‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 11 sur 121 · LE · texte numérisé non relu

LE

SYNANTHÉRÉES — ASTÉROÏDÉES. 57 D'après l'analyse de John, rapportée par M. Berzélius, la racine d’aunée contient :

Huile volatile liquide . . . . . . . . . . . . . . . traces. Welémne:.: 5}: OMR : RIRE 20 Je 0,4 Cireroonalr s SRE 2H. EUUTATIS: POI. 0,6 Résine molle et âcre.. . . . FA FAR 5 0 2 457 Extrait amer soluble duel Péqu"e et a F AS 36,7 COMME RE 0 2 en ete ea letine B,5 RER ns di,» = + + à 36,7 LIDRIR NE RÉMÉLAIEME. 0, .. » « + - + ee à 13,9 ARC I MEUSE. EU ue à à ee vo + à à + à RE Sels potassiques, calciques et magnésiques . . . . »

Ce que M. Berzélius appelle hélénine n’est autre chose que l'huile volatile concrète et cristallisable qui, depuis longtemps, a été signalée dans la racine d’aunée. Elle doit avoir une grande part à ses propriétés, ainsi que la résine molle et âcre. L’inuline est, comme on le sait, un principe analogue à l’amidon qui a été découvert par Rose dans la racine d'aunée , et qu’on a retrouvé depuis dans les racines de pyrèthre, de dalhia, de topinambour, de chicorée , d’angélique et d’autres plantes synanthérées ou ombellifères. Ce principe tient dans ces racines la place de l'amidon, dont il diffère parce que l’iode le colore en jaune et non en bleu, et parce que sa dissolution, obtenue à l’aide de l'eau bouillante, est mucilagineuse et non gélatineuse, et qu’elle laisse déposer l'inuline sous forme pulvérulente, quelque temps après son refroidissement. Au reste cette substance demande à être micux définie.

On retire de la racine d’aunée, ou on en prépare une huile volatile, une eau distillée, un extrait, une conserve et un vin médicinal. Elle entre en outre dans un grand nombre de médicaments plus composés. Ses propriétés générales sont d’être tonique et diaphorétique.

La racine d’aunée jouit d’une autre propriété peu connue, qu'elle partage avec celle de bardane. Sa décoction, employée en lotions, apaise presque instantanément les Cahlinpeisdns dartreuses , et est un des meilleurs topiques dont on puisse se servir pour en atteindre la guérison.

Quelques autres espèces d’aunée, anciennement usitées, sont aujourd’hui tombées dans l'oubli : telles sont, entre autres, l’inula conyza, dont les feuilles, semblables à celles de la digitale, ont été figurées t. II, p. 48 ; les inula suaveolens, bifrons , britannica , graveolens , etc.

55 DIGOTYLÉDONES CALICIFLORES.

Les 2nula dysenterica et pulicaria appartiennent aujourd’hui au genre pulicaria.

La tribu des astéroïdées renferme un très grand nombre de plantes d'ornement, généralement connues, auxquelles je crois inutile de m’arrêter : telles sont les dalhia (dalhia variabilis), la verge d'or (solidago virga-aurea), les érigérons, les asfer, la reine Marguerite (callistephus chinensis ); sans oublier la charmante pâquerette, ornement de nos prairies (be!lis perennis).

TRIBU DES EUPATORIACÉES.

Tussilage ou Pas-d’Ane (fig. 256).

Tussilago farfara L. Le tussilage est une plante qui aime les lieux humides et dont les racines se propagent sous terre à une grande distance. Il en pousse plusieurs petites hampes supportant chacune un capilule qui s’épanouit avant que les feuilles paraissent, ce qui a fait donner à la plante le nom bizarre de filius arte patrem. Les feuilles qui paraissent ensuite sont pétiolées, très larges, sous-cordiformes, anguleuses et denticulées. On en a comparé la forme à l'empreinte du pied de l'âne, d'où est venu le nom de pas-d'äâne ; elles sont vertes en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. La hampe est également cotonneuse et toute couverte de bractées rougeûtres qui, parvenues au capitule , en forment l'involucre. Le capitule présente, à la circonférence, une grande quantité de demi-fleurons jaunes très étroitement ligulés, femelles, et, au centre, un petit nombre de fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents. Le réceptacle est nu; les styles du disque sont inclus et abortifs ; ceux du rayon sont bifides, à rameaux sous-cvlindriques ; les achaines sont oblongs-cylindriques, glabres, pourvus d’une aigrelte parisériée, à soies très fines; les aigrettes du

+ mate. tif

SYNANTHÉRÉES — EUPATORIACÉES. 09 disque sont unisériées. Tout le capitule est doué d’une odeur forte, agréable, et d’une saveur douce et aromatique. On l’emploie en infusion contre la toux : d’où est dérivé le nom de fussilage.

