III. l
30 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Camomille puante Où maroute, anthemis colulaY,, marula cotula DC. Cette plante ressemble beaucoup à la précédente, mais elle est très glabre et pourvue d’une odeur très désagréable. Les fleurs du rayon sont complétement dépourvues d'organes sexuels et sont stériles par conséquent. Les corolles tubuleuses sont comprimées , bi-ailées ; les achaines sont dépourvus d’aigrette et tuberculeux. La maroute a été usitée comme anti-hystérique.
Pyrèthre d'Afrique.
Anacyclus pyrethrum DC., anthemis pyretlrum V. (fig. 253). Le genre anacyclus diffère du genre anthemis par ses fleurs du rayon stériles, par ses corolles dont le tube est comprimé et bi-ailé, par ses
achaines comprimés, entourés
Fig. 253. de 2 ailes larges et entières,
et surmontés du côlé interne
par une aigrelte courte, irré-
gulière, denticulée. Ce même
genre ne diffère guère du
genre maruta que par les caractères tirés du fruit.
La plante qui produit la pyrèthre croit en Turquie, en Asie et surtout en Afrique.
Par ses tiges couchées et par ses feuilles à divisions sétacées, elle ressemble beaucoup à la camomille romaine ; mais ses capitules sont pourvus
| d’un seul rang de fleurs lar-
| sement ligulées et étalées,
blanches en dessus, pourpres
en dessous, La racine sèche nous est apportée de Tunis. Elle est cylindrique, longue et grosse comme le doigt, quelquefois garnie d’un petit nombre de radicules, grise et rugueuse au dehors , grise ou blanchâtre en dedans, d’une saveur brûlante et qui excite fortement la salivation. Elle ceffre, lorsqu'on la respire en masse, une odeur forte, irritante et désagréable. Murray cependant ne lui donne aucune odeur, et effectivement celle du commerce manque souvent de ce caractère ; mais cela tient à
à sa vétusté, et c’est une raison pour la rejeter, 1] faut également rejeter celle qui est piquée des vers, ce à quoi elle est très sujette.
SYNANTHÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 51 La racine de pyrèthre contient, suivant les analyses de M. Parisel et de M. Koene :
Parisel, Koene,
‘Résine brune. . . . 0,59
Praicipe âcre - . 4, 21m 3 | Huile HOURE. 7. 0 TON
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M. Parisel s’est presque borné à extraire par l’éther ou l'alcool le principe âcre résinoïde, auquel il a donné le nom de pyréthrine. M. Koene à montré que cette matière élait complexe et formée des trois principes énoncés ci-dessus ; quant aux autres principes qui sont sensiblement les mêmes dans les deux analyses, mais dont les quantités indiquées sont fort différentes, je suis porté à regarder celles données par M. Parisel comune plus exactes.
La pyrèthre est souvent employée dans les maladies des denis, dans la paralysie de la langue , et toutes les fois que l’on veut exciter une abondante salivation. Les vinaigriers en emploient pour donner du mordant au vinaigre. .
Indépendamment de la pyrèthre que je viens de décrire, et qui est Ja seule que l’on trouve dans le commerce de Paris, Lemery en distingue une seconde espèce, qu'il attribue au pyrethrum umbelliferum de G. Bauhin. Cette racine est longue de 16 centimètres , plus menue que la précédente , d’un gris brun au dehors, blanchâtre en dedans, garnie par le haut de fibres barbues, comme l’est la racine de méum. Lemery lui donne le même goût âcre et brûlant, et ajoute qu’on l’apporte entassée par petites bottes de la Hollande et d’autres lieux.
M. Théodore Martius, ancien pharmacien à Erlangen, a bien voulu me faire passer une pyrèthre qui offre tous les caractères de la seconde sorte de Lemery et qui l’est indubitablement. Mais cette pyrèthre , qui est connue en Allemagne sous le nom de pyrethrum germanicum, pour la distinguer de celle du Midi, que l’on y nomme pyrethrum roman ;
52 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
cette pyrèthre, dis-je, au lieu d’être produite par une plante ombellifère, comme l’a cru Lemery, est due à une espèce d'anacyclus très semblable à l'anacyclus pyrethrum, mais plus petite dans toutes ses parties, qui a été décrite par M. Hayn sous le nom d’anacyclus officinarum.
