‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 6 sur 85 · VI.ÉDOMKS CAI.ICiri.OItlIS · texte numérisé non relu

VI.ÉDOMKS CAI.ICiri.OItlIS

Iix'-caciianiia gris ccinJrc glycj i-rliiï.c de LcilUiry; itiécaciiaiiiia ■loi:- de quelques auteurs, ii>ccacna.iiha . strié de Jl. Mérat. Celte racine forme une espèce bien disiincle des variétés précédentes , tant par ses caractères physiques dillèrenis (jue paice (lue la plante qui la fournit apparlient à un autre genre de rubiacées. Elle est produite par le psijc/iofrin emdica L., lequel croît au Pérou et sur les bords de la Madeleine, dans la Nouvelle-Grenade. Cette plante a longtemps passé , sur l’autorité de iMutis, comme la source du véritable ipécacuanha ; mais il est bien reconnu maintenant qu’elle ne produit que l’espèce qui nous occupe.

Lt [js^Uchoiria vnieticu ( lig. 270) est un très petit arbrisseau ligneux dont la tige , haute de 30 à 45 centimèt. , porte des feuilles o|)posées , lancéolées aiguës, accompagnées par chaque paire de deux petites stipules entières , pointues et dressées. Les Heurs sont petites , portées eu petit nombre et prestjue scssiles sur des pédoncules axillaires simples ou sous - ramifiés. Le fruit est une petite mélonide à 2 loges o.sseuses mouuspermes. Les semences sont cartilagineuses , assez semblables à celles du café , mais beaucoupplus petites.

L’ipécacuanha strié, tel que le commerce le présente quelquefois (lig. 271), varie pour la gros.seur entre 2 et 7 ou 9 millimètres, et pour la longueur entre 3 et 11 centimètres. Il est formé, comme les autres, d’un nmlilnUium ligneux et d’une écoice plus ou moins épaisse ; mais

J yi-os

Ida s’

M. Pcllclior(./o///'««/ (h: iiIku-ui..

p. 265) , qui a l■<'Lil■é de celle i seiilemciU :

Matièi-e voinilive .

inalyse de . VI,

— grasse.

Fis;. 271,

celle écorce ii’oITre (jue quelques élranglenienls eirculaif' el , ce que ne présciilent pas les aulres espèces, elle csl ridée diiialemeut. D’ailleurs , elle est d'uu gris rougeâtre sale à d’un gris roiigCcâlre à l’intérieur, adliéiciite au corps ligileux. Kilea une odeur mixied’ipécacuanha gris et de bardane, et une saveur peu marquée. Le medUidlium est jaunâtre et perlbré de beaucoup de trous visibles à la loupe. En vieillissant, l’écorce devient molle et lacileà tailler au coulean ou à se laisser pénétrer par l’ongle; elle prend également une teinte noirâtre, ou même devieni tout à fait noireà rinléricur, ce qui a valu à la racine le nom d' ipecacuaiiha noir, de la part de ceux (jui ne l'ont vue (pi’ainsi altérée. Cet ipécacuauha a toujours passé pour moins actif que l’olficinal, car Lemery en fixe la dose, en |)ou- (lre,;i l gros ou 1 gros 1/2, et en infusion

espaces,

loiigitu-

Ligneux ,. gomme et amidon.

I|>ccstcuanlia l>laiic de Bei'gius (t. II, p. 756) ; non ripceaciianlia iriaiie clc Lemery, qui est la racine d’une apor.ynée; îj»écacnanlia

aiaylacc OU blanc de M. Méi at.

On a cru pendant longtemps que celte racine était produite par le niola ipecacnaiiliu L. , dont nous parlei'ons ci-api'ès; mais, ainsi (|ue j’en avais fait l’observation dans la première édition de cet ouvrage, il était beaucoup plus raisounable de rallribuer à une |)lanle rubiacée , congénère ou très voisine des ccjilitp/is. El , eu cfl'el, dès 1801 , le docteur Cornez, de retour d’un voyage au Brésil, avait publié à Lisbonne

86 DlCO'l'VLliDOMiS CAI.lCIl'I.OUKS.

un Mémoire sur les ipécaciiaiilias , dans lequel il démontrail que la racine qui fait l’objet de ce'l article était produite par une plante du genre richardsonia (richardia L. ), qu’il a nommée ricltardstmia hrnsiiieusis. Cette plante (fig. 272), delà famille des rubiacées , croît dans les prés aux environs de Rio-.Ianeiro. Elle est couchée sur terre , velue , pourvue de feuilles ovées-oblongues , rudes sur les bords ,

accompagnées de stipules en forme de gaine divisée par le haut. Le.s fleurs sont disposées en capitules et entourées d’un involucre tétraphylle; le fruit est une capsule d’abord coitronnéc par le calice, puis dénudée et se séparant en 3 ou 4 coques monospermes , indéltiscentes.

La gro.ssenr de ripecacuanh.’t ondule, (fig. 273) varie dans les mêmes limites que celle de l’ipécacuanha olTicinal. Il est d’un gris blanchriire à l’extérieur, et d’un blanc mat et farineux à l’intérieur. 11 est de même pourvu d’un niedituUiuin ligneux, et son écorce paraît (inelquefois annelée au premier coup d’œil ; mais, en y regardant avec plus d’attention , on s’aperçoit qu’elle est \i\i\{ùt ondidre , c’est-à-dire qu’une partie creusée ou sillonnée transversalement d’un côté répond de ’autre à iine'parlie convexe, de manière que le sillott n’est (piedetui-

lUilüACÉKS. 87

circulaii'c , au lieu de faire tout le lour de la racine connue dans l’ipécacnanlia officinal. Lorsqu’on casse ripécacnanha ondulé , et qu’on regarde un instant après la cassure au soleil, on aperçoit, h la simple vue et surtout vers la circonférence, des points éclatants et perlés, et la loiqte fait voir qu’il s’est élevé au-dessus de la cassure un tas de matière blanche et micacée, qu’on no peut méconnaître pour de l’amidon. Aussi cette racine en contient-elle une énorme quantité, ainsi qu’il résulte de l’analyse qui en a été faite par Pelletier. Llle contient de plus, sur lOü parties, 6 parties de matière vomitive, 2 parties de matière grasse et très peu de ligneux.

