PRODUITS RÉSINEUX ET BALSAMIQUES DE LÉGUMINEUSES
KCsines aiiiiiië ei Goi>3l.
Le nom de résine animé a été inconnu aux anciens, à moins qu’on ne veuille le croire dérivé de celui de sinyrna arninnea donné par üioscoride à une sorte de myrrhe très inférieure. Ce ijui est plus certain , c’est que , vers le commencement du xvi' siècle , les Portugais liraient de Guinée et de la côte orientale d’Afrique une résine nommée aniimum , et que ce nom a été presque immédiatement traduit dans presque toutes les langues par le mot indéclinable animé.
Jean Rodriguez de Castel-Blanco , beaucoup plus connu sous le nom
424 DICOTYLÉDONES GA-LICIELOUES.
d’Amatus Lusitaïuis, est le premier qui ait fait mention de Yaniimum, et il en distinguait de deux sortes : nm blanche, qu’il croyait être le cancame de Dioscoride , et une noirâtre et odorante, qu’il assurait être le myrrha aniinnea. 11 est à peu près certain que celte dernière espèce n’est autre chose que le bdellimn d'Afrique. Quant à la première , qui a bientôt pris le nom d'animé orientale , pour la distinguer d’une résine presque semblable apportée d’Amérique, elle venait de la côte orientale d’Afrique ; et en comparant tout ce qu’en ont écrit les auteurs du temps, on reste convaincu que celte résine orientale n’était autre chose que celle qui porte aujourd’hui dans le commerce français le nom de copal dur, mais à laquelle les Anglais ont toujours conservé le nom de gomme ou de résine animé (1).
Je viens de dire que l’animé blanche d’Amatus Lusitanus avait pris le surnom d'orientale lorsqu’il avait fallu la distinguer d’une résine presque semblable {animé occidentale) apportée d’Amérique , où elle découle en très grande abondance du courbaril ou du jetaiba de Pison {Bras., p. 60). Je dois expliquer maintenant comment l’animé orientale a perdu son nom pour prendre celui de copal , et comment , au contraire , divers autres produits d’Amérique ont usurpé le nom d'animé.
C’est Monardès qui est le premier auteur de ce changement et des graves erreurs qui ont ensuite été commises sur l’origine de l’animé orientale. En effet, ce médecin de Séville, dans son ouvrage intitulé Simplicium medicamentorum historia , e[c. , ayant décrit la résine de courbaril sous le nom do copal (2) , et ayant nommé animé une autre résine beaucoup plus aromatique et plus huileuse (3) , celte nomenclature a été acceptée par la plupart des auteurs , et même le nom de copol a fini par s’étendre de l’animé d’Amérique à l’animé orientale. Alors voici ce qui est arrivé :
L’animé orientale ayant pris le nom de copal (mot mexicain) , on a supposé qu’elle venait du Mexique , et l’on s’est efforcé d’en trouver l’origine dans un des nombreux végétaux résineux, très imparfaitement décrits par Hernandez, rhus, elaphrium oa autres. Secondement, on a cru avoir perdu l’animé orientale d’Amatus Lusitanus et de Garcias (il est évident qu’elle ne l’a jamais été) , et , assez récemment encore,
(1) On trouvera les preuves de ce qui précède , avec des détails plus étendus, dans un Mémoire sur les résines dammar , copal et animé j imprimé dans la JRêuue scîentiyïjue, t. XVI, février 184i , p. 177.
(2) Les Mexicains donnaient généralement le nom de copal aux résines usitées en fumigations dans les temples.
(3) Cette résine est une tacftma/iaoa ou tacomaijiue, que je décrirai plus tard sous le nom de tacamaqm jaune huileuse.
LÉGUMjNEÜSES. 425
011 s’esl efforcé de la retrouver dans le dommar pvti ou dans le (/«mmar selan des îles Moliiques.
Enfin , quand on a cru savoir que le prétendu copal du Mexique venait de l’Inde , on en a cherché la source dans un des arbres résineux de l’Inde, tel que le vateria indica. Ce n’est qu’à la suite de recherches plusieurs fois répétées que je suis parvenu à rétablir la véritable origine de Y animé orientale ou copal dur ; origine qui , suivant ce que je pense , ne trouvera plus aujourd’hui de contradicteurs.
4niinC ilnrc orientale.
Copal dur du commerce français. Ainsi que je viens de l’exposer, celte résine, après avoir été supposée venir du Mexique , a été considérée comme originaire de l’Inde , parce que , en effet , elle nous arrive presque toute par la voie de Calcutta. Mais M. Ad. Delessert et M. Blanchard, négociant français établi à Calcutta, ont appris à M. Perrottet que le copal dur «nfnif des Anglais) , transporté
de celte ville en Europe , y était apporté de Maskate , sur des navires arabes qui vont le chercher à Zingibar , sur la côte d’Afrique. Vers le même temps , une personne qui a longtemps habité l’île de France me disait que les trois sortes de copal , dites de Madago.scar, de Bombay et de Calcutta , ne sont qu’une seule et même résine recueillie à Madagascar et vendue sur la côte d’Afrique , notamment h Bombetec , aux Arabes qui la transportent à Surate , d’où elle estjensuite portée à Bombay, à Calcutta et jusqu’en Chine. La même personne ajoutait, en confirmation de ce que j’ai annoncé le premier dans Y Histoire abrégée des drogues simples , que la résine copal est produite par Yhymenœa uery'ucosa (1) , qui porte h Madagascar le nom de tanrouk-7'ouchi {tanroujou, suivant de Jussieu ) et qui est cultivé à l’île de France sous le nom de copalier. On y cultive aussi Yhymenœa courbaril de Cayenne , lequel y produit une résine qui a beaucoup de rapports avec le copal , mais moins dure et moins estimée.
D’après ce qui vient d’être dit , il serait oi.seux ou contraire h la vérité de distinguer aujourd’hui des résines copal de différentes provenances ; il faut se contenter de dire que le copal affecte différentes formes suivant qu’il a été récolté suspendu aux arbres, à l’abri de toute impureté, ou suivant qu’il a été recueilli sur terre ou enfoui dans
(1) Hymenœa verrucosa Lam., Illuslr., pl. 330, Gg. 7. Cet arbre diffère de Vhym. oourbaril principalement par son fruit, qui est long au plus de 45 millimètres, large de 20, d’un brun noirâtre, tout couvert de verrues, et vernissé par la résine qui exsude de sa surface.
426 DICOTYLÉDONES CALICIFLOKES.
le sable ; ce dernier pouvant présenter encore plusieurs aspects, suivant qu’il est brut ou mondé à l’aide du couteau ou autrement. On trouve donc dans le commerce du copal m Inrnm ou en stalactites , quelquefois longues et grosses comme le bras, telles que la belle larme recueillie par un voyageur sur Vlujmenœa verrucosa, dans la vaste forêt d’Ivoudho, à Madagascar, et dont M. Bonastre a fait don à l’École de pharmacie. Ce copal, dit de Madagascar, est lisse et poli à sa surface, transparent, d’un jaune foncé uniforme; il a une cassure tout à fait vitreuse, et est tellement dur, que la pointe d’un couteau l’enlame avec peine; il est insipide et inodore à fi oid ; il se ramollit an feu et y devient un peu élastique , mais sans pouvoir se tirer en (ils. Il ne sc fond qu’à une chaleur très élevée et exhale alors une odeur aromatique , analogue à celle du bois d’aloès ou mieux du copahu de Maracaïbo.
Le copal trouvé à terre ou enfoui dans le sable , indépendamment de la terre ou du sable qui peuvent y adhéi-er, présente ordinairement une croûte extérieure blanche , opaque cl friable , duc à une altération de la résine par l’air et riiuiniditô. On le monde de cette croûte à l’aide d’un instrument tranchant, lorsque les morceaux sont assez volumineux pour SC prêter à cette opération : tel est le copnl dit de Bombay. Dans le cas contraire , on dôbari asse le copal de sa croûte , en le faisant tremper dans un soluté de carbonate de potasse ; on le lave ensuite et on le fait sécher. Le copal , ainsi purifié , nommé copal de Calcutta , se présente ordinairement sous la forme de morceaux plats, d’un jaune très pâle ou presque incolnres , très durs , vitreux et transparents à l’intérieur, mai.s offrant une surface terne et fortement chagrinée par l’impression du sable grossier qui s’y trouvait fixé.
L’animé dure, ou copal dur, ressemble beaucoup ausuccin, mais peut s’ en distinguer aux caractères suivants :
1“ L’animé dure s’enflamme à la flamme d’une bougie , s’y fond complètement et tombe goutte h goutte. Le succin , beaucoup moins fusible , brûle en se bou o iH te is couler.
2° L’animé dure , éteinte et encore chaude , exhale une odeur que j’ai comparée anciennement à celle du bois d’aloès , mais qui se rapporte encore mieux à celle du copahu de Cayenne ou de Colombie. Le succin chauffé exhale une odeur plus forte , désagréable même et de nature bitumineuse. Cette odeur devient même sensible par le frottement du succin , ou lorsqu’on le tient renfermé dans un bocal ; le copal dur non frotté est tout à fait inodore à froid.
3° L’animé dure , mouillée avec de l’alcool à 80 degrés centésimaux, devient poisseuse , et l’alcool évaporé laisse sur la résine une tache blanche qui lui ôte sa transparence. Le succin, soumis à la même épreuve, reste sec et transparent.
LÉGÜMlNliüSES. hTl
k" L’animé dure , soumise à la distillation , donne à peu près les mémos quantités d’eau, d’iiuile et de charbon que le snccin, et fournit aussi , sur la fin, une grande quantité de la matière jaune obtenue du succin; mais on ne trouve aucune quantité d’acide succinique dans ces produits , et cette différence est des plus remarquables entre deux corps qui ont presque la même constitution physique.
L’animé dure pulvérisée , traitée par de l’alcool à 92 degrés centésimaux, laisse un résidu considérable, à’ abord pulvérulent , mais formant au bout de quelque temps une masse peu cohérente facile à diviser par l’agitation.
L’alcool bouillant en di.ssout un peu plus; mais, quelle que soit la quantité de liquide employée , la résine insoluble desséchée forme toujours de 61 à 66 pour 100 de la résine primitive.
L’animé dure , traitée par l’éther, s’y gonfle et y devient un peu molle , comme dans l’alcool ; mais les parties gonflées se divisent toujours facilement par l’agitation. Après plusieurs traitements par l’éther, il reste environ 61 pour 100 de résine imsoluble.
L’animé dure, traitée par l’essence de téiébenthine , s’y gonfle et y devient un (leu cohérente, mais ne s’y di.s.sout pas, inême à l’aide de la chaleur. La résine , séchée par une longue exposition à l’air, pèse 123 parties au lieu de 100. Pulvérisée et exposée pendant jilusieurs heures à une température de 100 degrés , elle se réduit seulement à 111 parties; de sorte qu’il s’est formé une véritable combinai.son d’animé et d’essence , ([ui est insoluble dans l’essence.
L’animé dure, ou copal dur, a été le sujet des recherches d’un grand nombre de chimisle.s, parmi lesquels il faut citer Unverdorben et Berzelius ; mais les résultats obtenus par ces deux .savants sont tels qu’il est permis de croire qu’ils n’ont pas toujours agi sur la véritable animé dure. J’accorde beaucoup plus de confiance aux résultats publiés par M. Filhol dans une thèse sur le copal (1) , dont j’extrairai seulement ce qui est relatif à la composition élémentaire de la résine et à son oxigénation par l’air.
Le copal dur le plus pur est composé , sur 100 parties, de :
Carbone . 80,42
Hydrogène . 10,42
Oxigène . 9,13
Ce copal, pulvérisé et soumis à un courant d’air chaud , ou bien porphyrisé à l’eau et conservé à l’air, en absorbe assez rapidement l’oxigène , et finit par arriver à la composition suivante :
Carbone. .
