‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 104 sur 121 · HUITIÈME CLASSE · texte numérisé non relu

HUITIÈME CLASSE

Dicotylédones thalamiflores.

FAMILLE DES RUTACÉES.

Cette famille, telle qu’elle a été établie par M. Adrien de Jussieu, forme un groupe très important de végétaux, dont voici les principaux caractères : Feuilles opposées ou alternes, souvent marquées de points translucides. Fleurs hermaphrodites, ou très rarement unisexuées ; calice d’une seule pièce, à 3, 4, ou, plus ordinairement, 5 divisions ; pétales en nombre égal aux divisions du calice, altcrnes avec elles, insérés sous l'ovaire, ordinairement distincts, quelquefois soudés en une corolle monopétale, rarement nuls ; étamines en nombre égal aux pétales et alternes avec eux, ou en nombre double, dont celles qui leur sont opposées avortent quelquefois ; ovaire libre et supère , à loges opposées aux pétales et en nombre égal, réunies autour d’un axe central ou plus ou moins séparées, et contenant chacune un ou plusieurs ovules attachés à leur angle interne; autant de styles et de stigmates que de loges, distincts ou réunis en tout ou en partie. Fruit tantô! simple, capsulaire, à plusieurs loges quelquefois indéhiscentes , s’ouvrant le plus ordinairement en autant de valves septifères, ou se séparant en plusieurs coques souvent bivalves ; tantôt composé de plusieurs drupes ou de plusieurs capsules distinctes. Les loges du fruit sont revêtues d’un endocarpe mince ou quelquefois solide, quelquefois détaché du mésocarpe, sous forme de deux valves internes recouvrant les graines. Celles-ci contiennent un endosperme charnu ou cartilagineux qui manque rarement ; l'embryon est pourvu dune radicule droite dirigée vers l’'ombilic.

95 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

Les rutacées se partagent en cinq tribus que beaucoup de botanistes considèrent comme autant de familles distinctes. -

4" tribu : zyGopuyLLées. Fleurs hermaphrodites , régulières ; pétaies distincts ; étamines en nombre double, à filets hypogynes , nus ou accompägnés d’une écaille, Ovaire entouré de glandes ou d’un disque lobé ; à plusieurs loges pluri-ovulées, indiquées par des sillons ; style simple. Fruit capsulaire se partageant en plusieurs coques ou en plusieurs valves septifères ; endocarpe ne se séparant pas du mésocarpe ; embryon à radicule montante, entouré d’un endosperme (le genre tribulus excepté . Tiges herbacées ou ligneuses. Feuilles opposées, stipulées , le plus souvent composées ; pédoncules axillaires. Genres tribulus, fagonia, zygophyllum, porliera, quajacum , elc.

2e tribu : RUTÉES. Fleurs hermaphrodites régulières ; 4 ou 5 pétales ; étamines distinctes en nombre double (triple dans le peganum), portées sur le support de l'ovaire ; ovaire simple, à moitié divisé en 4 ou 5 lobes et partagé en autant de loges pluri-ovulées ; style simple ou divisé par le bas pour communiquer avec les loges. Fruit capsulaire, dont les loges, écartées par le haut, s’ouvrent intérieurement en forme de coques, ou extérieurement par leurs valves cloisonnées ; embryon endospermé à radicule montante. Tiges herbacées ou peu ligneuses. Feuilles alternes , souvent simples et couvertes de points glanduleux transparents. Genres peganum , ruta , haplophyllum , etc.

3° tribu : piosmées. Fleurs hermaphrodites, régulières ou irrégulières ; calice à 4 ou à divisions ; corolle à 4 ou 5 pétales distincts ou quelquefois soudés, rarement nuls; élamines en nombre égal ou double, hypogyues, rarement périgynes; pisüil nu à sa base, ou entouré d’un disque libre ou adhérent au fond du calice; plusieurs ovaires réunis ou distincts , dont les styles sont réunis entiérement ou seulement à leur sommet, pour former un seul stigmate divisé en autant de lobes. Fruit tantôt simple, composé de capsules réunies, mono- ou dispermes; plus souvent formé de capsules séparées ; l’endocarpe se détache intérieurement du mésocarpe, à l’époque de la maturité, et se sépare en deux valves qui recouvrent les graines ; embryon privé ou pourvu d’endosperme. Tiges presque toujours ligneuscs. Feuilles opposées ou alternes, simples ou pennées, sans stipules , souvent parsemées de points glanduleux. Genres galipea , ticorea, esenbeckia , diosma , dictamnus, etc. ?