Ainsi toute la pyrèthre officinale, soit africaine ou romaine, soit germanique, est produite par un anacyclus; mais il n’en est pas de même de celle des anciens, et de Dioscoride en particulier, qui était bien la racine d’une ombellifère. Matthiole à pensé avoir retrouvé cette plante de Dioscoride et en a donné la figure. G. Bauhin l’a vue vivante dans le jardin de Padoue, et l’a nommée pyrethrum umbelliferum. Aujourd’hui cette plante est perdue ou comprise parmi les thapsies ou les saxifrages, mais elle ne fournit aucune racine au commerce.
On prétend aussi qu’on mélange dans le commerce, ou qu’on remplace même la racine de pyrèthre avec celle de diverses plantes, telles que le buphtalmum creticum , Vachillea ptarmica, et surtout avec la racine du chrysanthemum frutescens L., qui est le leucanthemum canariense pyrethri sapore T. ; mais aucune de ces substitutions n’a lieu, et sauf la vétusté, dont il faut se garder, il y a peu de substances que l'on trouve moins mélangées dans le commerce que la racine de pyrèthre.
Cresson de Para (fs. 254).
Spilanthes oleracea . Car, gén. : capitules multiflores tantôt pourvus Fig. 254. d’un rayon de fleurs ligulées femelles,
tantôt entièrement composés de fleurs tubulcuses et hermaphrodites ; involucre bisérié, appliqué, plus court que le disque ; le style des fleurs hermaphrodites est à rameaux tronqués au sommel et pénicillés ; anthères noirâtres ; achaines comprimés, souvent ciliés sur les côtés.
Le cresson de Para est originaire du Brésil et n’est encore cultivé en France que dans les jardins. C’est une plante annuelle, haute de 30 centimètres, dont les tiges sont rondes, tendres, rameuses, diffuses et tombantes ; les feuilles sont opposées, pétiolées, petites, sous-cordiformes, sous-dentées; les capitules sont solitaires à l'extrémité de pédicelles
SYNANTHÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 33 plus longs que les feuilles; ils sont coniques, entièrement formés de fleurs hermapbrodites tubuleuses, jaunes (brunes sur le milieu du disque dans la variété fusca) ; tous les achaines sont comprimés, ciliés sur le bord, surmontés de deux arêtes nues. Toute la plante est très âcre; mais les capitules surtout ont une saveur brûlante et caustique, et excitent fortement la salivation. On les emploie en teinture alcoolique contre les maux de dents; ils agissent comme le cochléaria , mais à un degré plus intense, en rubéfiant une étendue plus ou moins considérable de la membrane muqueuse et en déplaçant l'irritation.
D'autres espèces du même genre jouissent de propriétés semblables, et principalement les spilanthes acmella, alba, urens, pseudoacmella, etc.
Grand-Soleil,
Helianthus annuus L. Plante annuelle, originaire du Pérou, mais cultivée dans les jardins de presque tous les pays, à cause de sa grande fleur radiée qui représente un soleil entouré de rayons. Sa tige est simple, haute de 2 à 3 mètres, cylindrique, rude au toucher, terminée par un capitule, auquel en succèdent d’autres portés par des rameaux sortis de l’aisselle des feuilles supérieures; les feuilles sont presque opposées, pétiolées , grandes , subcordiformes, pointues à l'extrémité, grossièrement dentées, trincervées, rudes comme la tige. Les capitules, larges quelquefois de 30 centimètres, sont inclinés sur la tige de manière à présenter Jeur disque presque vertical et dirigé du côté du soleil, ce qui a fait aussi donner à la plante le nom de tournesol. Les folioles de l'involucre sont inappliquées, linéaires-aiguës, plus petites à l’intérieur qu’à l'extérieur; le réceptacle est paléacé; les fleurs du rayon sont unisériées, ligulées , étalées, d’une belle couleur jaune, privées d'organes sexuels; les fleurs du disque sont presque innombrables, tubuleuses , hermaphrodites, à 5 dents, d’un jaune brunûtre ; les achaines sont comprimés, sous-tétragones , noirâtres, un peu rudes au toucher, pourvus ou privés d’une aigrette caduque, formée de deux squamelles en forme d’arêtes : ces fruits sont assez volumineux , faciles à récolter, et fournissent par expression une huile grasse propre à l'éclairage et à la fabrication du savon. On peut s'étonner qu’on ne cultive pas la plante plus spécialement pour cet usage.
