LIV. Quinquina blané de Murtis
Cinchona ovalifolia Mat, ; cinéhons macrocarpa Vah}: rascorille
macrocarpa Weddell (1). L'écorce de cet arbre est tout à fait différente du quinquina blanc de Loxa et des autres quinquinas blancs précédemment décrits. Telle qu’elle a été apportée par M. de Humboldt, au Muséum d'histoire naturelle, elle se compose de morceaux plats souvent recourbés en arc, en dehors, par la dessiccation. Souvent ils sont épais seulement de 4 ou 2 millimètres, et les plus épais ne dépassent pas 7 millimètres. Ils sont durs, cassants et ont une cassure grossière el grenue., Ils sont composés de deux couches distinctes : l'extérieure rougeâtre, offrant des fibres transversales blanches, entremêlées d’une matière rouge; l’intérieure formée seulement de fibres longitudinales , dures, demi-transparentes et comme agglutinées. La surface extérieure des grosses écorces est souvent déchirée comme celle du gros quinquiva nova , auquel alors elles ressemblent beaucoup. L'épiderme
(4) Cinchona macrocarpa Vahl fig. 285 ). Feuilles pétiolées, ovales-oblongues , longues de 12 à 14 centim., larges de 7. Elles sont épaisses, glabres et brillantes en dessus, pubescentes en dessous, à côtes saillantes, velues. Pétiole long d’un pouce, plan en dessus, convexe en dessous; stipules plus longues que les pétioles, lancéolées, soudées à la base, glabres en dedans, caduques. Panicule terminale, raccourcie, trichotome, à pédoncules triflores. Fleurs
Fig. 285.
sous-sessiles, accompagnées chacune à la base d’une bractée subulée. Calice campanulé-urcéolé, à 5 dents trés courtes et obtuses, plus rarement à 6 dents ou plus. Corolle épaisse, longue de 40 millimètres, tomenteuse au dehors. Divisions du limbe lancéolées-obtuses, de la même longueur que le tube, velues à l’intérieur. Filets des étamines très courts ; anthères linéaires dépassant un peu l’ouverture du tube. Capsule glabre, cylindrique , longue de 33 millimètres, un peu rétrécie à la base, s’ouvrant de haut en bas ; semences entourées d'une membrane.
On en connait une variété à feuilles complétement glabres.
RUBIACÉES. 169 manque entièrement. La poudre est d’une teinte rosée , dure sous la dent, d’une saveur peu sensible d’abord, qui devient ensuite d’une amertume forte et désagréable. Elle n’offre rien de savonneux, comme on l’a dit jusqu'ici.
On rencontre assez souvent chez les droguistes de petites parties de vieux quinquina blanc de Mutis, dont ils ne connaissent pas la nature. Il est épais de 5 à 9 millimètres, plat, taché de brun noirâtre et de blanc à sa surface ; brunâtre à sa face interne et comme recouvert d’une pellicule formée de fibres agglutinées ; d’une cassure toujours grossière et grenue, rougeâtre du côté externe, plutôt jaunâtre du côté interne. J'ai aussi vu anciennement , chez M. Marchand, une écorce venant de Neybas, dans la Colombie , assez volumineuse, cintrée, en partie couverte d’un épiderme blanc et uni, toujours rougeâtre au dehors, jaunâtre en dedans, {res amere , qui me paraît être encore du quinquina blanc de Mutis. Enfin Goudot m'a remis, comme étant une variété du quinquina blanc de Mutis, une écorce bien cylindrique, roulée en volute, du volume du pouce, épaisse de 2 ou 3 millimètres, couverte d’un épiderme uni et d’un gris un peu rosé; rosée à l’intérieur et toujours formée de deux couches distinctes, l’une intérieure à fibres rayonnantes, l’autre extérieure à structure concentrique.
LV. Quinquina blane de Valmont de Bomare, Dubuisson, pharmacien de Paris, récemment décédé, m'a remis une écorce trouvée dans le cabinet de Valmont de Bomare, où elle était désignée sous le nom de quinquina du Pérou. Je la regarde comme analogue au quinquina blanc de Mutis, et je la nomme en conséquence qguinquina blanc de Valmont de Bomare. Elle consiste en un morceau cintré, large de 1 centimètres, épais de 7 millimètres, couvert d’un épiderme gris foncé, adhérent, avec des fissures longitudinales à bords saillants ; Ja cassure est grenue , un peu fibreuse dans sa moitié interne, d’un rouge rosé tout près de la surface intérieure , qui est comme revêtue d’une pellicule fibreuse agglutinée. La saveur est médiocrement amère, sans doute par suite de vétusté. Ce qui différencie surtout cette écorce du quinquina blanc de Mutis, c’est la couleur rouge rosée de sa substance la plus interne, tandis que le quinquina blanc de Mutis est jaune à l’intérieur et rougeûtre près de la surface.