4e tribu : ZANTHOXYLÉES. Fleurs régulières, diclines par avortement ; calice à 3, 4 ou 5-divisions; pétales en nombre égal , rarement nuls ; fleurs mäles pourvues d'étamines en nombre égal ou double , insérées autour du support d’un pistil rudimentaire ; fleurs femelles portant autour du pistil des filets stériles, très courts; plusieurs ovaires réunis et surmontés d’un seul style, ou plus ou moins séparés et portant autant de styles plus ou moins réunis ; 2 ou 4 ovules dans chaque ovaire. Fruit tantôt simple, charnu ou capsulaire, à plusieurs loges ; tantôt composé de plusieurs drupes ou capsules mono- ou dispermes, dont l’endocarpe se détache en partie ; embryon endospermé, à radicule montante et à lobes aplatis. Tiges ligneuses. Feuilles alternes ou opposées, non stipulées , simples ou souvent pennées , souvent ponctuées. Genres brucea, zanthoæylum , blackburnia , toddalia, ptelea , elc.

RUTACÉES. h99 3° tribu : simaruBÉEs. Fleurs régulières, hermaphrodites ou diclines par avortement ; corolle à 4 ou 5 pétales hypogynes , alternant avec les divisions du calice ; étamines en nombre égal ou double , insérées sur un disque placé sous l'ovaire; 4 ou 5 ovaires implantés sur un disque commun, contenant chacun un seul ovule attaché au sommet de la loge, et portant chacun un style, lequel, d'abord séparé , se réunit bientôt avec les autres , en un seul style, terminé par 4 ou 5 stigmates. Le fruit se compose de 4 ou ÿ drupes séparés , quelquefois réduits à un nombre moindre par avortement ; Lous secs et indéhiscents, contenant uné seule graine pendante , privée d’endosperme et contenant un embryon à lobes épais , entre lesquels s’enfonce la radicule. Tiges ligneuses. Feuilles alternes, non stipulées, simples ou plus souvent composées. Genres quassia , simaruba , simaba , samadera , etc.

Gayac oflicinal (fig. 582).

Guajacum officinale L. Arbre très élevé, dont le tronc acquiert quelquefois 1 mètre de diamètre, et dont la croissance est si lente, qu'il lui faut plusieurs siècles pour acquérir cette dimension. 11 croît dans les Antilles, et principalement à la Jamaïque, à Saint-Domingue, à Cuba et à la Nouvelle-Providence, une des îles Lucayes. Les divisions des rameaux sont souvent dichotomes. Les feuilles sont opposées, pinnées sans impaire, à 2, souvent à 3, très rarement à 4 rangs de folioles sessiles, ovales ou obovées, fermes, glabres , d’un vert clair. Les folioles extrêmes ont 3 ou 4 centimètres de long sur 2 de large; les folioles d’en bas sont plus petites et plus arrondies. Fig. 382.

Toutes ont une nervure médiane très apparente qui les divise en deux parties à peu près égales, plus une nervure secondaire extérieure, partant comme la première du point d'insertion. Les nervures latérales, naissant de la médiane , sont opposées ou alternes. Les fleurs sont bleues, pédonculées, presque disposées en ombelles au sommet des rameaux. Le calice est à 5 lobes obtus; la corolle est à 5 pétales; les étamines sont en nombre double , à filets élargis à la base. Le fruit est une capsule charnue, réduite à 2 loges par avortement, presque en cœur, élargie et amincie sur les deux côtés , tronquée au sommet,

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avec une petite pointe courbe. Chaque loge renferme une semence osseuse (une avorte le plus souvent) suspendue à l’angle interne, pourvue d’un endosperme crevassé et corné, entourant un embryon droit, formé de 2 cotylédons foliacés et d’une radicule supère.

Bois de gayae officinal. Ce bois arrive en troncs d’un fort diamètre, ou en bâches assez droites, recouvertes quelquefois de leur écorce. Il est très dur, bien plus pesant que l’eau (pes. spéc. : 1,33), formé d’un aubier jaune plus ou moins épais et d’un cœur brun verdâtre. Il est pourvu d’une structure santaline difficile à observer, à cause de sa grande compacité, mais qui consiste en ce que ses couches sont alternativement dirigées à droite et à gauche, et se croisent en formant avec l'axe un angle de 30 degrés environ. La coupe perpendiculaire à l'axe, étant polie, présente à la loupe une rayure rayonnante très fine et très serrée, parsemée çà et là de gros vaisseaux coupés, remplis de résine verte; mais la plus grande partie des vaisseaux ligneux sont tout à fait inapercevables. Ce bois n’a pas d’odeur sensible à froid ; mais lorsqu'on le râpe, il prend une légère odeur balsamique et sa poussière fait éternuer. Sa râpure a une saveur àcre et strangulante ; elle est jaunâtre et devient verte au contact de l’air et de la lumière, ou lorsqu'on l’expose à la vapeur nitreuse. Toutes ces propriétés sont dues à la résine dont le bois est imprégné. Le bois râpé est usilé en teinture alcoolique ou en décoction dans l’eau ; il fournit, à l’aide de ce dernier moyen, un extrait gommo-résineux, d’une odeur balsamique très marquée. Ce bois râpé est acheté par les pharmaciens, dans le commerce de la droguerie, où il est versé par les tourneurs, qui emploient une grande quantité de gayac pour faire des mortiers ou des pilons, des roues de poulies, des roulettes de lits, et beaucoup d’autres objets pour lesquels la dureté est une qualité essentielle. Comme alors ce bois peut être mêlé à de la râpure de buis, il convient de s'assurer de sa pureté , soit en l’exposant pendant un jour ou deux à la lumière, soit en l’exposant, sous une cloche, à la vapeur nitreuse qui le verdit presque instantanément,