Hydrogène Oxigène. .
428 DICOTYI.ÉÜONES CALICIFLORES.
Le copal ainsi osigéné est devenu complètement soluble dans l’alcool et dans l’éther ; et M. Duroziez , pharmacien à Paris , qui , sans avoir cherché à en déterminer la cause, avait trouvé ce moyen de rendre le copal soluble, assure que ce nouvel état ne nuit en rien à la qualité des vernis. Je crois , en effet, que des vernis à l’alcool ou à l’essence, fabriqués avec ce copal, peuvent être supérieurs , pour la durée , à ceux faits avec le mastic ou la sandaraquejmais il est permis de douter, jusqu’à preuve contraire , que les vernis gras fabriqués avec le copal rendu soluble soient de la même qualité. On sait que ceux-ci se font en fondant le copal dur, sur un feu vif, dans une sorte de cucurbite ou de matras en cuivre ; aussitôt que la résine est complètement fondue et bien liquéfiée , on y ajoute de l’huile de lin cuite , qui s’y mêle bien, et ensuite de l’essence de térébenthine , et on laisse refroidir.
AuiniC tendre orientale.
On trouve constamment dans l’animé dure orientale une certaine quantité d’une résine qui présente tous les caractères de celle du courbaril , de même qu’on trouve dans la résine du courbaril d’Amérique une certaine quantité de résine semblable à l’animé dure orientale ; il paraît raisonnable d’en conclure que ces deux résines peuvent, dans certaines circonstances , passer de l’une à l’autre.
L’animé tendre orientale se présente sous la forme de larmes globuleuses, quelquefois du volume du poing, qui, étant privées de la croûte opaque qui les recouvre, sont presque aussi incolores et aussi transparentes que du cristal. En vieillissant, elle prend une teinte jaune à sa surface ; elle jouit d’une odeur faible mais agréable ; sa friabilité est assez grande , et elle se laisse facilement entamer par la pointe d’un couteau. Exposée à la chaleur, elle devient molle , élastique et se laisse tirer en fils aussi déliés que la soie ; elle se dissout en partie dans l’alcool , et la partie insoluble y prend la consistance et l’aspect du gluten humide: elle se dissout en très grande partie dans l’éther.
Cette résine forme des vernis gras moins colorés que l’animé dure , mais beaucoup moins durables , ce qui est cause qu’elle est moins estimée. Dans le commerce parisien , on lui a donné pendant longtemps , de meme qu’à l’animé tendre d’Amérique, le nom de copal tendre; mais depuis que le dammar tendre (t. II, p. 290) a été nommé par les commerçants copal tendre, la résine animé tendre a pris le nom de copal demi-dur,, qu’elle porte aujourd’hui.
Animé tcnilrc d’Américiuc.
Cette résine, suivant ce qui a été dit précédemment, est produite par Vhymenœa courbaril L., arbre très élevé , qui croit dans toutes les contrées chaudes de l’Amérique (page 332). Elle se présente sous un très grand nombre de formes , dont les principales demandent à être décrites.
1. Ambre blanc eic Cayenne. J’ai VU sous ce nom une quantité assez considérable d’une animé tendre en larmes ovoïdes, du poids de 10 à 23 grammes, ternes et blanchâtres à leur surface , mais vitreuses, transparentes et presque incolores à l’intérieur. Cette sorte ne diflèrc de la suivante que par la pureté et la régularité de ses larmes.
LÉGUMINEUSliS. /iSO
2. AmJn-e blanc iln Brésil, ou aniiuC icndi-c «lu BrCsil en sorte. Celle sorte, qui est celle que Guillemin a rapportée de Rio-Janeiro, comme résine de courbaril , se compose , pour la moitié environ, de larmes semblables à la précédente , mais beaucoup pins petites, moins piures et moins régulières. On y trouve ensuite d’autres larmes semblables , mais couvertes d’une couche plus ou moins épaisse d’une résine opaque, presque entièrement soluble dans l’alcool , et enfin un sixième environ de larmes jaunes d’animé dure.
3. Anime tendre de Hollande. Lorsque, il y a trente -six ans environ, Henry père fit venir de Hollande , pour le droguier de la pharmacie centrale des hôpitaux , de la résine animé , la substance qui fut envoyée sous ce nom se composait de trois quarts environ de résine animé de Monard (tacamaque jaune huileuse ) et d’un quart d’animé tendre , de laquelle nous séparâmes encore une certaine quantité de petites larmes d’animé dure. L’animé tendre offrait cela de particulier, qu’elle se composait de deux résines qui , isolées dans certaines larmes , paraissaient n’avoir rien de commun , tandis qu’elles se trouvaient réunies dans d’autres. Ainsi , on voyait des morceaux] (A) qui étaient blanchâtres au dehors , d’un jaune orangé en dedans , tout fendillés , opaques , friables , presque entièrement solubles dans l’alcool. On en rencontrait d’autres (B) semblables en apparence aux précédents, mais contenant au centre un noyau dur, jaune ou incolore, et transparent. Enfin , on y trouvait des larmes (C) entièrement vitreuses et transparentes , à l’exception d’une Tégère couche opaque superficielle. Cette résine vitreuse et transparente jouissait de toutes les propriétés indiquées plus haut pour l’animé tendre orientale , à l’exception qu’elle se tirait dilficdenient en his à l’aide de la chaleur, ce qui tenait sans doute à sa grande ancienneté , jointe à la petitesse des larmes , qui avait permis à la résine de se dessécher comirlétement. Quant à la résine jaune , friable et soluble dans l’alcool , des morceaux A et 15 , il faut la considérer comme produite par l oxigénation de la précédente.
4. Copal tendre du Brésil. Cette résine vient sous la forme de larmes irrégulières et allongées , et quelquefois en morceaux qui paraissent avoir fait partie de larmes ou de masses d’un volume considérable. Elle est complètement mondée au dehors , vitreuse , transparente et d’un jaune pâle ; elle ressemble donc beaucoup à l'animé tendre orientale , décrite précédemment ; cependant elle présente dans sa masse des variations de couleur et une sorte de nébulosité vague qui n’existent pas dans la résine orientale. Ses propriétés sont du reste exactement semblables.
8. Résine animé de CartUago. En 1816 , Chaussier remit à Henry père un morceau de résine , du poids de 300 grammes , qui lui avait été donné quelques années auparavant par M. Palois, médecin à Nantes. Ayant eu besoin, en 1823, d’étudier de nouveau cette résine, je m’adressai à M. Palois, qui eut l’extrême obligeance de m’eu faire remettre un morceau de 300 grammes , avec les renseignements suivants ;
Cette résine , dont la masse entière pouvait peser 3,300 à 4 kilogrammes , avait été donnée à iM. Palois par un contre-maître revenant de Carthago au Mexique , et qui l’avait détachée lui-même du tronc d’un arbre ayant à peu près 3 mètres d’élévation de tronc, des branches très élevées et des feuilles petites, d’un vert foncé et en forme de lance aiguë.
Cette masse résineuse est généralement d’unblanc laiteux et à moitié opaque; mais elle offre çh et là des ondes transparentes qui augmentent avec le temps, et
43Ü DICOTYLÉDONES OALICIFLOUES.
qui sont entremêlées de stries rouges comme du sang. Elle a la cassure vitreuse et comme glacée du copal , ce qui fait que la pointe du couteau glisse dessus, à moins qu’on n’appuie un peu fortement; alors elle paraît douée d’une certaine mollesse , et cède au couteau , caractère que n’a pas le copal dur. Sa pesanteur spécifique est de 1,047, la même trouvée par Brisson au copal transparent.
Cette résine a une faible odeur lorsqu’elle est en masse. Elle se pulvérise facilement dans un mortier de porcelaine , et alors l’odeur devient plus marquée. Elle se réduit en poudre sous la dent , et est insipide , quoique légèrement aromatique.
Cette résine, mise sur un fer chaud, s’y ramollit, devient élastique, tenace, et peut être tirée en fils très déliés , qui redeviennent cassants par son refroidissement. Tandis qu’elle est chaude, elle exhale une odeur aromatique asser agréable. (Les stries rouges exhalent, au contraire, parla chaleur, une odeur fécale (1).)
La résine , chauffée dans une fiole , sc fond, devient transparente, d'un jaune d’or, et forme des bulles dues h la volatilisation d'une huile qui vient .se condenser contre la paroi supérieure de la fiole. Cette huile est jaune , transparente et grasse au toucher. I.a fiole brisée a olfert une odeur fortement aromatique ; pesée avant sa fracture , elle n’avait rien perdu de son poids , c’est-à-dire que le poids de l’huile , plus celui de la résine restée au fond de la fiole, reformaient exactement celui de la résine employée.
Cette résine , mise dans l’alcool à 92 degrés , s’y ramollit , s’y gonfle , et se réunit en une seule masse remarquable par son volume, sa ténacité et sa grande élasticité. Cette masse devient brillante et nacrée par le frottement réitéré de scs parties.
Cette résine parait être dans l’alcool ce que le gluten est dans l’eau. Elle doit , à l’interposition de ce liquide , sa ténacité et son élasticité ; desséchée , elle redevient cassante et friable, ce qui ne permet pas de la confondre avec le caoutchouc.
L’alcool que l’on a fait bouillir -ur cette résine se trouble en refroidissant, et, après cela , précipite encore fortement jiar l’eau. Une nouvelle ébullition dans d’autre alcool procure une dissolution beaucoup moins chargée; une troisième l’est encore moins , se trouble à p. ine par le refroidissement, et ne se trouble plus par l’eau. Cependant il reste encore beaucoup de matière insoluble, ce qui montre que cette résine est au moins Idj-mée de deux principes immédiats , dont l’un est solnb'e ilans l’acool , et l’autre y est insoluble, mais peut s’y dissoudre à la faveur du premier.
La résine de M. Palois, traitée par l’elher, s’en pénétre de suite, s’y gonfle, y devient molle et gluante. Elle s’y dis-out visiblement en plus grande quantité que dans l’alcool , mais elle ne s’y dis.sout pas entièrement.
La même résine, traitée par l’essence de térébenthine, s’y gonfle et s’y divi.se en petites glèbes peu cohérentes. Chaulfée à 100 degrés, puis refroidie
LÉGUMINEDSliS. /l31
et exprimée , elle a laissé une résine molle el transparente qui , desséchée à l’air, pesait 113,6 au lieu de 100, mais qui s’eal réduite à 73,76 par une exposition de plusieurs heures dans une étuve chauffée à 100 degrés.
En comparant cette résine , el les autres sortes d’animé tendre qui jouissent des mêmes propriétés , à l’animé dure ou copal dur, on trouve que 100 parties de chacune fournissent de parties insolubles ;
Animé dure orientale . . . 63,71 60,83 111
Animé tendre occidentale. 43,33 27,30 73,76
Malgré ces différences, il me paraît certain que toutes ces résines sont de nature semblable , et qu’elles ne diffèrent que par la proportion de leurs résines soluble et insoluble. D’ailleurs, il me reste à montrer que les deux résines animé , dure et tendre , peuvent être produites par le même arbre , soit immédiatement , soit par suite d’une modification que l’animé tendre éprouverait à l’aide du temps. Ainsi :
1“ On trouve toujours dans l’animé tendre d’Amérique une certaine quantité d’animé dure , de même que nous avons vu qu’il existait une petite quantité d’animé tendre dans l’animé dure de Madagascar.
2° 11 est arrivé une fois du Brésil six caisses de copal dur, dont je possède un échantillon ayant la forme d’un large gâteau épais de 3 centimètres, mondé au couteau de la croûte opaque qui a dû le recouvrir. Ce copal est d’une transparence nébuleuse , avec des taches ou des stries rougeâtres , et il dégage une odeur désagréable quand on le fond. On peut dire que c’est de la résine de .M. Palois, durcie par une longue exposition à l’air.