LVI. Quinquina blanc compacte et jaunâtre. Écorce d'origine inconnue , cintrée , large de 75 millimètres, épaisse de 12, recouverte d’un épiderme gris-jaunâtre , rugueux , adhérent ; offrant une surface interne noirâtre, toujours formée d’une lame de fibres agglutinées. Cette écorce est pesante, dure, compacte , à cassure grenue ; la coupe opérée par la scie offre presque la dureté et la couleur du bois de chêne. La saveur est très amère.
LVIL Quinquina azaharite, J'ai trouvé au Musée britannique, sous le nom de cascari!la azaharito de Loxa (n° 4 des écorces) , une écorce qui m'a beaucoup intéressé par une ressemblance tellement frappante avec celle que j'ai décrite dans l’Æistorre abrégée des drogues simples, sous le nom de cosfus amer, que j'ai jugé d’abord que ce devait être la même; cependant n'osant l'assurer aujourd’hui, je décrirai ces deux substances séparément.
Le quinquina azabarito est une écorce mince, peu compacte, à liber blanchâtre et comme grenu. La surface interne est d’un fauve un peu rougeâtre et comme formée d’une pellicule de fibres agglutinées. La surface externe est recouverte d’une croûte très mince, presque blanche, avec des déchirures longitudinales et quelques rares fissures transversales. L'amertume de l'écorce est très forte et désagréable. Le nom de azaharito, diminutif de azahar, doit indiquer une certaine ressemblance entre l'arbre qui produit cette écorce et le cènchona magnifolia R. P.
LVIII Costns amer de l'Histoire des drogues, Cette écorce est en morceaux de différentes longueurs et grosseurs qui ont dû provenir des gros rameaux et des branches de l'arbre. Les plus gros morceaux sont épais de 7 millimètres, légers, recouverts d’une croûte grise, mince, rugaeuse , légèrement crévassée. Ils ont une cassure médiocrement fibreuse, jaunâtre, et une surface intérieure d'une apparence fibreuse. Quelquefois ils ont été raclés à l'extérieur et alors leur surface est unie et d’un blanc rosé. Ils sont inodorcs, et leur saveur amère, plus forte vers la partie interne qu’à l'extérieur, est mêlée d’un goût nauséeux fort désagréable.
Les morceaux roulés sont recouverts d’un épiderme gris, moins rugueux, souvent parsemé de taches blanches. La cassure est moins fibreuse que dans les gros morceaux et plutôt grenue ; Ja surface intérne est recouverte d’une pellicule unie, comme formée de fibres agglutinées , et d’une couleur plus foncée que l’écorce elle-même, qui est d’un jaune très pâle à l’intérieur. La saveur est semblable à celle des morceaux précédents.
LIX. Écorce amère de Madagascar. En 1837, une personne qui résidait à l’île Bourbon a envoyé à Paris une écorce très usitée comme antidyssentérique dans cette île, où elle est apportée de Madagascar. J'ai pensé, d'après cela, que cette écorce pouvait être celle de hélahé ou béla-ayé qui vient en effet de Madagascar; mais elle présente une bien plus grande ressemblance avec le costus amer de l'Histoire des drogues, etc'est même cetté grande ressemblance, principalement, qui m'a empêché de confondre en un seul article le costus amer et le quinquina azaharito. Cependant l’écoréé amère de Madagascar présente
RUBIACÉES. 171 aussi quelques caractères particuliers ; quoique provenant évidemment de très gros rameaux , puisqu'elle ke quelquefois plus de 30 centüimètres de développement, elle n’a pas 2 millimètres d'épaisseur. Elle est couverte d’un épiderme tantôt gris, un peu rugueux , mais non fendillé ; tantôt presque uni, gris blanchâtre et parsemé de taches blanches ; alors l'écorce ressemble tout à fait à celle du costus amer. Cette grande ressemblance se retrouve dans l'essai par les réactifs, ainsi que le montre le tableau suivant.