On trouve dans le commerce plusieurs variétés de bois de gayac, également supposées appartenir au gayacum officinale, et dont je ne puis indiquer la différence d’origine. La première , que je regarde comme le gavac le plus ordinairement employé, est en bûches cylindriques assez régulières qui, pour un diamètre de 18 centimètres, offrent un onbier de 20 à 23 millimètres, régulier et bien séparé du bois. Cet aubier est d’un jaune de buis avec des mouchetures vertes, du côté interne, dues à des vaisseaux résineux ouverts. Le cœur cst d'un vert noirâtre foncé , ou en acquiert la teinte à la lumière. Ce bois est inodore, comme le suivant,

RUTACÉES. 501

Je nomme le second bois gayae à couches irrégulières, Il cst irrégulièrement cylindrique et souvent sa coupe transversale représente la section d'une poire, faite du pédoncule à l'ombilic {Geoffroy ); l’aubier est proportionnellement plus épais que dans le premier, et la matière résineuse , qui donne au cœur sa couleur verdâtre, est très inégalement répartie et ne suit pas la régularité des couches ligneuses, Enfin , la résine est moins ‘abondante et laisse voir par intervalles la couleur jaune naturelle du bois, qui, par suite également , n’acquiert pas une couleur aussi foncée par l’action prolongée de l'air et de la lumière.

Je nomme la dernière sorte de bois gayae à odeur de vanille, J’en possède un tronçon de 22 à 25 centimètres de diamètre, complétement privé d’aubier, soit naturellement, soit par la main de l’homme. Il est excessivement dense, serré et d’un vert noirâtre uniforme tellement foncé, qu’on a peine à en distinguer les couches. IT est onctueux et gras au toucher, et il conserve, même entier, une odeur balsamique très analogue à celle de la vanille.

Écorce de gayae officinal. Il y à une dizaine d'années qu’il est arrivé une quantité considérable de cette écorce dans le commerce. Comme elle différait beaucoup de celle que j'y avais vue plus anciennement , je la considérai comme une fausse écorce de qayac, jusqu’à ce que je l’eusse retrouvée sur un tronc de gayac à couches irrégulières. Ainsi c'est une écorce de vrai gayac. Elle est en morceaux plats ou cintrés, très durs, très compactes , épais de 3 à 5 millimètres, couverts d’une croûte cellulaire un peu fongueuse et jaunâtre, se séparant souvent par plaques de dessus le liber et y laissant des taches vertes ou brunes. Le liber est jaune, amer, très uni à l’intérieur. Cette écorce fournit avec l’alcool une teinture jaune qui ne verdit pas par l’acide nitrique, ce qui indique que sa matière résincuse n’est pas de même nature que celle du bois.

Voici, d’après Trommsdorff, la composition comparée du bois et de l'écorce de gayac :

: Bis. Écorce.

RÉSTRR 2205 EX OCR LE POMERUS TE 26 25 Extrait piquant et amer. . . . . . .. 0,8 L,8 Matière colorante jaune brunâtre . . . 1 lh,1 Extrait muqueux avec sulfate de chaux. 2,8 12,8 Dadière hénense Lin AU D eus 69,4 7

Ainsi que je l'ai dit plus haut, la résine de l'écorce est différente de celle du bois.

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Résine de gayac officinal. On peut obtenir cette résine, dans les pharmacies, en traitant le bois de gayac râpé par l’alcool rectifié ; mais celle du commerce est obtenue , soit en faisant des blessures à l'arbre , soit à l’aide de la chaleur, en réduisant le tronc et les principaux rameaux en bûches que l’on perce d’un large trou suivant l’axe du bois ; on place ces bûches sur le feu, de manière que la résine liquéfiée par la chaleur du bois qui brûle à l'extérieur puisse couler par le trou et être reçue dans des calebasses.

La résine de gayac du commerce est en masses assez considérables, d’un brun verdâtre, friables et brillantes dans leur cassure. Ses lames minces sont presque transparentes et d’un vert jaupâtre. Conservée dans un bocal de verre, elle devient d’une assez belle couleur verte par les surfaces qui regardent le jour. Elle renferme ordinairement des morceaux d'écorce et d’autres débris du végétal ; elle se ramollit sous la dent, a une saveur d’abord peu sensible, qui se change bientôt en une âcreté brûlante dont l’action se porte sur le gosier ; elle a une légère odeur de benjoin qui devient très sensible par la pulvérisation ou par le feu : sä poussière excite fortement la toux.