3" On trouve dans les terrains d’alluvion, en plusieurs lieux de l’Amérique, ainsi que l’a dit Lemery, une résine qui paraît avoir découlé des courbarils, mais qu’un long séjour dans cette sorte de terrain et sous un climat brûlant a convertie en animé dure. Il existe au Muséum li’hisloire naturelle des quantités assez considérables d’animé dure d’Amérique qui me paraissent avoir cette origine, el, en 1843, un pharmacien du Havre m’a présenté un échantillon d’animé dure , trouvée par un capitaine de navire dans les alluvions d’un fleuve de la province de Choco. Au dire de ce capitaine , ces alluvions couvrent une forêt d’arbres renversés, parmi lesquels se trouve une très grande quantité de résine semblable.
Enfin , soit que dillèrents arbres des pays chauds puissent produire une résine semblable à celle des courbarils, soit que ces arbres aient été transportés dans beaucoup de contrées chaudes du globe, je possède : 1° une masse d’animé tendre, en partie opaque et en partie transparente, venant de la côte des Graines, à l’entrée du golfe de Guinée ; 2" un échantillon de copal tendre transparent, d’un jaune de miel , mélangé d’impuretés, venant de la Cafrerie ; 3“ un échantillon de copal tendre de Nubie en larmes rondes , parfaitement vitreuses et transparentes à l’intérieur, maisentièremenlcouvertesd’une croûte très mince, et comme pelliculaire, d’une substance noirâtre et opaque. J’en ai encore beaucoup d'autres, mais de localités inconnues (1).
smlxM'g, tians V Appnralus <
cleMurray, etc..
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Oléo-Résine de Copaliu,
Cette substance résineuse, connue vulgairement sous le noindc/'uuuïc de copahu, est retirée de plusieurs arbres de la tribu des cæ.salpiiiiées et du genre copaifera , qui croissent eu Amérique , depuis le Brésil jusqu’au Mexique et aux Antilles; mais c’est le copedfera officinalis qui paraît être l’espèce la plus répandue et qui en fournit le plus. Quand cet arbre est dans sa force , il donne facilement 6 kilogrammes de suc oléo-résineux par une seule incision , et l’on en fait deux ou trois par an. Les autres espèces ou variétés sont les Langn-
dorfii, coriacea, cordifolia, Sellowii , Martii et oblongi folia. Le suc qui découle de ces arbres varie par sa couleur plus ou moins foncée , par sa consistance et par la proportion d’buile volatile qu’il renferme , par son odeur plus ou moins forte, par sa saveur ou plus âcre, ou plus amère, et sans doute enfin par ses propriétés chimiques ; ce qui |)ermet d’expliquer les différences observées entre les difl'ércnls copaluis du commerce.
1. Copahu ordinaire du Brésil. Ce baume lésilieUX est à peu près aussi liquide que de l’huile ; il est transparent, d’une couleur jaune peu foncée, d’une odeur forte et désagréable, d’un goût âcre, amer et repoussant. Il fournit à la distillation avec l’eau Ztü à 45 pour 100 d’une huile volatile incolore ; il se dissout i nliôrement dans l’alcool bien rectifié. Cependant la dissolution reste ordinairement un peu laitou.se , et laisse précipiter par le repos tantôt un peu d’une résine molle analogue à celle de la résine animé, tantôt une très petite quantité d’une huile fixe.
Ce copahu, mélangé avec un seizième de magnésie calcinée, se durcit quelquefois dans l’espace de plusieurs jours, de manière à prendre une bonne consistance pilulaire ; mais d’autres fois il reste coulant comme une térébenthine. J’ai remarqué que c’était le copahu qui contenait de
l’huile fixe qui durcissait le moins par la magnésie ; mais la quanlitéde cette huile est si minime , que je ne la crois ni ajoutée au baume par fraude, ni capable de s’opposer par elle-même à sa solidification. Je la donne seulement comme une marque distinctive du baume qui ne se solidifie pas.
2. Copaim de Cayenne. J’ai reçu deux échantillons de ce baume : l’un , qui m’a été donné par M. Fougeron , d’Orléans , était renfermé dans une calebasse et portait la date de 1721 ; l’autre a été remis à M. Baget par une personne qui revenait de la Guyane. L’échantillon de M. Fougeron était d’une transparence parfaite, d’un jaune foncé, d’une consistance un peu plus épaisse que le copalui ordinaire du commerce; mais.ce qui l’en distingue surtout, c’est une odeur assez agréable, analogue à celle du bois d’aloès, et une saveur plus amère, non repoussante et bien moins persistante. Ce copahu, qui est sans doute la première sorte de Geoffroy , offre un grand avantage sur l’autre pour l’administration intérieure, et l’on devrait s’efforcer de le faire venir en Europe. Celui de M. Baget est de la môme' qualité et joint au goût et à l’odeur du premier la liquidité et la faible coloration du copahu récent.
3. Copahu lie la Coiomhîe. Depuis plusieurs années déjà , il arrive de Colombie, par Maracaïbo, une quantité considérable dè copahu pourvu de la même odeur que les deux précédents, et qui se distingue, en outre, du copahu du Brésil par un dépôt assez considérable d’une matière résineuse cristallisée qui se forme dans les tonneaux qui le contiennent. Lorsque ce copahu est arrivé pour la première fois en Europe, on a supposé qu’il avait été additionné d’une résine étrangère, et il a donné lieu à des contestations entre commerçants ; mais il y a tout lieu de penser que cette résine, qui n’e.st peut-être qu’un hydrate de l’essence, est naturelle au copahu de Maracaïbo , et tient h l’espèce de copaifera qui le produit; de môme, par exemple, que l’oSiesearcefsa fournit une térébenthine épaisse et chargée de résine, au lieu de la térébenthine liquide et transparente de Vabies pectinata. Le copahu de Maracaïbo est , je crois, celui qui domine aujourd’hui dans le commerce.
Propriétés chimiques et composition. L’oléo-résine de copahu est soluble en toutes proportions dans l’éther et dans l’alcool anhydre , mais sa solubilité diminue rapidement avec la force de ce dernier liquide , et celui à 80 centièmes n’en dissout plus que un neuvième ou un dixième de son poids. Elle se combine facilement avec les bases salifîables. Lorsqu’on mêle, par exemple, 3 parties de copahu avec 1 partie de solution alcaline contenant un huitième d’hydrate de potasse , il en résulte , après quelque temps d’agitation , une combinaison complète et limpide. Si l’on ajoute une plus grande quantité de potasse, la combinaison du copahu avec l’alcali se sépare et vient à la surface. Ce composé se dissout dans l’eau pure, dans l’alcool et dans l’éther. La sonde et l’ammoniaque se conduisent de même ; ainsi , en agitant 3 parties ou III. 28
434 DICOTYLÉDONES CALICIFLOEES.
2 parties et demie de copahu avec 1 partie d’ammoniaque liquide à 0,923 de pesanteur spécifique (22 degrés de lîaumé), le mélange redevient presque aussitôt transparent , niais se trouble ensuite lorsqu’on y ajoute un excès d’alcali. La magnésie se combine aussi au copahu : un trentième de magnesio calcinée s’y dissout complètement et forme avec lui un liquide transparent ; un seizième de magnésie s'y dissout encore, mais la combinaison reste opaline et acquiert quelquefois une consistance pilulairc. Cette combinaison, traitée par l’éther, s’y dissout, à 1 exception d’une très petite quantité d’un résinate formé par la résine insoluble dans l’alcool. (Pour le carbonate de inagnesie , voyez plus loin.)
Dans toutes ces combinaisons du copahu avec les alcalis et avec les autres bases salifiables , c’est la résine seule qui agit ; l’huile volatile y est étrangère , et ne fait que s’interposer dans la masse. C’est ce que prouve d’ailleurs un procédé donné par M. Ader pour obtenir l'huile volatile sans avoir recours à la distillation. A cet effet, on agite bien 100 parties d’alcool à S3 degrés centésimaux avec 100 parties de copahu ; on y ajoute .37 jiarties cl demie de soude caustique liquide à 38 degrés, puis ISO parties d’eau; la résine saponifiée reste dissoute dans le liquide hydro-alcoolique , cl riuiilo volatile vient nager à la surface. Celte huile volatile, purifiée par la distillation sur du chlorure de calcium , présente la même composition que l’cssencc de citron, soitC’"!)®.
Falsification du copahu. La liquidité du baume de copahu , qui le rend semblable à une huile , est cause qu’on a pensé à le falsifier avec des huiles grasses communes; mais l’insolubilité de ces huiles dans l’alcool rendant la fraude trop facile à reconnaître, on a bientôt fidsifié le copahu avec de l’huile do ricin : celte altération condamnable a excité les icchcrches do Planche, de Henry père et de M. Blondeau, qui nous ont fait connaître des moyens certains de la découvrir.
1“ Par l'ébullition. 3 grammes de copahu pur mis à bouillir dans 1 litre d’eau jusqu'à réduction presque entière du liquide se réduisent en une résine sèche et cassante; lorsque le copahu est mêlé d’huile, le résidu est d’autant plus mou et liquide que la quantité d'huile est plus considérable. (Henry.)
2> Par tapotasse caustique. 8 grammes de copahu pur et 4 grammes de potasse liquide contenant un quart de potasse à l’alcool, mélangés dans une capsule, prennent l’aspect et la consistance ducéral; mais après quelques heures de repos , la séparation des deux liquides s’opère presque entièrement ; le copahu saponifié surnage , et la potasse en excès tombe au fond.
Lorsque le copahu contient un quart , ou seulement un huitième d’huile de ricin , le mélange alcalin ne se sépare pas; il perd peu à peu son opacité, et se convertit en une masse gélatineuse et transparente. (M. Blondeau.)
Avec la soude caustique ( lessive des savonniers), résultats analogues : le savon de copahu pur sc sépare ; celui qui contient de l’huile de ricin forme un savon homogène, d’autant plus consistant et plus opaque que la portion d’huile est plus considérable. (Henry.)
3'' Par V hydro-carbonate de magnésie. 4 parties de copahu pur et 1 partie d’hydro-carbonate pulvérisé , agitées dans une capsule, puis abandonnées à elles-mêmes , forment un mélange qui prend en quelques heures la Iranspa. rence , l’aspect et la consistance d’une forte dissolution de gomme arabique.
Lorsque le copahu est mêlé d’huile de ricin , le mélange reste d’aufant plus opaque qu’il y a plus d’huile. (M. lllondeaii.)
4" Par l’ammoniaque. En agitant dans une bouteille bouchée une goutte d'ammoniaque à 22 degrés avec trois gouttes de copahu , ou 1 partie en poids de la première sur 2, S du second, le mélange devient en pou d’inslaiits parfaitement trans])arent lorsque le copahu est])ur, et il reste d’autant plus opaque qu’il contient idus d’huile. (Planche. ) Cette expérience , faite à une température de 10 à 13 degrés centigrades , offre des résultats certains, cl peut faire découvrir un vingtième ou un Irenlième d’huile ajouté au copahu ; mais à une température de 20 à 23 degrés, le copahu qui conlient un huitième d’huile redevient presque aussi transparent que le copahu pur, do même qu’à une température de 0 à 3 degrés , le copahu le plus pur reste trouble avec l’ammoniaque ; cet essai doit donc être fait à une température de 10 à 13 degrés , et cela est toujours facile.
On a aussi proposé l’acide sulfurique pour reconnaître la pureté du baume de copahu , mais ce moyen est moins sûr que ceux dont je viens de parler.
