‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 37 sur 121 · QUINQUINAS BLANCS · texte numérisé non relu

QUINQUINAS BLANCS

Quinquinas blancs de Loxa, de Jaen et de Cusco,

Tous ces quinquinas ne paraissent être que des variétés d'une même espèce , et je les crois également produits par le cinchona ovata de la Flore péruvienne (1); car cet arbre est très certainementle quinquina blanc de Loxa dont parle La Condamine ( Mémoires de l'Académie , 1738), qui a la feuille plus ronde que le jaune et le rouge, moins lisse et même un peu rude ; la fleur plus blanche, le fruit plus gros et l'écorce extérieurement blanchâtre. Cette espèce comprend tout aussi sûrement le quinquina de Jaen dont La Condamine parle en ces termes :

-« On a aussi découvert l'arbre du quinquina dans les montagnes de Jaen, à 50 ou 70 lieues au sud-est de Loxa. Depuis quelques années, il a passé de ce dernier en Europe; mais soit qu'il ait été reconnu moins efficace ou que ce soit un effet de la prévention, il à mauvais renom à Panama, et il saffit de savoir que la cascarilla a été embarquée au port de Charapa, qui est la route ordinaire du quinquina de Jen, pour qu'on ne puisse en trouver le débit. On d't que tout le quinquina de Jaen est de l'espèce du blanc dont il a été parlé plus haut. »

Depuis ce temps, ce quinquina n’a pas cessé de se trouver dans Île

__ (1) Cinchona ovata R. P. (fig. 282); Cascarillo pallido Ruiz, Quinol. Arbre élevé de 12 mètres, dont le troncest droit et cylindrique. Écorce d'un gris jaunâtre à l'extérieur, unie, peu

compacte, d’un fauve obscur à l’inté- Fig. 282.

rieur, d’une saveur très amère, acidule, un peu désagréable. Feuilles rapprochées, péliolées, ovées, amples, {rès entières, ouvertes , planes, très brillantes en dessus, tomenteuses en dessous, à veines pourprées : les plus jeunes sont cotonneuses sur les deux faces. Pétioles pourpres, long d’un demi-pouce. Calice glabre, pourpre, à cinq dents ; corolle longue d’un demi-pouce , pourpre et pubescente au dehors, à limbe ouvert, velu et blanc à l’intérieur ; capsule oblongue, étroite, glabre, légèrement striée, couronnée par le calice, s’ouvrant de bas en haut.

Vulgairement nommé Cascarillo de pata de gallareta (patte de canard, à cause de la couleur extérieure de son écorce).

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commerce ; 1! y a toujours été peu estimé et a été désigné généralement sous le nom de guinquina gris pâle ou de loxa femelle. J'en ai vu chez M. Dubail une grande quantité qui était fort ancienne et qui n’était d'aucun usage. En 1839, il en est arrivé une forte partie qui était en surons de peau, comme le quinquina de Lima, et qui était tellement disposée que, tout autour et immédiatement sous la peau, il y avait une couche de vrai quinquina de Lima, tandis que tout l’intérieur était composé de quinquina blanc semblable à celui de Loxa ou de Jaen. Voici maintenant ce qui distingue les diverses variétés de ce quinquina.

XXXV, Quinquina de Loxa cendré,

Ash bark des Anglais; Plasse ten china (qq. ten pâle) de Bergen; china amarilla de ma petite collection de Loxa.

A. Écorces fines, trouvées anciennement dans le quinquina de Loxa, ayant au plus la grosseur du petit doigt, souvent contournées par la dessiccation, recouvertes d’un épiderme uni ou peu rugueux, généralement d’un gris cendré, et portant une grande quantité de lichens (principalement les parmelia alba où coronata Fée, et l’usnea barbata Ach.). La cassure est d’un jaune orangé clair, nette dans les plus jeunes écorces , un peu fibreuse et comme feuilletée dans les plus grosses. La saveur en est astringente et amère, l’odeur très développée.

B. Il est arrivé plus récemment des surons entièrement composés de loxa cendré , dont les écorces roulées étaient presque toutes parsemées d’un grand nombre de tubercules de nature fongueuse, que l’on aurait pu croire produits par la piqûre d’un insecte. D’autres écorces plus grandes paraissent avoir appartenu à la souche ou aux nœuds de la tige, et ont une forme très irrégulière. L’épiderme est souvent d’un gris fendillé ou crevassé , blanchi superficiellement par des lichens, ayant de la ressemblance avec celui des quinquinas gris; d’autres fois il est uni et rosé comme celui du quinquina blanc de Loxa. Le liber est mince, d’une texture fibreuse très fine, d’une couleur assez vive et tournant à l’orangé ; la surface intérieure est très unie, surtout dans les écorces plates. La saveur est bien amère, acidule et astringente,

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