La résine de gayac donne avec l'alcool une dissolution brune foncée, qui devient blanche par l’eau. L’acide chlorhydrique y forme un précipité gris cendré ; l'acide sulfurique un précipité vert pâle ; le chlore un précipité bleu pâle. L'acide azotique n’y produit d’abord aucun changement ; mais, au bout de quelques heures , le liquide devient vert, puis bleu, enfin brun, et forme alors un précipité brun. En arrêtant à temps l’action de l’acide avec de l’eau, on obtient de même un précipité vert ou bleu. L'action de l’acide azotique légèrement rutilant sur la teinture de gayac peut fournir un caractère distinctif et journalier de cette résine avec les autres. Si l’on expose un papier imbibé de teinture de gayac dans un bocal au fond duquel on a versé un peu d’acide azotique jaunâtre , la vapeur qui s’en exhale suffit pour colorer le papier en bleu. ;

La résine de gayac a été le sujet des recherches d’un grand nombre de chimistes. Suivant M. Unverdorben , elle est formée de deux principes résineux, dont l’un est très soluble dans l’ammoniaque aqueuse, et dont l’autre forme avec cet alcali un composé goudronneux qui ne se dissout que dans 6000 parties d’eau. D’après Thierry, ancien pharmacien de Paris, la résine de gayac contient un acide particulier nommé acide quajacique, qu'il a obtenu en dissolvant la résine dans de l’alcool à 56 degrés centigrades , et distillant la teinture pour obtenir les 3/4 du liquide employé. 11 reste dans le bain-marie une liqueur acide et jaunâtre surnageant la résine. On sature la liqueur par de l’eau de baryte, on évapore à moitié, on filtre, et l’on y ajoute de l'acide sulfurique en quan-

RUTACÉES. 503 tüité exactement nécessaire pour précipiter la baryte. On évapore en consistance sirupeuse et l'on traite le produit par l’éther sulfurique, qui dissout l'acide guajacique et le donne cristallisé , après son évaporation. On le purifie par sublimation. Cet acide est donc volatil, soluble dans l’éther, lalcool et dans l’eau; il diffère des acides benzoïque et cinnamique par une beaucoup plus grande solubilité dans l’eau et par ses combinaisons salines. M. Deville l’a trouvé composé de C'2H$ Of.

Enfin ce dernier chimiste a obtenu, par la distillation à feu nu de la résine de gayac, une huile essentielle analogue par ses propriétés et sa composition à l'essence d’ulmaire ou Lydrure de salicyle. Cette essence, que M. Deville nomme Aydrure de quajacyle, est composée de CH#H*O$,

Gayac à fruit tétragone.

Guajacum sanctum L. Cet arbre croît en abondance dans l'île de Saint-Domingue , aux environs du port de la Paix, dans l'île de Porto- Rico et au Mexique ; c’est lui, très probablement, qui se trouve figuré par Hernandez sous le nom de Aoazacan. Decandolle lui donne des feuilles à 5 ou 7 paires de folioles ovales-obtuses, mucronées ; des pétioles et des jeunes rameaux sous-pubescents. Des auteurs plus anciens lui donnent un bois couleur de buis, presque privé de cœur plus foncé; des feuilles d’un vert foncé, longues de 8 ou 9 lignes, larges de 3 ou 4, et des fruits rouges, tétragones, semblables à ceux du fusain. D’après ces caractères, je ne doute pas que ce ne soit celte espèce de gayac qui ait été rapportée de Guatimala par M. Bazire, en 1834 ( Journ. de pharm., t. XX, p. 520). Les échantillons qu'il m'en a laissés, tous faibles qu’ils sont, me permettront de faire connaître cette espèce plus complétement qu'on ne l’a fait jusqu'ici.

Rameaux supérieurs et pétioles sous-pubescents ; pétioles très grêles, de la grosseur d’un fil, offrant les marques de 3 à 5 paires de folioles, v compris la terminale ; folioles sessiles, épaisses, d’un vert foncé, très entières et mucronées ; elles sont presque linéaires , un peu élargies cependant par le haut et un peu recourbées en sabre, à cause de l'inégalité de leurs deux moitiés: la moitié intérieure étant dressée contre le pétiole et presque droite, et la moitié extérieure se développant en une courbe ellipsoïde. La nervure médiane est à peine visible, rapprochée du bord interne de la feuille et presque semblable à d’autres nervures qui partent comme elle du point d'attache, pour se diriger vers l'extrémité. Longueur des folioles, 12 à 45 millimètres; largeur, 5 ou 6.

Les fruits sont rouges, formés de 4 coques monospermes opposées en croix, élargies ct amincies sur le bord, terminées chacune par une pointe aiguë. Les semences ont à peu près la forme et la grosseur d'une

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graine de citron; elles présentent sous un épisperme assez mince, blanc et peu consistant, un endosperme épais, corné, demi-transparent , d’une grande dureté, renfermant un embryon jaunâtre, à cotylédons foliacés.