Maintenant qu’il est connu que la térébenthine de Bordeaux donne au coijahu la propriété de se solidifier par la magnésie , on trouve dans le commerce beaucoup de copahu falsifié avec cette térébenthine ; on le reconnaît à sa plus grande consistance et à son odeur. Ce dernier caractère devient sensible, surtout en laissant évaporer un peu de copahu falsifié sur du papier.
Di:s BAUMES Dl) PEROU ET DE TOLU.
Los SUCS halsainitnies connus sous ces deux noms sont produits par des arbres appartenant au genre myrospermiim , de la tribu des sopliorées, dans la sous- famille des papillionacées. Ces arbres ont un calice largement catnpanulé, à 5 dents peu marquées et persistantes ; les pétales sont au nombre de 5, dont U réguliers, étroits, presque linéaires, et le 5' (l’étendard) terminé par uti limbe très élargi et orbiculaire. Los étamines sont au nombre de lü, à filets libres et subulés ; l’ovaire est stipité, üblong, membraneux, à un petit nombre d’ovules, terminé par un style filiforme un peu latéral. Le légume est stipilé, bordé dans la plus grande partie de sa longueur par une aile membraneuse, et terminé par une loge un peu renflée qui contient une ou deux semences. Les feuilles sont irnparipinnées ; les folioles alternes, très courtement pétiolées, marquées de points et de lignes translucides ; les grappes sont axillaires et terminales. Les fleurs sont blanches ou roses.
Les espèces de ce genre ne sont pas toutes bien déterminées ; les suivantes sont généralement admises :
1 . Myrospermwn frutescens Jacq. {Amer., p. 120, tab. ilh, fig. 3h ; Kunth., Nova généra, t. VI, p. 370, tab. 570 et 571). Celte espèce se distingue de toutes les autres par ses filets d’étamines persistants et par •SOU légume qui semble sortir du calice sans être stipité. L’arbre est peu élevé. Ses feuilles sontcaduques, composées de 11 à,14 folioles alternes.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
glabres, oblongues-elliptiques, très entières, ai rondies cl écliancrées au sommet. Elles sont longues de 25 à 27 millimètres et larges de 16 à 16 ; les pétales sont d’un blanc rosé et inodores. Le suc résineux qui remplit la loge du fruit, d’après Jacquin, est d’une odeur forte et désagréable. Cet arbre est très abondant dans les environs de Caribagène en Colombie , sur la pente australe des montagnes de Caracas, et sur les bords humides du rio Guarico.
2. Myrospermum peruiferum DC. ; myrospermum pediccllalum Lara., Dict. IV, p. 191 ; Illiist., tab. 361 , fig. I; myroxyliun peruip. ggy ferum Mutis et Linn. fds, Suppl.,
p. 233. Ce myiusperme (fig. 367) est un grand arbre dont le tronc , couvert d’une écorce épaisse , rugueuse et cendrée, acquiert jusqu’à 05 centimètres de diamètre. Le bois en est blanchâtre à l’extérieur, mais d’un rouge brunâtre intérieurement , d’une grande dureté et très estimé pour la construction des édifices et des moulins h sucre. Les feuilles sont composées de 7 à 15 folioles alternes, ovales-obiongues, entières , quehiues unes un peu pointues , mais la plupart un peu écliancrées au sommet ; ces folioles sont longues de 27 à 65 millimètres, larges de 16 à 23 , vertes , fermes, coriaces, glabres, sauf la partie inférieure de la nervure principale qui est un peu pubescente , ainsi que les pétioles partiels et le pétiole commun. Les filets d’étamines sont longtemps persistants. Le fruit est une gousse pédicellée, glabre , jaunâtre , linéaire , très aplatie et membraneuse sur toute la longueur, qui varie de 5,5 à 11 centimètres, excepté à l’extrémité, qui présente un renflement ohlong, rugueux, ne contenant qu’une seule graine fauve et réniforme. Cet arbre croît au Pérou, où il porte le nom de quino-quino , et d’où les échantillons en ont été rapportés par Joseph de Jussieu. Il paraît varier par la forme de ses folioles, que Ruiz a décrites comme étant ovées-lancéolées et pointues, quoique l’extrémité en soit toujours un peu obtuse et incisée (1).
(1) Le myrospermum de Ruiz , dont malheureusement la des¬
cription maiume à la flore, !u Pérou, croit «hms le., monlagnes des Pana-
LÉtiUMJNEUSES. /l37
Suivant Iluiz , le baume de quino-quino s’extrait par des incisions faites h l’écorce, à l’entrée du printemps, c’est-à-dire quand les pluies sont courtes et fréquentes. Lorsqu’on le reçoit dans des bouteilles, il se maintient liquide pendant quelques années, et, dans ce cas, on lui donne le nom de baume blanc liquide (1) ; mais quand on le renferme dans des calebasses, comme on le pratique communément à Carthagène et dans les montagnes de ïolu , au bout de quelque temps il se durcit comme une résine et prend les noms de baume blanc sec ou de baume de Tolu , sous lesquels il est connu chez les pharmaciens et les droguistes.
3. Myrospermmn pubescens DG. ; myroxylum pubescens 'Kmiih. ; myrospermum peruiferum Lanib., in Illust. cinch. , p. 92, Og. I. Feuilles alternes, pétiolées, composées de 10 à 13 folioles alternes, courtement pétiolulées, quelquefois presque opposées h l’extrémité, oblongues ou ovales-oblongues , à pointe obtuse et émarginée , arrondies et quelquefois légèrement cordiformes à la base, très entières, etc.
La nervure médiane et les pétioles propres sont velus et brunâtres ; les folioles ont de 64 à 70 millimètres de long, sur 23 à 29 de large ; les fdets des étamines sont caducs. Les fruits sont semblables aux précédents ; longs de 9 à ÎO centimètres, larges de 18 h 20 millimètres. Cet arbre est cultivé dans les environs de Carthagène et dans la province de Popayan.
Le myrospermum peruiferum de Lambert , que l’on fait synonyme Anpubescaiis, offre des dimensions plus considérables. Les folioles ont de 7 à 10 centimètres de long sur h de large, et les fruits sont longs de
tahuas , dans les bois de Puzuzu , de Muna , de Cuchero et autres lieux voisins du cours du Maragnon. Celui que M. Weddell a trouvé dans la Bolivie a les folioles conformes à la description de Ruiz, toutes étant oblongues-lancéolées, et terminées par une pointe mousse, divisée en deux par une petite échancrure. Le contour des feuilles est légèrement ondulé, et leur limbe, placé entre l’air et la lumière, paraît tout criblé de points et de petites ligues transparentes, dirigées parallèlement aux nervures secondaires. Les plus grandes ont 44 millimètres de long sur 20 de large , et les plus petites ont 32 millimètres sur 13.
Le bois du même arbre , rapporté par M. Weddell , est aromatique, très dur, compacte et d’une assez belle couleur rouge. Sa coupe horizontale présente un pointillé blanchâtre très serré , et des lignes radiaires très nombreuses , sans aucunes lignes concentriques ; l’aubier est jaunâtre et peu épais ; l’écorcc est blanchâtre, inégale, crevassée, imprégnée de suc résinobalsamique.
(1) Ce baume du Pérou, blanc et liquide, n’est peut-être jamais venu dans le commerce. D’après Lemery, ce qu’on donnait sous ce nom, de son temps, était du baume liquidambar.
U'68 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
12 à 14 centimètres sur 3 de large. Je pense que c’est h cette espèce, et surtout au myrospermum de Lambert , qu’il faut rapporter Vhüitziloxitl d’Hernandez {Mcx., p. 51), dont la figure se rapporte presque exactement à celle donnée dans l’illustralion du genre cincJiona. D’après Hernandez, en quelque temps de l’année qu’on incise l’écorce de l’arbre, mais surtout à la lin de la saison pluvieuse, on en obtient ce noble baume d'Inde (pi’on ne saurait assez louer, qui est liquide, d’une couleur fauve inclinant au noir, d’une saveur âcre , un peu amère , d’une odeur véhémente et cependant de la plus grande suavité.
l\. Mi/i'ospermion toluiferum DG.; mijroxylon totuiferum ou tolidfera Acli. Rich. et Kunth. Arbre très vaste, dont le bois du tronc est rouge au centre et pourvu d’une odeur de baume ou plutôt de rose. Les feuilles sont composées de 7 à 8 folioles alternes , courtement pctiolées , acuminées, très entières sur la marge, mais sous ondulées, réticulées, veineuses, membraneuses, très glabres et brillantes , toutes parsemées de linéoles et de points transparents. La foliole tei-iuinale est longue de 80 centimètres et large de 34 ; celles intermédiaires ont de 63 à 77 inillimèlressur 25 à 27 ; les plus inférieures, qui sont les plus petites, sont encore longues de 54 millimètres. Les fleurs et les fruits sont inconnus.
Le myrospermum toluiferum croît dans les environs de Turbaco, et principalement dans les hautes savanes , proche de Tolu , de Gorozol et de la ville de Tacasuan ; ou le trouve aussi à l’embouchure du fleuve Sinu, pioche el Zapote, et çà et là sur les bords de la Magdelaine, aux environs de Garapatas et de Montpox. Cet arbre avait été nommé par Linné loluifera balsamum, et avait été rangé par Jussieu dans la famille des térébinthacées , par suite d’une erreur de Hiller , qui avait joint à la description des feuilles un fruit étranger à l’espèce. C’est Ruiz qui a le premier émis l’opinion que le toluifera de J.inné devait être réuni en un seul genre avec les rnyroxylüu et les myrospermum {Appendice à la Quinologie, p. 97). Ce célèbre botaniste ])ensait même, ainsi qu’on l’a vu plus haut, que le baume de Tolu ne différait pas du baume du Pérou sec (p. 100). La première opinion a été confirmée par M. Ach. Richard {Ann. sciences nat., t. Il, p. 168, 1824); nous allons voir que la seconde est aussi bien près d'être une vérité.
Baume- de Tutu.
Ce baume est produit en très grande quantité dans les diverses parties de la Colombie qui viennent d’être indiquées par le myrospermum toluiferum. Jl est sec ou
Le baume île 'S'oiii sec arrivait autrefois dans des calebasses d’une petite dimension, qui sont devenues très rares aujourd’hui ; il est veau
ensuile dans des potiches de terre d’un volume et d’un poids considérables Aujourd’hui on le renferme presque exclusivement dans des boîtes de fer-blanc du poids de 3 kilogrammes environ. Il est solide et cassant à froid, mais il coule facilement et se réunit en une seule masse, comme le fait la poix. Il est fauve ou roux, d’une transparence imparfaite, d’une apparence grenue ou cristalline. Il possède une odeur douce et très suave , moins forte que celle du storax et du baiime du Pérou. Il est ductile sous la dent et présente une saveur douce et parfumée , seulement accompagnée d’une légère âcreté à la gorge, due aux acides qu’il contient. Il fond au feu en répandant une fumée très agréable; il est très soluble dans l’alcool , moins soluble dans l’éther. Il cède à l’eau bouillante une assez grande quantité d’acide cinnamique et d’acide benzoïque mélés.
Le baMuie de 'H'oIh mou se irouve toujours en boîtes de fer-blanc ; il a une consistance de poix molle ou de térébenthine épaisse; il est plus transparent que le premier, plus foncé en couleur et contient souvent des impuretés. Il po.ssèdeune odeur suave et aromaiique, plus marquée peut-être; mais il a une saveur peu marquée et contient moins d’acides benzoïque et cinnamique. Je me suis convaincu que cette différence tenait à ce que le baume était plus récent : en exposant pendant longtemps ce baume mou à l’air, sur une assiette, il est devenu sec et cristallin , sans rien perdre de son poids; et l’avant alors traité par l’eau, j’ai constaté, au moyen de la saturation par un alcali, que le baume solidifié à l’air contenait plus d’acide que lorsqu’il était récent. Il a été évident pour moi que cette augmentation d’acidité était due à l’oxygénation de l’essence.