L’ipécacuanha ondulé est encore reconnaissable par son odeur; il en a une de moisi (que je ne crois pas accidentelle) , non irritante et tout ;i fait distincte de celle de l’ipécacuanba officinal. Il jouit de propriétés vomitives bien moins marquées,- ce qui est d’accord avec l’analyse cidessus.

Faux UiÉcaciiaiihas.

,1e m’étendrai peu sur ces racines , dont l’importance est limitée aux pays qui les emploient comme succédanées de ripécacuanba. La plupart no viennent pas en France , et il est évident , d’ailleurs , que si l’on voulait remplacer chez nous la i-acine d’ipécacuanba par quelque autre production végétale analogue , il vaudrait mieux employer à cet effet l’une des racines indigènes qui étaient usitées comme vomitives avant l’importation de la première (arnica, asarnm , etc.), plutôt que d’autres, d’un effet variable, nul ou dangereux, et dont la seule recommandation serait de venir de pays fort éloignés. Ces faux ipécacuanhas appartiennent presque tons à l’une des trois familles suivantes : l'ifics , eupltorhiacées , apocijnéen.

i-'aiix; ipécaciiaiilia «lu Rrésii : ionidiunt i[)ecacuonha\ç\\i. , viola [pcmcmmha L., poaihalia ipecncuanha Vandelli, de la famille des vio-

Ilacinc, ou tige radicantc (fig. 27é), longue de 16 à 20 ccntiniètre.s, de la grosseur d’une plume à écrire, un peu tortueuse ou flexueuse, et ofl'rant (pielqucfois , dans les anses alternatives qu’elle forme , des li-ntes demi-circulaires qui lui donnent alors une sorte de ressemblance avec l’ipécacuanba ondulé. Cette racine est souvent bifurquée inférieurement et supérieurement, et elle se termine à la partie qui atteint la snrracedu sol par un grand nombre de petites liges ligneuses.

L’écorce est mince, ridée longitudinalement et d’un gris jaunâtre clair. Le. corps ligneux est très épais, jaunâtre, composé de paquets de libres bien distincts à la circonférence, et qui sont tordus comme les lils d’une corde. La cassure récente , examinée h la loupe , paraît cri-

88 DlCOTÏLÉDOiNIiS CALlCIl'LOUliS.

bléo d’une iiilinité de pores comme la lige d’un jonc. Celle racine osl presque insi|)ide et inodore , et il est donlenx j II j i le propriétés bien marquées. Elle ne contient pas d’amidon. Pellelier en a retiré sur 100 parties; matière voiMg. 274. mitive 5 , gomme 35, matière azo¬

tée 1, ligneux 57 [Journ. depharm., l. III, p. 158; (1).

Autre faux îpccncuanlia du

Brésil. Cette racine est produite par Yionidium paruiflorum Vent, {viola parviflora L.). M. Wérat l’a décrite sur un écbantillon tiré de l’herbier de M. de Jussieu. J’ai cru l’avoir retrouvée dans une racine provenant du droguier de M. Lberminier (1“' édition, n" 297); mais cette racine rcs.semble tellement à celle de Yionidium ipccacuanha , qu’il m’est impossible de dire maintenant à quelle espèce elle appartient. Il est probable que ces deux racines sont confondues dans le peu de faux ipécacuanba qui nous vient du Brésil.

On cite également, comme faux ipécacuanba du Brésil , la racine de Yionidium brevicaide Mart. D’après la description que l’on en donne , cette racine doit pouvoir se confondre avec la suivante.

t’aux ipécacuaiilia de Cayenne : ionidium ilOldjOU ’V^eilt. , violu calceoluria L., viola itouboa Anblet. La racine de celte plante ressemble encore beaucoup h celle de Yionidium ipécacuanba ; mais telle que je l’ai, elle est moins longue, beaucoup plus tortueuse, d’un gris plus foncé à l’extérieur, plus blanche à l’intérieur, mêlée de débris de

(I) On trouve dans les Annales de chimie et de physique, t. XXXVIII, I>. ISS, une antre analyse de la racine A'ionidium ipecacuanha, par Vauqueliii, dont on ne peut tirer aucun parti, à cause des erreurs commises dans les chiffres. Vauciuelin , à l’exemple de Pellelier, donne a la matière vomitive de cette racine le nom d'émétine, bien (|u’il soit très jirobable qu’elle est differente de celle contenue dans l’ipécacuanha oflieinal.

lîUISIACKKS. 89

feuilles et tle liges enlièreinent velues, ce ([tii est un caeacièee distinctif de l’espèce. Les propriétés sont semblables.

Suivant Aublet, on emploie également à Cayenne, sons le nom d’ipccacuaiiliu , la raciiic vomitive et purgative du boc.rhamia diandra L.

