II. ()niii<|uiiia de Lo.\a brun roiuiiaclr
Cascarillu peruviana (Laubert, Joiirn. pharm., t. 11, j). 295). Cette écorce varie en grosseur depuis celle d’une petite plume à écrire jusqu’à celle du petit doigt. Les plus jeunes écorces (A) sont très fines, d’un gris noirâtre et peu rugueuses à l’extérieur; d’une cassure tout à. fait nette et d’aspect résineux sans aucune apparence de libre ligneuse. Elles sont h l’intérieur d’une couleur de rouille très vive et rougeâtre.
Les écorces moyennes (B) .sont h l’extérieur d’|Un gris foncé, varié par des taches noires ou blanches, dues à des agames parasites; on y trouve également des lichens à thallns foliacé , (|ui se détachent facilement de l’écorce , et des filets blancs , ramifiés , presque capillaires , appartenant à l’zMnea havbu.ta (1;. Ces écorces sont très rugueuses à l’extérieur, mais d’une rugosité plus uniforme que dans l’esiièce précédente et sans fissures transversales aussi marquées ; le liber en est mince et d’une couleur de rouille ou rougeâtre foncée; la cassure en est nette , non fibreuse , formée de couches serrées et comme agglutinées par un extrait gommo-résineux.
Ces deux variétés d’écorces se distinguent de celles qui leur correspondent dans la première esjtèce par une couleur plus foncée et comme noirâtre à l’extérieur, par une couleur interne plus vive et plus foncée également, par une cassure encore plus nette et |)lus privée de fibres ligneuses. Elles ont la nienie saveur amère-astringentc et une odeur semblable très développée, analogue à celle que l’on respire dans les forêts humides.
Ce quinquina, autrefois abondant dans le conimerce , eii a pres(|ue disparu aujourd’hui.
L’âge auquel on récolte le quinquina brun de Loxa apporte de très grandes variations dans ses propriétés. En choisissant les écorces les plus jeunes et les plus minces , je les ai constamment trouvées d’une sâvetir très astringente et mucilaginensc , formant avec l’eau froide une liqueur jaune foncée, qui précipitait très abondamment la gélatine, et ne précipitait ni l’émétique ni le macéré de tan; tandis que les écorces les plus grosses, qu’on reconnaissait poui appartenir à la même
(1) Fée, Jissaisur les Cryployamtts des écorces exoliiives of/icinales . Pari'-. l824,in-4, PI. 32, 11^. 4.
KLUUCÉliS.
sorte, à cause de leurs caractères physiques semblables, étaient bien moins astringentes, plus amères , et donnaient une liqueur moins foncée , qui se troublait fortement par la gélatine sans former de précipité, se troublait fortement par la solution d’émétique et précipitait le macéré de tan. Les essais chimiques ne peuvent donc pas toujours .servir à la distinction certaine des espèces de quinquina.
QiiiiKiuin» de i.,oxa iiifcrieiir. Pendant longtemps on a regardé l’existence des lichens sur le quinquina comme une preuve de sa bonté, et ou l’estimait d’autant plus qu’il en offrait davantage. Le quinquina ne diffère ce|)eudant pas à cet égard des autres arbres , qu’une trop grande quantité de cryptogames épuise ou détériore; et en supposant même que l’arbre entier n’en souffrît pas, l’écorce doit être altérée par riiumiditc entretenue à sa surface. Ainsi, à une certaine époque , on a reçu dans le commerce une quantité considérable d’un pareil quin- ([uina (C), à épiderme très brun , très rugueux et couvert d’une grande abondance des lichens foliacés et filamenteux. Ce quinquina, vendu fort cher, était cependant d’une qualité très inférieure : il était contourné et comme tourmenté par suite de la de.ssiccalion , de môme que le serait une stdxslance qui aurait été trop gorgée d’humidité; il était épais, ligneux , fibreux , peu roulé sur lui-même , toutes qualités contraires au bon quinquina de Loxa , qui doit être en longues écorces bien cylindriques, bien roulées, mince et peu ligneux. 11 n’avait qu’une saveur astringente, peu amère et peu aromatique. Enfin il ne fournissait qu’une très petite quantité d’extrait par l’eau.
Ce quinquina (C) était donc d’une mauvaise qualité ; néanmoins je le regarde comme appartenant à la même espèce que le Laxa hrm compacle , et n’en différant que pour avoir crû dans un lieu trop hutnide. lîergen (1) a été d’un avis différent , et a . formé de ce qainqiiim (le ljtx(( inférieur une sorte particulière qu’il a nominée china pseiuln- Loxn ou (lunhele ten chiiut , c’est-à-dire quinquina ten funcé.