Il faut prendre garde, en achetant du baume de Tolu, de prendre en place du liquidambar mou, ou un mélange des deux, ou du baume de Tolu qui ait déjti été traité par l’eau. Le baume de Tolu ne doit pas être opaque , ne doit jtas contenir d’eau , doit avoir une odeur et un goût marqués, très agréables et tout à fait distincts du styrax et du liquidambar.
Le baume de Tolu, distillé avec de l’eau, fournit une essence liquide composée de trois corps volatils: 1" de tolène, essence liquide bouillant à 170 degrés, formée de 11 'S; T A' acide benzoïque -, 3“ de cinnaméine bouillant h 3ïi0 degrés. Les acides dissous par l’eau, ou qu’on peut en extraire par un carbonate alcalin, sont un mélange d’acide benzoïque et d’acide cinnamique. Quant à la résine, on peut l'obtenir en dissolvant dans la potasse caustique étendue le baume épuisé d’essence et d’acides par l’ébullition dans l’eau ; on précipite ensuite la résine en faisant passer dans la liqueur un courant d’acide carbonique, on la lave et on la fait sécher. Elle egt rouge , fusible à 103 degrés et composée de
DICOTYLÉDONliS CALICIFLORKS.
Baume du Pérou scc.
Nous avons vu précédemment que , d’après Ruiz , le myrospermum peruiferum, au moins celui qu’il nomme ainsi, fournit, par incision , un baume liquide et blanchâtre qui, lorsqu’il est solidifié à l’air, ou dans des calebasses , porte le nom de boMine blanc sec ou de baume de loin. Je suis heureux de devoir à W. '\Yeddell un échantillon de ce vrai baume sec du Pérou, recueilli par lui dans le sud de la Bolivie, au pied du myrospermum, dont il a rapporté les feuilles et le bois. Ce baume est tout à fait solide, d’un blond rougeâtre, seulement translucide, dur, très tenace et d’une cassure esquilleuse ou cristalline. Il possède une odeur très aromatique , analogue h celle du baume de ïolu ordinaire , mais beaucoup plus forte sans cesser d’être très agréable; il se ramollit entre les dents et présente le même goût très parfumé , accompagné d’une âcreté marquée, mais non désagréable. En un mot, le baume du Pérou sec et le baume de ïolu doivent être considérés comme deux sortes d’une même substance dont la première l’emporte beaucoup en qualité sur la seconde.
Baume du Pérou brun.
Baume du Pérou en cocos de ma 3' édition. Je laisse encore à cette substance le nom de baume du Pérou, quoique j’aie lieu de penser qu’elle soit originaire du Brésil et qu’elle ne soit autre chose que le cabureicica àe. Pisoii {Bras., p. 57), produit par le cabureiba , arbre très vaste et aromatique, à feuilles petites, semblables à celles du myrte, croissant dans les districts de Saint-Vincent et du Saint-Esprit , ainsi que dans la province de Pernambouc. Ce qui me fait croire qu’il en est ainsi, c’est que M. Fr. Ph. Martius nous apprend que ce baume, qui est d’une fragrance extraordinaire et semblable h celui du Pérou , est renfermé par les Indiens dans les fruits non mûrs d’une espèce éLCschiceilera ou de leeythis, et que le fruit dans lequel le baume du Pérou brun est ordinairement renfermé et que j’avais pris anciennement pour un petit coco, est en effet le fruit d’une lécythidée. Quoi qu’il en soit , ce baume est demi-liquide , grumeleux et d’une couleur assez foncée. Il n’est pas transparent, si ce n’est étendu mince sur une lame de verre. Il paraît formé de deux sortes de matières; une plus fluide et une autre plus solide, grumeleuse et comme cristalline. Il a une saveur très douce et parfumée, et il jouit d’une odeur forte et des plus suaves qui se rapproche beaucoup de celle du storax calamite.
Ce baume vient aussi quelquefois en calebasses, comme le baume de ïolu. J’en possède une de ce genre, haute de 9 centimètres, large
LÉGUMINEUSES. UUÏ
de 7,5, à moitié pleine d’un baume dont une partie est encore un peu coulante, unie, lisse, transparente et d’un rouge brun; tandis que l’autre présente une masse de petits cristaux étincelants, imprégnés' de la première substance. Ces cristaux n’ont aucune saveur âcre et ne doivent pas être de l’acide benzoïque ; la calebasse, renfermée dans un bocal de verre, le recouvre en peu de temps d’un sublimé blanc qui le rend complètement opaque.
Itaiinic fie San-Salvador.
Baume du Pérou noir, ou Baume du Pérou liquide du commerce. On a cru pendant très longtemps que ce baume venait du Pérou, et que sa seule différence avec les précédents provenait de ce qu’il était obtenu par décoction dans l’eau des rameaux de l’arbre. Mais d’abord un baume qui serait obtenu par décoction dans l’eau, au lieu d’être plus liquide et plus aromatique que celui par incisions, serait plus consistant et moins pourvu d’huile volatile, et c’est le contraire qui a lieu. Secondement, ce baume ne devrait pas contenir d’acide benzoïque ou cinnamique, et le baume noir du Pérou en contient beaucoup : ainsi ce baume n’est pas obtenu par décoction.
D’un autre côté , un pharmacien français qui a exercé pendant plusieurs années à Lima n'y a pas vu de baume du Pérou noir, et deux voyageurs qui ont parcouru le Paz, pour y chercher les quinquinas, n’y ont rencontré ni baume, ni fruit semblable à celui des myrospermum (1). Ces deux circonstances me faisaient déjà fortement douter que le baume du Pérou noir (et l’autre de même) vînt du Pérou, lorsqu’un négociant français (M. Bazire), revenant de la république de Centre- Amérique, me remit ce même baume qui est obtenu en abondance sur la côte de San-Sonalé, dans l’Étal de San-Salvador, des incisions faites à un myruspermum dont il m’a rapporté le fruit. Ce fruit, que j’ai décrit dans le Joiirn. de pharm., t. XX, p. 552, manquait de l’aile membraneuse qui distingue les myrospennum , et j’avais cru m’être assuré , par l’inspection des bords du fruit, que cette absence n’était pas accidentelle; mais la figure de l’arbre que j’ai vue depuis dans Hernandez {3/ex., p. 51) m’a montré qu’il ne différait pas h cet égard des autres myi'ospermuin , et qu’il était probablement le même que le 31. peruiferum L. Quoi fiu’il en soit , il ne pouvait rester aucun doute que le prétendu baume noir du Pérou ne fût le même que le baume d’Inde d’Hernandez, auquel j’ai cru pouvoir restituer son véritable nom en l’appelant ssaHimc de Sa>ï-Saivadior. J’ai donc été assez étonné de voir cette année M. liecluz, pharmacien à Vaugirard, donner comme
il) Cet arbre y existe cependant , ainsi qu’on l’a vu.
hU2 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
nouveau dans le Journal de pharmacie (août 1849), ce que j’ai dit eu 1834 sur l’origine de ce baume. Je n’en aurais pas fait l’observation si M. Reckiz n’avait reproduit en même temps, comme fait nouveau, une erreur de Jacqiün, répétée par tous les botanistes qui l’ont même inscrite au nombre des caractères du genre myrotiperinum : c’est que les loges séminifères et les semences elles-mêmes sont remplies de suc balsamique, d’où Jacquin a même formé le nom générique myrospermum (semence-parfum) , et d’où Cbaumeton d’abord, mais avec doute, dans la Flore médicale, et i\l. Recluz ensuite, sans aucune hésitation, ont supposé que le baume du Pérou était retiré des semences , et non du tronc ou des gros rameaux de l’arbre. Or les semences des myrospermessont formées d’un épisperme membraneux, blanc et très mince, et de deux cotylédons jaunâtres, huileux et d’un faible goût de mélilot, qui ne contiennent aucune portion de baume ; la loge elle-même en est complètement dépourvue , et ce n’est qu’en dehors de l’endocarpe et dans plusieurs lacunes formées par le mésocarpe que l’on trouve une petite quantité de baume résineux, jaune et transjtareiU , liquide à l’état récent, mais sec et cassant dans les fruits parvenus par la voie du commerce. Il est impossible (juc cette faible quantité de suc résineux soit l’origine decelui du commerce; et d’ailleurs les autorités réunies d’Hernandez , de Pison , de Ruiz , de .M. de Uumboldl pour le baume de Tolu , de M. Bazire pour celui de San-Salvador, et de M. AVeddell pour celui de la Paz, ne laissent aucun doute sur ce fait, que tous ces baumes sortent naturellement, ou par suite d’incisions, du tronc des arbres qui les fournissent. Je reviens maintenant au baume de San-Salvador.
Ce baume a la consistance d’un sirop cuit; il est d’un rouge brun très foncé et transparent; il a une odeur forte , tirant un peu sur celle du styrax liquide , mais toujours très agréable , et une saveur âcre et amére preupxe insupportable. Il brûle avec flamme lorsqu’il est chaud, et se dissout entièrement dans l’alcool ; mais la liqueur est toujours louche, et laisse déposer une petite quantité d’une matière fauve, pulvérulente ; il cède de l’acide à l’eau bouillante et en contient quelquefois assez pour en former à la longue une belle cristallisation aiguillée et prismatique, au fond des flacons qui le renferment ; il est employé dans plusieurs compositions pharmaceutiques et dans la parfumerie.
Le baume noir du Pérou est très sujet à être falsifié avec de l’alcool rectifié, dilférentes huiles fixes, du baume de copahu, etc. L’alcool rectifié se reconnaît par la diminution que le baume éprouve après son mélange avec l’eau ; les huiles grasses , hors celle de ricin , se reconnaissent en dissolvant le baume dans l’alcool; le copahu est signalé par son odeur; en général, la pureté et la force de l’odeur, jointe à la transparence parfaite du baume, sont des indices assez certains de sa bonté.
LÉGUMINEUSES. Uk'i
Le baume du Pérou noir a été le sujet de recliercliés de M. Stoizo Journ. de cliim. niéd., t. I, p. 137), mais c’est M. Frémy principalement qui nous a éclairé sur la nature des principes qui le constituent.
D’après M. Frémy, le baume de San-Salvador (du Pérou noir) est principalement formé d’une résine, d’une huile liquide à laquelle il donne le nom de cinnciméine et d’un acide cristallisable que l’on avait pris jusqu’à lui pour de l’acide benzoïque; mais qui est du l’acide cinnamique.
Pour analyser le baume de San-Salvador, M. Frémy le dissout dans de l’alcool rectifié, puis y ajoute un soluté alcoolique de potasse, laquelle forme avec la résine un composé insoluble qui se précipite. Le cinnamalede potasse et l’huile restent en solution. On y ajoute de l’eau qui précipite l’huile, mêlée d’un peu de résine; on purifie la première en la faisant dissoudre dans le naphte et évaporant dans le vide. L’huile ainsi obtenue est liquide, peu colorée, presque inodore (1), pourvue d’une saveur âcre, plus pesante que l’eau qui la dissout à peine. Elle tache le pajtier comme une huile grasse; elle se volatilise ce|)endanl à une température élevée, mais en se décomposant partiellement à la manièi'u des huiles grasses. Cette huile, ou cinnarnéine, est composée, suivant M. Frémy, de ou, suivant âJ. Mudler, de C^®n-®üs.
Cette dernière formule, dont le quart est de C'^lOO^, a l’avantage de mieux représenter les rapports qui existent entre la cinnarnéine, l’esbcnce d’amandes amères (C'-'HCO^) et l’acide benzoïque (C'*H60^). En effet , quand on traite la cinnarnéine par l’acide nitrique ou le suroxyde plombique, on la convertit en essence d’amandes amères; et quand on la traite par le chlore, on la convertit en chlorure de benzuïle que l’eau décompose en acides chlorhydrique et benzoïque.