Racine de cuiciiiinciiiiii. Cette racine cst produite par un ionidium très abondant à Guayaquil, dans rAinériquc du Sud ; elle a été décrite et vantée contre la lèpre par le docteur Marcutius , ce qui lui a fait donner le nom à'ionidiurn marcidii. .^1. Gaudichaud en a rapporté de Guayaquil une certaine quantité , qui ne diffère guère de la racine de Vionidium ipecacuanha que parce qu’elle est généralement plus petite, .le ne mets pas en doute que ces deux racines ne jouissent des mêmes propriétés, ni plus ni moins (1).

Fau.-v ipécacnanlia de l’jVméric|uc .septentrionale : gillenia tvi~ l'oiiata Alœnch , spirœa trifoliata L., de la famille des rosacées. La racine de cette plante est formée d’une souche couchée sous terre, du volume d’une, grosse plume, portant à la face supérieure un certain nombre de tubercules d’où naissent les liges, et garnie d’autre' part de longues radicules. Cette, racine est formée d’un épiderme gris-rougefure recouvrant une écorce blanche, un peu spongieuse, très amèi c , cl d’un méditullium blanc et ligneux. La racine en masse a une odeur faible (ju’il est difficile de préciser.

Antre faux ipécacnanlia de l’Aniéri<|nc septentrionale ; CU-

plmrbia ipecacuanha L. Jlacinc fibreuse, cylindracée, blanchâtre, inodore, peu sapide, cependant très cmétitpie. Les racines de plusieurs de nos euphorbes indigènes joui.s.sent des mêmes propriétés.

Faux ipécacnanlia des Antilles ; asclepias curasscwica L. Cette racine est fortement émétique et n’est employée que par les Nègres, eu place d’ipécacuanha.

F'anx ipécacnanlia de l’Ilc-dc-Francc , ipécacnanlia lilane dc

I.emery : tijlophora AVight et Arn. , a&clepiasuisthmotical,. ,

cynanckum vomitorium Lam. .le u’ai pas cette racine; mais, suivant Lcmcry, elle est blanche, ni tortue ni raboteu.se, et elle ressemble beaucoup à la racine dc vinceloxiuni , dont elle a aussi les feuilles.

Dans la première édition de cet ouvrage , j’ai dit que cette racine était probablement celle qui avait été analysée jtar Pelletier, sous le nom d' ipecacuanha blanc ou de viola ipecacuanha ; mais j’avais eu

(I) Une dame ayant apporté la racine do ciiiclnmchilli ii la Guadeloupe, on a vendu une once au gouverneur de la colonie pour la somme de 1 ,000 franc.s. .le présume (jue c’est là reflet le plies merveilleux ipic cette racine ait jamai.s liroduit.

9ü oicoTYLiinoMis (;Ar,)(;ii''Lüi!iis.

soin d’iijoiiler que je ne l’avais pas vue. Depuis , je me suis pi'ocni'é la

racine aiialyséc par l’elleiicr, à la môme source que lui , et je puis

assurer que c’était bien celle du viola ipecacuanha. Je me crois obligé

de le répéter, parce que d’autres avaient propagé l’erreur (]ue j’avais

commise. Je ne sache pas (jue la racine de tijlophorn usthmatica ait été

analysée.

Faii.Y îpécaciianlia «le l’iic «le Boiiriton : periploca mauritiann Poiret, camptocarpus mauritiamis Due. J’ai dû un échantillon de cette plante à Lemaire Lizancourt. Les tiges ressemblent à celles de la douceamère ; elles sont blanches à la partie inférieure, brunâtres aux extrémités. Les feuilles sont glabres, longues de 5û à 80 millimètres, échancrées en cœur itar le bas , ovales-lancéolées. I.a racine est blanche . ligneuse, presque grosso comme le petit doigt, acconqiagnée de radicules filiformes droites et cylindriques. Elle n’a pas de saveur sensible d’abord, mais après quelque temps on ressent une assez forte irritation sur la langue et aux glandes salivaires. 'Loute la plante, feuilles, tige et racine, est imju égnée d’une odeur forte, semblable à celle de l’arguel ou du séné de la Pake.

Itaciiic <lc Oaliica.

(Ihiücocca (niguifugu Martius. Arbrisseau croissant au Brésil, dans les forêts vierges des provinces de Minas-Geraes et de Bahia. Il s’élève à la hauteur de 2 ou 3 mètres ; ses feuilles sont opposées, ovale.s-acuniinées , accompagnées de .stipules; ses (leurs sont disposées en grappes panicnlées, sortant de l’ai-sselle des feuilles; le fridt est une petite mèlonide sèche, presque didyme, couronnée par les dents du calice, et contenant deux semences à albumen cartilagineux , comme celui du café. La blancheur remarquable de ce fruit a valu au genre chincoccu son nom , dérivé de neige, xoxy.ic , graine. Le nom anglais snoteberr// n’a jias une autre signification.

La racine du chincocca onguifuga est connue au Brésil sous le nom de raiz prêta (racine noire) ; sons celui de eainatia, qui est aussi le nom d’un serpent venimeux contre la morsure duquel la racine a été eiujiloyéc; et enfin sous celui de cairica, qui a inévalu en France, mais que l’on a écrit de toutes les manières possibles [kahinca, kaînea , cuhinca , enhinea ). L’orlhogra|)hc véritable et la plms simitle est ettinca.