Le bois, dont je n’ai qu’un simple éclat, est d’une couleur fauve uniforme ; il à une structure fibreuse et éminemment santaline ; néanmoins il est excessivement dur et compacte. Il a un aspect corné et il est translucide sur les bords. 11 ne change pas à la lumière. Sa coupe transversale polie présente la même rayure fine et rayonnante que le gayac officinal, mais parsemée d’un très grand nombre de points blanchâtres, provenant de la coupe des vaisseaux ligneux.

L’écorce est recouverte d’un périderme crevassé noirâtre, recouvert par place d’une couche blanche crétacée. Le liber est très dur et formé de couches serrées, d’un gris noirûtre et livide. Cette écorce est toute couverte d’une résine transparente et d’un jaune verdâtre, dont il existe également quelques larmes détachées. Je pense avoir trouvé dans le commerce l'écorce et la résine de cet arbre.

Ancienne écorce de gayae. Celle écorce se trouve assez bien décrite dans la Matière médicale de Geoffroy, qui l’attribue aussi au gayac à fruit tétragone. Elle est en larges morceaux cintrés, épais de h à 8 millimètres. Elle est pourvue à l'extérieur d’un périderme jaunâtre, fongueux et crevassé, qui s’enlève naturellement par petites plaques, en laissant des impressions en forme de coquille de différentes couleurs, et quand c'est le liber qui est mis à nu, il apparaît avec une couleur verte noirâtre. Le liber est aussi dur et aussi compacte que du bois, d’une couleur noirâtre ct livide à l'intérieur. Sa surface interne est tantôt grise, tantôt noirâtre; offrant l'impression des fibres ligneuses de l’aubier, et quelquefois sillonnée de rides réticulaires , ainsi que le dit Gcoffroy. Cette écorce est amère, peu résineuse et colore à peine l'alcool rectifié. Un papier trempé dans la liqueur et desséché ne se colore ni à l’air ni à la lumière.

Résine de gayac en larmes, J'ai trouvé quelquefois cette résine dans le commerce, sous la forme de larmes détachées, arrondies, presque transparentes ct d’un jaune verdâtre. Écrasée sur le papier, elle devient à l'air d’un vert d'émeraude. Elle est si parfaitement semblable à celle rapportée par M. Bazire, que je ne doute pas qu’elle ne soit produite par le guajacum sanctum.

Gayacan de Caracas,

M. Authoine , négociant français que j'ai déjà cité ( page 403 ) , m'a fait don d’un morceau de bois de gayacan (quajacum arboreum DC.).

RUTACÉES. 505 Il provient d’un tronc tortueux, dépourvu d’'écorce, qui, pour un diamètre de 26 centimètres, ne présente que 5 millimètres d’un aubier blanc et très régulier. Le bois est d’un fauve verdâtre, très nuancé par couches concentriques , avec un second cœur intérieur plus foncé. Il se fonce lentement à l’air et tend à se rapprocher de la couleur du gayac officinal. 11 est beaucoup plus âcre que les autres lorsqu'on le travaille, et l’ouvrier qui l’a poli l’a gratifié du nom de gayac pique-nez. Sa coupe transversale présente une rayure fine et rayonnante , en lignes droites, non ondulées, et d'innombrables vaisseaux ligneux très petits, blanchâtres, disposés par petites lignes tremblées, dirigées dans le sens des rayons. Ce dernier caractère , qui est exceptionnel dans les bois de zygophyllées, forme au contraire le caractère distinctif et presque général des bois de sapotées (t. II, p. 543).

Gayac du Chili, Porliera hygrometricu R. P. Guillemin m'a remis sous ce nom une tige d’arbre de 5 centimètres de diamètre, pourvue d’une écorce très rugueuse, grise à la surface, mince, dure, compacte ct d’une couleur noirâtre à l’intérieur, L’aubier est d’un jaune pâle et très dur. Le cœur est également très dur et très pesant ; il est d’un vert noirâtre, devenant presque noir à l'air; la teinture alcoolique, séchée sur un papier, verdit à la lumière, comme celle du gayac.

Je mentionnerai , à la suite des bois de gayac , trois bois d’ébénisterie qui s’en rapprochent par leur dureté et leur grande densité , mais dont l’origine m'est inconnue. Le premier porte le nom de bois d’éeaille, Je lai vu en morceaux équarris de 15 centimètres d'épaisseur, offrant sur les angles un reste d’aubier blanc, très dur et prenant le poli de l'ivoire. Le bois lui-même est fauve, noucux, très dur, très pesant, translucide lorsqu'il est en lame mince ; le tronc de l'arbre devait être torlueux et épineux. Le second bois portait, dans l’ancien droguier de l'École, le nom de bois de gayac ; maïs j’en avais, de mon côté, un morceau également fort ancien, étiqueté vrai grenadille, Ce bois est fort différent du grenadille ordinaire du commerc:, que j'ai attribué au brya ebenus (p. 329). L’échantillon de l'Ecole représente un tronc de 10 centimètres de diamètre, très irrégulier dans sa forme et ayant des angles rentrants. Il porte les débris d’une écorce noire au dehors, jaunâtre en dedans, mince, légère et fibreuse. L’aubier est épais de 15 millimètres , de couleur de bois de noyer clair. Le cœur est de couleur de noyer foncé, avec des veines brunes irrégulièrement dessinées. Le mérite de ce bois consiste moins dans sa couleur que dans sa grande dureté et dans la beauté de son poli. L'ancien échantillon que j'en ai pèse 1,201 ; l’aubier en est très mince et de couleur de buis ; le cœur est de couleur de noyer très foncé ; le poli est égal à celui de Pivoire; ce bois est amer. La coupe transversale présente une rayure rayonnante de la plus grande finesse sans aucune apparence de tubes ligneux. Le dernier bois porte dans le commerce le nom de grenadille et est supposé être de même origine que le grenadille de Cuba. Je le nommerai grenadille jaune. Je l’ai sous la forme d’une petite bûche de 7 centimètres