Eupatoires,

Ce genre de plantes, qui est extrêmement nombreux, présente les caractères suivants : Feuilles opposées ; capitules homogames, dont l'involucre est cylindrique, formé de squames imbriquées , appliquées, ovales-oblongues, foliacées; le réceptacle est nu, plane, étroit; les fleurons sont généralement peu nombreux, tous tubuleux et hermaphrodites; le style est long, profondément bifurqué , barbu à la base ; l'ovaire est pentagone et parsemé de glandes; les: achaines sont pourvus d’une aigrette pileuse, unisériée. Presque toutes les espèces sont américaines ; la suivante seule est commune en France , dans les fossés pleins d’eau et dans les lieux submergés.

Eupatoire d’Avicenne OU eupatoire chanvrina, eupatorium can nabinum L. Gette belle plante croît à la hauteur de 13 à 15 décimètres ; sa tige est un peu quadrangulaire, velue et rameuse ; les feuilles sont opposées, sessiles , à 3 ou 5 folioles lancéolées-allongées et dentées, imitant assez les feuilles de chanvre; les capitules sont terminaux, disposés en corymbes un peu serrés, formés d’un involucre cylindrique, glabre, à 10 squames dont les 5 extérieures obtuses et très courtes; les fleurs sont d’un pourpre pâle , au nombre de 5 ou 6, remarquables par leurs styles fort saillants.

La racine d’eupatoire est fibreuse et blanchâtre; elle paraît être assez fortement purgative ; les feuilles sont amères et un peu aromatiques lorsqu'on les écrase; elles passent pour détersives et apéritives.

Aya-pana, eupatorivin aya-pana Vent. Cette plante , originaire du Brésil, a été transportée à l’ile-de-France. Vantée d’abord à l'excès contre un grand nombre de maladies , elle est aujourd’hui presque totalement oubliée ; il semble cependant qu’elle devrait conserver une place dans la matière médicale : au moins peut-on supposer que ses propriétés générales se rapprochent beaucoup de celles du thé.

Les feuilles d’aya-pana sont longues de 5,5 à 8 centimètres, étroites, lancéolées-aiguës, entières, marquées de trois nervures principales qui se réunissent à l'extrémité du limbe, et d’un vert jaunâtre. Elles ont une saveur astringente, amère, parfumée , et une odeur agréable qui à quelque rapport avec celle de la fève tonka.

Plusieurs autres espèces d’eupatoires sont douées d’une odeur très agréable : telles sont principalement l’eupatorium dalea 1. (critonium dalea DC.) de la Jamaïque , dont les feuilles sèches exhalent une odeur

60 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

de vanille très suave et persistante; ct l’eupatorium aromatisans DC., de l’île de Cuba, qui sert à aromatiser les cigares de la Havane. Virey a fait mention (Journal de pharmacie, t. XIV, p. 306) d’une feuille de trébel servant au même usage, que M. Kunth a reconnue pour appartenir au piquerio trinervia de Cavanilles. Il est probable que cette feuille de Trébel est la même que celle que j'ai décrite dans ma précédente édition, et que j'ai cru appartenir à l’expatorium triplinerve de Vahl. Quelle que soit l’origine de cette feuille, voici quels en sont exactement les caractères.

Cette feuille est longue de 18 centimètres et doit être considérée comme sessile; mais le limbe est très étroit dans une longueur de 54 millimètres, puis il s'étend peu à peu jusqu’à une largeur de 36 millimètres, et se termine à l'extrémité par une pointe arrondie; la nervure médiane est forte et très marquée, les nervures latérales sont disposées par paires : les trois premières paires suivent la direction allongée du limbe rétréci en pétiole, et viennent se confondre avec le bord de la feuille ; la quatrième paire parvient seule au sommet, et donne à la feuille, avec la nervure médiane, l'apparence d’une feuille triplinerve ; les nervures latérales supérieures sont beaucoup plus petites et comprises entre la nervure médiane et les nervures de la quatrième paire. La feuille est très entière, assez épaisse, glabre , d’ane couleur verte un peu jaunâtre ; elle a une odeur de fève tonka ou de mélilot beaucoup plus franche, plus forte et plus agréable que l’aya-pana; sa saveur est piquante, âcre et un peu amère ; elle teint l’eau en jaune foncé.

