‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 60 sur 121 · FAMILLE DES CAPRIFOLIACÉES DC · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CAPRIFOLIACÉES DC

Lonicérées End. Petite famille voisine des rubiacées, offrant encore un calice gamosépale, soudé avec l'ovaire, à 4 ou 5 dents; une corolle gamopétale, à 4 ou 5 divisions, portant 4 ou 5 étamines libres, à anthères introrses. L’ovaire est infère et présente de 2 à 5 loges ; les ovules sont solitaires ou plusieurs, pendants à l’angle interne de chaque loge, et anatropes. Le fruit est bacciforme, à 2 ou plusieurs loges monospermes ou polvspermes, quelquefois uniloculaire et monosperme par ayortement. Les graines sont pendantes et contiennent un embryon {rès court, à radicule supère , au milieu d'un endosperme charnu.

Chévrefeuille des Jardins.

… Lonicera caprifolium 1. Arbrisseau sarmenteux, dont les feuilles sont ovales , sessiles, opposées, les supérieures réunies par leur base en une seule feuille perfoliée. Les fleurs sont sessiles et disposées à l'extrémité des tiges en un ou deux yerticilles. Elles sont formées d’un long tube rouge ou blanchâtre au dehors, suivant la variété ; blanc en

dedans, à 5 divisions irrégulières, et à 5 étamines saillantes. Le fruit es une baie à.3 loges polyspermes.

Les fleurs de chèvrefeuille possèdent une odeur très agréable. On les emploie en infusion théiforme , comme béchiques et légèrement sudorifiques , et l'on en forme un sirop de la même manière que le sirop de violette.

Sureau commun,

Sambucus nigra L. Car. gén, : Calice sous-globuleux , à 5 divisions peu marquées ; Corolle supère, rotacée, à 5 divisions; 5 étamines égales. Ovaire infère à 3 loges; ovules solitaires pendant du sommet de l’axe central de chaque loge ; 3 stigmates sessiles et obtus; baie globuleuse, couronnée par les vestiges du limbe du calice, pulpeuse, contenant 3 semences attachées par un funicule à l'axe du fruit.

Car. spée. : Tige arborescente; feuilles pinnatisectées, à segments dentés ; cyme à 5 branches.

Le sureau noir est un arbuste dont le bois est très léger et renferme un large canal médullaire , surtout dans les jeunes branches. Son feuillage est d’un vert foncé et répand une odeur désagréable. Les fleurs sont blanches , très petites, mais très nombreuses, et sont disposées en cymes touffues d’un très bel effet. Elles sont douces d’une odeur suave lorsqu'elle est affaiblie, mais trop forte et désagréable de près. Séchées, elles sont d’un volume encore moindre, jaunes et conservent une odeur toujours forte, mais agréable. On en prépare alors un hydrolat, un oxéolé et différentes préparations magistrales. Elles sont sudorifiques et résolutives. -

Les baies de sureau sont grosses comme de petits pois, d’un brun noir, luisantes , et sont remplies d’un suc rouge brun , qui passe au violet par les alcalis et au rouge vif par les acides. On les nommait autrefois grana actes, ce qui ne veut rien dire autre chose que grains de sureau, oœxzn élant le nom grec de l'arbre. On en prépare un extrait nommé rob de sureau, qui est purgatif à la dose de 12 à 15 grammes.

L'écorce de sureau est aussi usitée en médecine et peut être très utile comme purgative, dans l’hydropisie : c’est l'écorce des jeunes branches qui est employée à cet usage ; on la récolte à l'automne, après la chute des feuilles, lorsque son épiderme, qui était vert d’abord, est devenu gris et tuberculeux. On racle légèrement cet épiderme gris avec un couteau ; on enlève par lambeaux l'écorce verte qui est audessous, et on la fait sécher. Elle est alors sous la forme de lanières étroites, d’un blanc verdâtre, d’une saveur douccâtre astringente et d’une odeur faible. On l’emploie à la dose de 30 grammes par litre, en décoction,

LORANTHACÉES, 181 Hiéble, sanbucus ebulus L. Gette espèce de sureau croît abondamment en Europe, sur le bord des chemins, dans les lieux humides. Sa racine , qui est blanchâtre, charnue et vivace , pousse des tiges herbacées et annuelles, hautes de 100 à 130 centimètres. Ses feuilles sont pinnées avec impaire, comme celles du sureau noir, mais à folioles plus longues et plus aiguës et accompagnées à la base de stipules foliacées. La cyme des fleurs n’a que trois branches ; les baies sont semblables et sont employées concurremment avec celles de sureau, Elles teignent cependant les doigts en un rouge plus vif,

FAMILLE DES LORANTHACÉES,

Petit groupe de végétaux parasites et ligneux , composé principalement des deux genres viscum et loranthus. Je n’en citerai qu’une espèce très répandue en Europe et qui était un objet de grande vénération chez les Gaulois nos ancêtres : c’est le gui que les druides cueillaient au commencement de chaque année, avec accompagnement de cérémonies religieuses, et dont ils se servaient pour bénir de l’eau qu'ils distribuaient au peuple , en lui persuadant qu’elle purifait, donnait la fécondité , détruisait l'effet des sortiléges et guérissait de rlusieurs maladies.

Le gui, viscum album L. (fig. 288), croît fréquemment sur les pommiers , les poiriers, les tilleuls, les frênes, l’érable , l’orme, les peupliers, les saules, le hêtre, et très rarement sur le chêne, sur lequel les druides le recherchaient principalement. Sa tige est ligneuse , cylindrique , divisée dès sa base en rameaux dichotomes, d’un vert jaunâtre , ainsi que les feuilles, et formant une touffe

“arrondie large de 35 à 45 centimètres. Les feuilles sont sessiles , rares, oblongues, entières, épaisses, glabres et persistantes. Les fleurs sont petites, verdâtres, ramassées 3 à 6 ensemble, dans les bifurcations supérieures, et dioïques. Leur calice est entier, à bord très peu saillant ; les pétales sont au nombre de 4, caliciformes, réunis par la base. Dans les fleurs mâles, chaque pétale porte, sur le milieu de sa face interne, une

182 DICOTYEÉDONES CALICIFLORES.

añthère sessile, oblongue. Dans les femelles, l'ovaire est infère, couronné par le calice, et terminé par un style court, à stigmate arrondi. Le fruit est une baie globuleuce, blanche, remplie d’une pulpe visqueuse et contenant une seule graine charnue, qui renferme plusieurs embryons. C'est de cette baie d’abord, et ensuite de la plante entière du gui, et du loranthus europæus, que l’on a retiré la gtu, ên les pilant, lés faisant bouillir dans l’eau et les mettant ensuite pourrir à la cave jusqu’à ce qu’elles fussent converties en une masse visqueuse , qu’il ne s’agit plus que de débarrasser par le lavage des débris étrangers , pour Ja livrer au commerce. Aujourd’hui c’est surtout de la seconde écorce du houx qu'on retire la glu par le procédé qui vient d’être décrit.

La glu est une bien singulière substance, sur la nature de laquelle on n’est pas encore complétement éclairé. Elle est demi-liquide , très visqueuse, collante et ne se dessèche pas à l’air. Elle a une couleur verdâtre et ne possède ni odeur ni saveur caractérisées. Elle est insoluble dans l’eau , soluble à chaud dans l'alcool, soluble dans l’éther, insoluble dans les alcalis, décomposable par les alcalis minéraux concentrés. Elle paraît contenir de l'azote, à en juger par l’odeur qu’elle dégage en brülant.

Page 1