XXVI. Quinquina huamalies blanc
A. Ecorces en longs tubes réguliers, roulés en deux parties qui se rejoignent au milieu; grosseur d’une forte plume à celle du doigt; épiderme blanc jaunâtre et un peu rosé, strié longitudinalement et sans aucune fissure transversale, excepté dans les plus gros tubes qui en présentent quelques unes assez régulièrement espacées. D’autres tubes présentent des lignes verruqueuses longitudinales, en partie usées par le frottement, ce qui leur donne une teinte générale ocracée. Le liber est très mince dans les jeunes tubes; épais de 2 ou 3 millimètres au plus, dans les gros, prenant une coupe orangée rouge sous la scie.
B. Ecorce roulée en tubes de 3 centimètres de diamètre, épaisse de k millimètres ; elle est formée d’un liber compacte, très finement fibreux,
RUPIACÉES. 147 d’un jaune pâle, et d’un épiderme blanc , ou blanc un peu rosé, feuilleté, uni ou interrompu par des lignes verruqueuses longitudinales, Les verrues sont très apparentes, formées à l’intérieur d’une matière rouge pulvérulente. Le liber présente sous la scie une coupe rouge orangée, d'apparence résineuse; la saveur est amère, astringente, désagréable.
XXVII, Quinquina huamalies ferrugineux,
Cette écorce est exactement représentée dans Ja V° planche de Bergen , fig. 6, 12 et 13. Elle est caractérisée par sa couleur d'ocre , tant à l’intérieur qu’à l'extérieur ; cependant l’épiderme est d’un gris noirâtre, mais le plus souvent il est usé par le frottement et fait place à la couleur de rouille de l'écorce. Get épiderme est comme tuherculeux ou verruqueux, sans fissures, ou offrant des fentes transversalès assez rapprochées. L'écorce est grosse comme le pouce, fibreuse ou ligneuse, assez légère, d’une odeur qui rappelle celle de la véritable angusture , d’une saveur amère et nauséabonde. On pourrait douter qu’elle fût un véritable quinquina, si d’ailleurs , d’après l’examen qu’en a fait anciennement M. Ossian Henry, elle ne contenait une assez grande quantité de cinchonine.
Synonymie botanique des quinquinas huamalies. Je n’ai trouvé aucun des quinquinas de Huamalies au Musée britannique, ni chez M. Delessert, et rien de ce côté ne peut servir à éclairer leur origine spécifique ; tout ce que je puis dire aujourd’hui, c’est que le huamalies gris terne (n° xXX1IV) se rapporte probablement au cascarilla delgada de Ruïz et de Laubert, produit par le cénchona hirsuta R. P. (Bull. pharm., &. AE, p. 296), lequel n'est qu'une simple variété du cinchona ovata. D'un autre côté, le docteur Pæppig a rapporté du Pérou de jeunes écorces du cinchona purpurea, et ces écorces présentent , suivant que leur épiderme est gris et fendillé, ou blanc jaupâtre et strié longitudinalement, tantôt une ressemblance frappante avec le huamalies gris (n° Xx1V, B), tantôt une ressemblance non moins marquée avec le huamalies papyracé du n° Xxv, A.
Les écorces âgées, que je n'ai pas, présentent, d'après M. Reichel, de nombreuses verrues, et une disette remarquable de lichens , ce qui s'accorde avec les caractères des grosses écorces du quinquina huamalies dur et rougeâire (xxXv, C). Je reste donc incertain, pour l'origine de ces écorces, entre les cinchona hirsuta et purpurea. Je ne puis rien dire de l’origine du huamalies blanc verruqueux, qui se sépare des autres quinquinas de ce groupe par la grande quantité d’alcaloïde que les essais chimiques paraissent y indiquer. Tout ce que je puis dire du huamalies ferrugineux, c’est que sa très grande ressemblance avec la racine
145 DICOTYLÉHONES CALICIFLORES,.
du cinchoñt iicrantha examinée par MM. Deloñdre et Henry (Journ. pharm., t. XXI, p. 510) me fait penser qu'il provient de la racine de ce cinchona ou d’une autre espèce officinale.
XXVIHII, Quinquina jaune de Cuença.