De l’iiiillgo.
L’indigo est une matière colorante que l’on retire des feuilles d’un certain nombre de plantes appartenant presque toutes à un genre de la famille des légumineuses , qui a été nommé à cause de cela indigo fera. Les principales espèces qui en fournissent sont : 1° Y indigofera argeiilea , ou indigotier sauvage, qui fournit le plus beau, mais en petite quantité ; 2“ Y indigofera disperma, ou Gualimala; 3” Y indigofera anil , ou l’anil (fig. 368) ; Yindigofera tinctoria, ou l’indigotier français ,
(1) 11 manque alors quelque chose à l’analysa de M. Frémy : c’est de faire connaître le principe auquel est dire l’odeur si forte et si caractérisée du baume.
khh DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
qui le donne moins beau que les autres espèces , mais eu plus grande quantité, ce qui est cause de la préférence qu’on lui accorde pour la culture. (Edward.)
Le genre indigofera appartient à la tribu des lotées , de la sousfamille des papillonacées. Le calice est à cinq dents aiguës ; l’étendard est arrondi ; les ailes sont de la longueur de la carène , qui est gibbeuse ou éperonnée de chaque côté ; les étamines sont diadciphes; le style est filiforme et glabre. Le légume est cylindroïde ou tétragonc , droit ou falciforme , bivalve , polysperme ou monosperme par avortement, séparé par des élrangiernenls entre chaque semence. Les semences sont ovoïdes, tronquées aux deux extrémités , ce qui leur donne une forme à peu près cubique. Les feuilles sont imparipinnées, rarement à une seule paire de pinnules , et quelquefois unifoliées.
Les indigotiers sont indigènes aux Indes et au Slexique , d’où ils ont été propagés dans les deux Amériques et aux îles. 11 paraît que la manière d’en l’etirer l’indigo et celle d’appliquer cette couleur aux tissus ont été très anciennement connues dans l’Inde ; mais ces procédés ont été ignorés en Europe jusque vers le xvr siècle , que les Hollandais commencèrent à faire connaître l’importance de l’indigo. Néanmoins l’usage en fut restreint jusqu’au milieu du siècle suivant. Alors sa supériorité sur tous les autres produits tinctoriaux fut généralement reconnue; on cultiva les indigotiers au Mexique et dans les îles, et avec assez de succès pour faire oublier l’indigo de l’Inde. Enfin , depuis un certain nombre d’années, les Anglais ont fait recouvrer à l’indigo de l’Inde son ancienne réputation , et maintenant ils pourraient h eux seuls en approvisionner toute l’Europe.
La plante qui fournit l’indigo est bisannuelle , mais elle est ordinairement épuisée dès la première année. On la sème tous les ans au mois de mars ; deux mois plus tard on en fait une première récolte , deux
LÉGUMINEUSES. hh^
mois après une autre , et quelquefois une troisième et une quatrième dans le courant delà même année, selon le pays. Mais la première coupe est la meilleure, et les autres vont en déclinant : au Mexique et dans les îles on en fait ordinairement trois ; dans l’Amérique méridionale on en fait deux au plus, la première ne pouvant avoir lieu que six mois après rensemcncement de la terre.
On coupe la plante avec des faucilles et on la dispose par couches dans une très grande cuve appelée trampoir ; on en remplit celte cuve aux trois quarts, et l’on cliarge la plante de poids, pour l’empêcher de surnager l’eau que l’on verse ensuite dessus, de manière à ce qu’elle en soit surpassée d’un pied environ. On laisse fermenter le tout jusqu’à ce qu’on voie se former sur la surface de la liqueur une écume irisée; alors on soutire l’eau et on la laisse couler dans une autre cuve inférieure nommée batterie. Là on l’agite fortement pendant quinze ou vingt minutes, à l’aide de quatre ou cinq grandes perches disposées en bascules sur un des côtés de la batterie , et munies à leur extrémité d’une auge sans fond. Lorsque la liqueur, de verdâtre et de trouble qu’elle était d’abord, devient bleue et se caillebotte , on y ajoute une certaine quantité d’eau de chaux, qui facilite beaucoup la précipitation de la matière colorante et qui préserve la liqueur de la putréfaction. On laisse reposer , on décante l’eau, on lave le précipité, on le met égoutter sur des toiles ; après quoi on en remplit de petites caisses carrées en bois munies d’un fond de toile, et l’on en achève la dessiccation en suspendant ces carrés à l’ombre.
L’indigo , considéré sous le rapport du commerce et par ses propriétés physiques, est une substance sèche, d’une couleur bleue foncée, qui varie cependant du bleu au violet et au bleu cuivré. Il est facile à casser, d’une cassure uniforme et très fine. Une de ses propriétés les plus caracléri.stiques est celle de prendre un éclat cuivré par le frottement de l’ongle. On préfère celui qui prend le plus d’éclat par ce moyen , qui est le plus léger et d’une belle nuance bleue-violeltc foncée.
On distingue les .sortes d’indigo par le nom du pays qui les fournit. Ainsi, on a l’imligo <Ie riiulc, qu’on distingue en Bengale, Madras, Coroniaixlel, etc. ; l’Bndigo Biiatimala, OU Indigo flore, qui est le ])lus estimé ; l’indigo >ie la iLoui.sianc, et d’autres encore.
L’indigo dore est le plus léger de tous; il a une belle couleur bleueliolette. L’indigo du Bengale est celui qui s’en rapproche le plus. L’indigo de la Louisiane est plus compacte, plus foncé, et a une cassure cuivreu.se ; il doit fournir beaucoup à la teinture.
Les indigofera ne sont pas les seules plantes qui puissent fournir de l’indigo ; le nerium. tinctorhim L. ( Wrightia tinctoria R. Br.), arbre très commun dans l’rnde, en contient tme grande quantité : pour l’en
/|/l6 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
extraire, on traite les feuilles à chaud au lieu de les traiter h froid ; mais
du reste on agit de même.
La Giii-de, VoHccie , OU Pastel [isatis tinctoria , tétradynamie siliqueuse, famille des crucifèi es), fournil aussi de l'indigo. Fendant la grandeguerre continentale, la France étant privéede produits coloniaux, on a essayé d’extraire cet indigo , et quelques uns de ces essais ont eu lieu à la pliarniacie centrale des hôpitaux civiLs. On y a traité le pastel de la mattière précédemment exposée, et l’on a observé les mêmes phénomènes; seulement ou a été obligé d’ajouter une plus grande quantité d’eau de chaux pour opérer la précipitation de la matière bleue : il s’en est suivi que la grande quantité de carbonate de chaux formée , jointe à la matière verte de la plante, qui s’est précipitée également , a tellement étendu la couleur bleue, que l’indigo ainsi préparé n’a pu soutenir la concurrence avec celui du commerce ; mais on a pu , on traitant cet indigo, alternativement par la potasse, qui dissout la matière verte, et jiar l’acide chlorhydrique , qui décompose et dissout le carbonate de chaux, on obtenir de l’indigo très pur, identique en tout aux meilleurs indigos exotiques; seulement la quantité en était peu considérable.
On emploie en Chine, depuis un temps immémorial , pour la teinture en bleu , une plante de, la famille des polygonôes , nommée pol>/gonum tinctorium. Cette plante, ayant été introduite en France, devint l'objet d’un certain nombre de recherches, à la suite destpielles , en 1839, la Société de pharmacie de Paris proposa un prix pour l’extraction de l’indigo du pohjgomnn tinctorium. Ce ])i ix fut remporté par Osmin Hervy , préparateur à l’école de pharmacie , qui périt bientôt après, victime du plus funeste accident (1). Il résulte de son mémoire et de celui de M.ll Girardin et Preisser, imprimés dans le Journal de pharmacie de 18é0, qu’il serait possible, dans des circonstances données, et si cela devenait nécessaire , d’extraire de l’indigo du polygonum. Je passe sous silence plusieurs autres plantes qui en contiennent également, mais en trop petite quantité pour qu’il soit possible d’en tirer un parti utile.
L’indigo du commerce, considéré chimiquement, ne doit pas être regardé comme un principe immédiat des végétaux. C’est une pâte colorante dont une grande partie , à la vérité, est formée d’un principe immédiat particulier, mais qui contient en outre une résine rouge, soluble dans l’alcool, une autre matière rouge verdâtre soluble dans l’eau, du carbonate de chaux, de l’alumine , de la silice , et de l’oxyde de fer en assez grande quantité. Ce n’est
(1) Le 30 décembre 1840, Hervy, préparant de l’acide carbonique liquide dans un des laboratoires de l’école , fut renversé par l’explosion de l’appareil ; il avait les deux jambes brisées. I! est mort le 3 janvier suivant , emportant les regrets des professeurs et des élèves , ses condisciples et ses amis.
LÉGUMINEUSES. khi
qu’en épuisant l’indigo flore successivement par les dilTérenla agents capables de dissoudre ces corps (t), qu’on obtient le principe immédiat pur, ou l’in- (Ugotine , dont alors voici les propriétés ;
lia une couleur bleue violette superbe; il est inaltérable à l’air; chauflé dans un vase clos , il se fond et se volatilise, partie décomirosé, partie non altéré , sous la forme de belles vapeurs pourpres qui se condensent en aiguilles cuivrées : chauffé avec le contact de l’air, à la chaleur strictement nécessaire à sa sublimation, l’indigotine se volatilise entièrement et sans décompo-
L’indigotinc est une substance azotée, dont la composition est de C‘“ n*' Az 0% Elle est tout à fait insoluble dans l’eau, l’alcool, les alcalis et les acides faibles. L’acide sulfuri(iue concentré la dissout et forme ce qu’on nomme h blext en liqueur , que llerzéliiis considère comme formé de deux acides analogues à l’acide sulfo-vinique, et qu’il nomme acide suif o-indi gotique et acide hyposulfo-indigolique. Il se produit ausd un composé pourpre insoluble dans la liqueur acide étendue, mais soluble dans l’eau pure , qui a reçu le nom d'acide sulfo- purpurique.
L’indigoline , traitée par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse , donne naissance à un composé oxygéné nommé isaiine, cristallisablc en prismes rhomboïdaux, d’une couleur aurore foncée et très éclatante , et dont la composition égale G’” H” èz O».
Ce corps , découvert par M. Laurent , a été transformé par lui en une foule de composés chlorés , bromés , iodés , sulfurés , etc.
L’acide nitrique agit de deux manières différentes sur l’indigo ; lorsqu’il est en petite quantité et étendu d’eau , il le convertit en acide indigotique erislallisable, incolore et volatil, dont la composition est C’’" H” Az 0‘“, que l’on représente plutôt par G’ ’ L’ ’ è* O^ + u 0, une molécule d’eau se trouvant remplacée, dans les sels , i)ar une molécule d’oxyde métallique.
L’indigo , traité par dix à douze fois son poids d’acide nitrique concentré , donne naissance à un acide jaune , cristallisable , très amer et détonant ,
too
M. rxMîii-liiis a signalé dans les indigos du commerce lu présence d’un brun d'iiiitîÿo , solulile dans les alcalis, qui paraît avoir de l’analogie avec l’acide nimique , et celle d’un rouge d’indigo , qui est probablement le même corps que la résine rouge do M, Chevreul.
/l/l8 DICOTYLÉDONES CAI.ICIFLORES.
nommé acide nilro-picrique, acide picrique, carbazotique , nilro-phénisiqne ,
amer de Welter, lequel se forme égalemenl par l’action de l’acide nitrique
sur un grand nombre d’autres corps , tels que la salicine , la coumarine ,
la soie J etc. Cet acide cristallisé égale C'^ y® Az® 0“, desquels yO sont
remplacés, dans les sels, par MO. Ces sels détonent par l’aciion de la
chaleur.
