relatives que dans celui-ci ; l’amande m’a paru plus douce.
mj-roiiaian indien (fig. 32/i). Ce iiiyrobalan est beaucoup plus petit que les précédents, car sa plus forte grosseur est celle d’une olive; il a la forme d’une poire comme le myrobalan chébule ; il est tout h fait noir, ridé, très dur, brillant et compacte dans sa cassure; on voit au milieu une ébauche du noyau, et la place de l’amande est vide; sa saveur est astringente et aigrelette. Par la ressemblance frappante de ce myrobalan avec le précédent, il est évident que ce n’est que le même fruit cueilli bien avant sa maturité , et différant du myrobalan chébule , comme , par exemple , le cerneau diffère de la noix.
Myrobalan bciieric ( fig. 325 ) , mj/vobcilanits bellerica Gærtn. Cette espèce de myrobalan a la grosseur d’une muscade, plus ou moins. Il est ovale ou presque rond, sphérique ou légèrement pentagone ; mais alors môme on le distingue des
autres myrobalans en ce que 323.
ses angles sont arrondis et que sa surface n’est pas rugueuse; toujours aussi il se termine d’un côté en une pointe très courte qui se confond avec le pédoncule. Il n’est pas luisant, et est, au contraire, d’un gris rougeâtre mat et cendré ; à l’inlérieur sa chair est brunâtre , légère , poreuse et friable. La coque ligneuse qui est dessous est bien moins épaisse que dans les autres myrobalans, et son amande, qui est arrondie ou pentagone , selon la forme du noyau et du fruit , a un goût de noisette assez agréable.
Le myrobalan belleric a des caractères tellement tranchés qu’il a été facile d’en déterminer l’origine. L’arbre qui le produit est le tani de Rheede (il/af. IV, tab. 10) , et le terminalia bellerica àe Roxburgh {Corom plant, u, tab. 198). Ses feuilles sont pétiolées, ovales, entières, fermes, unies, longues de 16 centimètres, ramassées vers l’extrémité des branches , de même que dans les autres espèces du genre. Les fleurs sont petites , d’une odeur très désagréable, disposées en épis axillaires simples, ne portant que des fleurs mâles , avec une seule fleur femelle par le bas. Le fruit n’est nullement usité en médecine , mais les
Fig. 324.
264 Dicorïi.ÉuuNiis (^auciu.ühes.
semences sont mangées comme des noisettes. L’écorce de l’arbre, étant incisée, laisse découler une grande quantité d’une gomme insipide, semblable à la gomme arabique et complètement soluble dans l’eau.
Quant aux myrobalans citrin et chébule , on se tromperait fort si l’on croyait pouvoir attribuer toutes les variétés du premier, qui sont peut-être des espèces distinctes, au tor/rmaZea de Roxburgb ,
et le dernier au terminalia chebula; le contraire serait, en partie au moins , plus près de la vérité.
M. Gonfreville , qui avait été envoyé dans l’Inde pour y étudier les procédés de teinture et les matières tinctoriales , a rapporté avec lui , sous les noms de :
l’anikai , des myrobalans bellerics ;
Kadoukai , des myrobalans citrins (première sorte ) ;
Kadukai-poo, des galles do myrobalan citrin ;
Myrablwme, des myrobalans chébules.
Secondement , dans la belle collection de Matière médicale de l’Jnde que je dois à M. Théodore .Lefèvre , droguiste h Paris, que j’ai déjà citée pour l’assa-fœtida , se trouvent, sous les noms de :
Ncllie kai, des myrobalans emblics ;
Tanikai , des myrobalans bellerics ;
Kadukai , des myrobalans citrins de la première sorte , très bel échantillon ;
Kaduka pou, des galles de myrobalan citrin. •
On n’y trouve ni chébules, ni myrobalans indiens qui ne paraissent pas être originaires de l’Inde proprement dite , et dont l’arbre est inconnu jusqu’à présent. Quant aux myrobalans citrins de la première sorte , qui ont toujours été considérés comme les vrais citrins , et qui sont les plus communs dans l’Inde , l’arbre qui les produit est celui qui a été nommé à tort , par Roxburgh , terminalia chebula, et tout ce qu’il rapporte de cette espèce doit leur être attribué. D’après la ressemblance des fruits , je présume que les myrobalans citrins de la troisième sorte peuvent être attribués au terminalia citrinaTko\h., et ceux de la deuxième sorte au terminalia gangetica ; mais ce ne sont que des présomptions.
Oaiic de myrobalan cilriii ( fig. 326). Par Suite de l’ci reur commise par Roxburgh dans le nom de l’arbre au myrobalan citrin , la galle dont il est ici question est supposée produite par le même arbre que celui qui donne le myrobalan chébule (1) ; mais elle appartient
(1) Les myrobalans chébules rapportés par M. Gonfreville sont en dehors de la noinenclaltire de cent substances de l’Inde, publiée dans le Recueil de la Société libre d’émulation de Rouen (1834). Ils n’ont d’ailleurs pas de nom