J'ai décrit dans la 2° édition de l’Æistoire des droques simples, sous le nom de guinquina havane (t. T, p. k23), un mélange de différentes écorces, dont une, grosse comme le pouce, épaisse de 3 à 5 millimètres, assez dure, ligneuse, compacte et pesante, amère et astringente, se faisait remarquer par des fentes circulaires assez régulièrement espacées à une distance de 7 à 20 millimètres, Cette écorce , non mentionnée parmi les précédentes, devra y être reclassée, après le huamalies rougeûtre , sous le nom de quinquina huamalies dur et compaete. Elle ressemble beaucoup, par l'extérieur, au quinquina jaune de Cuenca, rapporté par M. de Humboldt, ce qui est cause que, dans ma troisième édition, j'ai attribué généralement le quinquina huaimalies au cinchona ovalifolia des plantes équinoxiales, nom que Rœmer et Schultes ont changé en celui de cénchona humboldtiana. En examinant mieux ces écorces aujourd'hui, je ne les crois pas semblables , le quinquina huamalies compacte étant beaucoup plus dense et plus amer. Voici maintenant les caractères de l'écorce du cinchona humboldtiana, vécoltée sur des branches de quatre à six ans, dans les environs de Cuenca, où l'arbre est nommé cascarilla pelluda (à feuilles velues).
Ecorces de la grosseur du doigt, roulées, épaisses de 2 millimètres environ, couvertes d’un épiderme gris foncé, assez rugueux, avec des fentes transversales, espacées à la distance de 1 ou 2 centimètres; la croûte est brune, très mince et adhérente ; le liber est d’une couleur de rouille assez vive, fibreux, assez léger , facile à rompre en tous sens, presque insipide. Vauquelin supposait que cette écorce avait été avariée ; mais il est certain au contraire qu’elle est bien conservée et que sa mauvaise qualité tient à sa propre nature.
Voici le tableau des résultats obtenus à l’aide des réactifs, sur les macérés des quinquinas qui précèdent.
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150 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
A la suite des quinquinas huamalies, je ferai une mention succincte de quelques écorces non décrites, trouvées en petite quantité dans les quinquinas du commerce.
XXIX. Quinquina roulé en gros tubes, couvert d’une croûte brune, mince, rugueuse, fendillée, blanchâtre à la superficie, semblable à celle du gros quinquina Lima, mais peu adhérente au liber. Celui-ci est en grande partie dénudé, d’un jaune brunâtre à sa surface, devenu un peu luisant par le frottement, et parsemé de verrues et de lignes verruqueuses peu élevées. Ce liber est épais de 4 ou 5 millimètres, d’une texture fibreuse fine et uniforme , assez compacte et d’un jaune très pâle, surtout à la surface interne qui est unie et comme blanchâtre; saveur très amère, franche, plus forte que celle du calisaya.
XXX. Quinquina en un gros tube, très verruqueux, couvert d’une croûte adhérente, mince, dure, brune à l’intérieur, mais entièrement blanchie à sa surface par une couche crétacée, toute parsemée de graphis noirs, Quelques parties du liber dénudées sont d’un rouge brun. Le liber est dur, compacte, fibreux, épais de 4 ou 5 millimètres, d’une couleur d’ocre rougcâtre foncée, et d’une saveur amère et astringente de quinquina gris.
XXXI, Quinquina en écorce demi-roulée, épaisse de 5 millimètres, non verruqueuse, mais pourvue d’une croûte adhérente dont la surface est entièrement couverte de Zecanora atra Ach. (Kunze, Pharmaceut. waarenkunde, 1. XI, tab. xXXV, fig. 8), ce qui la fait paraître toute perlée.
XXXIL Quinquina ligneux, jaune fauve foncé, couvert d’une croûte assez épaisse, fongueuse, crevassée, blanchâtre à sa surface, ocreuse à l’intérieur. Ce quinquina a beaucoup d’analogie avec le huamalies ferrugineux.
XXXIII. Quinquina en écorces roulées, dont le liber ligneux et compacte ne paraît pas verruqueux ; Imais la croûte dure et noirâtre qui le recouvre est développée d’une manière très irrégulière et est profondément crevassée comme celle du liége.
XXXIV. (uinquina roulé en gros tubes épais, durs, pesants, ridés par la dessiccation. L'épiderme est rugueux , mais non fendillé, seulement ridé longitudinalement, d’un gris foncé. Le liber paraît être d’un rouge très prononcé; mais, quand on le scie, il est presque blanc à l'intérieur et devient de nouveau très promptement rouge à l'air. Cette écorce possède une odeur de quinquina gris un peu aigre, et une saveur amère et astringente.
RUBIAGÉES, 154