La racine de caïnca est rameu.se, composée de radicules cylindriques longues de 35 centimètres et plus, et dont la grosseur varie de|mis celle d’une plume jusqu’à celle du doigt. Elle est formée d’une écorce brunâtre , peu épaisse, entourant un corps ligneux bluncliâtre, qui forme

liDIUACivKS. 9i

à lui Honl lu'osque loua; la masse de la racine, et donl la cassure [)araU criblée de irons, lorsqu’on l’examine à la loupe. L’écorce oiïre souvent, de distance en distance, des fissures transversales, et se sépare assez facilement du bois. A cet égard, le caïnca se rapproche de ripécacuanba gris, et même quelques unes de ses plus petites racines ont pu souvent se trouver mêlées à ripécacuanba , auquel elles ressemblent beaucoup (1) ; mais le caractère le plus frappant de la racine de caïnca consiste dans des nervures très apparentes qui parcourent longitudinalement ses gros rameaux, et qui sont formées à l’intérieur d’un méditullium ligneux entouré de son écorce , confondue avec celle du ïameau ; de sorte que l’on dirait des radicules décurrentes qui se sont soudées par approche avec le tronc principal.

En masse, la racine de caïnca offre une odeur assez martiuée , analogue à celle du jalap. Quant à la saveur, l’écorce en a une très amère et âcre, fort désagréable, auprès de laquelle le bois paraît insipide; c’est donc dans l’écorce surtout que résident les propriétés de la racine.

i\LM. l’ellelier et Caventou ont analysé la racine de caïnca , et en ont retiré :

1" Une matière grasse, verte et odorante, dans laquelle réside toute l’odeur de la racine ;

2” Une matière colorante jaune ;

3" Une autre substance colorée visqueuse ;

A" Un principe cristallisable , très amer, auquel la racine doit toute son amertume. Ce princi|)e est blanc , inodore, très amer et âcre, non azoté , peu soluble dans l’eau , facilement soluble dans l’alcool , fort peu solidde dans l’éther. Ses dissolutés rougissent le tournesol et neutralisent les alcalis. C’est donc un acide; les auteurs de l’analyse l’ont nommé acide caïncique.

La racine de caïnca jouit d’une propriété drastique très marquée. Elle est aussi quelquefois vomitive ; mais le plus ordinairement son action se porte à la fols sur les intestins et sur l’appareil urinaire , dont elle augmente considérablement la sécrétion. Elle a été employée avec succès contre l’bydropisie.

Auu-c.s c««pecc.s «le eaïneii. D’après M. âlarlius, le chiococca densifolia, plante brésilienne également , fournit des racines semblables au caïnca , et qui peuvent lui être substituées.

On connaît aussi à la Guadeloupe , sous le nom de petit brandit, une espèce de chiococca répandue dans toutes les Antilles {chiococca racernosa L.), donl la racine y est depuis longtemps usitée contre la syphilis

'1) Principalement à l’ipécacuanlia annelé majeur.

Sri DicoTVLiiDoiNiis (;AiJ(;ii''i,üuiis.

cl les rliuniatisiiies. Celle l'acine (liiïèro de celle du ddocucca mtyuij'ntju par la prédominance de son jn incipe coloranl jautie : ainsi , l’épidei-nic csl d’un gris jaunâirc au lieu d’êlrc d’un gris foncé cl noirâlre ; l’ccorce csl inlérieurenienl d’une couleur orangée rouge, cl le bois csl leinl de jaune ; du l'esle, la saveur el l’odeur sonl semblables. Enfin , j’ai reçu de Gnalimala une racine de caïnca très longue , i)lus noire au debors que celle du Brésil, formée d’une écorce plus mince et d’un bois blanc encore plus épais par conséquent. La saveur esl semblable à celle de la racine brésilienne; mais l’odeur est i)resque nulle, .l’ignore quelle espèce a produite celte racine.

Le café est la semence d’un petit arbre de l’Arabie qui a été Iransporlé à l’îlc Bourbon el à la ^Martinique. Cet arbre, nommé ço//é« arabica (fig. 275), est toujours vert; scs feuilles .sont opposées, oblongucs, acurainées , glabres, assez semblables à celles du laurier ; les fleurs sont blanches, odorantes, courteinent pédonculécs , rassemblées en certain nombi-e dans l’aissclIc des feuilles ; les fruits sonl rouges, bacciformes, oblongs, gros comme une ceri.se, formés d’une pulpe douceâtre peu épaisse , entouratil deux loges accolées, dont la substance a l’aspecl d’un parchemin. Cbaipie loge contient une semence convexe du côté externe , plane et marquée d’un sillon longitudinal du côté interne , composée d’un albumen corné et d’un embryon droit , pourvu de cotylédons foliacés. Le fruit entier nous arrive (piclqiicfois desséché , comme objet de curiosité ; pour le commerce ordinaire , on l’écra.se toujours sur une pierre , lorsqu’il est récent, pour en séparer la pulpe et l’endocarpe ; on lave les semences à l’eau et on les fait sécher au soleil. Telles que le commerce les pré.scnte alors, elles sont nues, ovales , obtuses , convexes d’un côté, planes et sillonnées de l’autre ; elles ont la cousislauce de la corne , l’odeur du foin et la saveur du seigle : leur couleur varie du blanc jaunâtre au jaune verdâtre. Les principales sortes sont :

Le caf«- moka, qui csl le plus estimé. Tl vient de l’Arabie; il est petit, jaunâtre el souvent pre.sque rond, ce qui est dû à la fréquence

hlilUACÈKS. 9:5

(il! ravoi leniGiil d’uiio des deux semences ; alors celle qui resle prend la forme du fruil. Son odeur et sa saveur sont plus agréables (pie dans les sortes suivantes , surtout ajirès la torréfaction.