L’indigo bleu , mis en contact h la fois avec un alcali et avec un corps avide d’oxygène, tel que du miel , du glucose, du proto-sulfate de fer, du sulfure jaune d’arsenic, etc., se change en un corps incolore ou verdâtre , nommé indigo réduit ou indigo blanc , qui est très soluble dans les alcalis , et susceptible de s’oxygéner de nouveau à l’air , ce qui lui rend sa couleur bleue et son insolubilité. La manière la plus simple d’expliquer ces faits serait de supposer que l’indigo blanc est de l’indigo bleu désoxygéné, et de représenter sa composition par C’® y® dr- O ; mais comme ce corps contient en plus H O , et que sa composition est en réalité C’“y“âzO-, M. Dumas préfère le regarder comme de l’indigo hydruré ; ce qui s’explique d’ailleurs facilement, en admettant que, dans la décoloration de l’indigo , c’est l’eau qui se trouve décomposée et qui cède , d’une part son oxygène au corps rcductif, de l’autre l’hydrogène à l’indigo. Pareillement , dans la réapparition de l’indigo bleu au contact de l’air , l’oxygène ne ferait qu’enlever à l’indigo blanc 1 équivalent d’hydrogène.
On admet généralement que l’indigo existe dans les plantes à l’état d’indigo blanc , parce que, en effet, il y est privé de couleur, et que le contact de l’air paraît indispensable à son extraction; mais, comme l’a supposé Robiquet, il serait possible que le corps primitif qui existe dans la plante fût non seulement incolore , mais encore privé d’azote , et que l’indigo se formât par la fixation des éléments de l’ammoniaque et d’une petite quantité d’oxygène sur ce corps primitif (JournoZ depharm., t. XII, p. 281). Quoi qu’il en soit , c’est sur la propriété que possède l’indigo d’être dissous après avoir été hydrogéné ou désoxygéné , qu’est fondée la manière de l’appliquer aux tissus de laine et de coton. On le met d’abord en contact, soit avec des matières végétales qui, par un commencement de fermentation putride, s’emparent de son oxygène , soit avec des sels métallique.s au minimum , ou avec des sulfures , que l’on accompagne d’alcalis ; de sorte que l’indigo, désoxygéné et dissous par ces différents moyens , donne un bain de teinture verte; cette couleur passe ensuite au bleu par exposition à l’air ; en dernier lieu on lave le tissu , et on le fait sécher.
L’indigo n’est employé en pharmacie que pour colorer quelques onguents.
FAMILLE DES TÉRÉBINTHAOÉES.
Arbres ou arbrisseaux souvent résineux, ayant les feuilles alternes, généralement composées, non stipulées. Les fleurs sont hermaphrodites ou uni-sexuelles, généralement petites et disposées en grappes. Chacune d’elles présente un calice composé de 3 à 5 sépales quelquefois soudés à la hase ; la corolle , qui manque quelquefois , est régulière et se compose d’un nomlire de pétales égal aux lobes du calice. Les étamines sont
TÉliriBINTIlACÈES. liUQ
en nombre égal aux pclales et alors alternes avec eux, quelquefois eu nombre double, ou très rarement quadruple. Le pistil se compose de 3 ou 5 carpelles distincts ou plus ou moins soudés , entourés à leur base d’un disque périgyne. Quelquefois plusieurs carpelles avortent et il n’en reste qu’un surmonté de plusieurs styles. Chaque carpelle est à une seule loge contenant tantôt un ovule porté au sommet d’un podosperme filiforme, tantôt un ovule renversé, ou deux ovules renversés et collatéraux. Les fruits sont secs ou drupacés, contenant généralement une seule graine, sans endosperme.
Aujourd’hui plusieurs botanistes regardent les térébiutliacées telles qu’elles ont été définies par de Jussieu et Decandolle, comme un groupe ou une alliance à laquelle on réunit d’abord les rutacées, et qu’on divise ensuite en tin, assez grand nombre de familles. Mais je préfère suivre M. Richard, qui laisse ces deux groupes séparés, et qui divise celui des térébinthacées en cinq tribus dont voici les caractères ;
J. Anacardiées. Pétales et étamines insérés sur le calice ou sur un disque calicinal; ovaire uniloculaire et monosperme; graine portée sur un podosperme basilaire; radicule repliée sur des cotylédons épais. — Genres a.nacardium, semecarpus, mangifera, pistaciu , nstronium, comocladia , picramnia , rkus , schiniis.
IL Spondiacées. 5 pétales insérés sous un disque dentelé , entourant l’ovaire ; 10 étamines ; ovaire quinquéloculaire ou bi-quadriculaire par avortement; loges unlovulées; drupe à noyau bi-quinquéloculaire ; cotylédons piano-convexes; feuilles imparipinnées. — Genres spondias, poupartia.
III. Bursékacées. 3 à 5 pétales insérés sous un disque calicinal; étamines en nombre double des pétales; ovaire 2-5 loculaire, à loges bi-ovulées. Style simple ou nul. Autant de stigmates que de loges à l’ovaire. Drupe à noyau bi-quinquéloculaire; cotylédons chiffonnés ou charnus; radicule droite, supère. — Genres iostee/ffa , bcdsamodendron, elaphrium, icica, bursera , mo.rignia , colophunia, canariitm, hedwigia , garuga.
IV. Amyridêes. Fleurs hermaphrodites ; h pétales imbriqués; 8 étamines; torus épais et proéminent ; ovaire uniloculaire, biovulé; stigmate sessile, en lûte; drupe à noyau chartacé, monosperme, indéhiscent; semence sans endosperme h cotylédons charnus , à radicule supère , très courte; feuilles composées, marquées de points transparents; péricarpe glanduleux. — Genre amyris.
V. Connaracées. 5 pétales insérés sur le calice ; 10 étamines ; 5 carpelles à un style, distincts, ou en nombre moindre par avortement; biovulés, monospermes par avortement. Semences élevées du fond du carpelle, souvent arillées , pourvues ou privées d endosperme , à cotylé-
Tii. 20
A50 DICOTYLÉDONES CAUCIFLORES.
dons foliacés ou charnus ; radicule située au sominet ou près du sommet de la graine; courte et épaisse; feuilles composées, non ponctuées. — • Genres connarus , omphulobium.
La famille des térébiuthacées fournit un très grand nombre de matières résineuses, plusieurs gommes-résines, un certain nombre de fruits alimentaires ou médicinaux , et plusieurs bois usités dans la teinture ou l’ébénisterie. Quelques espèces sont vénéneuses, ou pourvues d’un suc caustique.
Sumac des corroyeurs.
Roure des corroyeurs, rhus coriaria L. Tribu des anacardiées.
Car. gén. : Fleurs souvent dioïques ou polygames; calice monophy lie à f) divisions persistantes ; corolle à 5 pétales ovales, étalés; 5 étamines à filanuTits très courts; ovaire uniloculaire, pourvu de 3 styles très courts ou de 3 stigmates sessiles. Le fruit est un drupe uniloculaire et monosperme.
Le sumac des corroyeurs croît naturellement dans les lieux secs et pierreux du midi de l’Europe. C’est un arbrisseau de 3 à U mètres de hauteur, dont les rameaux sont revêtus d’une écorce velue. Les feuilles sont imparipinnées , à 5 ou 7 paires de folioles velues , à pétiole nu , un peu marginé au sommet; les folioles sont elliptiques et grossièrement dentées. Les fleurs sont petites, verdâtres, disposées en grappes serrées à l’extrémité des rameaux; les stigmates sont sessiles. Le fruit est un petit drupe aplati, verdâtre, d’un goût acide et très astringent, contenant une semence de forme lenticulaire. Ce fruit était usité autrefois dans les cuisines comme assaisonnement. Les feuilles, séchées et pulvérisées grossièrement, servent au tannage et à la teinture. Du temps de Cliisius, la province de Salamanque en faisait un commerce considérable.
Sumac de 'Virginie, 7'kus typhinum L. Arbrisscau originaire de l’Amérique septentrionale, cultive depuis longtemps en Europe pour l’ornement des jardins. Ses jeunes i-ameaux sont couverts d’un poil ras, épais, roussâtre et doux au toucher, ce qui les fait ressembler aux jeunes andouillers de cerf. Ses feuilles portent, sur un pétiole très pubescent, 8 à 16 paires de folioles avec impaire, glabres en dessus, pubescentes en dessous, lancéolées, très aiguës, finement dentées en scie. Les fleurs forment des épis veloutés et rougeâtres au sommet des rameaux ; les fruits sont rouges, arrondis, pressés les uns contre les autres, pubescents, d’une saveur acide et astringente très marquée.
Le sumac de Virginie peut servir aux mêmes usages que le précédent; il découle de son écorce incisée un suc lactescent qui .se concrète en une gomme-résine.
On cultive dans les jardins un anti
re sumac originaire de l’Amérique,
TÉliÉBINTHACÉES. /|51
nommé Sumac giai>re , >■/«« (jlabrwn L. , qui diffère du précédent parce que ses rameaux et ses feuilles sont glabres et ses fleurs verdâtres. On peut citer encore Je Sumac vcrnts, rlms vernix L. , arbrisseau du Japon , qui fournit par incisions un suc laiteux qui se condense et noircit à l’air, et qui sert à faire un vernis noir, après avoir été dissous dans une huile siccative; le rlius copallinum du Mexique, qui fournit une résine que l’on a crue être le copal dur ou animé dure du commerce, dont l’origine est bien différente , ainsi que nous l’avons vu ; enfin , le rhus mdopiwn L. , arbrisseau de la Jamaïque, dont les feuilles ont deux paires de folioles avec impaire, dont les fleurs sont hermaphrodites, et dont l’écorce incisée laisse découler une gomme-résine purgative, émétique et diurétique, nommée hog-gum ou doctor-gum. Celte gomme-résine est en larmes ou en masses demi-opaques, friables, d’un jaune assez prononcé, ainsi que le serait de la gomme ammoniaque teinte avec de la gomme gutte. Elle est inodore et faiblement
Snmacs Ténenenx.
Deux espèces de sumacs, peu distinctes l’une de l’autre, se font remarquer par une forte qualité vénéneuse. Ce sont les rhus radicans et toxicodendron (fig. 369), originaires tous deux de l’Améri([ue septentrionale, et cultivés depuis longtemps dans les jardins. Ces arbrisseaux ont des tiges nombreuses , faibles et flexibles, pouvant s’attacher aux arbres par des radicules qui s’enfoncent dans leur écorce.
Leurs feuilles sont composées d’une seule paire de folioles avec impaire. Les fleurs sont dioïques, disposées en petites grappes verdâtres dans l’aisselle des feuilles.
Les fruits sont de petits drupes blancs, arrondis, ayant presque l’appareiice du poivre blanc. Le rhus radicans a les folioles ovales, pointues, vertes, glabres, très entières ; le r/tws toxicodendron a les siennes pubescenles, anguleuses, quelquefois incisées.
Fig. 369.
U52 OICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Le toucher de ces deux plantes, et suivant beaucoup d’auteurs, la seule exhalation d’un principe âcre qui s’en dégage, suffit pour causer la tuméfaction et rinflammalion des paupières et du visage, et une cuisson brûlante des mains, suivie d’inflamnialion et d’éruption de petites vésicules pleines de sérosité. Mais ces propriétés dangereuses disparaissent par l’action du feu, et l’extrait des feuilles a pu être administré à des doses assez considérables sans produire aucune action délétère.
Fuslct.
/(hus cotimis L. Les tiges de cet arbrisseau sont hautes de 2 à 3 mètres, divisées en rameaux glabres comme toute la plante , garnis de feuilles simples, ovales, d’un vert gai et luisantes en dessus, d’un vert blanchâtre en des.sous. Les fleurs sont petites, verdâtres, disposées au sommet des rameaux en panicules très rameuses, dont les divisions filiformes s’allongent beaucoup, quand les fleurs sont stériles, et se chargent de poils glanduleux et rougeâtres, qui leur donnent l’aspect de grosses houppes de duvet.