Topinambour,
Helianthus tuberosus L. Cette plante est pourvue d’une racine vivace, fibreuse, traçante, qui donne naissance à un nombre considérable de bourgeons monstrueux, tubéreux, pédiculés, de la grosseur d’une poire ou davantage , pyriformes ou comine formés de plusieurs tuber-
54 DICOTYLEDONES CALICIFLORES.
cules réunis, Ces bourgeons monstrueux sont couverts d’un épiderme rouge et vert, dû à la soudure des écailles originelles, et marqué de franges circulaires qui indiquent Ja limite de chaque verticille des mêmes écailles. L'intérieur en est blanc, translucide, formé d’un tissu cellulaire lâche renfermant un suc très aqueux et sucré. Ces tubercules produisent de nouvelles tiges droites, hautes de 2 à 3 mètres, rondes, rudes au toucher, rameuses par le haut, garnies de feuilles alternes, souvent presque opposées ou même ternées, pétiolées, grandes, ovales, pointues, dentées, rudes au toucher, décurrentes sur le pétiole, triplinervées. Les capitules sont terminaux, solitaires, non inclinés, petits relativement à ceux de l’espèce précédente et à la grandeur de la plante.
Cette plante est originaire du Brésil. Elle fleurit très tard en Europe et ses graines y mürissent difficilement; mais ses tubercules se multiplient à un tel point, qu'après en avoir enlevé la plus grande partie en automne, pour les usages domestiques , il en reste ordinairement assez pour que les places vides se trouvent remplies l'été suivant.
Les topinambours forment une bonne nourriture pour les bestiaux pendant l’hiver, et les hommes peuvent aussi les manger cuits et assaisonnés de différentes manières. Ils ont un goût un peu analogue à celui du fond d’artichaut ; mais ils sont peu nourrissants, étant presque totalement privés d’amidon.
Les topinambours ont été analysés par M. Payen et par M. Braconnot ; d’après ce dernier chimiste, 100 parties de tubercules récents contiennent :
A le nn ee HT 2U Sucre incristallisable . . . . . . . 14,80 Lulu »s0ititér Broad iet pdt 3,00 BODSIEUE TER. . 2. - 1,22 PE RU US Te 1,08 RE 7 A FE. à 0,99 Huile très soluble dans l'alcool . . 0,06 DErtiUOe 60 MS else sé Mnt 0,03 CPE TE pEASSE". . . . . . . 1,07 UE RDS 7. . .. . : 0,12 Chlorure de potassium. . . . . . 0,08 Phosphate de potasse. . . . . .. 0,06 Malafe despotasse. .". . , .'. .. 0,03 à Phosphate de chaux . . . . . .. 0,14 Citwate de chaux 21: 51108 1: 0,08 d Tartrate de chaux . . . . . . . 0,02 Silice. . usb AE + 0,02
SYNANTHÈRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 2) Ni M. Braconnot ni M. Payen n’ont indiqué d’amidon dans les tubercules de topinambour ; cependant ils en contiennent quelque peu que l'on peut découvrir au microscope et au moyen de l’iode , dans le dépôt que le tubercule râpé laisse former après avoir été délayé dans l’eau et jeté sur un tamis. Le suc de topinambour, quoique contenant une assez grande quantité de sucre , éprouve très difficilement par lui-même la fermentation alcoolique, ce qui tient à ce que la glutine transforme le sucre en mucose, ainsi que cela a lieu pour le suc de betterave ; mais il fermente facilement par une addition de levure de bière et fournit alors, d’après M. Payen, 9 pour 100 du poids des tubercules frais d'alcool anhydre (Annales de chimie et de physique, 1. XXY, p. 358, ett. XXVI; p. 98).