Guaco.

Mikañia quaco Humb. Bonpl. Cette plante est voisine des eupatoires, dont elle se distingue cependant par plusieurs caractères : Sa tige est grimpante, très longue et rameuse ; ses feuilles sont pétiolées, opposées, ovales-aiguës , hérissées en dessous, à dentelures distantes, longues de 16 à 24 centimètres; linvolucre est formé de A4 folioles seulement, épaisses, aiguës, hérissées en dehors ; les fleurons sont au nombre de 4, hermaphrodites, dont le style et les 2 stigmates sont très longs; les achaines sont pentagones, glabres, surmontés d’une aigrette simple; le réceptacle est nu.

Le guaco croît dans la Colombie, sur les bords du fleuve de la Madeleine ; il est célèbre dans ces contrées par la propriété, qu'il paraît posséder en effet, de guérir de la morsure des serpents venimeux. On à également annoncé qu’il était propre à guérir le choléra. On a trouvé dans le commerce la plante entière, tiges, fleurs et feuilles mêlées,

DIPSACÉES. 61 Elle est inodore, mais très amère. Elle a été analvsée par M. Fauré, de Bordeaux { Journ. pharm., LU XXII, p. 291).

Semences de Calagéri.

Vernonia anthelmintica Willd. Plante de l'Inde, de la tribu des vernoniacées, dont les semences sont usitées comme anthelmintiques. Dans une note insérée dans le Jowrnal de pharmacie, & XXI, p. 612, Virey, disant avoir reçu ces semences directement de l'Inde, sous le nom de calagéri ou de calagirah, a proposé de les substituer au semencontra, dans les préparations pharmaceutiques. Le conseil aurait pu être ben, si les graines présentées eussent été véritablement celles du vernonta anthelmintica ; mais c'étaient des semences de nigelle. Comme celle confusion pourrait se représenter, je dois dire ici ce qui l'avait causée et comment on peut s’en garantir.

Les semences-en question avaient été présentées à la douane sous le nom de calagirah que Virey a cru synonyme de calagéri, tandis que ces noms désignent des plantes très différentes. L'une, nommée calagéri par Rheede , ou kÆalie zeerie par Ainslie (4 IT, p.54), est bien le vernonia anthelmintica; Yautre, nommée kala jira (Ainslie, t. T, p. 128), est le nigella sativa V., ou sa variété indienne le négella indica Roxb. Ce sont les semences de cette dernière plante que Virey a prises pour les fruits de vernonta.

Les achaines du vernontia anthelmintica sont longs de 5 millimètres, étroits , amincis et coniques par la partie inférieure, élargis par le haut en un petit disque qui présente tout autour les vestiges de l'aigrette simple qui les surmontait ; leur surface est creusée de sillons longitudinaux et couverte de poils rares et courts; leur couleur est brune, sauf le petit plateau supérieur qui est blanchâtre ; elle est amère et inodore.

La semence de nigella sativa est noire, cunéiforme, triangulaire ou quadrangulaire , de la grosseur d’une puce. Les faces comprises entre les angles sont planes et ridées ; la saveur en est aromatique , nullement amère et d’un goût de carotte; l'odeur en est faible en masse, mais devient plus forte par la friction dans le creux de la main, et est semblable à celle du daucus.

FAMILLE DES DIPSACÉES.

Cette famille présente par la réunion de ses fleurs en capitules une assez grande ressemblance avec les composées ; mais elle en diffère par un certain nombre de caractères essentiels. Les feuilles sont opposées, dépourvues de stipules ; les fleurs, réunies en capitules , sont accom-

62 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

pagnées à la base d’un involucre commun composé de plusieurs folioles ; mais chaque fleur est entourée, en outre, d’un involucre propre, caliciforme, différent encore cependant du véritable calice , lequel est soudé avec l'ovaire et terminé supérieurement par un limbe entier ou divisé, La corolle est gamopétale, tubuleuse, à 4 ou 5 divisions inégales ; les étamines sont au nombre de 4, à anthères libres et biloculaires. L'ovaire est infère, à une seule loge contenant un seul ovule pendant. Le style est simple, terminé par un stigmate simple ou légèrement bilobé. Le fruit est un achaine terminé par le limbe calicinal et enveloppé par le calice externe. La graine est pendante et son embryon est entouré d’un endosperme assez mince. Cette famille est très peu nombreuse, et je n’en citerai que deux plantes utiles, la cardère cultivée et la scabieuse officinale.