Ouant à l’origine botanique du quinquina de Loxa brun compacte, il est dilïicilit de la fixer-complétement , en raison du peu de développement des écorces (pd le composent, et itarce que, ainsi rpie j’en ai
(I) liciiii de Bergen e.st un droguiste de Hambourg qui a iniblio, en 1826, un ouvrage fort reniaiaïuablc , intitulé : Versuch eiiier tuonogi-ap/iie der china , ou lissai d'une monographie des quinquinas. Il y a ra.sscmblé tout ce i|n’il a pu trouver ou acquérir de notions commerciales cl scicniifiiines sur les (luinqninas , et son livre fait loi dans tonte rAllemagne et en Angleterre, .l’aurai doue soin de joindre sa nomenclature à la nôtre. Bergen a décrit .■-eulement i.euf espèces do quinquinas . qui sont les quinquinas romje, huanuco , royal, jaune dur, jaune fibreux, hmmaiies , loxa, ten pâle cl ten
(Icjà l'ail la iciiiaiiiiic , les jeunes écorces de plusieurs cinc/iona peuvent avoir des caractères physi(|ues assez rapprorliés |M)ur(]u’on les réiniissc en une inêine sorte coimnerciale. 11 peut niênie arriver (jiie l’écorce de ces niênies espèces , récoltée à un âge beaucoup plus avance , constitue des sortes très dilTéreiites du connnercc, de sorte ([u’il ne faudra pas trop s’élonner si , ajirès avoir inditiué une espèce de cinc/ioua pour la source d’un (ptinquina gris lin roulé, on inc voit citer plus lard la uiêine espèce connue la source également probable d’une antre sorte commerciale. Cet avertissement donné de nouveau , voici ce tpie je puis dire de l’origine du ([uinquina de Loxa brun compacte.
Je pense toujours que ce quinquina est celui que Laubert a décrit sous le nom de peruviana {Juimi. pharnt., t. H, p. 295). Le cinchoiw nitidu qui le produit , d’après Laubert , est un des premiers qui aient été découverts dans la province de Loxa; son écorce, qui est très estimée, y porte le nom de mscarilla fine , et Ruiz la regarde comme la principale sorte officinale. Enfin on trouve au Musée britannique un échantillon de fines écorces (A) du quinquina de Loxa brun conqiacte, étiqueté cascarilla fina (ii“ 3 des écorces), et ce nom paraît encore indiquer que l’écorce est produite par le cinchona nit.ida.
Cependant, je dois dire aujourd’hui qu’une jeune écorce de cinchona nitidu, que j’ai duc anciennement h Laubert , ressemble peu au quinquina loxa brun compacte , et qu’elle se rapproche bien davantage des quinquinas rouges. De plus , le cinchonu nitidu n’est pas la seule espèce qui porte au Pérou le nom de cnscurilla fina. D’après M. de Humboldt, « \& cinchona scroliciilata forme aussi d’immenses forêts dans la province de Jaen; son écorce, qui est très estimée, y est nommée finn , et l’on en fait un grand commerce. Les jeunes
écorces ressemblent tellement à celles du cinchona condantinm qu’il est difficile de les distinguer. » Il est plus probable , d’après cela , (juc le cinchona scrobicidata est la vraie source du quinquina de Loxa brun compacte.
((luincjiiin» <lc Loxa rouii^c-niarron . Cc quinquina SC trouve dans le droguier de la chambre des courtiers , au jtalais de la Bourse , à Paris , sous le nom de cnlisuya léger; mais il présente l’aspect général des ([uinquinas de Loxa, et a beaucoup d’analogie avec le précédent. Il est cependant beaucoup moins uniforme dans son ensemble , offrant lanlôt des tubes simples, cylindri(|ues, de la grosseur d’une plume; lanloL des écorces beaucoup plus larges, mais toujours minces , dont les deux bords rapprochés se sont séparément roulés en volute ; tantôt des écorces semblables, affectant les formes les plus irrégulières. Ce quinquina est |)ourvu d’une croûte extérieure plus ou moins rugueuse, avec de nombreuses li.ssures transversales ,
i liai”ôe de |>liisd'uii giaitd iionihi'c de lielieiis el ollVaiil les leiiiles les plus \ariées, de|)iiis le blanc do craie jusqu’au gris presque noir. Celle croùlc esl souvent détachée, p:u- places, du libci-, dont la surface dénudée |)résente alors une couleur rouge brune plus ou moins foncée ; le liber esl à l’inlérieur d’un rouge plus clair (I;; il est assez compacte el casse assez net ; cependanl sa ca.ssurc ne présenle pas l’aspecl nui cl résineux du quinquina précédcnl; elle a toujours quelque chose d’inégal et seinble formée de fibres agglutinées. La saveur de l’écorce esl très astringente, amère et un peu pâteuse.
11 y a longtemps déjà que la couleur rouge assez vive de ce quin- (luina m’avait fait penser qu’il pouvait être dû au dnchona scrohiculuta 11. 15. , soupçonné par de Candollc de produire un des quinquinas rouges du commerce; je n’en ai |)lus douté après avoir vu les jeunes écorces de cet arbre rapportées jtar M. Wedell. Nous verrons plus lard les écorces plus âgées el plates du même dnchona former une autre sorte commerciale que l’on substitue souvent au quinquina calisaya.