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de diamètre , pourvue d’une écorce dure et compacte, assez semblable à celle du gayac, mais beaucoup moins dure. L’aubier est jaune et épais de 15 millimètres ; le cœur est d’un jaune brun. La Coupe transversale présente une rayure trés fine et rayonnante, parsemée de points blanchâtres très petits et très nombreux. Ce bois est susceptible d’un poli moins parfait que les deux précédents.

Rue officinale (£g. 585 ).

Auta graveolens L., tribu des rutées. — Car. gén. : Calice à 4 divisions ; Corolle à 4 pétales concaves ; 8 élamines ; 8 pores nectarifères à la base de l'ovaire; 1 style: 4 capsule polvsperme à 4 lobes et à L loges (la fleur terminale à une cinquième partie de plus. — Car.

spéc. : Feuilles décomposées ; lobes oblongs, le terminal obové ; pétales entiers ou sous-dentés.

La rue est cultivée dans les jardins, où elle s'élève jusqu’à 4 2 ou 16 décimètres; elle répand une odeur forte, aromatique et désagréable. Elle est sudorifique, anthelmintique eteminénagogue.

On l'emploie verte ou sèche ; on en retire l’huile volatile ; on en fait une eau distillée, une huile et un vinaigre par macération, etc. |

L’essence de rue est d’un jaune verdâtre , un peu épaisse, d’une odeur très désagréable et d'une saveur âcre et amère. Elle pèse 0,887; elle ne rougit pas le tournesol ; elle distille à 220 degrés. Sa composition répond à Ja formule C25H?8 O$,

Fig. 383.

Feuilles de Buchu.

Les feuilles de buehu. buneco Où boceco, sont produites par plusieurs espèces de diosma, arbrisseaux aromatiques du cap de Bonne- Espérance, qui appartiennent à la tribu des diosmées; mais c’est principalement le diosma crenata L. (barosma crenata Wild.) qui paraît fournir les feuilles que l’on trouve dans le commerce.

Le diosma crenata (fig. 384) est un arbrisseau haut de 60 à 100 centimètres, garni de feuilles alternes très courtement pétiolées ,

RUTACÉES. 507 longues de 25 millimètres, ovales- oblongues , finement crénelées , entièrement glabres, rigides, d’un vert sombre en dessus, plus pâles en dessous, avec quelques nervures obliques peu apparentes. Ces feuilles sont couvertes de glandes transparentes, indépendamment d’une étroite marge transparente tout autour. Les pédoncules sont à peu près aussi longs que les feuilles ; le calice est à 5 divisions vertes et un peu pourprées ; la corolle est à 5 pétales bleuâtres, ouverts, courtement onguiculés, Les étamines sont au nombre de 10, dont 5 fertiles, alternes avec les pétales, et 5 opposées stériles, plus courtes de moitié, pétaloïdes, ciliées, obscurément glanduleuses au sommet. Il y à 5 ovaires réunis etauriculés au sommet, uniloculaires, contenant 2 ovules superposés, suspendus à Paxe central. Le style est unique, central, plus long que les étamines , atténué au sommet, terminé par un stigmate à 5 lobes. Le fruit est une capsule pentacoque , à coques un peu comprimées, auriculées au sommet du côté extérieur, couvertes de points glanduleux ; l’endocarpe est cartilagineux , séparé du mésocarpe , s’ouvrant en 2 valves élastiques, monosperme.

Les feuilles de buchu du commerce sont mélangées de pétioles et de fruits. Elles sont douces au toucher, un peu brillantes, finement crénelées et chargées, principalement vers le bord et à la face inférieure , de glandes pleines d'huile volatile. Leur odeur est très forte et analogue à celle de la rue ou de l'urine de chat ; leur goût est chaud, âcre et aromatique. L’essence est d'un brun jaunâtre, plus légère que l'eau, d’une édeur semblable à celle des feuilles.

Les feuilles de buchu sont toniques, stimulantes, diurétiques et diaphorétiques. Elles paraissent exercer une influence particulière sur les organes urinaires.