Le café bourbon, produit par le coffea arabica cultivé à bourbon , est plus gros et moins arrondi que celui de Moka ; il ne doit pas être confondu avec une espèce iiarliculière de café qui croît naturellement dans cette île , où 011 le nomme café marron. Celui-ci est le coffea nuiurilianu Lamk., dont la baie est obiongue et pointue par la base. ].a semence est également allongée en pointe et un peu recourbée en corne par une extrémité ; elle a une saveur amère et passe pour être un peu vomitive.

Le café mai-tini(iuu esL en graiiis volumineux , allongés , d’une couleur verdâtre, recouverts d’une pellicule argentée (épisperme) qui s’en sépare par la torréfaction : le sillon longitudinal est très marqué et ouvert. Odeur franche , saveur qui rappelle celle du froment.

Le café baïti est très irrégulier, rarement pelliculé, d’un vert clair ou blanchâtre , pourvu d’une odeur et d’une saveur moins agréables que le précédent.

Analyse du café. Beaucoup de chimistes se sont occupés de l’analyse du café , et malgré les derniers travaux de M. l’aveu , peut-être la composition n’en est-elle pas encore parfaitement connue. Cadet y a trouvé une petite quantité à'huile volatile concrète et de la yomme {Ann. chim., t. LVIIf , p. 266); Armand Séguin, de V albumine , une huile (jrasse fusible à 25 degrés , blanche , douce et inodore , et un principe amer, soluble dans l’alcool et très azoté, qui renfermait évidemment la caféine que Robiquet et Pelletier y ont découverte plus tard [Dict. technoL, t. IV, et Journ. pharm., t. Xf, p. 229). La caféine cristallise en belles aiguilles soyeuses ; elle fond à l’aide d’une légère chaleur et se volatilise sans décomposition ; elle est soluble dans 50 parties d’eau froide, beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante, assez soluble dans l’alcool à 70 ou 80 centièmes , très ])eu soluble dans l’alcool absolu et peu soluble dans l’éther. Ses caractères basiques sont très peu marqués ; cristallisée dans l’eau ou dans l’alcool ordinaire , elle est formée de C®H'’^^0-; elle perd 8 pour 100 d’eau à la température de 120 degrés et devient opaque et friable. Elle existe également dans le thé et dans les fruits de Guarana [panllinia sorbilis).

âl. Rochleder, par ses travaux, dont je ne connais que très imparfaitement les résultats , a constaté dans le café la présence de la légumine et d’un acide particulier, analogue à l’acide cachutique , auquel il a donné le nom A'acide cafétannique. Ce même acide avait été découvert inécédemment par âl. Pfalf, qui lui avait donné le nom à'aeide

9U UICOTYLÉDONES (;AM(;iFL()iU;S.

caftrlqne. C’est encore le même acide que ,M. l’nyen a nommé depuis

acide chlorigénique.

D’après Paycn , la caféine existe sons deux états dans le café : mie petite partie s’y trouve à l’étal de liberté et peut en être extraite par l’éther, mélangée avec l’huile grasse dont le café contient '10 h 13 pour 100; le reste existe à l’état de combinaison avec l’acide chlorigénique et la potasse , formant un sel double nommé chlorigénate de potasse et de caféine ( caféate caféi-potassiqiæ Berz. ).

On obtient ce sel en traitant par de l’alcool h 60 centièmes le café pulvérisé et préalablement épuisé par l’éther ; mais il est mélangé à d’autres matières dont on le sépare par plusieurs cristallisations et pm-ilications. Ce sel est très électrique par la chaleur ; il est à peine soluhle dans l’alcool aiihydre; mais il se dissout bien, à l’aide de l’ébullition , dans l’alcool à 85 centièmes et cristallise facilement. Ce sel exposé à la chaleur n’éprouve aucune altération jusqu’à 150 degrés; mais vers 185 degrés, il se fond, prend une belle couleur jaune, quintuple de volume, et forme une masse spongieuse, jaunâtre, friable. A 230 degrés, la couleur brunit ; le sel éprouve une décomposition partielle d’où résultent (les vapeurs de caféine et des produits empyreumatiques. C’est au boursouflement de ce sel par la chaleur qu’il faut attribuer raugmentation de moitié de son volume que le café éprouve pendant sa torréfaction.

IV’après M. Payen, l’acide chlorigénique combiné est égal à C‘'>D**Oc

D’après M. llochleder, l’acide cafétaimique cristallisé est égal C'“ Ij "O».

A l’état anhydre, il est composé de . C“’I1^0’.

.àl. Payen pense que le principe aromati(iuedu café y existe tout formé, mais qu’il y est masqué par sa combinaison avec la matière grasse ; mis en liberté par une torréfaction légère , il se compose de plusieurs principes volatils inégalement condensables, de telle sorte qu’en distillant une infusion de café dans une cornue munie de plusieurs récipients successifs, on obtient dans le premier, échaufl'é à 90 degrés , un li(]uide aqueux jaune, mélangé d’une huile concrète, blanche, dépourvue de l’arome agréable du café. Le deuxième récipient , qui s’échaulTe à 25 ou 30 degrés, condense une essence concrète , blanche, d’une odciii' trfxs agréable et très intense de café torréfié ; c’est elle qui paraît être le principe aromatique essentiel du café. Le troisième récipient, qui avait été refroidi à plusieurs degrés au-dessous de zéro, n’avait condensé, ((lie quelques gouttes d’une eau offrant une odeur mixte de café et de carbures pyrogénés. Cette dernière odeur, qui était peu agréable , se retrouvait encore plus forte que dans un quatrième récipient et dans les produits gazeux recueillis à la suite.