Cardère eultivée, communément nommée chardon à fouion (dipsacus fullonum T.). Cette plante porte des capitules cylindriques, pourvus de paillettes très nombreuses , serrées, dures et terminées en crochet à leur extrémité, ce qui les rend propres à peigner les tissus de laine et de coton. Les racines étaient employées autrefois comme diurétiques et sudorifiques.

Scabieuse officinale, scabiosa succisa L. (fig. 257). Cette plante est commune en France, dans les bois et dans les pâturages un peu humides. Elle produit une lige droite, cylindrique, haute de 30 à 60 centimètres, garnie de feuilles dont les & inférieures sont pétiolées , chlongues, acumi-

nées de chaque côté, très entières, et les supé-

N\/Z> y», rieures sessiles, connées, oblongues-lancéolées, @ VW d souvent dentées ; les capitules sont pédonculés, \Ÿ pourvus d’un involucre général à 2 ou 3 séries de folioles ; les involucelles sont formés d’un tube tétraédrique, à couronne très courte, ondulée et à soies courtes et conniventes ; les corolles sont égales, quadrifides, d’une couleur bleue ou purpurine. La racine est blanche, cylindrique , courte et comme tronquée par le bas , entourée de radicules descendantes. On l’emploie en décoction contre les maladies de la peau. Les feuilles et les fleurs sont également usitées.

| Pr scabieuse des champs, scabiosa arvensis L. ( knantia arvensis DC.) , est aussi

Fig. 257.

VALÉRIANÉES, 63 usitée. Elle diffère de la précédente par sa tige velue, ses feuilles pinnatifides incisées et ses fleurs à corolles inégales et rayonnantes,

FAMILLE DES VALÉRIANÉES.

Plantes herbacées, à feuilles opposées, simples ou plus ou moins profondément incisées; les fleurs sont privées d’involucre et de calicule, mais sont encore rapprochées en grappes denses ou en cymes terminales ; le calice est simple, formé d’un tube soudé avec l'ovaire et d’un limbe supère, tantôt dressé, à 3 ou 4 dents, tantôt roulé en dedans et divisé en lanières qui se déroulent en aigrette après la floraison. La corolle est gamopétale, épigyne, à limbe quinquélobé , tantôt régulier ou presque régulier (valériane), tantôt irrégulier avec le tube éperonné (centranthe), ou non éperonné { /edia). Les étamines sont insérées au tube de la corolle, quelquefois au nombre de 5, réduites à 3 dans les valérianes , à 2 dans les fédia, à 4 dans les centranthes. L’ovaire est infère , à 3 loges dont 2 stériles et souvent indistinctes; l’ovule est unique, pendant au sommet de la loge fertile, anatrope; le style est terminé par 2 ou 3 stigmates; le fruit est sec, indéhiscent , couronné par le limbe du calice, tantôt à 3 loges dont 2 beaucoup plus petites et vides (fedia), tantôt à une seule loge (valériane). La graine est inverse, à embryon homotrope, droit, à radicule supère, sans endosperme,

Cette famille, séparée des dipsacées par de Candolle, présente encore des analogies frappantes avec le groupe des composées ; les genres peu nombreux qui la composent ont été presque tous formés aux dépens des valérianes dont les racines, diversément aromatiques, ont fait partie de la matière médicale des anciens et sont encore très usitées aujourd'hui dans toutes les parties du monde.

Valériane sauvage (fs. 258).

