XXII. Quinquina orangé de Mutis
On trouve dans le commerce une écorce de valeur presque nulle que j'ai décrite anciennement sous le nom de guinquina de Carthagene spongieux , et que M. Pereira m'a communiquée sous le nom de new spurious yellow bark. J'en ignorais l'origine, lorsque je l’ai retrouvée
RUBIACÉES. 145 au Muséum d'histoire naturelle de Paris, où elle a été déposée par de Humboldt, comme étant le guinquina orangé de Mutis, et par conséquent l'écorce de son ciénchona lancifolia (1). On voit, par ce résultat, la confiance que l’on doit accorder aux propriétés éminentes attribnées par Mutis à son quinquina orangé, et l’on expliquera différemment que ne l’a fait de Humboldt, le fait rapporté par lui dans son mémoire sur les forêts de quinquinas Humboldt dit que la ruse mercantile alla au point de faire brûler à Cadix, sur un ordre du roi d'Espagne, une grande quantité du meilleur quinquina orangé de la Nouvelle-Grenade , récolté par Mutis, pendant qu'il régnait dans tous les hôpitaux une grande pénurie de cette précieuse écorce. I est beaucoup plus probable qu’on avait en effet reconnu le peu de valeur du meilleur quinquina de Mutis ; et lon peut juger par là de ce que valent ses autres espèces, qu'il avait nommées guinquina rouge, joune et blanc, pour faire croire à leur identité avec ceux du Pérou.
Le quinquina orangé de Mutis, tel que le possède le Muséum d’hisloire naturelle, se compose de deux sortes d’écorces : 1° Ecorces des branches , assez minces, peu roulées, couvertes d’un épiderme grisblanchâtre ou jaunâtre, très mince, non crevassé, peu fendillé,.fort semblable à celui des jeunes écorces du quinquina pitaya; mais elles s’en distinguent par leur texture extrémement fibreuse et par une saveur amère beaucoup plus faible, souvent même peu marquée. 2° Ecorces du tronc couvertes d’un épiderme blanc , mince et micacé, ou pourvues d’une croûte épaisse de 2 ou 3 lignes, et formée d’une matière jaunerougeâtre, micacée, séparée par des lames d’un gris argentin. Le liber est excessivement fibreux, épais, léger, sans consistance, spongieux sous la dent, à peine amer. Poudre très légère, fibreuse, d’une belle couleur orangée.
Caracteres chimiques des quinquinas jaunes. Vauquelin, dans des expériences semblables à celles dont j'ai déjà rendu compte, a soumis à l'action des réactifs quatre quinquinas jaunes, qui sont ses 1'°, 8°, 9eet ane sortes. Or il résulte de l'examen de ces écorces, conservées par Robiquet, que le n° 1 est du quinquina calisava, le n° 8 un mélange de quinquina orangé de Mutis et de quinquina pitaya, le n° 9 du quinquina pitaya, et le n° 14 du quinquina orangé de Mutis. J'offre ici le tableau des résultats publiés par Vauquelin, auxquels je joins ceux que j’ai obtenus avec plusieurs des sortes que j'ai décrites :
(4) Cinchona lancifolia, (Albert, Traité des fièvres pernicieuses). Cinchona angustifolia, R. P., Cinchona tunita, Lop. ( Supplèém, à la Quinologia, p 14).
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RUBIACÉES. 445
QUINQUINAS DE HUAMALIES.
On connaît daus le commerce français sous le nom de quéiquina havane, des écorces de qualité très inférieure ordinairement , qui ont dû être ainsi appelées par suite de leur séjour intermédiaire à l’île de Cuba ; au moins est-ce la seule manière d'expliquer cette appellation singulière. Les Allemands, et Bergen en particulier, donnent à ces quinquinas le nom beaucoup plus convenable de Auamalies où quamalies, qui est celui de la province du Pérou d’où ils paraissent tirés. 11 en existe d’ailleurs plusieurs espèces ou variétés qui arrivent confondues dans les mêmes caisses, et mélangées d’une petite quantité de quinquina gris de Lima et de quinquina blanc de Jaen, qu'il est facile d’en séparer. Les espèces ou variétés de huamalies, alors isolées, forment un groupe intermédiaire entre les quinquinas jaunes et les quinquinas blancs , mais beaucoup plus rapproché de ceux-ci que des premiers.