KülUACÉES. 95

Le café pnraîl avoir été connu d’Avicenne cl de llliasis ; mais ce n’esl filière que vers la (in du xiii" siècle (|ue l’usage de le prendre en boisson , après l’avoir lorréfié, sc lépandil dans l’Oiienl. On commença d’en boire eu Italie vers l’année IG/if) , et les premiers cafés furent établis à Paris en 1669. On ])rend le café eu infusion sucrée ou non sucrée, surtout après les repas, pour faciliter la digestion. Il stimule les sens et cause des insomnies. Les personnes nerveuses doivent éviter d’en faire usage.

Snccéclunéfls du café. Lorsque la guerre continentale privait l’Europe presque tout entière de communication avec les colonies, on a eberebé si quelques substances indigènes ne pourraient |)as remplacer le café ou en diminuer la consommation ; les substances qui ont été le plus vantées à cet égard sont la gi'aino toi’réfiéo de Y iris pseudo-acoriis , celle de pistache de terre {aracliis liijpogea) , les pois chiches, l’avoine , le seigle, le. maïs, le gland’ de chêne, les semences de gombo [hibiscus cscidentiis) , celles de l’astragale d’Andalousie (astragaliis hadicus), etc. ; mais aucune substance n’a obtenu une aussi grande vogue (|ue la racine de chicorée torréfiée , dont il se fait , même encore à présent , une consommation considérable en Erance et en Allemagne. Eelle racine n’a aucune l essemblance de goût avec le café , mais elle altère peu l’arome de celui avec lequel on la mélange en quantité plus ou nioitis considérable, et c’est sans doute ce qui l’a fait survivre au rétablissement de nos relations d’oulre-mer, malgré la propriété laxative dont elle est pourvue.

Écoi-ccs <lc Ouinqiiiiias.

l.e quinquina vient du Pérou , et paraît avoir été apporté pour la |)remière fois en Europe en 1660. On n’est pas d’accord si les Péruviens en connaissaient ou non l’u.sage avant cette époque; mais il est certain qu’en 16.^8 la femme du comte dcl Chinckon, vice-roi du Pérou , étant attaquée d’une fièvre opiniâtre, un corrégidor de Loxa lui indi- (|ua le quinquina , dont elle fit usage et qui la guérit. Par la suite, cette comtesse distribua elle-même le quinquina réduit en poudre, ce qui lui fil donner le nom de poudre de La comtesse, et elle en rapporta avec elle à son retour en Europe, qui eut lieu en IG/iO, Mais ce ne fut guère qu’en IGAO que les jésuites de Homo, en ayant reçu une grande quantité d’Amérique, la mirent en vogue, et firent changer son nom en celui de poudre des jésuites ; car ils le distribuaient toujours en poudre, afin d’en tenir l’origine cachée ; enfin, en 1679, Louis XIV en acheta le secret d’un Anglais nommé Talbot, et c’est depuis ce temps seulement qu’on a reçu en Erance du quinquina en écorce.

96 DlCOTYr.lîDOiNli.S CALlClFr.OlUiS.

Mais si l’écorco était comme, ou n’avait que des notions très imparfaites sur l’arbre qui la produit; car celui-ci n’a été décrit pour la première fois qu’en 1738, par La Condainine, académicien français envoyé au Pérou pour y mesurer quelijues degrés du méi idien , et qui s’est rendu également célèbre par deux genres de recherclies aussi dillerents.

Suivant La Condamine, dont le Mémoire sur le quimiuina se trouve inséré parmi ceux de l’Académie des Sciences pour 1738, cette précieuse écorce vient de Loxa , ville du Pérou située par k degrés de latitude méridionale , et le plus estimé croît sur la montagne de Cujanuma. C’est de là qu’est venu celui employé jtar la vicc-reitie du Pérou, et le premier apporté en Europe.

Mais , d’après La Condamine , le quinquina de Loxa ne constitue pas une seule espèce ou une seule sorte d’écorce. De .son temps même, on en distinguait trois sortes principales , savoir, le jaune , le rouge et le blanc. ( D’autres en reconnaissaient une quatrième sorte que l’auteur ne désigne pas.) Le quinquina jaune et le rouge n’ont aucune diiïé-. rence remarquable dans la Heur, dans la feuille, dans le fi uit, ni même dans l’écorce extérieurement , et ce ii’e.st qu’en y mettant le couteau qu’oa reconnaît le quinquina jaune , à son écorce moins liante en couleur. Quant au (luitiquina blanc, il a la feuille plus ronde , moins lisse et même un peu rude ; sa fleur est plus blanche, son fruit plus gros et son écorce extérieurement blanchâtre. Il croît ordinaiiemenl sur le haut de la montagne, tandis que le jaune et le rouge croissent à mi-côte , dans les gorges , et surtout dans les endroits les plus couverts.

