XLIII. Quinquina Carthagène jaune orangé
Quinquina de Carthagène très fibreux ; quinquina jaune fibreux de Bergen , tab. 1v, fig. 5 à 11.
A. J'ai trouvé une première fois ce quinquina, dans le commerce, sous le nom de guënquina cannelle : il était en écorces fines, la plupart roulées en petits tubes imitant assez bien la cannelle de Chine; d’autres demi -roulées , et d’autres encore tout à fait plates; toutes très minces, filandreuses, spongieuses, mondées à l'extérieur et ne présentant que quelques vestiges d’une croûte grise, papyracée , analogue à celle du quinquina de Loxa cendré. Mais la couleur de l'écorce est d’un jaune orangé vif; sa saveur est d’une amertume forte et très désagréable, et l'odeur présente quelque chose d'aigre et d'aromatique, tout à fait distinct de l'odeur habituelle des quinquinas. On la trouve d’abord assez agréable et elle finit par fatiguer et par déplaire.
B. Goudot m'a remis un échantillon de quinquina tout à fait conforme au précédent et d’nne très forte amertume, sous le nom de quinquina jaune de Girons.
C,. J'ai vu dans le commerce , en 1841 , une grande quantité d’un quinquina dit de Maracaïbo, qui appartient à la même espèce. Il est en écorces roulées, une ou deux fois grosses comme le pouce, épaisses de 3 millimètres environ ; ou en écorces plates, épaisses de 4 à 8 millimètres. Il présente à sa surface, et par places seulement, des vestiges d’un épiderme blanc, recouvert d’une substance fongueuse , ocracée , comme dans le quinquina ordinaire de Carthagène. Le liber est très fibreux , d’une couleur orangée rouge à l'extérieur, d’un jaune blanchâtre ou rosé du côté interne (4), et présentant, par ce dernier caractère, une certaine ressemblance avec le vrai quinquina jaune orangé (xx). La poussière qui se forme dans les caisses ou dans les bocaux, par le frottement réciproque des morceaux , est d’une belle couleur orangée ; la saveur est très amère ; l'odeur est très faible, analogue à celle des quinquipas gris.
D. J'ai trouvé, dans le commerce également, un quinquina que l’on m'a dit venir des montagnes de San-Pedro , près de Caraccas, qui me paraît encore appartenir à la même espèce. Il est en fragments assez petits, on pourrait presque dire en copeaux, qui auraient été enlevés sur une souche à l’aide d’une doloire. Sa croûte, dont il offre quelques vestiges, est tamtôt d’un gris blanchâtre , rugueuse et feuilletée comme celle du quinquina jaune orangé; d’autres fois blanche, spongieuse et
(4) La fibre intérieure est presque blanche et rougit promptement à l'air,
RUBIACÉES. 159 micacée, comme celle du quinquina de Carthagène. Ce qu'il y a de singulier, c’est que la surface dénudée des premiers morceaux offre la teinte verdâtre que présente souvent le quinquina jaune orangé, tandis que les derniers présentent la couleur jaune du quinquina carthagène, mais plus foncée et toujours orangée. Ce quinquina est spongieux sous la dent et finit par développer une saveur amère, persistante et désagréable ; son odeur présente quelque chose d’aromatique, tout à fait distinct de l'odeur habituelle des quinquinas.
Je présume que le quinquina de Carthagène jaune orangé est fourni par quelque variété du cinchona cordifolia.
XLIV. Quinquina pitayon ou Faux Pitaya des pharmacies de Santa-Fé.
Ce quinquina est vendu chez quelques pharmaciens peu consciencienx de Santa-Fé, comme le serait en Europe du quinquina jaune de Carthagène en place de calisava. 11 est en écorces plates ou cintrées, peu épaisses, nues ou couvertes d’une croûte spongieuse rougeâtre, séparée en plusieurs couches par des feuillets blancs et micacés. 11 est composé de fibres longues, dures au toucher, d’un fauve uniforme comme le calisaya. Il se divise facilement sous la dent et présente une amertume médiocre. Cette écorce , dont je dois un petit échantillon à Goudot, présente quelques rapports avec lé quinquina d’Arica.