Madi du Chili.
© Madia sativa et madia mellosa Molina, Ce sont deux plantes du Chili, dont la première surtout est cultivée dans son pays natal et aujourd’hui également en Europe, à cause de l'huile fournie par ses graines. Sa tige est élevée de 1,5, rameuse, garnie de feuilles alternes, linéaires-lancéolées , très entières, assez semblables à celles du laurierrose ; ses capitules sont presque sessiles, agglomérés à l'extrémité des rameaux ou dans Vaisselle des feuilles, pourvus de fleurs femelles, ligulées, très grandes, à 3 dents, et de fleurons hermaphrodites, tubulcux, à 5 dents; le réceptacle est plane et pourvu de une ou deux séries de paillettes, entre les fleurs du rayon et celles du disque, Les achaines sont longs de 9 à 11 millimètres, brunâtres, dépourvus d’aigrette, à 4 ou 5 nervures longitudinales , convexes d’un côté, aplatis de l’autre.
Au dire de Molina et du père Feuillée, l'huile de madia sativa serait préférable pour ja table, même à celle de lolivier; mais sa couleur jaune foncée, sa propriété siccative et la facilité avec laquelle elle se rancit, doivent la faire réserver pour l'éclairage ou la fabrication du savon commun, Elle est soluble dans 30 parties d’alcoo! froid et dans 6 parties d'alcool bouillant, ce qui l'éloigne beaucoup de la nature de l'huile d'olives.
On cite encore une autre plante de la famille des composéees dont les graines fournissent une assez grande quantité d'huile usitée dans l’Inde et en Abyssinie, pour lusage de la table ou pour l'éclairage. Cette plante porte dans l'Inde les noms de ram-till et de werinnua, et en Abyssinie celui de ook. C'est le quizotia oleifera DC., appartenant à la sous-tribu des hélianthées, et assez voisine par conséquent de l’he/iunthus annuus,
56 DIGOTYLÉDONES CALICIFLORES.
TRIBU DES ASTÉROÏDÉES.
Aunée oflicinale,
Inula helenium. Car. gén. : capitule multiflore hétérogame ; fleurs du rayon unisériées , femelles, ligulées , rarement tubuleuses, trifides ; fleurs du disque hermaphrodites , tubuleuses, à 5 dents; involucre imbriqué , plurisérié; réceptacle plane, nu; anthères pourvues de 2 soies à la base; achaine cylindroïde pourvu d’une aigrette à une seule série de soies capillaires , rudes.
L’aunée officinale (fig. 255) croît dans les lieux ombragés et se cultive dans les jardins. Sa tige est droite, velue, haute de 13 à 16 décimètres; ses feuilles radicales sont très grandes, ovales, atténuées en pétiolc d'un côté et terminées en pointe de l’autre ; celles de À la tige sont demi-amplexi- | caules ; toutes sont dentées,
d’un vert pâle, rugueuses
en dessus , cotonneuses en
dessous ; les capitules sont
solitaires au sommet des
tiges et des rameaux, larges | de 8 centimètres, pourvus de fleurons ligulés , jaunes et radiés, qui les font ressembler à ceux des helianthus ; V'involucre est formé de squames imbriquées , dont les extérieures sont larges et surmontées d’un appendice foliacé, et les intérieures linéaires et obtuses ; le réceptacle est large, plane, dépourvu de paillettes; les achaines sont très glabres, tétragones, pourvus d’une aigrette simple.
La racine d’aunée est la seule partie de la plante usitée. Elle est vivace, longue, grosse, charnue , roussâtre au dehors, blanchâtre en dedans , d'une odeur forte, d’une saveur aromatique, âcre et amère ; elle conserve ces propriétés par une bonne dessiccation.
Fig. 255.