tJn homme qui s’est acquis une grande réputation comme auteur de la découverte de plusieurs quinquinas, mais qui n’a servi qu’à remi>lir l’histoire de ces écorces de confusion et d’obscurité, est àlulis, botaniste espagnol, qui partit, en 1760, pour la Nouvelle-Grenade, où il a séjourné depuis, et auquel le désir de se donner une grande réputation aux dépens des auteurs de la Flore du Pérou , a fait commettre des erreurs que l’o i trouve répétées dans les ouvrages les plus récemment publiés. Pour justifier ce jugement sévère , il me suffira de dire que Mutis, qui ne pouvait pas ne pas connaître les véritables quinquinas du Pérou , en a cependant donné les noms à des écorces toutes dilférentes et de valeur presque nulle , qui croissaient à Santa-Fé. Ainsi, son quinquina orangé , si vanté , n’est qu’une sorte de calisaya extrêmement libreuse et de la plus mauvaise qualité; son quinquina rouge, écorce de son cinchona oblongifolia , n’est autre chose que la mauvai.se écorce nommée depuis quinquina nova, et c’est lui (pii est cause que tous l('s botanistes ont cru et répété que le quiiiipiina ronge était ))ro-

lilililACKKS, 07

(luit par Ir eniclioïKt tilildiKji faUd : son (fulnijuliKi Jdiinc , dillrrrnt dir.cini de La Coiidainiiie ei, prodnil par son cinc/djrid rord i fol i d , est rc (pie lions iioninioiis ao joiird’luii qiùnqdind ('drtiimimc ; onfni son (inlnquirdi hldm: , ÎTorce iiu'i le |irodnilc par son cinc/mno ovalifolid, n’a aucun rapport avec le r|uinr|iiina lilaiic de Loxa. 11 est donc difficile, je le répèle, (pi’nn lioinnie ait pins nui cjiie Mulis à ravanccnient de nos connaissances sur les f]iiinc]uinas.

Le genre cinclinnn tire son nom de celui de la comtesse de (iliiticlioii. Uédnit d’abord à la seule espèce décrite par La Gondamine, il a successivement élé |)orlé à .'lO ou GO espèces, qui ont ensuite été divisées en 8 on 10 genres, dont le plus important par le nombre, et parce (pi’il renferme tous les quinquinas officinaux, a conservé le nom de rlnrld/dd. Ge genre nous olfre les caractères suivants :

Galice turbiné, soudé avec l’ovaire , cà limbe siipère , quiiiquéfide , persistant. Gorolle siipère , à tube cylindrique, à limbe velu , éialé , divisé en 5 lobes valvaires, obtus. Étamines 5 , insérées dans le tube de la corolle , à anthères obloiigucs-linéaires, droites , renfermées dans le tube de la corolle ou subexsertes. Ovaire infère, biloculairc, à ovules nombreux insérés sur deux ])lacenlas linéaires, de chaque côté delà cloison, et imbriqués en montant. Style simple, terminé par un stigmate bifide. Gapsule oblongue , couronnée par le limbe du calice , se séparant à maturité en deux carpelles, par le dédoublement de la cloison, en apparence unique, qui séparait le fruit en deux loge.s. Semonces nombreuses , imbriquées en remontant sur les placentas devenus libres ; comprimées, ceintes d’une aile marginale membraneuse , irrégulièrement dentée ou lacérée.

Plus récemment, M. Endlicher a partagé ce genre en deux sections, suivant que la déhiscence du fruit se fait de bas en haut ou de haut en bas , et i\l. le docteur Wcdell a formé de ces deux sections deux genres distincts, dont le premier retient seul encore le nom de cinc/iona , le second prenant celui de cascaviUa. Gette distinction , assez légère en apparence, est cei)endant encore appuyée sur ce fait, que tous les quin- (piinas reconnus fébrifuges appartiennent à la première section ou air genre cinchona, tandis que les écorces de propriétés nullesou douteuses sont produites ])ar des caitcarilla.

Le genre coamibuena R. P. , ou hnena DG. , se distingue des cinchnnd par son calice qui se sépare de l’ovaire et tombe après la floraison ; par le tube de la corolle qui est fort long, renflé à la partie supérieure et un peu courbé; enfin parce que le fruit s’ouvre de haut en bas , comme dans les cosenrilla.

Le genre fi.roft/eninid est caractérisé par scs étamines longuement saillantes hors du tube de la corolle ; par le limbe do celte corolle qui

inCOTYLÈDONES CALICIFLOliHS.

est glabre et à divisions linéaires; par nn style saillant , terminé par un stigmate en massue; enfin par sa capsule qui s’onvre de haut en bas. Les autres genres séparés des anciens cinchona sont les genres rmnijiri, pinckmna , hymenodyctimi , liioilia , chinais , cafpshcpci , etc., sur lesquels il est inutile de m’arrêter.

Le genre cinchona renferme un certain nombre d’espèces officinales tellement rapprochées qu’on pourrait presque les considérer comme de

Fig. 276.

simples variétés les unes des autres, 'l’elles sont celles qui ont été nommées ;

Quinquina jaune et rouge par La Condamine ( lig. 276) ;

Cinchona officinalis , Vahl ;

— lancifolia, Mutis;

— condaminea de Humboldt et Bonpiand (lig. 277 ) ;

— lanceolata, nitida, glabra, angustifolia , Ruiz et Pavon ;

— lutea Glcolorada, Pavon;

■ — macroccdyx , Pavon et de Gandollc , etc.

Ce qui montre la grande affinité de toutes ces espèces on variétés , c’est qu’en les examinant avec autant d’attention qu’on peut le faire , sur des planches gravées ou sur des échantillons desséchés dans les herbiers , on serait tenté de les assembler d’nne manière différente de celle qu’ont suivie plusieurs botanistes.

Ainsi le cinchona condaminea. de Humboldt et Bonpiand [Plaid.

equinox.^ t. I, pl. x) tlill'ère ;i plusieurs égards du quiiu|uina décrit pi figuré par La Condaniine, et se rapproche plutôt du cinchnno lancifoiio de Mntis (Alihert, FtPi'rrst pnmirimsrs , pl. .‘I), dont nn a fait une espèce distincte (1).