Le bois de fustet, tel que le commerce le présente ordinairement, est formé de souches et de branches tortueuses de 3 centimètres de diamètre environ ; il est pourvu d’un aubier blanc, poreux, que les vers attaquent facilement, et d’un cœur assez dur, d’un jaune foncé, à la fois brunâtre et verdâtre. Les grosses souches, sciées et polies, offrent, comme la racine de buis , des dessins de couleurs variées , qui les font rechercher des tourneurs et des tabletiers ; mais le plus grand usage du fustet est pour la teinture. 11 teint les étoffes on jaune orangé, mais qui est trop altérable pour être appliqué seul. On l’emploie toujours avec une autre couleur, qu’il modifie par le mélange de la sienne propre.
On trouve aussi du fustet provenant de troncs cylindriques et réguliers dépourvus d’aubier, et ayant cependant encore 6 centimètres de diamètre; il est moins riche en principe colorant que le précédent.
Solx d’acajou.
Cassiwimn jmniferum L.; anacardium occidentale L., tribu des anacardiées (fig. 370). Arbre de moyenne grandeur, répandu dans presque toutes les contrées chaudes de la terre, comme aux îles Moluques, aux Indes, au Bré.sil, dans la Guyane et aux Antilles. Scs feuilles sont simples, eniières, ovales, un peu atténuées à la base, très obtuses et cchancrécs au sommet. Ses fleurs .sont dispo.sées en panicules terminales, et sont accompagnées de bractées nombreuses. Le calice est par-
TÉlililillNTIIACliES. 453
lagü jusqu’à nioilié eu divisions aiguës ; la corolle esl h 5 pétales lincaireslancéolés , trois fois plus longs que le calice et réfléchis au sommet ; les anthères sont au nombre de dix, soudées par la partie inferieure des lilets, libres par le haut; de ces dix étamines, ordinairement une seide est exserte et pourvue d’une anthère biloculaire fertile; les autres, plus courtes et renfer- ’
niées dans la corolle, ne Fip;- 370.
portent que des anthères atrophiées et stériles ; l’ovaire est simple, uniloculaire, porté sur un torus charnu , qui remplit la partie non divisée du calice. Il est pourvu d’un long style latéral, terminé par un stigmate arrondi. Le fruit, provenant de l’ovaire développé , est composé d’un péricarpe en forme de rein , lisse et grisâtre , qui , sous une première enveloppe coriace , présente des alvéoles remplis d’un suc huileux, vi.squeux, brun noirâtre , âcre et caustique ; ces alvéoles .sont bornés à l’intérieur par une seconde membrane coriace, semblable à la première, et renfermant une amande réniforihe, h deux lobes, blanche, huileuse, douce, bonne à manger et d’une saveur agréable. Cette amande est encore recouverte immédiatement par une pellicule rougeâtre.
Ce fruit, dans son état naturel, est suspendu par le plus gros de ses deux lobes, à l’extrémité d’un corps charnu, présentant presque le volume et la forme d’une poire, et provenant du développement du torus calicinal. On donne h cette partie le nom de Pomme cV acajou; elle est acide, sucrée, un peu âcre, non désagréable.
La noix d’acajou n’est plus usitée. Si les médecins voulaient l’employer, ils ne sauraient trop avoir l’attention de prescrire s’ils désirent le péricarpe seul ou l’amande, ou les deux ensemble, vu les propriétés
ÜICÜTYLÉÜÜKliS CALlClFLORliS.
tout à fait opposées de ces deux parties. Le suc huileux du péricarpe a quelquefois été eaiployé pour ronger les cors, les vieux ulcères, et pour dissiper les dartres.
La noix d’acajou n’est pas produite par l’arbre qui fournit le bois de même nom, si recherché pour les meubles. Celui-ci provient du iiwictenia Mahogoni L., de la famille des méliacées; mais c’est l’arbre à la noix d’acajou qui donne la Gomme d'acojou dont il va être parlé.
Gomme d’acajou. Cette goiiime arrive en quantité assez considérable des divers pays où croît le cassuvium pomiferum, et pourrait être utilisée pour les arts, en raison de la gomme soluble qu’elle contient.
Elle est en larmes stalactiformes, souvent très longues, jaunes, transparentes, dures, à cassure vitreuse , et ressemblant au succin. Elle se dissout difficilement dans la bouche et s’attache fortement aux dents.
Traitée à froid par é8 parties d’eau , elle s’y gonlle et s’y dissout en partie. La portion non dissoute présente les propriétés de la bassorine. La liqueur surnageante, qui passe facilement à travers un filtre, en raison de son peu de con.sistance, ne rougit pas le tournesol , se trouble par l’oxalale d’ammoniaque , et forme par l’alcool un précipité blanc, abondant, floconneux , que je regarde comme de Varabine , ou gomme soluble d’Arabie ou du Sénégal.
Anacarde orientale.
Anacard ium long i fol ium Lam. ; senecarpus nnacardium L. f. (fig. 371). Arbre des montagnes de l’Inde, à feuilles simples , elliptiques-
oblongues, pourvu de fleurs petites, disposées en panicules axillaires et
terminales; le calice est à cinq divisions aiguës, la corolle h cinq pétales
oblongs, très ouverts; les étamines sont au nombre de cinq, libres, égales,
alternes et insérées avec les pétales, sur un disque urcéolé; ovaire uni-
TIÎUÉlUINTHACÉliS. 455
que, libre, uniloculaire , uniovulé, surmonté de trois stylos terminaux. Le fruit est cordiforme , un peu aplati, porté sur un torus épaissi, qui peut être mangé impunément. Ce fruit, tel que le commerce l’apporte, est noir, lisse, cordiforme, et présente souvent à sa base son réceptacle entier, plus petit que le fruit lui-même, fortement ridé et durci par la dessiccation. On observe souvent en outre, à l’extrémité atténuée de ce réceptacle, un pédoncule ligneux, qui était le véritable pédoncule de la fleur. A l’intérieur, l’anacarde est entièrement disposée comme la noix d’acajou : première enveloppe coriace et élastique ; alvéoles remplis d’un suc oléo-résineux , noir, visqueux , caustique , d’une odeur fade (ce suc y paraît plus abondant que dans la noix d’acajou) ; seconde enveloppe coriace, semblable à la première; amande blanche, douce au goût, encore recouverte immédiatement par une pellicule rougeâtre.
Comme on le voit, les différences entre l’anacarde et la noix d’acajou sont toutes superficielles ; et si une chose peut étonner, c’est que des arbres qui produisent des fruits aussi intimement semblables, diffèrent autant par leurs organes sexuels ; aussi sont-ils séparés dans le .système de Linné, l’anacardier ayant été rangé dans la pentandrie, et le pommier d’acajou dans l’ennéandrie ou la décandrie.
L’anacarde a les mêmes propriétés que la noix d’acajou ; cependant elle paraît moins dangereuse prise à l’intérieur, et elle a été plus souvent prescrite comme purgative.
Friill et Semence de Mango.
Moncjifern indica L. ; mangifera dnmestica Gærtn. , tab. 100. Le mango est un arbre des Indes orientales, qui a été propagé dans les Antilles, où il a formé un grand nombre de variétés. Il s’élève à la hauteur de 12 à 14 mètres. Ses feuilles sont simples, entières, oblongues-lancéolées. Les fleurs sont en panicules droites, et accompagnées de bractées. Le calice est à 5 divi.sions ; la corolle a 5 pétales plus longs que le calice ; les étamines sont au nombre de 5 , alternes avec les pétales, soudées à la ba.se ; il n’y en a qu’une seule exserte et fertile, les autres sont raccourcies et stériles. L’ovaire est libre, sessile, oblique, uniloculaire , à un seul ovule ascendant ; le style est latéral , courbé en arc, exserte , terminé par un stigmate obtus. Le fruit est un gros drupe un peu réniforme , très variable dans ses dimensions , sa couleur et son goût , mais généralement très recherché pour sa saveur parfumée , acidulé et sucrée. Le noyau est jilus ou moins volumineux , comprimé, un peu réniforme, formé d’un endocarpe ligneux, tout couvert de fibres blanches et chevelues. La semence présente deux enveloppes complètes, membraneuses, tout à fait distinctes et isolées l’une de l’autre; la première, qui est un arillc, puisqu’on trouve à l’intérieur le funicule qui
DICOTYI.ÙDONES (’.AI.ICTFEOP.ES.
conduit an hile, a la Idanclicnr cl la finesse d’une baudruclic. Le légunienl propre de la seinenre est lui-inêrac formé de deux tuniques soudées : rune, extérieure, lilanche et lustrée; l’autre , intérieure , d’un rouge foncé. L’amande est formée de deux cotylédons tournés en spirale et connue formés de pièces articulées. Cette amande présente un goût fortement astringent, et contient, suivant l’observation de fli. Avequin, une forte proportion d’acide gallique libre , qu’on peut en extraire par un procédé beaucoup plus facile et plus expéditif que celui qui sert à extraire cet acide de la noix de galle ( Jonm. de jjhann. , t. XVII , p. A21).
On donne en Amérique le nom de prunier d'Espagne, de mornhin ou de myrobolttn mombin, à deux espèces de spondias, qui sont les spondias purpiirca et lutea L. Le premier surtout produit des fruits très recherchés pour la table; ils sont ovales, revêtus d’une peau colorée de jaune et de pourpre , et sont formés, à l’intérieur, d’une chair parfumée, un peu acide et sucrée. Le noyau est volumineux, h 5 loges raonospermes, fout hérissé de crêtes ligneuses à l’extérieur.
Plstacliicr et Pistaches.
Pistacia vern L., tribu des anacardiées (fig. 372). Car. gén. : Fleurs dioïques. Fl. m. : calice petit à 5 dents; corolle nulle; étamines 5, opposées aux divisions du calice; filaments très courts, réunis en disque à la base; ovaire rudimentaire. Fl. fem. : calice à 3 ou A divisions pressées contre l’ovaire; corolle , étamines et disque nuis ; ovaire unique, scssile, uniloculaire, offrant très rarement les rudiments de 2 loges avortées; style très court; 3 stigmates; drupe sec.
Le pistachier croît naturellement depuis la Syrie jusqu’au Bokhara et au Cabul. Selon Pline , ses fruits furent apportés pour la première fois à Rome par Lucius Vitellius, pendant qu’il ôtait gouverneur de Syrie , sur la fin du règne de Tibère, et, vers le même temps, Flaccus Pompeïus, chevalier romain, les porta en Espagne, Le pistachier
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est très répandu d’ailleurs dans les îles grecques et en Sicile, et est cultivé jusque dans la Provence et le Languedoc, en France.
Le ])istacliier s’élève à la hauteur de 7 à 10 mètres. Ses feuilles sont composées de 2 à 3 paires de folioles glabres, un peu coriaces, ovales ou ovales-lancéolées, avec une impaire. Dans une variété, les feuilles n’ont que 3 folioles. Les fruits, nommés pistaches , sont gros comme des olives, et composés : l°d’un brou tendre, peu épais, ordinairement humide, rougeâtre, très rugueux, légèrement aromatique; 2" d’une coque ligneuse, blanche, qui se divise facilement en deux valves; 3” d’une amande anguleuiîe, recouverte d’une pellicule rougeâtre, d’un vert pâle à l’intérieur et d’un goût doux et agréable. Ces amandes nourri,ssent beaucoup ; elle donnent de l’huile par l’expression, servent à faire des loochs qui sont verdâtres, et sont très employées par les confiseurs , qui en font des dragées, et par les glaciers , qui en mettent dans leurs crèmes.