Valeriana officinalis Y. Tige droite, haute de 4 mètre à 4 mètre 1/2, fistuleuse, un peu pubescente, portant dans sa partie supérieure des rameaux opposés sortant de l’aisselle des feuilles. Celles-ci sont opposées, loutes pinnatisectées, à scgments lancéolés dentés, un peu velus en dessous. Les fleurs sont petites, nombreuses, disposées en cyme au haut des tiges, d’une couleur blanche-purpurine, d’une odeur agréable. La racine est très petite, comparée à la grandeur de la plante, formée d’un collet écailleux très court, entouré de tous côtés de radicules blanches, cylindriques, de 2 à 5 millimètres de diamètre, Elle possède une saveur légèrement amère, comme un peu sucrée d’abord, et

64 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

une odeur désagréable qui se développe par la dessiccation, au point de devenir très forte et fétide. Cette odeur plaît singulièrement aux chats, qui déchirent les sacs de cette racine, se vautrent dessus et en mangent même avec délices.

On trouve dans le commerce deux variétés de racine de valériane qui me paraissent dues à la différence des lieux où on les a récoltées. L'une est formée de radicules blanches, cylindriques , qui ont conservé leur plénitude par la dessiccation, en ayant pris souvent une apparence cornée. La terre qui s’y trouve attachée est sablonneuse, légère, jaunâtre et tombe en poussière par la percussion. Il me paraît évident que cette valériane a crû dans des bois assez secs et sablonneux. L'autre variété a dû croître au contraire dans un lieu humide et marécageux ; car la terre qui s’y trouve comprise est nojirâlre , compacte et dure à casser, comme le serait une terre argileuse qui à été détrempée dans l’eau et ensuite desséchée. De même que dans la première variété , le collet est court et écailleux ; mais les radicules sont d’un gris foncé, plus déliées , plus fibreuses et ridées à leur surface , ce qui tient à la plus grande quantité d'eau qu’elles ont perdue par la dessiccation. Cette racine a une odeur très analogue à la première , néanmoins non désagréable ; elle paraît un peu plus amère. J'ai supposé anciennement que cette racine pouvait être produite par le valeriana dioica L., qui croît en effet dans les lieux aquatiques ; mais la seule différence des lieux suffit pour expliquer celle des deux racines.

La racine de valériane fournit par la distillation avec de l’eau une huile volatile verte, d’une odeur forte, analogue à la sienne propre, qui a longtemps été usitée comme antispasmodique. Cette essence, de même que la plupart des autres huiles volatiles , est formée de plusieurs principes, dont un, principalement, mérite de fixer l'attention par son caractère acide bien décidé.

Ce principe, nommé acide valérianique ou valérique, à été entrevu d'abord par M. Pentz, chimiste allemand, puis déterminé par M. Grotz,

Fig. 258.

ml

VALÉRIANÉES. 65 et étudié ensuite par MM. J.-B. Trommsdorf, Ettling, Dumas et Stas, Cahours et Gerbardt. Pour Pobtenir, on distille la racine de valériane bien privée de terre et additionnée d’ailleurs d’une petite quantité d’acide sulfurique , avec de l’eau, et l’on obtient ainsi, comme à l’ordinaire, un mélange d’eau distillée et d'huile volatile, auquel on ajoute de la magnésie calcinée. On distille dans une cornue, et l’on obtient une huile volatile légère, non acide, d’une odeur moins fétide qu’auparavant. Lorsqu'il ne passe plus d'huile, on ajoute dans la cornue de l'acide sulfurique en léger excès et l’on reprend la distillation. On obtient alors un liquide huileux (acide valérianique} qui surnage l’eau saturée du même acide ; car il est soluble dans 30 parties d’eau. L’acide pur est incolore et pèse 0,944; il a une odeur d'essence de valériane très forte et très désagréable et une saveur repoussante. 1l perd presque toute son odeur par sa combinaison avec les bases, et forme des sels, tels que ceux de zinc et de quinine, qui sont aujourd’hui très employés dans la thérapeutique.

L’acide valérianique a été analysé par M. Ettling à l’état oléagineux et combiné à la baryte ou à l’oxide d’argent ; sous ce dernier état il est anhydre et formé de C!H°0*; à l’état oléagineux, il est hydraté et contient C'0H°O$ + HO — Ci H!0f.

Cet acide peut se former dans un grand nombre de circonstances différentes , et notamment par l’action de la potasse caustique hydratée sur l'essence de pomme de terre ou alcool amylique (C'°H120?).

En ajoutant en effet les éléments de 2 molécules d’eau à l'alcool amylique, on en forme de l'acide valérianique hydraté et de l'hydrogène qui se dégage, provenant pour une moitié de l’eau ajoutée et pour l'autre de l’essence de pomme de terre : El

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