I>e quincinina de La Condaniine {cincliimn (wademica) se rapporte plutôt aux cinchoua lvJ,ea et colnrnda Pav., cités par Lauhert dans le lhdl.Pl in dp pharmocic , t. Il, p. 292, ou an cinchnno. macrocalyx Pav., IJC. On lui trouve également de grands rapports avec le cinchono iimccnloto iî. P., qui est regardé comme une simple variété du Icmcifolia.

Le cinchono nitida, qui se trouve aussi rangé parmi les variétés du cinchnno lonci folio, diffère peu sans doute du cinchono. scrobindo.ta dont on a fait une espèce particulière. On les trouve dans les mêmes lieux ; les auteurs de la Flore péruvienne et des plantes équinoxiales donnent à leur écorce le même nom de cascarilln fina, et disent également tpi’on en fait un grand commerce. Ce cinchnno nitida est prolialilement au.ssi le cinchnno officinrdis de Vahl.

Ces remarcpies, que l’on pourrait beaucoup multiplier, montrent qn’nn est loin d’avoir fixé tout ce qui tient au nombre et à la synonymie des espèces de cinchono; mais je les abandonne pour arriver à la description des quinquinas du commerce. 11 y a lieu d’espérer, d’ailleurs , (|ue M. le docteur Wedell, qui vient de consacrer plusieurs années à parcourir les régions intérieures de l’Amérique du Sud , éclaircira , dans l’ouvi age qu’il est en train de publier, beaucoup de points encore très obscurs de l’histoire des (piinquinas.

Quant à nioi , quelles que soient les recherches auxquelles je me suis livré , je dois avouer (|ue je ne puis , encore aujourd’hui , que donner une histoire incomplète et très peu certaine des quinquinas. En elîet , les grandes variations apportées dans les caractères physiques et même dans les propriétés chimiques et médicales des écorces, parles différences de latitude on d’élévation, de température, d’âge, de

,1) La Condaniine, qui a décrit avec un soin .«icrupuleux la feuille de .son ([uinquina, la forme et la couleur rouge do sa nervure médiane, la di,spo.sition, l’inclinaison et la distance de.s nervures secondaires, qui remarque l’absence de tout poil ou cil sur les deux faces, ne fait pas mention cependant des glandes ciliées dont M. de Humboldt a fait le caractère distinctif du cinchona condaminea. De plus , dans la figure des plantes équinoxiales , les divisions de la corolle sont plus obtuses , les anthères plus longues et les filets beaucoup plus courts que dans la figure de La Condamine. Sans prétendre dire que le quinquina décrit par La Condamine doive former une espèce distincte, mais uniquement pour le désigner sans aucune équivoque, il m’arrivera souvent île lui donner le nom de cinchnno acndemicn.

DlCOl-i LI'.DONI'S C.Ar.lC'fl.OlU’S.

;^"'^",'iî^^p('i motlpnt de croiic (pic plusieurs écorces , que je suis ohli|<é e coinuio des sorles coiuiiierciales dislincles , parce qu’elles le 'T'ii (ITel, peuvent a|)parleuir à un inènie arbre; de même (pie je i persuadé que plusieurs espèces de cinchonn , irès voisines à la vérilé, peuvent fournir des écoi ces presque scmitlables, lorsqu'elles ont été prises au même fige et surtout dans le jeune âge. Il sera donc, tonjonrs très difficile de connaîli e avec cerlilude l’origine spécifi(iue des quinquinas du commerce.

Je pense que l’on peut toujours diviser les écorces de (piinquinas en cinq groupes principaux, sous les noms de qitinqiünnx gris, rouges, jaunes, blancs et faux ; non que les caractères indiqui^s par ces dénominations soient rigoureusement appliqués, mais parce qu’ils donnent une idée générale des sortes comprises dans chaque section.

J.es quinqiiina.s gris comprennent en général des écorces roulées , médiocrement fibreuses, plus astringentes qu’amères, donnant une pondi-e d’un fauve grisâtre plus ou moins pâle , contenant surtout de la cinclinnine et peu ou pas de quinine.

Les <|uiiuiuiiias jaunes peuvent offrir un volume plus considérable, sont d’une texture très fibreuse et d’une amertume beaucoup plus forte et plus dégagée d’astringence. Ils donnent une poudre jaune fauve ou orangée, et peuvent contenir une assez grande quantité de sels à base de chaux et de quinine pour précipiter instantanément la dissolution de sulfate de soude.

Les qiiinqiiina.s rouge.s tiennent le milieu pour la texture entre les gris et les jaunes ; ils sont à la fois Irès amers et astringents ; leur poudre est d’un rouge plus ou moins vif; ils contiennent à la foi.s de la quinine et de la cinebonine.

Les quiiiquina.s i>ianc.s se distinguent par un épiderme naturellement blanc, uni , non fendillé, adhérent aux couches corticales (1). Ils contiennent soit un pou de cinebonine , soit un autre alcaloïde plus ou moins analogue; ils sont peu fébrifuges et tie peuvent guère compter au nombre des quinquinas médicinaux.

Les fau.v quîiiqaiiia.>i sout des écorcGS produites par des arbr(‘s étrangers an genre cinchonn ou qui en ont été séparés ( casrarilla , e.coslemina , portlandia, condarninea, etc.). On n’y rencontre ni quinine ni cinebonine, et ils ne diffèrent pas moins des véritables quinquinas parleurs propriétés chimiques et médicales que par leurs caractères botaniques.

'..1 L'épiderme ou, plus exactement, la croûte des .sortes précéden'c.s est eu général fendillée, rugueuse, nalurellement bniiie, et ne devient blaiiehàire à la superficie (lu’en raison des cryp'ogames qui la recouvrent.

OUINOUIXAS GUIS.

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