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RUBIACÉES. 117
Voici les conséquences que l’on peut tirer ‘des essais qui précèdent :
1° Le quinquina de Loxa précipite la gélatine, et cela d'autant plus qu'il provient de plus jeunes branches.
2° Ce même quinquina, le plus jeune, est très mucilagineux , et ne précipite que très peu, ou pas, l’infusion de tan et la solution d’émétique ; tandis que, plus âgé, il est moins mucilagineux et précipite ces deux réactifs.
3° Il précipite le sulfate de fer en vert ou en vert bleuâtre. En général le précipité est soluble dans un excès de sulfate et donne une liqueur d’un beau vert foncé : cela est cause que les quinquinas qui contiennent peu du principe précipitant donnent de suite une belle liqueur verte transparente avec le sulfate de fer; d’un autre côté, comme on n’est pas toujours sûr de mettre la même quantité de sulfate dans ses essais, la précipitation et la non-précipitation par le sulfate de fer forment deux caractères peu distinctifs, lorsque toutefois le dernier cas est accompagné d’une forte coloration de la liqueur.
L° Le quinquina de Lima gris fin contient moins d’acide libre que les autres quinquinas gris ; son macéré précipite à peine la gélatine, mais précipite beaucoup plus le tan et l'émétique.
5° Les mêmes différences sont encore plus marquées dans le quinquina de Lima blanc ; ce qui, joint à sa saveur beaucoup plus amère, le rapproche des quinquinas jaunes.
6° Le quinquina dit huanuco paraît être altéré par vétusté.
7° Tous ces quinquinas contiennent un sel à base de chaux, indiqué par l’oxalate d'ammoniaque, mais en petite quantité ; car le sulfate de soude n’a aucune action sur leur macéré.
En général les quinquinas gris se distinguent des autres, par leur odeur de bois chanci; par leur saveur astringente amère, qui porte avec elle un bouquet particulier; par la petite quantité de sel calcaire qu'ils renferment.
Parmi les chimistes qui, depuis Vauquelin, se sont occupés de l'analyse des quinquinas, il faut citer d’abord Laubert, qui, ayant traité du quinquina de Loxa par l'éther sulfurique, en a obtenu une teinture jaune, dont il a retiré une substance molle verdâtre qui lui a présenté quelque ressemblance avec la glu, et une autre substance soluble dans l'alcool, composée elle-même d’une matière huileuse rosée et d’un principe cristallisable (Journ. de pharm., &. 11, p. 289).
Gomez avait également retiré du quinquina une substance blanche et cristallisable ; mais, les caractères respectifs de ces deux matières n’étant pas alors parfaitement établis, 1! était difficile de rien décider sur leur identité. Le docteur Duncan, d'Édimbourg, paraît aussi avoir
118 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
des droits à la découverte de la cinchonine, ou principe cristallisable du quinquina gris.
M. Pfaff, professeur à Kiel, a cherché à vérifier la découverte de Gomez sur le principe blanc cristallisable, sans être parvenu au même résultat. Il a cependant tiré de ses expériences les conséquences suivantes, qui sont toutes de la plus grande exactitude :
4° Les matériaux immédiats capables de précipiter l’émétique , la noix de galle et la gélatine animale, sont tous solubles dans l’eau et dans l'alcool.
2° Les principes qui précipitent la noix de galle et l’émétique paraissent coexisler constamment sans être identiques.
3° La substance qui précipite l’infusion de noix de galle est la véritable cause de l’amertume du quinquina , ou le principe amer, quoique le composé qu’elle forme avec la noix de galle soit dépourvu de toute amertume.
h° La matière qui se précipite avec la gélatine animale diffère tout à fait de ce principe amer ; elle appartient à cette modification du tannin qui colore en vert les dissolutions de fer, et qui existe dans quelques mauvaises espèces de quinquinas, sans ce principe amer. (/ourn. de pharm., t I, p. 556.)
Enfin Pelletier, conjointement avec M. Caventou, ayant porté sur les quinquinas la persévérance et la sagacité auxquelles nous devons de si belles analyses, tant végétales qu’animales, il est permis de croire que nous connaissons aujourd’hui la composition chimique de ces précieuses écorces , aussi bien que celle des substances organiques les plus soigneusement traitées. Le Mémoire de ces deux chimistes se trouve inséré dans le VII° tome du Journal de pharmacie. Suivant eux , le quinquina gris est composé de :
4° Cinchonine unie à l'acide kinique (et aussi en partie, comme on l’a reconnu depuis, au rouge cinchonique) ;
2° Matière grasse verte ;
3° — colorante rouge peu soluble (rouge cinchonique) ; RTS — — soluble et tannante.
5, — — jaune;
6° Kinate de chaux ;
1° Gomme ;
8° Amidon.
La cinchonine découverte par Gomez, mais dont ce chimiste wavait pi connu la nature alcaline, ni examiné les combinaisons, est une véritable base salifiable. Sa capacité de saturation paraît même l'emporter sur celle de la morphine. Elle est à peine soluble dans l’eau ; aussi sa saveur est-elle longtemps à se développer ; mais, dis-
RUBIACEES. 119 soute dans l'alcool, ou mieux dans un acide, elle a une saveur amère en tout semblable à celle du quinquina gris.
La cinchonine s’unit à tous les acides et forme des sels parfaitement ueutres. Ces sels ont une saveur très amère; le sulfate, l’azotate et le chlorhydrate sont cristallisables.
L’acide oxalique forme avec la cinchonine un sel neutre presque jasoluble à froid : aussi, en versant de cet acide ou mieux «encore de l'oxalate d'ammoniaque , dans un sel soluble de cinchonine , v fait-on naître un précipité très blanc et abondant, qu'on pourrait prendre pour de l’exalate de chaux ; mais ce précipité est soluble dans un excès d'acide oxalique , dans l’alcoo)!, etc.
Le tannin ou acide tannique forme , avec la cinchonine, de même qu'avec les autres alcalis végétaux, un composé complétement insoluble dans l’eau, mais soluble dans l'alcool. C’est au tannin que la noix de galle doit la propriété de précipiter les infusés ou décoctés de quinquinas, et l’on peut juger qu’ils sont d'autant plus riches en alcaloïde et d'autant meilleurs, que le précipité est plus abondant.
La cinchonine est très peu soluble dans l’éther ; elle se dissout au contraire parfaitement dans l’alcoo!, et cristaHise par l'évaporation Jente de ee menstrue.