Racine de Dictame blanc ou de Fraxinelle,

Dictamnus albus L. (fig. 385). Tribu des diosmées. Cette belle plante croît surtout dans le midi de la France et en Italie. Ses tiges simples, rondes, flexibles et fermes cependant, s'élèvent à la hauteur de 65 centimètres. Ses feuilles sont alternes, impari-pinnées, vertes, luisantes et fermes ; elles ressemblent, pour la forme, à celles du frêne, ce qui a valu à la plante son nom de fraxinelle. Ses fleurs sont disposées en grappes à l'extrémité des tiges ; elles sont pourvues d’un

calice à 5 divisions et tombant ; d’une

Fig. 385. corolle à 5 pétales irréguliers, déve- LÈ loppés, blancs ou purpurins, et AN marqués de lignes rouges plus fon- \pl cées; les étamines sont au nombre RILX de 10, à filets abaissés et couverts de

poils glanduleux ; le style est décliné, le stigmate est simple. Le fruit est formé de 5 carpelles réunis au-dessous du centre , et dispermes. Toute la plante est très odorante, et l’on assure que l’émanation d'huile volatile qui s’en échappe, dans les pays méridionaux et par les soirées chaudes de l'été, est assez concentrée pour être quelquefois enflammée par l’approche d’un flambeau ; de sorte que la plante s’enveloppe pour un instant d’une aurévle de feu. M. Biot, qui a voulu s'assurer de la réalité du fait, n’a pu qu’enflammer successivement , par l'approche immédiat d’un corps en ignition, les nombreuses utricules huileuses qui recouvrent toutes les parties supérieures de la plante, sans que cet effet soit devenu général, et surtout sans que jamais l’émanation odorante qui entoure naturellement le végétal ait pu s’enflammer par l'approche d’un flambeau (Ann. chim. phys., t. L, p. 386). D’autres personnes pensent cependant que le fait a pu être observé dans des contrées plus méridionales.

La racine de dictame est usitée en pharmacie, et seulement encore l'écorce mondée de la racine. On nous l’envoie toute préparée du Midi: elle est blanche, roulée sur elle-même , d’une odeur presque nulle ct d’une saveur amère. Elle fait partie de la poudre de Guttète. On donne

RUTACÉES. 509

souvent en place, dans le commerce, le meditullium même de la

racine privée de son écorce. C’est une petite tromperie facile à reconnaître.

Écorce d’Angusture vraie.

L'emploi de cette écorce, en Europe, ne remonte pas au delà de l’année 1788. Elle fut d’abord apportée en Angleterre de l’île de la Trinité, où l'arbre qui la produit avait été transporté des environs d’Angostura , ville de Terre-Ferme.

De même que la plupart des drogues exotiques , elle a été attribuée successivement à différents arbres, et entre autres au #agnolia glauca L.: mais il a été reconnu par MM. de Humboldt et Bonpland qu’elle était produite par un arbre de la famille des rutacées, qui a reçu d'eux le nom de cusparia febrifuga, et qu'ils ont trouvé formant d'immenses forêts sur les bords de l’Orénoque. C’est ce même arbre qui a été nommé depuis par Willdenow bonplandia trifoliata, et par Decandolle galipea cusparia (Prodromus I, 731). Cependant , d’après le docteur Hancock, ce ne serait pas le galipea cusparia qui produirait l'écorce d’angusture vraie; ce serait une espèce voisine, qu'il a décrite et nommée galipea officinalis.

Voici les caractères du genre galipea : Calice court, cupuliforme, à 5 divisions. Corolle à 5 pétales, hypogynes, linéaires, inégaux , très souvent réunis par le bas en un tube pentagone. 5 étamines, rarement plus ou moins, plus ou moins adhérentes aux pétales, très rarement toutes fertiles ; 5 ovaires insérés sur un disque déprimé , à 10 dents peu marquées, libres ou soudés par leur angle central, uniloculaires. Ovules doubles, superposés, attachés à la suture centrale, le supérieur ascendant, l’inférieur pendant; 5 styles distincts par la base, soudés au sommet. Capsule réduite à une ou deux coques monospermes, par avortement, bivalves, à endocarpe séparable et s’ouvrant avec élasticité ; semence réniforme , à test coriace ; embryon privé d’endosperme, homotrope, pourvu de deux grands cotylédons auriculés à la base, plissés, roulés l’un sur l’autre.

Le galipea cusparia DC. (fig. 386), est un arbre majestueux , de 20 à 25 mètres d’élévation. Ses feuilles sont composées d’un pétiole long de 30 centimètres environ, terminé par trois folioles sessiles , ovales-lancéolées, aiguës, très aromatiques , dont celle du milieu égale la longueur du pétiole.

Les fleurs forment des grappes pédonculées vers l'extrémité des rameaux ; elles sont blanches et pourvues, à l'extérieur, de fascicules de poils situés sur des corps glanduleux. Les étamines sont mona-

510 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

delphes, au nombre de 5, dont une ou deux seulement sont fertiles et les autres privées d’anthères.

