‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 59 sur 121 · CN · texte numérisé non relu

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178 DICOTYLÉDONES GALICIFLORES.

Quel que soit le nombre d’écorces que je viens de décrire comme appartenant aux cénchona où à d’autres genres voisins de la famille des rubiacées , le nombre en aurait encore été plus grand si j'y avais ajouté les écorces des portlandia, des coutarea, des remijia, etc., auxquelles on a pareillement donné le nom de guinquina. Quant aux écorces appartenant à d’autres familles, et que l’on a nommées quinquina, à cause de leur usage comme fébrifuges, j'en ai décrit deux précédemment, dont l'une, nommée quina de Saint-Paul, est produite par le so/anum pseudo-china (t. IL, p. 463), et dont l’autre, appelée quina do campo, appartient au strychnos pseudo-china (t. A1, p. 517). À la suite de cette dernière, j’ai décrit suceinctement une écorce mexicaine, du nom de co/pachi, analvsée par M. Mercadieu, et dont je ne pouvais alors indiquer la plante mère. Il me paraît probable aujourd’hui que cette plante est le coutarea latifolia, qui porte au Mexique le nom de copalchi (DC., Prodrom., & IV, p. 350 ).

On se plaint dans tous les pays de la rareté toujours croissante des quinquinas médicinaux, et le gouvernement français, en particulier, se préoccupe de la dépense considérable qu’il est obligé de faire en sulfate de quinine pour le service des hôpitaux militaires. Il a demandé aux corps académiques ou à des commissions, s’il n’y avait pas possibilité de remplacer le sulfate de quinine par un autre agent moins coûteux, indigène ou exotique. Il serait véritablement singulier et bien malheureux qu'il n’en existât aucun ; mais je suis persuadé, au contraire, que des recherches pharmaceutiques, chimiques et médicales, dirigées avec méthode et persévéranee sur beaucoup d'agents thérapeutiques aujourd’hui délaissés, conduiraient, pour le moins, à circonscrire l’usage du sulfate de quinine dans un petit nombre de cas rebelles. Parmi nos végétaux indigènes, sur lesquels je désirerais voir de nouveau se fixer l’attention des médecins et des pharmaciens, je citerai le houx, le chardon-bénit , l’artichaut, l’absinthe , la camomille romaine , la petite centaurée, la gentiane , plusieurs lichens ; et quant aux végétaux exotiques, on aurait assez à choisir entre le chiretta de l'Inde, la racine de colombo , la cascarille , le quassia , le sinarouba , l’angusture vraie, le strychnos pseudo-china, Vécorce de pao pereira, et beaucoup d’autres dont le nom m’échappe en ce moment.

Pourquoi, d’ailleurs , délaisser le quinquiua bicolore et les écorces si profondément amères des exostemma ? pourquoi, enfin, se restreindre au seul quinquina calisaya , surtout lorsqu'il ne s'agirait pas de la fabrication du sulfate de quinine, quand nous avons des écorces non moins riches en alcaloïdes, et qui pourraient avec un grand avantage être appliquées aux préparations officinales du quinquina ? Voici l'indication de ces écorces, en tête desquelles je laisse le calisava, afin de

CAPRIFOLIACÉES. 179 ne pas rendre incomplet le tableau des quinquinas que je considère comme les plus actifs :

1. Quinquina calisava. . . . . . . . Espèce xIx. -f — Fmeerange - ‘. . . . — XI. 3. — PR à. — AXI.

h. — rouge vrai VErTUQUEUX. — XII.

S, — — — NON Verug. — XII.

6 — — de Lima .... — Xk tE — er de PM... — + VI, ) — huamalies blanc verrug. — XXVI.

Je fais à peine entrer en ligne de compte les quinquinas de Loxa qui, récoltés plus âgés , se rapprocheraient sans doute des sortes précédentes; mais dans l’état où le commerce nous les fournit, ces quinquinas ne me paraissent pourvus que d’une très faible propriété fébrifuge. Je devrais ne pas terminer la famille des rubiacées sans traiter du gambir, suc astringent aujourd'hui très répandu dans le commerce et retiré des feuilles de l’uncaria gambir, arbuste de l'Inde orientale et des îles Malaises , très voisin des cénchona ; mais l’histoire du gambir se trouye tellement liée à celle des cachous et des kinos, dont le plus grand nombre appartient à la famille des Légumineuses, que je remets à en parler lorsque je traiterai des produits de cette dernière famille.

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