Le galipea officinalis Hanc. est un arbrisseau haut de 4 à 5 mètres, le plus ordinairement , et dont la taille n’excède jamais 10 mètres. 11 a les feuilles trifoliées, et les folioles oblongues, pointues aux deux extrémités, longues de 15 à 25 centimètres, portées sur un pétiole de même longueur. Les fleurs sont blanches et poilues ; les étamines distinctés, au nombre de 1 ou 2 fertiles, et de 1 à 5 stériles.

Les caractères extérieurs de l'écorce d’angusture sont variables, et on la trouve sous trois formes dans le commerce :

1° Il y en a des morceaux courts, plats, minces, plus ou moins larges, recouverts d’un périderme gris - jaunâtre ,

"h mince et peu rugueux ; leur cassure est d’un brun jaunâtre, nette, compacte et résineuse ; leur surface intérieure est d’un jaune fauve souvent rosé, et se divise facilement par feuillets ; lear odeur et leur saveur sont un peu moins fortes que celles des variétés suivantes.

2° On en trouve d’autres morceaux qui sont longs de 16 à 40 centimètres ; qui ont une odeur forte, animalisée, très désagréable ; qui sont roulés et recouverts d’un périderme épais, fongueux , blanc et comme limoneux. Dessous ce périderme est l'écorce proprement dite, qui est brune, dure, compacte, et qui casse net sous la main. Cétte écorce à une saveur amère, sur laquelle domine le principe odorant et nauséeux ; celte saveur passée, il reste à l'extrémité de la langue une impression mordicante qui excite la salivation.

3° Enfin, on trouve des morceaux d’angusture qui tiennent le milieu entre les précédents, c’est-à-dire qu’ils sont plus longs, moins plats et plus épais que les premiers ; que leur enveloppe extérieure est grise , peu épaisse et peu fongueuse , et qu’ils ont la même saveur et la même odeur que les derniers. Toutes ces écorces peuvent provenir du même arbre croissant dans des expositions différentes.

Fig. 386.

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La poudre d’angusture à une couleur presque semblable à celle de la poudre de rhubarbe; son infusion dans l’eau est très colorée, amère, odorante et nausécuse, comme l'écorce. Ses propriétés médicales sont d’être fébrifuge et antidyssentérique.

M. Saladin à constaté dans l'écorce d’angusture la présence d’un principe amer cristallisable, auquel il a donné le nom de cusparin. Ce corps est blanc, non acide ni alcalin , insoluble dans l’éther et dans les huiles fixes ct volatiles, très peu soluble dans l’eau, très soluble dans Palcoo!l à 0,835 de densité. Le cusparin, quoique non alcalin, se dissout avec facilité dans les acides affaiblis; l'acide sulfurique concentré le colore en rouge brun et le nitrate acide de mercure en rouge pourpre, propriétés qu'il partage avec la salicine et qui les distinguent l’une et l’autre de la quinine (Journ. chim. méd., 1. IX, 1833, p. 388),

J'ai raconté, dans le volume précédent { page 514), comment, vers l’année 1807 ou 4808, de graves symptômes d’empoisonnement s'étant manifestés à la suite de l'usage de l'écorce d’angusture, on découvrit que cette écorce avait été mélangée d’une autre écorce fort dangereuse, qui fut désignée sous le nom de fausse angusture, et qui fut reconnue plus tard pour être celle du strychnos nux-vomica. Cette écorce, qu'il importe beaucoup de distinguer de la véritable angusture, est beaucoup plus épaisse que celle-ci ; elle est compacte, pesante et comme racornie par la dessiccation. Sa substance intérieure est grise et son épiderme varie : tantôt il est peu épais, non fongueux, et est d’un gris jaunâtre, marqué de points blancs proéminents ; tantôt il est fongueux et d’une couleur de rouille de fer, Du reste, cette écorce est inodore, et sa saveur, qui est infiniment plus amère que celle de Ja véritable angusture , persiste très longtemps au palais sans laisser d'âcreté à l’extrémité de la langue. Sa poudre a une couleur bien différente de l'autre , car elle est d’un blanc légèrement jaunâtre.

Pour mettre encore mieux à même de distinguer ces deux écorces, je rappellerai la comparaison de leurs infusés aqueux que je fis il y a déjà beaucoup d'années. Elle pourra être utile, nonobstant des travaux plus récents faits sur ces mêmes écorces.

J'ai fait macérer pendant dix-huit heures 4 grammes dépoudre de chacune des deux angustures dans 90 grammes d’eau, et j'ai filtré. Le résidu de l’angusture vraie avait encore une odeur et une saveur très fortes ; l’autre était toujours très amer.

DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES,

lOxalate d’ammoniaque.

Nitrate d'argent.

Rens Deulochlorure mercure.

Sulfate de fer.

de

Cyanure ferrosopotassique.

Noix de galle.

Gélatine.

|Potasse caustique.

Eau de chaux.

Acide nitrique.

Acide sulfurique.

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